Arrêté du 14 pluviôse ou 2 février (A, D
le'gknéral DAGOBEIîT
URGEL
rait PuycerJa dans le plus court délai possible pour y diriger les mesures prescrites le 11 mars par le Comité de salut public et il commanderait toute la division de Montlouis et les forces qui y seraient envoyées ^
Avant de quitter Perpignan, Dagobert organisa son état- major. Ses aides-de-camp étaient Auguste Catlarelli et Augustin ïzos : Caiïarelli- devint adjudant général cbef de brigade et Izos^ adjudant général cbef de bataillon. Cbrétien \ nommé général de brigade, était chef de Tétat-major. L'adjudant général Bonnet dont Dagobert vantait justement les connaissances et les talents, fut, comme Chrétien, promu général de brigade pour être employé dans la division de Cerdagne ^ Ces quatre personnages, disait le général aux repré-
1. Arrêté de Milhaud et Soubrany, 27 mars; décision de Dugommier, 28 mars; Dagobert à Bouchotte, 31 mars (A. G.);
cf. Vidal, lU, p. 209.
2. C'est le Caffirolli qui devint générai de division et qui fut ministre de la guerre du royaume d'Italie, de 1806 à 1810. Il servait, a dit Dagobert, dans les troupes du roi de Sardaigne depuis près de huit ans et il était à U veille d'obtenir une compagnie lorsqu'il vint offrir son épée à la Révolution; il fut un des premiers de son district à se faire inscrire pour le recrutement des 300.000 hommes; il avait des certificats de civisme tant de son district que de la commune de Perpignan.
3. Izos, naguère adjudant-major de la place de Perpignan, commandait une colonne en 1794 dans l'expédition de RipoU et il devint adjudant général chef de brigade à l'armée d'Italie; Dugommier, a dit Doppet, me parla de lui « de la manière la plus avantageuse, j»
4. Cf. sur Chrétien p. 150, 212, 214, 283; il n'obtint jamais la confirmation de son brevet de général de brigade.
5. François-Antoine Bonnet, déjà cité, ca;àtaine du géni.', adjudant général de;!uis le 6 septembre 1793, fut nommé par Milhaud et Soubrany général de brigade le 28 mars 1794 et obtint plus tard sa confirmation. « C'est un zélé patriote, avait dit Turreau, un officier du génie très instruit dont la présence est fort utile à l'armée par les connaissances | arfaites qu'il a acquises du pays. »
sentants Milhaud et Soubrany, « ne sont pas des muscadins, ce sont de bons militaires et connus dans l'armée ».
III. Mais il brûlait d'en découdre et il allait de son propre mouvement engager les hostilités.
Dès le 12 mars il écrivait qu'il ferait peut-èlre une promenade militaire du côté de la Seu d'Urgel et il priait Saint-Paul Doumic, chef de l'artillerie à Montlouis, de lui marquer secrètement « sans faire semblant de rien » combien de mortiers, de bombettes, de pièces de 4 ou de 2 il pourrait emmener.
Le 31 mars, il mandait au ministre qu'il se préparait à se porter sur Urgel sans attendre les bataillons et escadrons que Dugommier devait lui envoyer. « Je suis venu en Cerdagne. disait-il, pour former une ligne d'attaque avec l'élite des troupes qui s'y trouvent ». Il était plein d'ardeur et il annonçait qu'il ne pourrait rendre un compte quotidien de ses opérations à cause de leur « multiplicité » et de leur « rapidité »; peut-être même les communications ne seraient-elles pas assez libres pour correspondre aisément avec le Comité; mais, ajoutait-il, « tant que mes forces physiques me le permettront et que les porteurs de mes dépêches pourront passer, je tiendrai le Comité fidèlement instruit de tous mes mouvements » '.
1. Dagobert à Alexandre Bertrand et à Saint-Paul Doumic 12 mars; a Bouchotte, 31 mars; aux représentants, 13 avril (A G i Jean-Guillaume-Saint-Paul Doumic, né à Tournon, en Lot-etiGaronne, en 1759, entré au service en 1778, sergent en 1784 adjudant en 1791, lieutenant en 1792, capitaine en 1793, chef de bataillon en vendémiaire de l'an II et chef de brigade en floréal suivant, commandant le 8- régiment d'artillerie à cheval en an IX, directeur de l'équipage de siège dans la République italienne en l'an X, admis à la retraite en l'an XIII
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Le 6 avril, il sut qu'un de ses soldais avait été haché en morceaux par des paysans. Aussitôt, de son autorité, sans informer Dugommier et les représentants, il décida d'ouvrir la campag'ne. C'était l'usag-e dans ces premières armées de la Révolution : Custine, marchant sur Mayence, n'avisait Riron, son supérieur, que lorsqu'il avait commencé son mouvement et Augereau devait s'emparer de la fonderie de Saint-Laurent de la Mouga sans avertir Dugommier de son dessein.
Le jour même, à la tombée de la nuit, pour que le bruit de l'expédition qu'il projetait contre Urgel ne fut pas éventé, Dagobert entrait à Rellver.
Il fallait, pour gagner Urgel, passer par le Martinet et le pont de Rar, et il y avait deux heures et demie de marche de Rellver au Martinet, deux heures et demie du Martinet au pont de Rar, et deux heures et demie du pont de Bar à la Seu d'Urgel. Le chemin de Rellver au Martinet, par une gorge étroite et profonde, était très mauvais. Du Martinet au pont de Rar, par une gorge resserrée et fort difficile, il était bordé de précipices, coupé de rochers, et si mauvais qu'on ne pouvait aller à cheval qu'en bien peu d'endroits. Du pont de Rar à la Seu d'Urgel il était pendant une heure et demie aussi mauvais que du Martinet au pont de Rar; mais on trouvait ensuite une assez belle route qui menait à la Seu d'Urgel à travers un pays ouvert et presque semblable à la plaine de Cerdagne ^
Le comte de La Haye Saint-Hilaire, homme actif et résolu, dirigeait la défense de la Seu d'Urgel, et il avait pris de bonnes mesures, renforcé ses postes,