‹ Le général de division comte de Martimprey. Avec sept planches hors texte et cinq cartesChapitre 11 sur 48 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

COHUANDEUENT DE LA SUBDIVISION D'ORLÉANSYILLE

(iSéS-iSSi)

Situation <i*0rléan8villc. — Son climat. — Officier d'ordonnance de Martimprey. — Ses troupes. — Expédition contre ks Achacha. — Mort du maréchal Bugeaud. — Le choléra. — Dévouement du colonel. — Le théâtre. — Opérations en Algérie. — Siège de Zaatcha. — Séjour en France. — Départ de Du Barail. — Tranquillité des trihus. — Agitation à Paris. — Expédition de Saint- Arnaud. — Martimparey chef d*état-major général de l'armée d'Algérie.

Au point de vue de Tagrément, Orléansville n'était pas une résidence de choix. Gréé depuis cinq ans, ce poste avait à peine les installations nécessaires, et se distinguait surtout par un climat torride. Placée sur la rive gauche du Chéliff, la ville s'était élevée sur un terrain plat, entourée de collines arides, qui semblaient concentrer sur elle les ardeurs d'un soleil saharien. Située au fond d'un entonnoir, elle devenait en été un séjour insupportable. On y constatait souvent 45* centigrades à l'ombre. La mer, heureusement, n'était pas loin; et le petit port de Ténès, à dix lieues au nord d'Orléansville, offrait aux Européens le moyen d'atténuer J'effet débilitant des grandes chaleurs par ses brises rafraîchissantes et ses bains de mer. Du côté du sud, le massif élevé de l'Ouarensenis permettait également de trouver dans ses vallons des eaux courantes et des ombrages.

q8 le comte de martimprey

En revanche, au point de vue politique, ce poste avait une importance qui en augmentait l'intérêt. Les tribus des environs s'étaient maintes fois soulevées et, à l'arrivée du colonel, celles du Dahra frémissaient encore au souvenir du terrible châtiment que leur avait infligé, trois ans auparavant, le colonel Pélissier en les enfumant dans leurs grottes.

C'était surtout pour madame de Martimprey que le séjour d'Orléansville devait être dur et pénible. Mais la courageuse compagne du colonel, décidée à suivre partout son mari, ne songeait qu'à partager ses fatigues et les chances de sa vaillante carrière.

Un officier qui devait parvenir plus tard au premier rang de la hiérarchie militaire, le général du Barail, alors jeune capitaine, eut l'occasion de voir le colonel peu de temps après son arrivée à Orléansville. Il en a laissé un portrait qui mérite d'être conservé.

Le colonel de Martimprey venait de remplacer le général Bosquet dans le commandement de la subdivision d'Orléansville. Collaborateur des plus utiles du maréchal Bugeaud, élève préféré du général de La Moricière, qu'il avait suivi au ministère de la Guerre comme chef de cabinet, le colonel de Martimprey avait une place à part dans l'armée d'Afrique, où on l'estimait autant pour la noblesse de son caractère que pour l'éclat de ses services et l'étendue de ses connaissances militaires. D'un esprit plus juste que brillant, infatigable au travail, ne sachant pas ce que c'était qu'une distraction, très ferme, très exigeant même, mais bienveillant, bon comme du pain, il obtenait tout ce qu'il voulait, parce qu'il était toujours le premier à payer de sa personne.

Dès son arrivée, il s'était souvenu d'un jeune maréchal des logis de spahis qu'il avait remarqué, en iS^a, dans la province d'Oran, pour sa distinction, son intelligence et sa bravoure. Il lui avait même témoigné une certaine affection et, le sachant depuis peu capi-

taine au i'"' régiment de spahis, il lui fit demander par son chef de corps, le colonel Daumas, qu'il connaissait de longue date, s'il lui conviendrait de devenir son officier d'ordonnance.

Ce jeune officier n'était autre que du Barail, le futur auteur du portrait qui vient d'être reproduit. Le capitaine n'avait aucune envie de se rendre à Orléausville qui passait déjà pour un poste désagréable. Mais la demande du commandant de la subdivision était trop flatteuse pour qu'il pût y répondre par un refus. Il accepta, guidé surtout par l'estime que le colonel de Martimprey lui avait inspirée. « Et puis, disait-il, auprès d'un tel chef il aurait beaucoup à apprendre ».

