Pages xvi-xix. - .. :
donc d'inspirer aux soldats l'amour de la patrie et de la gloire ainsi que le courage. Il faudra dispenser à propos les peines et les récompenses. Non que la peine doive être une douleur physique, et la récompense un don pécuniaire. La peine, ce sera d'être exclu d'une fête ou privé d'un grade; la récompense, ce sera un applaudissement, une louange, une branche de laurier. On emploiera les bonnes paroles, ce moyen tout-puissant sur l'esprit des Français! « Ah ! les belles machines, disait un officier, que celles que l'on monte avec la langue f » Que de généraux ont dû leurs exploits au talent qu'ils avaient d'élever Tâme de leurs soldats I César leur épargnait-il les mots afi^ectueux et les caresses? Ne les traitait-il pas en camarades ? Alexandre ne fit-il pas rendre les honneurs funèbres et dresser des statues à ceux qui mouraient pour lui ? « Et nous, après une bataille, quel état faisons-nous des tristes restes de nos héros * ? »
Comme dans le Mémoire de i780, mais avec plus de précision, Dagobert propose de célébrer tous les ans un service pour les braves qui se sont sacrifiés à la patrie : on prônerait dans cette fête funèbre le dévouement de d'Assas et de tant d'autres; les noms de ceux de la paroisse qui auraient versé leur sang pour l'Etat, seraient inscrits dans un cartouche environné de lauriers, et le pasteur ferait leur panégyrique. Mentionner dans les prières publiques l'homme de cœur qui a perdu la vie d'une manière glorieuse, c'est rappeler le souvenir d'une belle action, c'est « en conserver le germe ^ ».