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2. Chap. VI, Soins et conservation du soldat, pages 50-60 et xxiv. Cf. les leçons de Chaussier sur les moyens d'entretenir la salubrité parmi les troupes (A. Chuquet, VEcole de Mars, p. 137-139).
sur la plaine de Narbonne, et, pour peu que ces vents cessent de souffler, la santé des habitants n'est pas longtemps sans s'en ressentir; dès lors, le mouvement imprimé à Pair d'une salle d'hôpital par quelques machines dans le goût de celle dont on se sert pour vanner les blés, 3erait un moyen de l'assainir ^ »
Il insiste sur les soins que réclament les blessés. Comment leur porter sur le champ de bataille un secours prompt et efficace ? On ne peut adjoindre un chirurgien à chaque détachement. Mais pourquoi le frater-barbier de chaque compagnie n'assisterait-il pas en temps de paix aux leçons que les élèves en chirurgie reçoivent dans les hôpitaux? Pourquoi n'apprendrait-il pas, sous les yeux des chirurgiens-majors, à panser les plaies? Ces fraters ne V. lî^raient-ils pas les jouvenceaux qui viennent à l'armée, non comme des hommes de l'art, mais comme des garçons bouchers, couper bras et jambes ? Quelques-uns ne sauraient-ils pas aider, suppléer le chirurgien-major? Chaque détachement qui fait le coup de fusil n'aurait-il pas de la sorte, sinon un habile praticien, du moins un apprenti < rgien capable de poser un premier appareil?
Le régiment ne serait-il pas une espèce d'école pour les jeunes gens qui se destinent à l'état de chirurgien? Et, plus tard, les bons sujets qui se formeraient ainsi ne reflueraient-ils pas dans les campagnes où tant de malheureux sont victimes de l'ignorance et ix charlatanisme?
^^-ni- 1- dans le Mémoire de 1780, il s'indi-,
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1. « Assainir > est un néologisme, et Dagobert écrit le mot en italique.
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gne contre les fournisseurs et entrepreneurs qui s'enrichissent par des moyens odieux, et il propose de créer des inspecteurs des vivres. Qu'on apporte plus G > soin dans la fabrication du pain de munition. Ce n'est rien si les matières sont de bonne qualité ; mais les blés ne sont pas purgés d'ivraie et de poussière ; tout cela fait poids, tout cela augmente lo nombre des rations. Qu'on examine donc sévèrement les blés destinés à la troupe.
Il recommande pareillement de ne pas établir de
boucheries et de ne pas tolérer d'amas d'ordures et
d'immondices dans le voisinage des camps et des
casernes. Le logement des gens de guerre doit être,
dit-il, de la plus grande salubrité; ne les voit-on
^.r iaui certaines places habiter des casemates.
<^-^ f^spèces de souterrains humides et malsains?
Jl veut que les médecins de l'armée fassent des
observations, des expériences sur la qualité de
l'air, de l'eau et des aliments : « La force de l'ar-
' 0 tient à la vigueur des individus qui la compo-
■ it; cent soldats bien dispos feront plus que mille
malades. »
De même que dans le Mémoire de 1780, il ne comprend pas qu'on élève de superbes et immenses '^'! iices pour y rassembler des mendiants. Pourquoi ne pas convertir une partie de ces coûteux " ril iiix cil maisons de correction où les personnes de mauvaises mœurs seraient ramenées à l'amour ' ! lil? Et derechef il souhaite que les mendiaiiu soient placés chez des particuliers et que chaque commune pourvoie à leur subsistance.
VI. Après avoir entretenu le lecteur de la discipliit I troupes et des soins qu'il faut leur don-
ner, Dagobert en vient à leurs armes défensives et offensives.
Un (les moyens d'augmenter le courage du soldat et de lui « donner de l'âme », c'est l'espèce et la qualité de ses armes. Le Romain eût démenti sa bravoure à l'aspect des ennemis si son casque, son bouclier, sa cuirasse ne l'avaient rassuré. Les légions de Marius osèrent combattre les Gimbres parce qu'elles sentaient l'avantage que leur armure leur donnait sur ces colosses presque nus. Gratien précipita la chute de l'empire quand il permit de quitter la cuirasse. Garmagnola vainquit l'infanterie suisse, profonde, serrée, hérissée de hallebardes et de pertuisanes, lorsque ses hommes d'armes, descendus de cheval, se glissèrent, grâce à leur cuirasse, entre les piques de l'adversaire.
