CONCLUSION
Prise dans son ensemble, la carrière si mouvementée du général de Martimprey présente deux ordres de faits : les uns relatifs au service d*état-major, les autres, à Texercice du commandement suprême.
Dans le service d'état-major, accompli par le général, ce qui frappe le plus c'est tout d'abord une conscience absolue, un sentiment du devoir poussé jusqu'au sacrifice de la vie, une passion du métier qui se manifeste par un zèle sans limite, une rare puissance de travail, une activité incessante, la bravoure dans les combats et enfin une abnégation toujours prête à oublier l'intérêt personnel pour relever le mérite des autres.
Il serait difficile de trouver une plus belle réunion do. vertus militaires et celles-ci peuvent sans conteste servir d'exemple à tous ceux qui se voueront dans l'avenir au service d'état-major. Plus sérieux qu'éclatant, souvent ingrat et presque toujours privé de ce juste tribut d'estime éclairée qui honore et qui encourage, ce service n'en restera pas moins l'âme de l'armée, l'organisateur qui veille à tous ses besoins. Aussi, quand on reporte sa pensée aux premières années de la vie du général de Martimprey, on ne peut s'empêcher de rappeler ces préceptes d'un de ses contemporains, officier d'état-major, comme lui, qui écrivait en i835 :
« Le sentiment intime et profond du devoir donne toujours à la vie quelque chose de grave. Aussi nous
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voudrions qu*un état-major, au lieu de paraître brillant et nombreux, parut austère et énergique; nous voudrions que les paroles, les actions, toute la vie exté rleure y manifestât les graves pensées d'hommes qui se sentent revêtus d'importantes fonctions. La tenue en devrait toujours être soignée comme celle d'un militaire qui s'est fait une habitude de soumettre toujours sa volonté à la discipline, jusque dans les moindres détails.... L'officier d'état-major est privé des ressources, des encouragements, des consolations qu'on trouve dans un régiment. C'est lui surtout qui doit s'accoutumer à n'avoir le plus souvent que sa conscience pour témoin et pour juge; aussi ses devoirs exigent plus de force morale que tout autre position et plus que tout autre, il a besoin de veiller sur lui-même. Mais aussi quel noble rôle, quelle stimulante penséel Veiller à tous les intérêts de l'armée, assurer sa conservation, préparer ses succès, présider à ses triomphes; répondre en quelque sorte de l'armée à son chef et du chef au soldat, assurer le pouvoir de l'un, l'existence et la soumission de l'autre, etc » (i).
C'est bien ainsi, on l'a vu, que Martimprey, du grade de lieutenant à celui de général de division, des fonctions de topographe ou d'offîder d'ordonnance à celles de major général, a toujours compris ses devoirs.
Dans l'exercice du commandement suprême, sa vie nous montre comme qualités essentielles, le caractère qui brave les épreuves, force l'obéissance et porte fièrement le poids des responsabilités,- la ténacité qui conduit au succès, l'énergie physique et morale, un rare talent d'organisation et une bienveillance qui fait naître l'affection et le dévouement.
Chez lui, la supériorité, les qualités morales, l'instruction, l'estime dont il jouissait, obtenaient sans
(i) Général Blonde), Les devoirs et Vesprit militaire.