Allusion à Texpédition de
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et de Germains qu'ils avaient à combattre? Ils avaient une ordonnance, et nous n'en avons pas. » Chaque nation a son caractère, et ce caractère détermine le genre de combat qui lui est le plus convenable. Le flegme des Allemands les destine à la défense des postes. L'humeur bouillante des Français les rend plus propres à l'attaque, aux coups de main, aux luttes à l'arme blanche. Leurs pères, les Gaulois, ne marchaient-ils pas presque nus contre un ennemi couvert de fer ? Il ne faut donc pas étouffer le caractère national sous des pratiques étrangères et « faire de nous des automates, des poupées à ressort ». Le Français dont on voudra faire un Allemand, ne sera plus ni Français ni Allemand ; il perdra ses qualités sans en gagner de nouvelles. Or, c'est une grande qualité, dit Dagobert, que de mettre à la guerre de l'activité et du feu dans l'exécution. On nous prone une lenteur qui n'est bonne à rien, et la vivacité qu'on cherche à nous ôter, nos voisins cherchent à l'acquérir; ils font leurs exercices au pas précipité, et le dernier qui sort d'un corps de grade reçoit, du bâton de son caporal, l'avertissement d'être désormais plus leste.
Ayons donc et conservons l'impétuosité des Gaulois, l'impétuosité des Romains qui, à Pharsale, jetaient leur pilum en courant. Que de fois, comme à Cassano, nos soldats, n'écoutant que leur instinct, ont chargé à la baïonnette et par cette ardeur reconquis la victoire ! Ne vit-on pas à Goudelour le régiment d'Austrasie s'élancer de ses lignes et, après avoir culbuté les Anglais qui venaient à lui, se retourner contre d'autres Anglais qui s'étaient pendant ce temps emparés des retranchements, et, malgré leur vigoureuse résistance, se ressaisir de
son poste * ? « L'attaque, voilà ce qu'il faut aux Français t »
Oui, il faut « aller chercher l'ennemi ». Sera-ce en faisant feu ou en fonçant à la baïonnette ? Mais le feu qu'on fait en avançant est peu soutenu, mal ajusté, et il ralentit la marche; il ne convient pas à l'attaque, et, par son peu d'impulsion, par le flottement a^v^prouve nécessairement une longue ligne. Tordre mince, l'ordre du feu, n'a pas les qualités de masse et de vitesse que l'attaque exige; il n'a pas assez de solidité ; il est à la merci de la cavalerie ; la moindre charge suffit à le renverser.
L'ordre profond n'offre pas cet inconvénient. Dnn^ cet ordre « tous les individus sont déterminés et poussés vers le but ; que les chefs de files |soient de hi\i\v:, gens, le reste est forcé de suivre ». Et t^-^lîe est l'ordonnance des Grecs et des Romains : il y avait en elle une « proportion bien combinée de masse et d'impulsion ». Xénophon, pressé par la foule des barbares, faisait baisser les sarrisses, chanter le péan et marcher à l'ennemi; comme une citadelle ambulante, la phalange brisait tout devant elle. Voilà l'avantage de l'ordre profond, et voici, selon Dagobert, comment il faut l'organiser; voici qu'elle sera la colonne ou ordonnance française :
On choisira dans chaque compagnie les hommes forts et robustes, les bons marcheurs, et ces gens d'élite, — cinq piquets par bataillon, — constitue-
1. Page 100. Cf. sur ce combat de Goudelour (1783), le plus bril- '•--' qui se soit livré dans les Indes, les Mémoires de Mautort ^ î^6; mais Dagobert, entraîné par son argumentation, assure' , . . .strasie ne s'est pas amusé à faire feu; Mautort dit au'il v eut une très rive fusillade. ^