‹ Le général DagobertChapitre 36 sur 121 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Nice et Sospel

I. Dagobert colonel du 51- régiment d'infanterie, ci-devant La Sarre Marche sur le camp de Tournoux. - Exigences des soldats. - Remplacement des officiers. - u. Entrée des Français a Nice. - III. Dagobert commandant de la place — Excès des troupes. - Dagobert maréchal de camp et commandant la 1" division de Parmée du Var — iv Prise et reprise de Sospel. - V. Suspension de d^Anselme. '- Sa justificatioa. - Témoignage de Dagobert. - VI. Dagobert commandant de l'avant.garde. - Expédition sur le col de Braus. — VII. Affaire de Sospel (14 février 1793) — VIII. Expédition de la Vésubie (28 février, 1er et 2 mars 1793) - Dagobert confirmé maréchal de camp (8 mars 1793). - Opérations du 17 avril. '

1. Dagobert était à Saint-Lù lorsqu'il fut, le 27 mai 1792, nommé colonel du 51« régiment d'infanterie et quelques jours après il recevait du ministre Servan une lettre instante : tous les officiers et noHmment les officiers d'un grade supérieur devaient dans les circonstances présentes être à leur poste et Dagobert se rendrait sans délai, pour le 25 juin au plus tard, à son régiment qui tenait garnison à Perpignan K

Le 51% ci-devant La Sarre, était le régiment où servait naguère, comme major en second, le vi-^ comte de Beauharnais, député aux États-Généraux par la noblesse du bailliage de Blois, président de l'Assemblée Constituante lorsqu'eut Heu Tévéne-

1. Servan à Dagobert, 1»' juin 1792 (A. D.); la lettre, adressée a Avignon, a été renvoyée à Saint-Lô, où Dagobert habitait la maison de la rue Torteron qui porte aujourd'hui le n» 13 bis.

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LE GÉNEIIAL DAGOBERT

NICE ET SOSPEL

ment de Yarennes, et, après la session, adjudantgénéral à l'armée du Nord ^ Mais les officiers de La Sarre n'avaient pas suivi l'exemple de Beauharnais. Le régiment comptait à la fin de 1791 treize emplois d'officier vacants. Le premier lieutenantcolonel, M. de Ranchin, avait émigré, et trois colonels s'étaient, avant l'arrivée de Dagobert, succédé dans l'espace de six mois : Dupont de Compiègne qui démissionnait, d'Iversay qui n'avait pas joint, Vial d'Alais, promu au grade de maréchal de camp et envoyé comme gouverneur en Guyane.

A peine nommé, le nouveau colonel dut mener le 51* régiment au camp de Tournoux par Pont- Saint-Ksprit et Pierrelatte, et il eut, durant le chemin, bien des difficultés à surmonter. Pas de lieutenants-colonels pour le seconder. Des soldats turbulents, mutins, qui faisaient, comme il dit, des « demandes embarrassantes, pressantes, sentant l'insurrection ». Les régiments se composaient alors de deux bataillons ; le premier allait à la frontière ; le second restait au dépôt avec les officiers incapables de faire campagne. Le 7 juillet, à Pierrelatte, Dagobert passait sa revue pour former le bataillon de guerre. Or, le 51^ avait depuis plus de deux ans trois compagnies à la Martinique et à Tabago. Les soldats dirent hautement, impérieusement à Dagobert que certaines compagnies manquaient de capitaines et qu'il devait pourvoir aux emplois vacants ; « sans cela, s'écriaient-ils, nous ne partirons pas ! », et l'un d'eux présentait au colonel le décret sur l'avancement et l'article qui

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