Fervel, I, p. 67-70. j
LE GÉNÉRAL DAGOBEKT
armées de la République celle que le gouvernement négligeait le plus ^
Le Comité avait cru d'abord que l'énergie des habitants de la région suffirait en grande partie pour garantir la frontière. Les lettres des représentants finirent par le convaincre que Tarmée des Pyrénées- Orientales avait des « besoins impérieux » et qu'il était indispensable de la pourvoir d'artillerie, de lui donner plusieurs bataillons de ligne et de volontaires d'ancienne formation. 11 envoya donc à Perpignan des munitions et des bouches à feu, des bataillons et des compagnies de canonniers,^« missionnaires de la liberté ». Mais, comme s'exprime un officier de cette armée, la guerre intestine de Lyon, Marseille et Toulon paralysait tous les secours. Ils furent arrêtés en chemin. Dubois-Crancé et Jeanbon Saint-André retinrent chacun trois bataillons, l'un pour Tarmée devant Lyon, l'autre pour l'armée d'Italie. Vainement Fiers objectait qu'il n'espérait faire quelque chose d'utile que lorsque Dubois-Crancé et Albitte « pourraient lui fournir des forces » ; vainement Llucia osait écrire qu'agir comme Dubois-Crancé, c'était se joindre aux ennemis de la République, c'était commettre un crime. Au milieu de juin. Fiers avait à peine 1.000 hommes de troupes de ligne. Tout le reste n'était que des volontaires de 1792 ou que des « réquisitions », des gardes nationaux des déparlements voisins, requis par les représentants et formés en bataillons, des gens qui, selon le mot de Fiers et des conventionnels, ne savaient rien, qui désobéissaient aux ordres du géné-
1. Fiers à Bouchotte, 15 juillet, et les représentants au Comité, 14 mai et 27 juin (A. G.)
LE MAS-ROS