‹ Le Général comte de Coutard, étude historique sur la République, l'Empire et la RestaurationChapitre 27 sur 57 · SS · texte numérisé non relu

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qu’il ait eu le moindre désir d’entrer dans la vie politique; son ambition, légitimement satisfaite en sa sphère naturelle, ne se portait point vers les honneurs parlementaires (1). En acceptant la candidature, il obéissait aux intentions du Roi. Il réussit, et la joie causée par cette victoire fut d’autant plus vive qu’elle réparait un plus sensible échec.

Mais, à Paris, c’était l’opposition qui l’avait partout emporté. Des illuminations célébrèrent ce triomphe,, et bientôt aux cris de Vive les Députés élus! se mêlèrent ceux de Vive Napoléon! Vive r Empereur! « Des lampions! » ajoutaient des bandes formées de la lie du peuple, courant par les rues, brisant les vitres et excitant le tumulte. La gendarmerie essaie de rétablir l’ordre : des barricades s’élèvent ; la troupe les franchit et disperse les factieux. Us reparaissent le lendemain, plus audacieux, plus agressifs: les soldats, après avoir épuisé la patience, se voyant assaillis à coups de pierres, finissent par répondre à coups de fusil. Le général baron de Montgardé, qui commandait par intérim la division (2) , se met à la tète des bataillons, dirigeant à la fois et calmant leur ardeur. Le surlendemain, l’ordre était rétabli. Les journaux libéraux accusèrent la

(1) M“* do Coutard écrivait : « Pourvu que le général ne soit pas élu! »

(2) Le général Le Fcbvre dos Vaux, qui avait fait l'intérim précédent, était absent ; électeur dans la Sartbc, il était allé y porter son vote.

police d’avoir fomenté l’émeute qui n’avait pas réussi. M. de Lavau, préfet de police, « caractère intègre, esprit religieux et éclairé (1), » et de qui la fermeté et la modération avaient éclaté en ces douloureuses circonstances, fut l’objet d’accusations violentes, qu’évoqua la Cour royale et qui se terminèrent par une ordonnance de non-lieu.

En réalité, les barricades de 1827 n’étaient que le prélude de celles de 1830. La Révolution s’essayait. Coutard ne se le dissimulait pas. Accouru à Paris, il prenait hautement la défense de l’armée, démentait les bruits qui déjà séparaient la ligne d’avec la garde, et les récits qui prétendaient qu’un officier de cette première troupe avait refusé de commander le feu. Ces symptômes l’alarmaient profondément; de ce jour, il voyait le trône môme menacé.

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