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CHAPITRE IX

Barbantane et Fabre

I. Barbantane. — Echec sur échec. — Barbantane quitte Perpignan. — Les Espagnols à Rivesaltes et à Peyrestortes. — L'é])ouvante dans Perpignan. — II. Fabre de l'Hérault. — Sa jactance et ses prétentions militaires. — Ses projets. — Son humour. — Sa crânerie. — Ses mesures de défense. — Démission de Barbantane (11 septembre) et nomination provisoire de Dagobert au commandement en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales. — III. Opinion de Fabre et de Bonnet, — Leurs lettres à Dagobert. — Réponse de Dagobert et réplique de Fabre. — Le héros du Midi. — Lettres de VouUand, de Levris, de Duvignau, de Tastu, de Barnole, de Llucia.

1. Barbantane s'était donné beaucoup de peine pour organiser l'infanterie au camp du iMas-Ros. 11 avait, témoignait le représentant Fabre, sinon Texpérience nécessaire, du moins de l'esprit, du zèle, et, bien qu'il fût noble, ses discours, ses écrits respiraient les principes du républicanisme. Ne disait-il pas qu'il était un patriote énergique et que la constitution de 1793 devenait l'unique point de ralliement, mettrait fin à toutes les dissensions? Ne faisait-il pas de longues pbrases pompeuses? Dans une de ses proclamations il traitait Ricardos d'esclave et appelait les Espagnols des êtres « abrutis par les préjugés », incapables de « s'élever aux grands sentiments, aux beaux mouvements des défenseurs des droits de l'homme ». incapables de « comprendre les combats d'une République naissante qui leur paraissaient des monstruosités, comme si la Liberté pouvait se fixer sans orages. »

Il a laissé des Mémoires intéressants oià il dit avec assez de raison que les représentants aux armées causèrent quelquefois des revers parce qu'ils manquaient d'expérience et qu'ils avaient la conviction que des républicains ne peuvent être vaincus, et pourtant qu'ils ont exercé une influence salutaire, qu'ils empêchèrent ou réparèrent de grands malheurs, prévinrent les trahisons, maintinrent les généraux dans le devoir. Mais Barbantane qui, dès le mois de juillet, dénouerait aux représentants l'impuissance de Fiers, était plus malhabile, plus médiocre que Fiers. Lui-même avouait qu'il n'avait pas la pratique de l'homme de p;"uerre, qu'il ne possédait que les connaissances d'un bon colonel d'infanterie et qu'il était général parce que les borgnes sont rois dans le pays des aveugles. x\ujourd'hui encore on dit à Perpignan d'un écervelé et d'un sot que c'est un Barbantane ^

11 comprenait que Ricardos allait passer la Tet pour se porter sur les derrières de Perpignan, et il tenta dans la nuit du 25 au 26 août de s'opposer à ce dessein. Mais les Espagnols chassés du village de Corbère se réfugièrent dans le château et leur fusillade mit le désordre parmi les républicains; les deux colonnes françaises tirèrent l'une sur Tautre et la confusion devint telle qu'elles durent battre en retraite -.

Trois jours plus tard, le 29 août, non sans de longs et inutiles délais, Ricardos franchit la rivière, enleva Corneilla et rejeta la division Montretlon sur

1. Fabre aux représentants, G août (A. P.); FI rs ù Bouchotte, 22 juin et Barbantane aux ro «résentants, 0 août (A. (;.); Mon., 13 août (Vidal, II, p. 255); Mém. do Barbantane, p. 98, MO, 293.

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