‹ Le général DagobertChapitre 81 sur 121 · Le club de Mont-Polyte à Dagobert, 9 mars (A. D · texte numérisé non relu

Le club de Mont-Polyte à Dagobert, 9 mars (A. D

4. Les administrateurs du district de La Grasse à Dagobert 5 mars (A. D.). -

URGEL

Castillans et dos traîtres qui les favorisent ; leurs vœux seraient parfaitement remplis si tu venais les conduire à la victoire; ils espèrent que tu n'oublieras pas qu'ils étaient de la colonne de gauche à La Perche » M

Son arrivée dans le Midi fut un triomphe, et à l'entendre, l'accueil qu'il avait reçu partout, ne se concevait pas. Le club de Montpellier le couvrit d'applaudissements. A Pézenas, les habitants, hommes et femmes, se précipitaient autour de sa voiture pour le voir, et ils criaient : « Pécaïre, ne nous abandonnez pas » ! Ses amis, Domergue à Narbonne, d'Aubermesnil à Salces, l'attendaient afin de le congratuler au passage, et il lui semblait que quelqu'un courait en avant pour avertir tout ce qui se trouvait dans la campagne et sur les chemins de la venue de Dagobert. A trois kilomètres de Perpignan, au Vernet, les gens lui jetaient des branches de laurier. Lorsqu'il descendit à Perpignan, au bout du pont, une immense clameur de joie et d'enthousiasme s'éleva de toutes parts; une foule innombrable environnait Dagobert; il remerciait, il embrassait les plus proches, et ils lui disaient : « c'est la victoire de l'innocence; un scélérat - s'efforçait de faire croire que vous aviez trahi la patrie et il assurait même, pour faire tomber votre tête sous la guillotine, qu'il avait les preuves matérielles de votre trahison » ! Il fut comme porté chez les représentants Milhaud et Soubrany. Le

1. Le 2« bntaillon des Pyrénées-Orientales à D igobert, 22 mars (A. D.).

2. Evidemment Gaston. Mais Fabre, malgré sa mort héroïque, n'était pas moins haï et Gaston écrivait à Espert (27 décembre, A. P ) : « On paraît content de sa mort; juge si ce pays-ci vaut quelque chose. »

surlendemain, dans la rue, des Perpignanais l'arrêtaient encore à chaque pas, le félicitaient d'avoir échappé à Gaston : « Ce monstre, naandait-il à sa femme, est parti détesté, et c'est une félicitation continuelle de m'étre esquivé de ses griffes ».

Il semblait plus républicain que jamais. S'il demandait à Bouchotte des chevaux du dépôt pour remplacer ceux qu'il avait du vendre à vil prix, « je suis, écrivait-il, un sans-culotte qui a peu de moyens ». Il avait pris un prénom du nouveau calendrier, le prénom de Piment qui seyait assez à sa vive nature et qui rappelait ce que son esprit avait de piquant et d'un peu âpre K

II. Quelques jours plus tard, il apprenait que son plan d'invasion était adopté. Entraîné par Garrau et Carnot, le Comité de salut public arrêtait, le i^ mars, qu'un corps de 12.000 hommes de troupes d'i^lite armf^s à la légère et de 600 cavaliers serait tiré de l'armée des Pyrénées-Orientales et mis ausiu i à la disposition de Dagobert.

Le général allait donc opérer une diversion^en grand, et un de ses lieutenants annonçait déjà que ses pas pouvaient être ceux d'un géant -.

Mais l'armée des Pyrénées-Orientales était alors reconstituée par Dugommier, et son nouveau chef, sûr de l'entrain, de la discipline et du patriotisme de ses troupes, se préparait à frapper les Espagnols au cœur même de leurs quartiers, dans le camp du Boulou. Il n'osa pas d'abord désapprouver la

1. Voir l'appendice XV sur les prénoms à l'armée des Pyrénées-Orientales. Cf. Dagobert à Bouchotte, 8 février 1794 (Catalogue Charavay, 394).

Page 1