Au chef-lieu de sa subdivision, le colonel avait à sa disposition le i6* de ligne, colonel Jolivet, un escadron du 1*' régiment de spahis, commandant de Mirandol, deux sections d'artillerie de montagne, un détachement du génie sous les ordres du commandant Le Brettevilloîs, et divers détachements de troupes auxiliaires.

Un de ses fonctionnaires les plus importants était le chef du bureau arabe, capitaine Richard, du génie. Très intelligent, instruit, bien doué physiquement, ayant de beaux services, il aurait fait un homme de grande valeur s'il avait eu l'esprit juste. Mais sous ce rapport, dominé par des utopies, il devait causer quelques ennuis au commandant de la subdivision. Il avait imaginé, pour civiliser les Arabes, de leur appliquer les idées phalanstériennes qu'il professait. « Ces décevantes théories sociales, dit du Barail, étaient l'antithèse absolue des convictions du colonel qui, lui, ne voyait de salut que dans la pratique inflexible des devoirs de famille et des vertus patriarcales. » Aussi dut-il, sans tarder, mettre un terme aux fantaisies humanitaires de son subordonné et le ramener à une conception plus

lOO LE COMTE DE MARTIMPREY

nette des besoins des indigènes et des devoirs des officiers chargés de les administrer.

Une fois installé, le colonel entreprit une tournée sur son territoire. Il voulait connaître le pays, les officiers, les chefs arabes placés sous ses ordres et se faire voir à ses inférieurs. Il commença son inspection par le cercle de Ténès et, comme il attendait alors le capitaine du Barail, il laissa, en partant, sur sa table de travail, quelques préceptes écrits de sa main. « Ce trait, dit ce dernier, dépeint Thomme; il ne les avait pas inventés, mais il les observait toujours, ceuxci entre autres : Ne remettez jamais à demain ce que vous pouvez faire aujourd'hui. Considérez que rien n'est fait, quand il vous reste, encore quelque chose à faire.

Le colonel de Martimprey, ajoutait-il, a été pour moi une sorte d'oracle et il m'a mis dans la tète quelques axiomes, quelques règles qui m'ont été des plus utiles dans ma carrière. Une maxime qu'il m'a développée maintes fois dans la suite et sur laquelle il aimait à revenir presque perpétuellement était celle-ci : « Quand vous recevez un ordre, employez toute votre intelligence à le bien comprendre et toute votre bonne volonté à en rechercher les moyens d'exécution. Cela seul vous donnera un avantage immense sur tous vos camarades; parce qu'en règle générale, quand on reçoit un ordre, l'esprit est frappé tout d'abord par les difficultés, par les impossibilités qu'il soulève. On dirait que c'est là un défaut du cerveau. »

En parcourant le pays soumis à son commandement, le colonel constata partout le calme et la tranquillité. C'était, du reste, l'état général de la colonie, sauf dans le sud et sur la frontière de l'ouest oh quelques troubles existaient encore.

Au mois de juin cependant, il eut une alerte à laquelle il mit promptement bon ordre. L'importante

COMMANDEMENT DE LA SUBDIVISION d'oRLEANSVILLE IOI

tribu des Acbacha, sur la limite des subdivisions d'Orléansville et de Mostaganem, refusa d'acquitter ses impôts. Après en avoir rendu compte au général de division, il le prévint qu'il se rendait sur les lieux pour apaiser ce mouvement de révolte. Puis, sans attendre d'ordres, il partit avec trois bataillons des i6* et 68* de ligne et deux escadrons de cavalerie. Il alla camper au centre même de la tribu. Le général de Salles, commandant la subdivision de Mostaganem, qui était parti de son côté, le 24 juin, avec des troupes, le rejoignit deux jours après. Une opération fut concertée et, le 28, on razzia les révoltés qui s'empressèrent de faire leur soumission et de payer leurs impôts. Les deux colonnes rentrèrent dans leurs garnisons respectives.

