Torreilies, II, p. 49 ; G. Sorel, I, p
2. Ce Chrétien, ancien sergent-major au régiment d'Angoumois, lieutenant de la garde nationale de Perpignan, puis do la gendarmerie nationale, plus tard chef de brigade (29 septembre 1793), adjudant-général (13 février 1794; et général de brigade provisoire (28 mars 1794), fut choisi par Dagobert c pour son civisme et sa connaissance profonde du pays où se faisait la guerre » ; avant lui, le général avait pour aides-de-cam]) Advinay, lieutenant au 7« régiment et auparavant aide-de-camp de Lahoulière, et Saint-Laurent, capitaine de chasseurs au 70«.
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très intimement avec Llucia : le 4 septembre, après l'affaire d'Olette, il annonçait son succès, non aux représentants, mais au procureur-général syndic : « Je suis Irop flatté, marcjuait-il à Llucia, de Tintérêt et de l'amitié que vous me témoignez pour laisser passer cette occasion de vous exprimer ma gratitude », et il le priait de communiquer sa lettre aux commissaires de la Convention. Après la prise de Camprodon il lui envoyait un beau fusil espagnol et Llucia, remerciant, assurait qu'il ferait graver sur cette arme le nom de Dagobert et que tant qu'elle serait dans ses mains, il serait invincible*. Ce fut sans doute le 14 mai au club que Dagobert exposa son plan d'opérations. S'établir dans les Aspres et de là secourir les forteresses bloquées, menacer le col du Portell qui servait de passage aux Espagnols, inquiéter l'ennemi sur ses derrières par des manœuvres hardies et imprévues, et, au besoin, par une expédition dans la Haute Catalogne, le combattre sur un terrain inégal et accidenté où sa lourde infanterie ne briserait pas comme en rase campagne la fougue indisciplinée des jeunes soldats de la Révolution, réduire à l'impuissance sa belle cavalerie, paralyser son artillerie, telles furent les idées que développa Dagobert. Mais guerroyer dans la montagne, c'était découvrir Perpignan, c'était abandonner Perpignan à ses seules ressources. Le club ne goûta pas le projet de Dagobert. Seul Llucia jugeait que ce « nouveau plan de défense imposerait aux Espagnols ». Le reste des clubistes, les membres du Comité dépar-
1. Dagobert à Llucia, 4 se..t. (A. G.); Lîucia â'Dagol)ert, 7 oct (Vidal, III, j). 75).
temental de salut public, les conventionnels, les généraux pensaient qu'il fallait lutter dans la plaine en avant de Perpignan et à l'abri des remparts de la ville ^
III. L'armée des Pyrénées-Orientales était, de Paveu des représentants, presque nulle et Llucia la comparait à une montre sans ressorts. Elle n'avait fait jusqu'alors qu'un simulacre de résistance. Lorsque les Espagnols, débouchant par le col du Portell, Pattaquèrent le 20 avril à Céret, elle ne comptait, sous les ordres de Willot et de Gaultier- Kervéguen, que 2.000 hommes : le bataillon de guerre du 7^ régiment ou régiment de Champagne commandé par le colonel Souchon de Chanron, des volontaires inexpérimentés et quatre compagnies de miquelets. Elle fut rapidement enfoncée, et son général, le vieux Marchant Lahoulière, — que Dagobert avait connu à Parmée du Var — suspendu par les représentants, devait se brûler la cervelle^.
1. Llucia au ministre de l'intérieur, 14 mai (A. G.) Nous savons par une lettre de Dugua que Dagobort était allé ce jour-là même, 14 mai, jusqu'à Banyuls dels Aspres, et l'ingénieur Grandvoinet partage son avis : « tourner l'ennemi j)ar une guerre de montagne, la seule où nous pouvions nous promettre quelque avantage, en rendant nulle sa nombreuse cavalerie. >
2. Cf. Vidal, II, p. 101. Lahoulière commandait en novembre 1792 l'expédition d'Oneille et il avait eu la douleur de voir son aidede-camp et petit-fils, d'Aubermesnil, lils du membre de la Convention, massacré sous ses yeux dans le canot parlementaire. Envoyé alors aux Pyrénées-Orientales, il répondait au ministre qu'il connaissiit le })ays de,)uis trente ans puisqu'il avait été lieutenant de roi à Bellegarde et qu'il comptait cinquante-neuf ans de service. Quoi qu'en dise Fervel, I, p. 39, Lahoulière ne s'est tiré un coup de pistolet que le 18 juin après avoir lu un article de VEcho des Pyrénées qui lui reprochait d'avoir nommé le commandant du fort Lagarde, et il mourut au bout de trois jours dans d'affreuses souffrances. Torreilles, II, p. 64; G. Sorel, I, p. 76 , journ::l de Legier (archives de Perpignan ou A. P.)
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Ricardos commandait les vainqueurs. Il pouvait marcher sans obstacle sur Perpignan. Mais, quoi qu'aient dit les contemporains, il n'avait alors avec lui que 3.000 hommes de troupes, et aurait-il eu davantage qu'il n'aurait pas profité du désarroi des Français. Circonspect, méthodique, routinier, convaincu qu'il ne faut avancer que pas à pas et de position en position, il ne pensait pas que Penvahisseur dût, suivant Pexpression du prince de Ligne, tonner et étonner. La guerre avec la France lui semblait une guerre de dupes et il annonçait que, s'il s'emparait de la capitale du Roussillon, il n'irait pas plus loin. Au lieu de pousser sur Perpignan, il bombarda Bellegarde et fit faire une route qui reliait le col du Portell à Céret devenue pour l'instant son principal poste et sa place d'armes. « Heureuse lenteur! », s'écriait Llucia, et les représentants ne comprenaient pas que Pennemi se tint dans cet « état d'inertie » ^
Un jeune général avait recueilli la succession de Marchant Lahoulière. C'était Charles de Fiers qui naguère menait une -division de Parmée de Dumouriez et défendait Bréda; Fiers noté comme patriote par les bureaux du ministère, calme, réservé, prudent, connaissant plutôt la théorie que la pratique de Part militaire, plein de bonnes intentions, mais dépourvu d'autorité; Fiers, trop froid pour conduire des Français en ces temps d'orage, et qui déjà dans Pexpédition de Hollande se montrait hésitant; Fiers que les conventionnels devaient bientôt accuser de tiédeur ^