‹ Le général DagobertChapitre 73 sur 121 · DajoberL ù Bouchotte, 21 i:ov mbre (A. G · texte numérisé non relu

DajoberL ù Bouchotte, 21 i:ov mbre (A. G

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pas (( un mannequin ' n'agissant que d'après leurs vues ». Il avait eu le malheur de sourire en lisant dans le bulletin de la Convention : « Fabre- se conduit en héros, signé Fabre! » 11 avait exprimé franchement son opinion sur leurs favoris, d'Aoust et Delattre. Il avait dit qu'il ne saurait se résoudre à suivre leurs plans dont il sentait l'incohérence et les dangers. Fallait-il donc applaudir aux projets militaires de Fabre et de Gaston? Ces projets étaientils comme l'arche du Seigneur qu'on ne pouvait toucher du doigt sans être frappé de mort? Oui sans doute : l'événement l'avait démontré. Dagobert avait été suspendu, et sa suspension, c'était « pour lui la mort, car c'est une véritable mort pour le républicain qui adore sa pairie que d'être privé de la servir ». Et Dagcdjert priait la Convention de le rappeler du séjour des morts et de déclarer qu'il avait bien mérité de la patrie -.

Turreau se joignait à Dagi)bcrt. Il envoyait au Comité des notes terribles sur la conduite des représentants Fabre et (iaston. Quel homme, disait Tuireau, Fabre et Gaston avaient ils adopté, quel homme avaient-ils nommé général et voulaient-ils,

1. Poinsol dis lit de même (Poinsot à Boucholt\ 5 déc. A. G.): « Le héros Fabre qui veut être g-hiéral en cluf et roprésentimt, a besoin de mannequins pour généraux et non de vrais soldats »

2. Ré/tonse du général Dagobert à l'arrêté de 9a suspension ; Actes du Comité, Vlll, p. G85 ; Dagobert à Bouchotte, G et 21 iiov , à la Convention et au Comité, 18 et IJ décembre (A. G.). Il envoya sa Réponse le~ 18 déceml)re au président de li Conventiou en le priant de ra pelu* aux membres de l'assemblée l'ancienneté de ses services, sos blessures — dont une balle restée dans le pied droit — et plusieurs victair^s rem;)ortées sur les ennemis de la République; a ce sont, disait Dagobert. des titres jour espérer que la Convention voudra me réintégrer et déclar. r que j'ai bien mérité de la patrie. » Il écrivait en même temps au Comité de salut public et le priait d'approuver tt d'ap uyer sa rv»quê4e.

à quelque prix que ce fut, conserver à la lôte des troupes? D'Aoust,, un ci-devant noble « justement suspecté, sans talents, sans moyens et qui n'avait pour se maintenir que l'art de llatter l'amour propre de ceux dont il dépeiidait » ! Au lieu de surveiller les marchés qu'ils avaient passés, au lieu d'encourager Perpignan et les autorités par leur présence, au lieu de former l'esprit public, ils allaient diriger les colonnes et tentaient de réaliser leurs « rêveries militaires »! Ils avaient l'ambitiijn d'être les véritables chefs, et celte ambition « se développait sans contrainte sous le règne du complaisant d'Aousl. ))l De là l'accueil qu'ils avaient fait à Turreau : on eut dit qu'ils désiraient l'éloigner « à force de dégoûts ». Turreau, trouvant un projet dont l'exécution était commencée, avait laissé bénévolement à d'Aoust le commandement provisoire de la principale armée, et les représentants, ne voyant dans Turreau qu'un étranger, avaient tâché d' « éterniser sa nullité ». Et — continuait Turreau — quels avaient été les résultats du (( généralat » de Fabre et de Gas^ton? Pour (( suivre leur expédition mal courue et mal combinée de Rosas », ils avaient négligé l'attaque qui devait avoir lieu au centre, ils avaient laissé l'adversaire épuiser les ressources d'un district entier — celui de Céret — dresser tranquillement des redoutes et fortifier une pDsition avantageuse pendant que les troupes « dont le repos était la perte », den]euraient(( stagnantes» et consommaient inutilement le peu deprovisions qu'elles avaient. Ils avaient établi des magasins considérables à Port-Vendres S

1. « Magasins qu'on avait formés contre tout jjrincipe militaire. » (Mémoire de Grindvoinet).

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ils avaient envoyé à Port-Vendres des munitions et des fourrages, et durant ce temps Parmée souffrait de la disette et voyait ses chevaux dépérir ou mourir. Cette armée était-elle du moins attachée à ses chefs? Non. Les représentants nommaient une quantité d'officiers-généraux superflus et grassement payés. Et ils suspendaient Dagobert! « Le soldat, disait Turreau, chérit Dagobert; à sa voix, on ne s'est jamais refusé à aucune fatigue, sa présence est un gage du succès, et Dagobert est écarté, Dagobert est frappé, Dagobert qui a garanti de l'invasion le département de l'Ariège, éloigné l'ennemi des environs de Perpignan, conquis la Cerdagne espagnole, Dagobert à qui de longs et importants services, de grands talents militaires, et une infatigable activité avaient assuré la confiance du soldat et devaient assurer celle des représentants et des généraux I » Fabre et Gaston, concluait Turreau, avaient donc compromis le salut de Parmée, et le Comité devait, malgré leur patriotisme présumé, provoquer leur rappel. « Ils ont fait souvent ce qu'ils ne devaient pas et souvent n'ont pas fait ce qu'ils devaient. L'autorité qu'ils exerçaient avait beaucoup d'analogie avec celle des dictateurs romains. Mais nous sommes loin de vouloir adopter des mesures aussi dangereuses. La République n'a pas besoin, pour être sauvée, de ce genre de tyrannie * » f

Aux Notes de Turreau s'ajoutaient les protestations des militaires et des clubs. Turreau avait raison. Dagobert possédait la confiance, celle con-

4. Notes que le général Turreau a cru devoir présenter au Comité de saut public sur la conduite des représentants Fabre et Gaston près tardée des Pyrénées-Orientales (A. G.).

LE GÉiNÉRAL DAGOBERT

fiance qui, selon le mot de son devancier Barbanlane, est dans les moments de révolution le plus fort

\ iers K

Au^ereau qui, ainsi que ïurreau, avait gagné Pnri^, Aiî2*ereau qui devait bientôt retourner dans le i i ' T)Our remporter, à la tète de l'aile

droite, ses premières victoires, Augereau vantait à tuui \t'nant les mérites de Dagobert et dénonçait rimpéritie et le mauvais vouloir de ceux qui l'avaient dénigré et suspendu.

Mêmes sentiments dans l'armée des Pyrénées- Orientales. L'adjudant général Bonnet écrivait que les représentants, avec de bonnes intentions, (( avaient tort de s'en rapporter à des gens sans lumières » et qu'ils chargeaient Dagobert pour pallier leurs erreurs et « couvrir le défaut de l'expédition de Rosas ». Pelleport assurait que l'armée aimait et estimait Dagobert, et un officier entendit àFourques les volontaires dire tout liant : « Nous avons dans la grande armée des traîtres qui cherchent à perdre notre général-soldat et pourtant il sait, lui, faire céder tout sentiment particulier au bien et au salut de la République ; il ne se cache pas, lui, les jours de bataille et il marche bravement à notre tête ». Et ils juraient de suivre Dagobert partout, même s'il fallait aller d'un pôle à l'autre, parce qu'ils étaient sûrs qu'il partageait leurs fatigues comme ils partageaient ses lauriers -.

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