‹ Le général DagobertChapitre 12 sur 121 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

L'Ordonnance française

I. Nouvelle méthode d'ordonner l'infanterie. — Les accessoires et l'Ordonnance. — Rapports du livre de 1790 et du Mémoire de 1780. — II. Composition de l'armée. — Peines et récompenses. — III. Discipline. — IV. Désertion. — V. « Conservation » du soldat. — Hôpitaux et grand air. — Chirurgiens.

— Vivres. — Boucheries. — Mendiants. — VI. Armes défensives. — Cuirasses. — Epées des officiers. — Moyens d'attaque. VII. Armes offensives. — Le fusil. — Les exercices. — La marche. — Le tir. — VIII. L'Ordonnance ou colonne française. — Sa comparaison avec celle de Mesnil-Durand. — L'offensive. — Mépris de Dagobert pour l'artillerie et pour le nombre. — Le secret de Frédéric. — Appel à la valeur gauloise. — IX. Défauts de l'ouvrnge. — Digressions. — Bizarreries et exagérations. — Distinctions accordées aux femmes. — Disparition des patois. — X. Exemples saisissants. — Les troupes légères. — L'avancement. — Mollesse des contemporains. — L'armée doit être nationale. — Plus de chefs étrangers. — XI. Règlement de 1791. — La furie française.

— Les chasseurs de Dugommier et d'Augereau. — Les c Institutions militaires » de La Noue de Vair.

I. Dagobert disait volontiers qu'il n'avait pas la démangeaison d'écrire : s'il écrivait, c'était pour être utile à sa patrie, pour « mettre sur la voie » ceux qui gardaient au cœur quelque peu de l'enthousiasme des Français d'autrefois. Aussi, sous la Révolution, reprit-il la plume, et, en 1790, lorsqu'il était major aux chasseurs du Dauphiné, il publiait sa Nouvelle méthode cVordonner l'infanterie ou Ordonnance française ^

1. Nouvelle ^néthode d'ordonner Vinfanterie pour le choc ou contre la cavalerie, combinée d'après les ordonnances grecque et romaine, pour être particulièrement Vordonnance des Français. Précédée de

Ce livre, aujourd'hui rarissime et le seul que Dagobert ait fait imprimer, mérite l'analyse.

Il se divise en deux parties : l'une concerne les accessoires sans lesquels les plus savantes ordonnances ne sauveraient pas une armée de la défaite; l'autre est consacrée à V Ordonnance française.

Les accessoires, ce sont les vertus guerrières, la discipline, les armes, les exercices ^ Cette première partie rappelle en beaucoup de passages le Mémoire de 1780, et Dagobert en convient : il présente, dit-il moqueusement dans la préface, les mêmes vues que dix ans auparavant, mais elles ne fixèrent pas alors l'attention du ministre (( trop occupé sans doute de chapeaux à quatre cornes ». Il traite donc une foule de points qu'il avait touchés en 1780 et, comme c'est son droit, il insère dans son livre des phrases entières tirées de son manuscrit.

C'est ainsi qu'il propose de nouveau de désigner dans chaque paroisse ou communauté, notamment près de la frontière, un certain nombre de particuliers qui seraient responsables et personnellement punissables s'ils avaient négligé visiblement d'arrêter un déserteur.

C'est ainsi qu'il demande de nouveau l'institution d'une Ecole supérieure de guerre. On a, dit-il, des

quelques réflexions et notions pre' liminaires sur l'importance de la science militaire, sur la discipline, la désertion, les armes offensives et défensives, et sur la vraie composition des troupes légères, par un major d'infanterie. De Timprimerie de Veuve Hérissant, rue Neuve-Notre-Dame, 1790. In-8°, lxiv et 164 p. Les pages i-vm sont dédiées à Messieurs les officiers français et signées « Dagobert de Fontenilles, major des chasseurs royaux du Dauphiné. »

1. P. IV. Il ne s'occupe i)as de la constitution des régiments qu'il trouve, après avoir mûrement pesé le pour et le contre, à peu près aussi bonne qu'elle peut l'être; il n'est besoin, dit-il, (p. Lx) d'y faire aucun changement, ni de les augmenter ni d'en réformer un seul homme.

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académies pour l'avancement des sciences et des arts, et l'on n'a pas d'académie pour perfectionner la science sans laquelle toutes les sciences, tous les arts et l'Etat même peuvent être précipités dans le néant. Le premier des établissements littéraires ne devrait-il pas être une Académie militaire? « Vautil mieux faire des éloges, des inscriptions que de chercher les moyens de rendre glorieux et durables les destins de l'empire? » Et. comme dans le Mémoire de 1780, il désire que cette académie militaire examine une quantité de questions ; les sujets y seraient approfondis et, selon l'expression dont il usait déjà dix années auparavant, les idées, mises au creuset et passées à la coupelle K

II. Mais venons à la première partie du volume. Comment, dit Dagobert, se compose l'armée française? Peut-on se flatter d'avoir des soldats quand on prend des misérables dans la rue pour les revêtir de l'habit et du nom de soldat? Et, quand ce soldat est forcé pour manger ou avoir une chaussure, de pratiquer les besognes les plus basses, peut-on lui demander des sentiments fiers et élevés, peut-on exiger de lui qu'il soit sensible à la honte, qu'il craigne l'ignominie plus que la mort? La constitution des Etats modernes ne permet pas sans doute que l'homme de guerre soit choisi uniquement dans la classe des propriétaires, des « possédant fonds ». Mais, au moins, le soldat ne devrait-il pas « avilir, prostituer son être, en se livrant à des travaux dédaignés par les derniers du peuple ».

Le principal effet des institutions militaires sera

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