II. Les événements qui, durant le mois de décem
1. Note de Bouchotte à une lettre de Dagobert, 23 oct. et à une lettre de Turroau, 8 nov. ; Bouchotte à Dagobert, 5 et 11 sept.; Dagobert à Bouchotte. 14 déc. (A. G.) et 20 pluviôse (catalogue Charivay 394). On sait que les bureaux de la guerre n'aimaient pas Us représentants; cf. la séance du 12 nov. où Bourdon de l'Oise assure que les gens des bureaux s'attachent à dénigrer le» re résent'.nts et où Thuriot ajoute qu' « on ne veut point aux armées des commissures de la Convention. »
2. Voulland et Clauzel à D igobert, 11 sept. 1793 et 19 mars 1794 (A. D.).
bre, se produisaient à l'armée des Pyrénées- Orientales, donnèrent raison à Dagobert. Comme Turreau et lui l'avaient prédit, tout dans cette armée était sens-dessus-dessous, tout était en confusion et en débandade. De Perpignan, legénéral Lamer, devenu chef de l'état-major, écrivait à Dagobert que sa Réponse était « d'une grande vérité », que « les malheurs des temps la confirmaient encore davantage » et que depuis son départ, « depuis qu'il n'influençait plus dans cette armée, tout allait horriblement mal. » ^
Doppet, successeur de Turreau, avait été ce que Turreau refusait d'être, « absolument passif. » Il vit, lui aussi, la détresse de l'armée : une quantité de chevaux qui mouraient de faim, des bataillons dépourvus de tentes ou couchés sous la toile sans un brin de paille, beaucoup de malades. Mais ii n'avait ni talents ni expérience. On le promenait et le ballottait de camp en camp à cause de ses opinions prononcées parce qu'il avait aux Jacobins déploré l'aristocratie des généraux et demandé que chaque armée eut un comité de propagande qui la préserverait de Tinfluence des feuillants. Tout en le félicitant de son civisme, tout en l'accueillant comme un « montagnard distingué », les représentants disposèrent de ses troupes sans le consulter, sans même le prévenir ; ils le tenaient à l'écart pour n'employer que d'Aoust, Delattre, Bernède, et vainement Doppet priait ses lieutenants d'attendre ses ordres et de n'entreprendre aucune attaque « par vanité ou pour lui faire pièce. » -