Ce fut pendant cette expédition que parvint à Martimprey une nouvelle qui lui causa une grande tristesse. L'illustre maréchal Bugeaud, atteint par le choléra à Paris, avait succombé le 10 juin. Martimprey, qui professait pour lui la plus respectueuse admiration, lui conserva toujours un fidèle et touchant souvenir.

L'été s'acheva à Orléansville, sans le moindre incident. 'Mais la saison qui suivit fut marquée par l'invasion du choléra qui devint bientôt une redoutable épreuve pour toute la subdivision.

Le gouverneur avait décidé, en octobre, de faire rentrer en France le i6* de ligne. Il fut remplacé par le 12* qui partit de Marseille avec des malades et apporta dans la colonie le germe de Tépidénlie. Il arriva à Orléansville avec des hommes qu'il fallut envoyer à l'hôpital. Le fléau se répandit avec rapidité et prit en quelques jours un caractère alarmant. Tous les corps payèrent leur tribut. Sur cinq officiers de spahis, trois moururent; et autour d'eux, la proportion, sans être aussi forte, fut considérable.

Un homme se distingua dans ces heures cruelles ; ce fut le commandant de la subdivision.

A force de calme, d'énergie et de dévouement, dit du Barail, le colonel de Martimprey réussit pourtant à maintenir le moral de ses troupes. Il se multiplia pour combattre Tépi demie, non seulement dans Tarmée et dans la population civile, mais encore chez les tribus voisines, parmi lesquelles elle s'était propagée. Tous les jours, nous nous rendions à l'hôpital pour surveiller et encourager les services sanitaires, pour voir et pour consoler les malades et, tous les jours, je revenais, pénétré d'une admiration croissante en face de la hauteur de caractère et de la sérénité d'âme de mon chef. Quel grand cœuri et j'ajouterai : quel grand chrétien! Cette situation atroce se maintint pendant deux longs mois. Le choléra s'était rapidement étendu sur tout le territoire de l'Algérie (i).

A la fin de Tannée, cependant, la imaladie s'atténua et finit par disparaître. On regretta alors un élément de distraction dont la population jouissait précédemment et qui n'existait plus. C'était le théâtre.

Le général de Saint-Arnaud, un des prédécesseurs du colonel, avait été le premier à l'installer. Des* militaires de la garnison, doués de dispositions dramatiques, avaient complété la troupe des comédiens et un lieutenant d'infanterie, connu pour ses goûts artistiques, en avait été nommé directeur. Malheureusement, la subvention, prise d'abord sur des contributions imposées aux révoltés du Dahra, avait fini par manquer. Le colonel de Martimprey n'avait pas d'argent pour solder les frais. Il n'aurait du reste jamais admis un virement de fonds. Il fallut donc se résigner à perdre les artistes qui s'éloignèrent et ne laissèrent que des regrets, surtout au moment du choléra.

(i) Mes Souvenirs, par le général du Barail.

COMMANDBMEI^T DE LA SUBDIVISION d'oRLÉANSVILLE I03

La paix la plus profonde continuait à régner parmi les tribus de la subdivision. Néanmoins, son commandant se tenait au courant des agitations qui se manifestaient dans le reste de l'Algérie; c'était pour lui un moyen de prévoir les événements et de surveiller les mouvements qui auraient pu se produire autour de lui.

Il entretenait, pour cela, une correspondance active avec les principaux officiers des trois provinces, ce qui lui permettait de suivre, jour par jour, les différentes opérations militaires. Il y en avait de différents côtés. En Kabylie, le général HerbîUon, commandant la division de Gonstantine, châtiait la tribu des Beni- Toufout. Sur la route de Sétif à Bougie, le général de Salles opérait contre une autre tribu kabyle. Dans la subdivision de Batna, une insurrection grave, celle des Ziban (i), avait éclaté et fait soulever les gens du sud de la province de Constantîne. Le commandant du cercle, le colonel Carbuccia, était en train de ramener à l'obéissance les Ouled-Sahnoun, chez lesquels il avait pénétré avec une colonne de trois bataillons et de trois escadrons. Chez les Guetchoulas, manœuvrait le colonel Blangini; et, sur les cimes du Djurdjura, Canrobert, alors colonel, livrait de glorieux combats.

