CHAPITRE XVI
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I. Lettre de Dagobert à Bouchotte. — Il quitte Perpignan. — Sa réponse aux représentants. — Notes de Turreau. — Protestations d'Augereiu et de l'armée, de Revest et de Hardy. — Certificats de Perpignan et de Rivesaltes. — Lettres des administrateurs de l'Ariège et du district de Quillan, des clubs de Lavelanet et de Saint-Lô. — Manifestation des clubs de Perpignan et colère de Gaston. — Bouchotte favorable au général. —Les conventionnels Clauzel et VouUand. — II. La débâcle de l'armée des Pyrénées-Orientales. — Mesures du Comité. — Rappel des représentants. — Iii. Désespoir de Gaston. — Mort de Fabre. — Arrestation de Delattre et de d'Aoust. — Goguet à l'armée du Nord. — IV. Dagobert appelé à Paris. — Conférences avec Delcasso et Montegut, avec Garnot et Garrau. — Plan de campagne.
I. Dagobert pressentait l'arrêté qui le frapperait. S'exprimer aussi sincèrement qu'il l'avait fait sur les projets des représentants et sur Delattre, leur « enfant chéri », c'était, disait-il, s'exposer à leur colère et il voyait déjà qu'ils « ne laissaient échapper aucune occasion de manifester de la partialité contre lui ».
Peu de jours avant sa suspension, il annonçait au ministre de la guerre quMl s'était « mis à dos » le représentant Fabre dont il refusait d'approuver les plans, et il priait Bouchotte de venir à son secours, de le (( sauver des griffes de ses ennemis », de le « soustraire à leur vengeance ». Qu'il obtînt d'abord un congé pour rétablir sa santé affaiblie par ses longs services et ses anciennes blessures, puis une place n'importe où, dans quelque poste que ce fut.
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il verserait pour la patrie la dernière goutte de son sang « pourvu qu'il n'y eût là ni Fabre ni Gaston ».
L'arrêté signé Fabre et Gaston et daté du 17 novembre lui fut notifié le 20 à 4 heures de l'aprèsmidi. Dès le lendemain il prenait le chemin de Paris. « Quoique mon état de maladie, disait-il, dût me faire espérer quelque égard, je me suis néanmoins empressé de partir * ».
Mais Fabre et Gaston lui gardaient une rancune mortelle, lis avaient juré qu'il n'en serait pas quitte à si bon marché. Ils demandèrent au Comité qu'il fût « traduit au tribunal redoutable » et ils comptaient bien qu'il subirait le sort de Custine. Dès le 20 septembre, Fabre n'écrivail-il pas à Leyris : « On m'assure que Dagobert a été dénoncé à la Société populaire de Toulouse ; marijuc-moi si ce fait est vrai, sur quoi porte la dénonciation et ce que tu en penses: nous ne saurions trop éclairer l'espèce de ces hommes ^ »?
Le vainqueur de la Perche et d'Olelte n'était pas de ceux qui se laissent égorger avec résignation sans crier ni regimber, et il prouva à Fabre et à Gaston qu'il avait autant de ténacité dans la résistance que de promptitude à l'attaque. De Rivesaltes, le 21 novembre, le jour même de son départ, il écrivait à Bouchotte que les deux représentants « venaient de mettre le comble à leur animosité » et il réfutait leurs allégations, montrait que « tous ces échafaudages de faits controuvés n'étaient que pour masquer les trop réels désavantages du corps d'armée commandé par le représentant Fabre sous
1. Dagobert à Bouchotte, G et 21 nov. (A. G); Répoiise imprimée, p. 1.