Actes du Comité, IX, p
3. € Fabre, disait Gaston, se précijjita avec audace dans les rangs ennemis; il croyait ramener nos soldats; ce fut en vain: tous prirent la fuite et lui seul, voulant résister, trouver la mort > (Vidal, III, p. xii). C'est être trop précis, et Grandvoinet a dit plus vrai dans son mémoire (A. G.) : « Il disparut; nos troupes mêmes ne surent pas donner des renseignements positifs. »
témoignaient une prédilection marquante, Delattre et i'Aoust, ils étaient en prison. Bouchotte avait employé les tApressions mômes de Dagobcrt et de 1 u reau pour juslifier leur arrestation : le premier, disait-il, n'avait aucune expérience, et le second était un faible officier. Mais les représentants devancèrent le ministre. Delattre qui se qualifiait naguère de général en chef de l'armée d'Espagne, n'était plus qu'un vaincu ; il avait perdu Fabre, son protecteur et patron ; le 25 décembre, Gaston et Cassanyes le destituaient ( t l'envoyaient devant le tribunal révolutionnaire de Paris : pourquoi ne s'était-il pas souvenu de ce mot de Fabre: « Tu ne voudras pas survivre à la perte de Collioure » I 1/ Aust croyait échapper. Doppet dangereusement malade lui avait remis le commandement et dans ces circonstances impérieuses, sur la proposition unanime des divisionnaires, Gaston et Cassanyes avaient confié provisoirement l'armée à d'Aoust qui devenait pour la quatrième fois général en chef. M lis vainement d'Aoust écrivait à Bouchotte qu'il « prenait l'engagement de réfuter jusqu'à l'évidence par pièces justificatives les déclamations vagues de Dagobert » : le ministre l'avait condamné en le traitant d' « ancien marquis » et dès leur arrivée à Perpignan, les nouveaux représentants Milliaud et Soubrany le livrèrent au tribunal révolutionnaire K
Restait le général Goguet, un des ennemis les plus ardents de Dagobert. Il avait di\ sur Tordre de Bouchotte, gagner Paris pf)ur rendre comjae de sa
d. Actes du Comité, VIII, j . 717; X, p. 'ÔO et 610; cf. Turrêlé du 2 janvier 1794 (nomination de d'Aoust, le « seul au fait des localités et des positions générales de l'armée »); d'Aoust à Bouchotte, 3 janvier 1794; Fabre à Delattre, 7 décembre 17**3 (\. C).
PARIS
conduite. Mais c'était Point du Seigneur et son civisme défiait l'accusation. N'avait-il pas dénoncé Dumouriez et mérité les félicitations de la Convention? Aussi, lorsqu'il se défendit, eut-il le ton désinvolte et cavalier. Dans le mémoire qu'il daigna griffonner V, il disait négligemment que les inquiétudes qu'on avait sur son compte étaient « affaire de forme », que son mémoire ne signifiait pas grand chose puisqu'il ne pouvait dire de lui-même que le plus grand bien possible, qu'il jugeait humiliant de mendier de droite et de gauche des certificats. Pourtant, lorsqu'il vit que Bouchotte ne le réemployait pas, il prit la peine d'écrire au Comité. 11 invoquait le témoignage des députés de l'Hérault, ses compatriotes, qui connaissaient sa conduite, de Boisset et des représentants, de Danton, de Delacroix, ces Argus du Comité etdelaConvention.il assurait que les sans-culottes étaient contents de lui, mais qu'il avait contre lui à Parmée des Pyrénées- Orientales un bataillon de traîtres et d'intrigants que sa sincérité montagnarde avait irrités. « Je me suis, ajoutait-il, attiré la haine de Dagobert en lui marquant ma surprise de ce qu'il n'a pas le 19 septembre poursuivi Pavantage du 17 : Dagobert est jaloux et ne m'a jamais pardonné mes débuts de Peyrestortes, l'amitié des représentants et surtout la franchise avec laquelle je lui ai toujours dit mes sentiments. » Mais Turreau s'étonnait qu'il n'eût
1. Mémoire de Goguet (A. G.). Il a été tracé au courant de la plume comme par un homme pressé. Goguet oublie des mots essentiels : € Sur ces entrefaites s'est portée sur nous , (il oublie d écrire la cavalerie espagnole); c le lendemain firent un mouvement sur moi , (il oublie d'écrire les en?iemis); . fai ignoré ce qui se passait, on ne m'a pas envoyé une seule ignorance . (il veut dire ordonnarice et il écrit ignorance parce qu'il vient d'écrire ignoré),
LE GÉNÉUAL DAGOBERT
pas été mis en prison et Revcst mandait de Perpignan qu'il avait à l'ailaire de Trouillas excité les plaintes et les soupçons, que « la confiance était incertaine à son égard. » Goguet désirait revenir à Perpignan où il ne subirait plus de « tracasseries dangereuses au bien du service », et il déclarait qu'il servirait avec plaisir sous les ordres du montagnard Doppet. Le ministre décida qu'il ne retournerait pas aux Pyrénées-Orientales. Goguet, promu général de division, se rendit à l'armée du Nord, et là, près de Maubeuge, au mois d'avril 1794, il fut assassiné par un de ses soldats ^
IV. Dagobert comptait être réintégré et il crut un instant qu'il serait envoyé de nouveau à Parniée d'Italie. Il était à Saint-Lô auprès de sa femme et de ses filles lorsqu'un courrier de Boucholte lui apporta la lettre suivante, datée du 24 janvier 1794 : « L'intention du Comité de salut public est que tu te rendes sans délai à Paris pour lui donner les renseignements qu'il pourra te demander sur des objets militaires; tu voudras bien te conformer à ses intentions et me donner avis de Pinstant de ton arrivée pour que je puisse en prévenir le Comité ». Dagobert partit sur-le champ. Le 31 janvier il était reintégré et renvoyé à Parmée des Pyrénées-Orientales. « Le soldat le demande, avait écrit Hardy à Bouchotte, et chacun dit que, si Dagobert avait été avec nous, notre échec de Villelongue ne serait pas arrivé et que, s'il nous était rendu, notre perte pourrait se réparer » ^
1. Goguet à Bouchotte, 11 nov. et au Comité, 13 déc; Notes de Revest (A. G.)-