Hubert à Hardy, 14 novembre 1793 (A. r
sa culotte à l'envers et ils applaudissent lorsqu'ils le voient sur la route de Céret narguer d'un geste rabelaisien le canon espagnol ^
Il savait leur parler et il n'épargnait pas ces bons et affectueux propos dont il avait vanté la puissance dans l'Ordonnance française : le soldat n'est-il pas (( une machine qu'on monte avec la langue » ^ ?
Bien peu soupçonnaient qu'il était gentilhomme, qu'il appartenait à la « caste privilégiée » ; son nom, quoique porté jadis par un roi, par un « tyran », avait quelque chose de populaire. Il vint un moment à l'armée des Pyrénées-Orientales, où, comme ailleurs, on fit la chasse aux ci- devant. Le 18 frimaire an II ou 8 décembre 1793 par un arrêté qu'ils annulaient le surlendemain, Fabre, Gaston et Cassanyes décidaient que tous les nobles étaient suspendus de leurs fonctions et l'agent Hardy écrivait que l'armée était infectée de généraux nobles, que cette race maudite avait obtenu tous les grades, qu'on ne respirait dans le camp que l'air pestiféré de l'aristocratie. Et Hardy exaltait Dagobert, sans se douter que Dagobert, lui aussi, était noble ^ !
1. Vidal, III, p. 59 : f Près du pont, en plein chemin, la batterie tira sur nous ; Dagobert, dans son sang-froid, déboutonna sa culotte, tourna son dos vers la batterie et lit son petit besoin en s'écriant : « Les sots, ils attaquent trois hommes (Dagobert, Cassanyes et Poinsot) ; ils auraient dû attendre que la division se fût déployée! » (Tiré des Mém. de Cassanyes).