CHAPITRE XVII Urgel
I. Retour triomphal de Dagobert. — II. Son plan adopté. — Objections de Dugommier. — Sa lettre au Comité. — Dagobert consent à retarder l'exécution de son dessein. — Il est subordonné à Dugommier. — Il se rend en Cerdagne. — Son état-major. — III. La marche sur Urgel. — Prise de Montella.
— Jonction avec Charlet. — Saint-Hilaire. — Effroi des Espagnols. — IV. La citadelle d'Urgel. - Sommation. — Pillage de la ville. — Dégâts et excès. — Maladie et mort de Dagobert (18 avril 1794). — V. Le vieux Dagobert. - Son plan abandonné. — Delcasso et Montegut. — Milhaud et Soubrany.
— Proposition de Barère. — Le nom de Dagobert inscrit sur la colonne du Panthéon (30 avril). — Trois décrets en faveur de sa veuve. — VI. Les restes de Dagobert, d'abord à Montlouis, puis à Perpignan. — La pyramide de Montlouis.
I. Les amis et admirateurs de Dagobert saluèrent avec allégresse la levée de sa suspension.
A Tachan, où il avait dos relations de famille, la Société populaire accueillait la nouvelle par les cris répétés de Vive la République française et décidait, sur la proposition du curé Rouquette, de lui offrir une couronne civique lorsqu'il viendrait fraterniser avec le club ^
La Société populaire de Foix lui mand^ait que les sans-culottes de l'Ariège avaient appris sa réintégration avec un vrai plaisir : « Tu justiOeras l'opinion qu elle a de tes sentiments civiques et révolutionnaires. Ce n'est pas en vain qu'ils ont
1. séances de la Société populaire de la Montagne sans-culottisée séante à Tachan, 27 février et 8 mars 1794 ; Rouquette à Dagobert, 11 mars (A. D.).
brisé les traits de la calomnie. Allons, brave guerrier, au pas de charge » M
Les sans-culottes de Lavelanet lui marquaient que leurs vœux étaient au comble : « Nous avons employé tous nos moyens pour cela; continue de mériter notre estime et nous nous ferons toujours un devoir de te défendre contre la calomnie » -.
Les membres du club de Mont-Polyte ou de Saint- Ilippolyte du Gard l'assuraient que son retour à Tarmée des Pyrénées-Orientales les remplissait de la joie la plus pure : « Ton civisme nous est connu; nos frères d'armes t'appellent leur père; conduisles à la victoire; Dagobert à leur tète, ils seront invincibles; la République triomphera, la patrie te décernera des couronnes, et ta mémoire sera éternelle dans le souvenir des vrais républicains » ^I
Les administrateurs du district de La Grasse lui écrivaient qu'ils connaissaient son dévouement à la cause du peuple et qu'ils n'avaient jamais été dupes des traîtres qui machinaient sa perte \
D'Osséja, en Cerdagne, les soldats du 2« bataillon des Pyrénées-Orientales félicitaient leur général qu'un « Sénat auguste » avait vengé de la calomnie; ils lui témoignaient leur affection, leur confiance : « Compagnons de tes travaux, ils n'ont cessé de reconnaître en toi l'ennemi mortel des féroces
1. La Société républicaine de Foix à Dagobert, 5 mars (A. D.) ; la lettre se termine par cette phrasii curieuse : c Et si jamais tu as besoin pour achever de disséquer In race castillane, des sans-culottes de l'Ariège, parle, et, comme un torrent, ils iront fondre sur ces vils esclaves, pour n'en plus |)arler. »
2. La Société populaire et montagnarde de Lavelanet à Dagobert, 4 mars (A. D.).