Dagobert préconise donc la cuirasse. Que des militaires regardent comme indigne d'eux de se mettre à l'abri du danger, et qu'ils affectent de se montrer à découvert 1 Bayard dédaignait-il la cuirasse? Le « prince des poètes » ne dit-il pas que Vulcain avait fait les armes de l'invulnérable Achille? Sans doute, remarque Dagobert, les membres de nos contemporains, ces membres « délicats, voués au luxe et à la mollesse, énervés par la débauche », ne souffrent plus l'armure de jadis. Mais ne pourrait-on y suppléer par quelque chose d'approchant : pour l'officier, un corset de taffetas piqué, comme voulait le maréchal de Saxe, et pour le soldat, son sac déployé et étendu sur la poitrine? Quand ce moyen ne le garantirait que de deux ou trois balles mortes, quand il ne ferait que lui inspirer plus de hardiesse et de confiance, il ne serait pas à mépriser ni à négliger. Lorsque le marquis
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de Cursay commandait en Corse, il engagea ses volontaires, qu'il envoyait assailhr une position de conséquence, à porter chacun un matelas devant SOI, et les volontaires, se croyant protégés contre les balles, coururent au poste et le prirent sans y perdre personne. Or, que font nos officiers? Ils n'ont qu'une épée, et quelle épée! Une courte et faible épée pour parer un coup de sabre ou de baïonnette! Aussi, quelle est leur contenance quand ils voient la cavalerie ou l'infanterie fondre sur eux ? Et Dagobert raconte qu'à Soest, en 1758, il ne vit pas sans émotion s'ébranler les escadrons qui venaient charger le régiment de ïournaisis ; il n'v avait pas un officier qui n'eût voulu pour beaucoup avoir un fusil muni d'une baïonnette : « Je me saisis, dit-il, d'une traverse de tente, et je fus fort heureux de l'avoir eue. » Que l'officier se revête donc d'un corset cuirassé; qu'il s'arme d'un bon fusil et d'une bonne et solide épée, comme celle de Charles XII, d'une épée dont la poignée puisse s'adapter en guise de baïonnette au bout du fusil : il aura, s'il essuie une charge de cavalerie, une excellente arme de longueur, meilleure que la pique, que l'esponton et que la hallebarde, « dont quelques généraux ont regretté de ne pouvoir plus fraiser leurs bataillons ».
Notre major met au rang des armes défensives tous les moyens dont on use pour épargner le sang des hommes, et il répète en cet endroit ce qu'il avait dit dans son Mémoire de 1780 sur les puits coniques disposés en quinconce, le feu des broussailles et les tonneaux goudronnés. Si mauvaise que semble une position, elle doit être défendue, et il ne faut pas, ainsi que certains officiers pendant la
guerre de Sept-Ans, consommer en hâte ses munilions, faire tuer quelques braves gens, comme pour avoir un prétexte d'en finir, et battre aussitôt la chamade; il faut, tout en ménageant son monde et sa poudre, montrer de la résolution et opposer à l'adversaire une résistance opiniâtre; <( c'est là le cas de dire, tant vaut V homme, tant vaut la terre ». De même, dans l'attaque des places. Les anciens se servaient de mantelets et de galeries couvertes. Ne peut-on, sans les imiter servilement, et au lieu d'ouvrir une dangereuse tranchée, pousser devant soi de gros ballots de laines, de crin, de bourre, voire de foin ficelé? Ne peut-on employer, en guise de galerie, des rouleaux de cinq à sept pieds de diamètre et d'une longueur de huit à dix pieds, placés à côté et en avant les uns des autres ? Ne peut-on, à la faveur de ces épaulements, établir des batteries, élever des cavaliers de tranchée? Ne peut-on multiplier les chevaux de frise et les façonner de telle manière qu'ils soient facilement portés ou poussés en avant de la troupe ^?
VII. Après les armes défensives, les armes ofl'ensives. Dagobert recommande, de même que dans le Mémoire de 1780, les petites pièces d'artifice qu'il nomme pyrophores. Mais il insiste sur le fusil. Il relève ses imperfections. Le fusil de munition repousse étonnamment quand on le tire, et des soldats en ont souvent la joue meurtrie et même tout en sang. Le chien qui devrait être assujetti en dedans de la platine, se détache parfois et se perd. Enfin, le soldat n'apprend pas à tirer juste ; il s'amuse à la