‹ Le général de La Horie, 1766-1812Chapitre 9 sur 10 · V. H. et enregistré sous le n · texte numérisé non relu

V. H. et enregistré sous le n

R. — Ce billet est de M°^« Hulot : il y a plusieurs années que je Tai reçu.

D. — De qui la lettre non signée portant le no 76 ?

R. — Je crois qu'elle est de Fresnières, elle est relative à des affaires d'intérêt.

D. — Savez-vous ce qu'est devenu Fresnières ?

R. — Je le crois toujours en Amérique :

je n'ai aucun souvenir d'avoir reçu depuis des nouvelles de lui.

D. — De qui est le billet non signé portant le n« 74 ?

R. — C'est une offre de M. Laban, pré cepteur des enfants du duc de Feltre ; c'est une ancienne connaissance de ma famille, qui avait le désir de venir à mon secours.

D. — De qui est le billet signé L. C, portant le n«> 72 ?

R. — C'est une note relative à une affaire d'intérêt, et qui, je crois, m*a été remise par M°^® Hulot.

D . — Quel est le sieur Poiré qui a signé la lettre adressée à une dame, qui se trouve désignée sous le n° 71 ?

R. — C'est un reçu à compte signé de M. Poirié, mais que je ne connais pas, et je ne me rappelle pas à qui le billet a été adressé.

D. — Quelle est la note que je vous présente et qui porte le n° 70 ?

R. — C'est une copie d'un passage d'une lettre de M. Charles Lahorie, relative à une affaire d'intérêt de Fresnières.

D. — De qui est la lettre que nous vous représentons, portant le n? 58 et qui est sans signature?

R. — Elle est de M. le général Dastrel, elle est relative à une somme d'argent dont j'avais besoin pour mon départ.

D. — Quelle est la note portant le n^ 52?

R. — Elle est relative à la vente de ma voiture et à l'emploi des fonds qui devaient provenir de cette vente.

D. — De qui est la lettre que nous vous représentons et portant le n® 29 ?

R. — Elle est du même M. Dastrel, à qui j'ai envoyé ma justification.

D. — Quelle est Tadresse trouvée dans

LE GÉNÉRAL DE Ul HORIE 251

VOS papiers et cotée par vous sous le n° 25 ?

R. — C'est l'adresse de mon ancien domestique qui m'avait demandé à me suivre en Amérique, et que je n'ai pas revu depuis huit ans environ.

Et avons clos le présent interrogatoire ledit jour, mois et an que dessus, après lui en avoir donné lecture, et l'avons sommé de signer, ce qu'il a fait.

Signé: Victor F. Lahorie.

Le lendemain 24, à la suite de la proclamation ci dessus rapportée, le Moniteur contenait la note suivante :

« Les individus arrêtés dans l'équipée d'hier, et leurs prévenus de complicité, ont dû être transfères ce matin à TAbbaye. Une commission militaire a été instituée pour statuer sur leur sort et se réunira aujour-

d'hui pour entendre la lecture des pièces et procéder à rinterrogatoire des accusés».

On ne pouvait guère aller plus vite^

L'instruction dura quatre jours : le vingthuit octobre, elle était terminée, et les juges se réunirent pour procéder à la formalité du jugement.

Voici quelle était la composition de cette

commission militaire. Elle comprenait :

Son Excellence le comte Dejean, grand officier de l'Empire, grand aigle de la Légion d'honneur, premier inspecteur du génie, président ;

M. le général de brigade baron Dériot, commandant les dépôts de la Garde impériale, juge ;

M. le général baron Henry, major de la gendarmerie d'élite, de la garde impériale, etc. , juge ;

M. le colonel Moncey, premier aide de camp du premier inspecteur de la gei^darmerie, juge ;

M. Geneval, colonel de la 18°^® légion de la gendarmerie impériale, /w^'e ;

M. Thibault, major du 12"^® régiment d'infanterie légère, juge ;

M. Delon, capitaine-adjoint à TEtat-major de la l'^® division militaire, juge nommé par décision de la commission militaire pour remplir Toffice de rapporteur.

Nous avons cru devoir citer les noms de ces hommes. Il eu est, parmi eux, de célè bres. Tous étaient de braves soldats, et avaient bien servi la France. Il n'en est pas moins vrai, malheureusement, que le jour où, réunis pour châtier des coupables, ils

englobèrent dans une impitoyable répression des innocents abusés, ils commirent un crime ; et Thistoire impartiale qui enregistra leurs actions d'éclat, doit constater leur erreur. Napoléon lui-même en fut ému et irrité. Leur faute fut lourde, et plus d'un la dut, plus tard, amèrement regretter. Mais ces regrets eux-mêmes ne sauraient la faire excuser.

