‹ Le général DagobertChapitre 14 sur 121 · Pages · texte numérisé non relu

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L'ORDONNANCE FRANÇAISE

Comme dans le Mémoire de 1780, Dagobert propose d'accorder au vétéran quelques exemptions d'impôts. Il y ajoute, cette fois, d'autres privilèges : une place de distinction dans l'église ou à la procession de la paroisse, « bagatelles qui ne laisseraient pas de faire revivre l'esprit militaire et le goût du service ». Il souhaite la suppression de l'Hôtel des Invalides. Que les vieux soldats touchent la moitié, même le quart « de ce qu'il on coûte pour eux dans le superbe hôpital où bon nombre de ces braves gens gémissent de se voir renfermés »; qu'ils aillent dans les campagnes se rendre utiles par leurs propos, par leurs récits; qu'ils y soient « des professeurs de bravoure, d'honneur et de patriotisme ». Nos anciens chevaliers n'ont-ils pas « entretenu et transmis leur intrépidité par le récit de leurs prouesses » et, lorsqu'elle entendait les éloges qu'ils recevaient, la jeunesse ne désirait-elle pas leur ressembler *?

III. Le chapitre sur la discipline est un des meilleurs de l'ouvrage. Chaque nation, écrit Dagobert, a son caractère distinct et sa discipline particulière fondée sur ses mœurs et ses préjugés. Si TAllemagne a la plus haute idée du bâton et des merveilles qu'il opère, la France ne connaît que le pouvoir de rhonneur, et l'honneur y sera la base de la discipline. Lorsque le vainqueur de Port-Mahon craint que l'ivresse ne nuise au succès de son attaque, fait-il dresser des gibets et entourer son camp de sentinelles ? Non : il fait dire à Tordre que tout soldat qui sera pris de vin, ne montera pas à l'assaut.

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