En octobre, commencèrent les opérations contre Zaatcha, dont le siège, Tassant et la prise, survenue à la fin de novembre, eurent, dans toute l'Algérie, un si grand retentissement.

L'effet moral en fut considérable et, du même coup, l'insurrection des Ziban fut terminée.

On comprend quel intérêt devaient avoir tous ces événements pour le commandant d'une subdivision dont les tribus avaient été si souvent insurgées. Mais, grâce au succès de nos armes, l'année 18^9 finit au

(i) Contrée des oasis au sud des montagnes de TAurès.

milieu d'un calme complet. D'autre part, à Orléansville, l'état sanitaire, malgré une température que du Barail qualifia « d'infernale », était' redevenu parfait. Le colonel de Martimprey en profita, au commencement de i85o, pour prendre un congé et aller embrasser en France son fils aîné, Louis, qui yenait de naître. Cette pensée comblait son cœur de joie. Il fut remplacé momentanément par le colonel du 12' de ligne. Son officier d'ordonnance, du Barail, maintenu en fonctions, le tint au courant des incidents survenus en son absence.

Son séjour en France fut consacré aux joies de la famille. Mais déjà, à cette époque, sa notoriété était assez répandue pour qu'il lui fût difficile de s'isoler. Au commencement de i85o, le ministère de la guerre s'occupait de la répartition de la propriété en Algérie et de la délimitation des terres appartenant au domaine. Une commission, nommée à cet effet, préparait de nouveaux projets de loi. Ayant connu la présence du colonel à Paris, elle voulut utiliser son expérience et le convoqua à ses séances par la lettre suivante.

Paris, le 6 mars i85o.

Monsieur,

M. Daru, président de la commission de législation de r Algérie instituée auprès du ministère de la Guerre, me charge d'avoir Thonneur de vous prier de vouloir bien vous rendre vendredi, 8 mars, à 8 heures précises du matin, à la séance de la commission.

La commission de législation de l'Algérie, appelée en ce moment à discuter les deux projeU de loi relatifs à la propriété et au domaine national en Algérie, a pensé que vous seriez disposé à lui prêter dans celte circonstance le concours de vos lumières et de votre expérience.

Le secrétaire de la Commission :

De Lavergne.

CUMMANDEMEJST DE LA SUBDIVISION D*ORLÉAN8VILLE 1 o5

Le colonel n'était pas fâché d'exprimer son avis sur une question qui l'avait toujours intéressé. Et, quand il retourna à Orléansville pour reprendre ses fonctions, il put renseigner le gouverneur sur les mesures que le ministère préparait.

Au siège de son commandement, il ne devait pas tarder à avoir un gros ennui. Son officier d'ordonnance, auquel il tenait, allait être forcé de le quitter.

Au milieu de l'été de i85o, une vacance de commandant d'escadron se produisit dans le régiment de du Barail. Elle lui revenait de droit. Il en parla à son chef, qui fut le premier à s'incliner devant les exigences de cette situation et à reconnaître l'intérêt de carrière qui faisait à son officier d'ordonnance un devoir de rentrer à son corps. La séparation fut pénible. « Je quittais avec beaucoup de regrets, écrivit du Barail, l'excellent colonel de Martimprey, qui m'avait si bien accueilli et si bien fait travailler. »

Le colonel dut lui chercher un successeur, et le remplaça, tout en le regrettant. Du Barail ne devait jamais l'oublier et conserva pour lui la plus sincère admiration.

Pendant toute cette année, la subdivision jouit d'une paix qui semblait définitive. Mais là, comme dan^ toute l'Algérie, ce n'était qu'une apparence, et le colonel, instruit par les leçons du passé, sachant qu'il ne fallait jamais se fier aux Arabes, ne relâchait pas sa surveillance.

En i85i, son attention fut attirée par les incidents qui se déroulaient à Paris. Les partis s'agitaient; on parlait du rétablissement de l'Empire; et les ministères qui se succédaient au pouvoir semblaient en rapprocher Favènement.