Il en était un, parmi eux, que connaissait M™«Hugo, cette admirable amie de La Horie.

C'était le capitaine Delon, le rapporteur du conseil de guerre. Ses enfants venaient presque chaque jour jouer avec Victor et ses frères, et les deux familles étaient fort liées.

Dès qu'elle apprit le rôle que Je capitaine Delon allait jouer dans le procès. M™® Hugo s en fut le trouver. Elle lui raconta tout ce qu'elle savait de la vie du gépéral, son arrestation, sa captivité: elle lui montra

combien il était invraisemblable que de La Horie eut pu avoir connaissance des projets de Malet ; elle s'efforça de faire apparaître la vérité. Elle échoua.

Delon fut inflexible. Pendant toute la durée des débats, M"*® Hugo resta chez son amie M™® Foucher, dont le mari était greffier du conseil de guerre. Elle suivit ainsi, jour par jour, et pour ainsi dire heure par heure, lés débats, et ne rentra chez elle que lorsque le jugement fut rendu.

Mais depuis, jamais elle ne permit à un membre de la famille Delon de remettre les pieds dans sa maison : les enfants eux-mêmes furent chassés, et elle défendit à Victor et à ses frères de jouer avec eux.

Cette honnête femme avait du cœur ; plus courageuse que bien des hommes, elle osa montrer le mépris qu'elle ressentait pour ces juges qui avaient outragé la justice.

L'interrogatoire des accusés eut lieu le 27 octobre. Ils étaient au nombre de vingtquatre. A Texception de M® Caubert, avocat qui intervint au cours des débats, aucun défenseur ne parut au banc de la défense-

Les accusés étaient prévenus de conspiration et d'attentat à la Sûreté de l'Etat. Les pièces de procédure se composaient : 1^ de deux rapports de l'adjudant général Doucet, et d'un rapport du général Hulin au Ministre de la guerre, ainsi que d'une lettre de son aide de camp, le commandant Déboula rd ;

2^ D'une lettre adressée à Doucet par Malet ;

3^ Du prétendu Sénatus-Consulte du 22 octobre ;

4° De l'ordre du jour du 23 octobre ;

5^ De la proclamation du précédent Senatus Consulte ;

6^ D'une lettre de Malet adressée à Rable, son co-accusé ;

7^ D'une lettre de Malet au colonel du 32® régiment ;

8^ D'un procès-verbal du commissaire de police Chopin, relatif à une descente faite par lui h La Force ;

9° Enfin dès interrogatoires de Malet, de La Horie et autres, devant le magistrat du parquet de Haute Cour impériale, au Ministère de la Police.

Voici maintenant les noms des vingtquatre accusés :

Malet, né à Dole (Jura), 38 ans, général de brigade ;

De la Horie, né à Javron (Mayenne), 46 ans, général de brigade.

Guidal, né à Grasse (Var), 47 ans, général de brigade en réforme.

Soulier, né à Carcassonne (Aude), 45 ans, chef de bataillon, commandant la 10® cohorte de la Garde nationale.

Rable, né à Pesmes (Haute-Saône), 55 ans, colonel du régiment de la garde nationale de Paris (infanterie) .

Piquerel, né à Neufmarché (Seine-Inférieure), 41 ans, capitaine-adjudant-major de la 10® cohorte.

Steenhouver, né à Amsterdam (Zuyderzée), 49 ans, capitaine au même corps.

Provost, né à Clermont (Oise), 23 ans, lieutenant au même corps.

Régnier, né à Château-Renaud (Loiret), 34 ans, lieutenant au même corps.

Lebis, né à Vimoutiers (Orne), 39 ans, lieutenant au même corps.

GoMONT, né à Metz (Moselle), 44 ans, souslieutenant au même corps.

Lefèvre, né à Lille (Nord), 45 ans, souslieutenant au même corps.

Borderieux, né à Roanne (Loire), 41 ans, capitaine de grenadiers au régiment de la garde de Paris (infanterie) .

RouFF, né à Bouxivillers (Bas-Rhin), 48 ans, capitaine au même corps .

Godard, né à Paris, 52 ans, capitaine au même corps.

Beaumont, né à Poitiers (Vienne), 39 ans, adjudant sous-officier au même corps.

Viallevieilhe, né à Crest (Puy-de-Dôme), 31 ans, adjudant sous-officier au même corps.

Caron, né à Paris, 39 ans, adjudant au même corps.

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