‹ Le général DagobertChapitre 22 sur 121 · Pages J · texte numérisé non relu

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d'occuper. Qu'étaient ces « changements de [position », ces « grands quarts de conversion » que des enthousiastes ont regardés comme le dernier degré de la perfection? Frédéric allait simplement à son but (( par un mouvement prompt et par le chemin le plus court ». L'exercice à la prussienne tourna toutes les têtes et fit prendre le change à l'Europe ; on se figura que des troupes qui tiraient six coups par minute triompheraient infailliblement ; mais Frédéric dut ses succès moins à la vivacité de son feu qui, d'après les bons militaires, n'était pas du tout meurtrier, qu'au choix de ses positions, à l'art de cacher ses mouvements, à la vitesse de ses bataillons, à la célérité qu'il mettait à renforcer ses ailes ou à tourner l'adversaire ^

Et nous, s'écrie Dagobert, (( c'est de l'immobilité et de la lenteur que nous ambitionnons, quelaii-s mouvements de parade, quelques manœuvres impraticables à la guerre! Cela peut être bon pour amuser des femmes ou des prélats; mais, pour la guerre, c'est de la vivacité qu'il faut; cette vivacité donne l'air d'audace et de sûreté qui annonce le courage et impose à l'ennemi » !

C'est par quoi se termine son livre, par un appel à la valeur gauloise : « Elles étaient en partie composées de Gaulois, ces légions de César dont il disait qu'avec elles il aurait attaqué l'enfer. Le sang de ces Gaulois coule dans nos veines; qu'on nous donne un autre César et l'on verra ce qu'il nous reste de leur énergie ! Nation généreuse, quels

L'ORDONNANCE FRANÇAISE

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seraient tes glorieux destins si, au lieu à'cjointer les ailes de ta valeur, on secondait en toi l'instinct et le courage, si, au lieu d'une lenteur pernicieuse, on revenait à l'attaque impétueuse de nos pères! C'est alors que l'on verrait que nous savons braver le feu, et qu'il n'est pas effacé de nos cœurs, cet ancien proverbe français qui dit que le canon ne tue que les malheureux et ne fait peur qu'aux poltrons! 1 »

IX. Le livre de Dagobert offre quelques défauts. L'avant-propos, qui compte soixante pages, est vraiment long. L'auteur expose avec trop de détails les matières qu'il développera dans le corps de l'ouvrage. 11 s'étend avec complaisance sur les émanations des eaux, sur l'assainissement de l'air, sur l'usage des acides et des alcalis ^ Lui-même convient qu'il a intercalé dans cette préface plusieurs idées étrangères à son sujet, et que certains des aperçus qu'il hasarde n'intéressent pas directement l'art de la guerre. C'est ainsi qu'il reproduit ses observations sur les remèdes contre la peste et son projet de descendre sous l'eau : Dagobert allègue que ce projet peut être d'une grande utilité aux défenseurs d'une place assiégée; mais, en réalité, il s'adresse à ceux qui voudraient travailler sous l'eau et ramasser les effets des naufragés, visiter la carène d'un vaisseau, relever des ancres, établir ou réparer un mole ou un port ^

Dans le livre même, comme dans le Mémoire de 1780, il y des bizarreries et des exagérations.

i. Pages 157-164; cf. page lxi.

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