Ces faits avaient leur écho en Algérie. Au mois d'avril, le général d'Hautpoul, gouverneur général et membre de l'Assemblée législative, dut rentrer en

France. L'intérim fut confié au général Pélissier. A peine fut-il installé à Alger que les mouvements de révolte provoqués dans la petite Kabylie par le schérif Bou-Baghla nécessitèrent une expédition. Le commandement de la colonne principale fut confié par ordre supérieur au général de brigade Saint- Arnaud, alors commandant de la province de Constantine, qui devait récolter à lui seul les bénéfices de cette campagne.

Au moment oii elle allait commencer, le chef d'escadron Fleury, aide de camp du prince Président, vint faire en Algérie une tournée qui occupa les esprits et fit beaucoup jaser. Il était chargé de recruter des adhérents à la politique du chef de l'Etat et de remplir, auprès de Saint- Arnaud, une mission secrète qui eut son dénouement au coup d'Etat.

Ses démarches n'empêchèrent pas lexpédition de s'achever. Elle eut pour résultat la nomination de Saint- Arnaud au grade de général de division.

Sur ces entrefaites, l'été était arrivé et les nouvelles reçues de la capitale faisaient pressentir, en Algérie, de grandes modifications. On parlait de l'appel de Saint- Arnaud à Paris, de la désignation du général Randon, ministre de la Guerre, pour le gouvernement général, du général de Mac-Mahon pour la division de Constantine.

Ces bruits circulaient dans la colonie depuis le mois de juillet. A cette époque, le chef d'état-major général de l'armée d'Algérie, le général de Crény, fut forcé de rentrer en France pour des raisons personnelles. Au mois de septembre, sa- mise en disponibilité rendit la vacance définitive.

L'autorité supérieure songea, pour le remplacer, au colonel de Martimprey. La première idée en vint an général Randon, qui espérait déjà être nommé gouverneur général et qui prenait les devants pour choisir son futur major général.

GOMMAI^DEMBNT DE LA SUBDIVISION d'oRLÉ ANS VILLE I O7

Le commandant de la subdivision d'Orléansyille ne taitla pas à être mis au courant de ses vues par une lettre du général Pélissier.

Alger, le 19 septembre i85i.

MoB cher colonel,

La mise en disponibilité de M. le général de Crény laisse vacante la position de chef d'état-major général de l'armée d'Afrique.

Préoccupé de la nécessité de pourvoir à cette vacance, M. le ministre de la Guerre m'a consulté et m'a demandé mon opinion sur vous. Je n'ai pu répondre qu'une chose : c'est que, par vos qualités, par vos connaissances, vous étiez très apte à occuper le poste de chef d'état-major général et que, pour mon compte, je vous y verrais venir avec le plus grand plaisir; mais que j'ignorais si cette position serait à votre convenance, que je vous consultais et qu'aussitôt votre réponse reçue, je répondrai catégoriquement.

Je vous consulte donc, mon cher colonel, en vous priant de m 'envoyer par le retour du courrier votre réponse nettement exprimée, afin que je puisse moi-même répondre sans indécision à M. le Ministre. L'intention du ministre est d'envoyer un officier général à Mostaganem pour y commander la subdivision. Je vous donne cet avis parce qu'il est de nature à modifier peut-être votre décision.

Je n'ai pas besoin de vous répéter, mon cher colonel, que je serai, pour ma part, très heureux de vous voir à la tête de l'état-major général, ne dusse- je même avoir que fort peu de temps le plaisir de travailler avec vous.

Recevez, etc..

Le général de division Gouverneur général par intérim,

A. PéLISSIER.

Le commandement de la subdivision de Mostaganem pouvait être tentant pour le colonel. Mais l'avis

que lui transmettait le général Pélissier ne lui laissait aucun espoir de l'obtenir; il accepta donc la position qui lui était si gracieusement offerte. Le climat d'Orléansville, qu'il supportait depuis trois ans, ne lui permettait d'ailleurs de goûter les joies de la famille qu'en risquant la santé des êtres qui lui étaient le plus chers. Alger, au contraire, était une résidence agréable, saine et très recherchée. En outre les fonctions qu'on lui confiait étaient pleines d'intérêt et dévolues ordinairement à un officier général. Il avait tout avantage à les accepter. Il s'empressa de remercier le gouverneur et de lui envoyer la réponse favorable que ce dernier attendait. Il fut noommé chef d'état-major général le 4 octobre.

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