La Luzerne à Dagobert, 18 mars 1780 (A. D
d'un pas pour charger et de les resserrer pour tirer, et, en eli'et, si ce moyen se pratiquait à la guerre sans être commandé, si les rangs s'ouvraient machinalement pour charger, le second et le troisième rang négligeaient parfois de se serrer lorsqu'il fallait faire feu, et le troisième rang ne pouvait tirer sans blesser le premier. Dagobert proposait en outre de passer la vis du chien à travers la noix et de l'arrêter en dedans de la platine, et la précaution était bonne. Mais que d'autres idées qui ne valaient pas la peine d'être mentionnées : supprimer la giberne, défendre des retranchements avec des pyrophores, dresser des palissades de fer, remplir les cunettes de matières inflammables, donner le droit de chasse au soldat, nommer les lieutenants-colonels à l'ancienneté, supprimer la maréchaussée!
Sur ce rapport, le ministre de la guerre, — c'était le maréchal de Ségur, — écrivit le il novembre 1783 à notre capitaine de Royal-Italien qu'il avait lu son travail avec attention, qu'il y trouvait quelques observations utiles, mais que l'intention du roi était de « remédier avec prudence aux abus », et non de faire « une subversion totale du système militaire », qu'il conseillait au sieur Dagobert « d'employer ses talents à bien exécuter ce qui était ordonné ^ »
IX. Et Dagobert ne se rebuta pasi II fit un nouveau mémoire — que nous n'avons pas, mais qui, sans doute, reproduisait le premier — sur les réformes nécessaires dans l'armée, et l'envoya au comte
t'^!^^'?^^^''^^^ ^.^ ^^^""^ ^ Dagobert, capitaine à Royal-Italien, 1 lie d'Oleron, H novembre 1783 (A. G. et A. D.)
de Caraman, membre du Comité des inspecteurs généraux. Caraman lui répondit par une lettre très polie et très flatteuse. Tous les principes de Dagobert, disait Caraman, étaient vraiment militaires, conformes aux sentiments des meilleurs juges; il fallait faire à l'officier et au soldat un sort avantageux, « si avantageux qu'il serait envié par ceux qui ne pourraient l'obtenir », et Dagobert exprimait sur ce point des vues fort sages dont l'exécution serait très désirable; mais le bien, même possible, ne peut toujours s'accomplir, et le Conseil supérieur, chargé simplement par le roi d'améliorer la constitution militaire de 1776, avait dû rester dans le cercle qui lui était tracé \
Est-ce ce deuxième mémoire ou un troisième que Dagobert voulut, deux ans plus tard, envoyer au ministre de la guerre? En mai 178G, il demandait l'avis de son inspecteur, le comte de Murinais. L'inspecteur répondit qu'il saisirait avec empressement toutes les occasions qui se présenteraient de rendre justice à Dagobert et il le félicita de réfléchir et d'écrire sur les grandes parties de son métier. Mais ferait-on usage de ce mémoire ? Ne serait-il pas confondu dans la foule des travaux de ce genre que le ministre recevait journellement ? C'était peutêtre un moyen de se faire avantageusement connaître. Peut-être aussi ce moyen n'aurait-il pas de succès. Bref, Murinais, tout en remerciant Dagobert de sa confiance, refusait de le conseiller K
Entre temps, l'inlassable Dagobert s'était tourné