‹ Le général DagobertChapitre 82 sur 121 · Vidal, IH, p. 212; Doppet, Mém., p · texte numérisé non relu

Vidal, IH, p. 212; Doppet, Mém., p

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décision du Comité et il se hâta d'obéir. Le 22 mars, son chef d'état-major Lamer inforaiait le commissaire ordonnateur que Dagobert commanderait une armée composée de 12.000 fantassins et de 600 cavaliers et munie de son atelier et de ses charrois, qu'il fallait s'apprêter à pourvoir aux subsistances et aux besoins de tout genre de cette armée. Quatre jours après, Lamer écrivait à l'adjudant général Bonnet que Dagobert aurait bientôt son « complément » de troupes : par suite, la plus grande activité était nécessaire, et « il faut faire en ce moment, disait Lamer, comme faisait Moïse; Dagobert se propose de faire mieux en faisant vivre son armée aux dépens de nos ennemies » *.

Dugommier ne cachait pas toutefois son déplaisir.

11 consulta les représentants Milhaud et Soubrany. Exécuter sans restriction et sans délai l'arrêté du

12 mars, n'était-ce pas courir de gros risques? Ne ferait-il pas bien d'attendre de nouveaux ordres? Le Comité, ignorant la situation, n'ignorait-il pas « tout le vice de cette mesure »?

Le 21 mars, il écrivit hardiment au Comité. Comment pouvait-il donner à Dagobert 12.000 fantassins et 600 cavaliers? Il n'avait que 18 à 20.000 hommes disponibles en première ligne; le reste était sans armes et sans nulle expérience. S'il obéissait à l'arrêté, il n'aurait plus que 7 à 8.000 hommes et, dès lors, serait-il assez fort pour attaquer Pennemi, selon le désir du Comité, de front et sur les flancs? Non : l'exécution rigoureuse de ce plan exposerait l'armée des Pyrénées-Orientales et le

1. Lamer au commissaire ordonnateur, 22 mars, et à l'adju daat général Bonnet, 26 mars (A. G.).

territoire que cette armée devait protéger. Si la diversion conseillée par Dagobert était « bonne et bien vue », ce n'était et ce ne devait être qu'une diversion, et l'armée de Montlouis ou de la Cerdagne ne jouait pas le rôle prépondérant ; autrement, l'armée principale n'aurait plus qu'à tenir Perpignan et à garder la défensive. Dugommier ajoutait qu'il avait fait son projet avant de recevoir l'arrêté du 12 mars, qu'il tâcherait néanmoins de « plier ses moyens au plan du Comité », mais que l'essentiel était de battre TEspagnol dans le Roussillon.

Sur les instances de Dugommier et des représentants, Dagobert consentit à retarder l'exécution de son dessein. « Il reconnaît lui-même, marquait Dugommier au^ Comité, la nécessité de gêner ici l'ennemi par quelque coup heureux avant de rien entreprendre ailleurs ». Dagobert n'agirait donc qu'après le grand mouvement que l'armée des Pyrénées-Orientales devait opérer dans les derniers jours d'avril contre le camp du Boulou; à ce moment, il irait intercepter aux ennemis leur ligne de retraite dans le Vallspir et descendrait dans la vallée du Ter pour manœuvrer sur leurs derrières \

C'était le plan que les députés des Pyrénées-Orientales, Delcasso et Montegut, soumettaient presque à la même heure au Comité de salut public. Que l'armée de Montlouis, disaient les deux conventionnels, entre en Catalogne par la Pople ou Camprodon et descende dans la plaine de Vich; non seulement elle rafle une quantité considérable de bétail; mais, si les Espagnols sont battus au Boulou et refoulés au delà de Figuières, elle peut leur couper

l. Dugommier au Comité et aux représentants, 27 mars (A. G.).

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la retraite et leur disputer le passage du Ter puisqu'elle serait déjà sur l'autre rive K

Dugommier avait, au reste, l'intention sincère d'aider Dagobert : il lui avait d'ores et déjà donné deux bataillons, et par trois fois il lui écrivit, l'assurant qu'il serait « exact à remplir la convention », promettant de lui envoyer sous peu de jours le 14« régiment de cavalerie qui servait alors en première ligne, protestant qu'après quelques succès et au « premier moment lucide » il se conformerait à l'arrêté du Comité \ Il était le supérieur de Dagobert. La décision du Conseil exécutif provisoire qui renvoyait le vainqueur de la Perche et d'Olette à l'armée des Pyrénées-Orientales, portait qu'il remplirait les fonctions de son grade « provisoirement et subordonnément au général en chef de ladite armée » \ Aussi, le 21 mars, les représentants Milhaud et Soubrany, confirmaient-ils l'arrêté du 7 août précédent qui nommait Dagobert général en chef des troupes cantonnées entre Olette et les sources de la Garonne, et ils autorisaient les commissaires ordonnateurs à le comprendre sur les revues aux appointements de général en chef, à compter du 21 ventôse ou 11 mars; mais ils le mettaient sous la dépendance de Dugommier : « entendant néanmoins que le général en chef dans cette partie sera toujours sous les ordres du général en chef de toute la division militaire des Pyrénées-Orientales. »

Le 28 mars, Dugommier ordonnait donc à Dagobert de se rendre en Cerdagne : le général gagne-

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