‹ Le général DagobertChapitre 79 sur 121 · A. Chuquet, Valmy, p · texte numérisé non relu

A. Chuquet, Valmy, p

J. ,^"^f ^ ^"\P^it «^r l»i^ le 6 mai 1794, d'entrer en Espagne et d'occu,,er la vallée de la haute Mouga, connaissait-i le

s" "Te' P-^ T^'^'"'' • '' ''' P^"^ ^'"^''^^'^ qu'il Suivit les c ! p 315-316 '' Grandvoinet. Cf. A. Chuquet, Dugommier,

quait quels seraient les mouvements de ce corps détaché : il marcherait avec grand fracas sur Palalda, il traverserait le Tech pendant la nuit, il gravirait les hauteurs derrière Fort-les-Bains, et, par le col de la Greu ou celui de Cerda, descendrait sur Massanet; s'il craignait pour sa retraite, il se dirigerait sur Olot, de là sur Gamprodon et Ribas d'où il rentrerait en Cerdagne et reviendrait par Montlouis à Perpignan — à moins qu'on ne le fît rester à Bellver pour couvrir la Cerdagne, menacer Urgel et tenir de ce côté l'adversaire en alarme. Mais la colonne qui pénétrait en Catalogne ferait (( la meilleure besogne qu'on put faire dans cette partie » et ici, Dagobert, avec une verve moqueuse, retraçait les avantages de l'expédition qui serait aussi lucrative que glorieuse, pourvu qu'elle fût préparée dans le secret. Cette colonne aurait quelques marches d'avance et il serait impossible aux ennemis de la joindre. Elle se composerait de gens lestes — de 10 à 12.000 hommes d'infanterie et de 600 dragons et hussards — et elle aurait avec elle dix à douze pièces de canon et autant de canonnettes. Dès le second jour, elle serait dans les Llucanas; elle y trouverait les haras les plus estimés « auxquels on pourrait accorder les honneurs de notre territoire ». Elle prendrait Vich, prendrait Mores et de là irait faire ses dévotions à Notre- Dame de Monserrat; on y avait enlevé, disait-on, le trésor et les grands chandeliers d'argent massif, mais sans doute il y avait encore « quelques exvoto capables d'alimenter la piété de nos braves sans-culottes ». De là, cette triomphante division se dirigerait sur Saragosse où Notre-Dame del Pilar « attendait la visite des âmes dévotes ». Chemin

faisant, elle mettrait à contribution les villages entre les Pyrénées et l'Ebre. Pour faciliter à cette petite armée sa rentrée en France, un corps de 4 à 5.000 hommes, parti de Navarrenx et d'Oloron, assiégerait Jaca et ouvrirait ce passage tandis qu'un autre corps de 2 à 3.000 hommes, saisissant le port de Venasque, assurerait la communication entre Saragosse et Bagnères de Luchon. « On croit, disait Dagobert, pouvoir assurer que les corps rassemblés dans Saragosse feraient trembler tout l'Espagne ». Pendant ce temps l'armée des Pyrénées-Orientales observerait les mouvements de l'ennemi et le suivrait dès qu'il se mettrait aux trousses de la colonne d'invasion; c( ce serait le moment pour faire sur la gauche la tentative dont j'ai parlé et pour se jeter sur Olot ». *

Tel était le plan de Dagobert, et les deux conventionnels Carnot et Garrau le jugèrent admirable.

1. Notons, pour être complet, que le général Giacomoni avait, le 22 décembre 1793, envoyé un ijlan analogue : il jugenit que la possession de la Cerdagne espagnole ouvrait l'entrée de la Catalogne; mais il n'entrait dans aucun détail et il demandait seulement que l'armée qui ferait cette diversion, fût munie de tous les objets nécessaires d'habillement et d'équipement.

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