‹ Le Général comte de Coutard, étude historique sur la République, l'Empire et la RestaurationChapitre 30 sur 57 · COMMUNE DE BALLON · texte numérisé non relu

COMMUNE DE BALLON

• Extrait du Registre des délibérations du Conseil municipal de ta commune de Ballon , arrondissement du Mans , département de la Sarihe.

« Le conseil municipal, composé do M. Leboulleux, maire, chevalier de l’ordre royal de la Légion d'honneur, et de MM. Bcsnicr (Guillaume), Besuier (Jacques), Besnier (Pierre), Boucher, Bourgoin, Cabaret, Souanon, Gcllant, Hubert, Lacroix, Laumonier, Leprince, Mauguin, Megret, Nicolas, Pichau, Pierre, Renard, Vannier et Vicaire, conseillers municipaux.

• Voulant, conformément aux voeux des habitants de Ballon, éterniser

Une antre année, en 1827, le général visitait l’hôpital : il remarqua que les malades souffraient de leurs lits de bois. Aussitôt il leur envoya vingt-quatre lits en fer. Les pieuses sœurs qui desservent avec un zèle si louable et si chrétien cette antique fondation, ont placé le portrait du général dans une de leurs salles. Le vieux brave sourit aux infirmes et semble les encourager de son exemple, tandis qu’il recueille leurs bénédictions.

Enfin, l’ancien temple était en ruines. Coutard emploie son influence et donne l’exemple des sacrifices. Plus de vingt-cinq mille francs sont fournis par lui ou obtenus de la charité des princes. Mgr le duc de Bordeaux et Madame, duchesse de Berry, offrent un magnifique ornement de drap d’or, et le 15 juillet 1830, la première pierre de l’église est solennellement posée.

C’était l'accomplissement d’un des vœux les plus chers du général : une chapelle consacrée à saint Henri, allait être construite, gage à la fois de recon-

le nom tic leur bienfaiteur et rappeler le souvenir de scs vertus et de ses talents.

« Après avoir obtenu l’autorisation de M. le préfet, et avoir nomme pour secrétaire M. Pierre,

« A pris à l'unanimité la délibération suivante :

« La nouvelle place, destinée au champ de foire, portera le nom do

(.OLTARD.

« Fait et arrêté à l’Hôtel de la Mairie, le 13 novembre 1825.

« Le registre est signé Leboulleux, et Pierre, secrétaire.

« Pour copie conforme :

« I.UBOU.LEIX. »

naissance pour la Providence et d’altachcmeut à la race auguste de nos rois. Chaque année uue messe y serait dite à perpétuité pour la famille royale. Et déjà cette dette sacrée, contractée dès 1826 (1), était depuis quatre ans acquittée dans l’ancienne église. Elle le serait désormais dans un édifice plus digne de la piété des habitants. La pose de cette première pierre fut une admirable cérémonie, plus l>elle encore par la foi et l’allégresse des populations que par le rang et l’éclat de l’assistance. De dix lieues à la ronde ou y était accouru, la ville entière était pavoiséc, les rues jonchées de fleurs et de feuillage : des arcades de verdure formaient dans la rue principale une suite de portiques élégants. Mgr l’évêque du Mans, le neveu

(i) Voici le récit qu'insérait le Moniteur du 23 juillet 1826 : h On nous écrit de Ballon, département de la Sarthe :

«* Une cérémonie intéressante a eu Heu ici, le 15 juillet. Notre petite tille, qui s’honore d’être la patrie d’un brave et loyal guerrier, de M. le lieutenant-général comte de Coutard, réclama il y a environ deux ans, par son intermédiaire, les généreuses bontés du Roi et de nos princes, pour la restauration et l’agrandissement de son église. Cette démarche fut couronnée d’un plein succès. Sa Majesté et son auguste famille daignèrent nous faire participer aux dons de leur bienfaisante piété, et les ministres du Roi voulurent aussi concourir à cette bonne œuvre.

m II fut décidé que pour remplir à la fois le but qu’on s’était proposé, et témoigner la reconnaissance des habitants, une chapelle destinée à saint Henri serait immédiatement construite dans un des côtés de l’église, et que tous les ans, lors de cette fête chérie, uno messe solennelle pour le Roi et la famille royale y serait célébrée à perpétuité. Pour la première fois, nous venons d’acquitter cette promesse sacrée. Toute la garde nationale s’est rendue à l'église, le jour de saint Henri, dans la plus grande tenue; toute la ville s’est empressée de remplir ce pieux devoir, et les rœux les plus sincères ont été adressés au Ciel pour le monarque bienaimé, sa généreuse famille et le jeune prince dont la fête patronale était aussi une fête pour nous, et le sera tou]ours, •

de ce célèbre et pieux abbé Carron, dont Londres conserve le nom avec tant de respect, l’ancien curé de Saint-Germain de Bennes, qui bénissait les drapeaux de la 13* division militaire, avait bien voulu oflicier. « J’-ai eu de bien beaux jours dans ma vie, s’écria le général au milieu du banquet « je n’en ai jamais eu de plus heureux que celui-ci ! » C’était l’expression de son cœur, c’était le sentiment de tous (1).

Quelques jours après, Coutard était réélu au grand collège et il partait pour Dieppe , heureux de cette

(1) L'inscription suivante rappelle la cérémonie;

DIE XV JLLIt ANM DOMIMCt M. DCCC XIX,

FESTO 8ANCTI HENH1CI 1MPERATORI8,

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