‹ Le général de Sonis: le héros de PatayChapitre 3 sur 16 · A LA BATAILLE DE SOLFERINO · texte numérisé non relu

A LA BATAILLE DE SOLFERINO

o^j|ERTAiNS petits pays frontières sont, par leur siuj^ tuation topographique, destinés à passer à tour ^^>-^^ de rôle sous une domination différente. En cas de guerre, le vainqueur vise à étendre ses limites et à reculer les bornes de ses possessions en empiétant sur ses voisins. C'est ainsi que certaines puissances se sont tour à tour disputé la propriété de la

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Flandre et de la Franche-Comté; que d'autres se sont partagé la Pologne; que le Jura a été d'abord une principauté indépendante, pour appartenir ensuite à la France et devenir plus tard la proie du canton de Berne; que l'indépendance des petits royaumes de la Turquie d'Europe fait de la question d'Orient une question européenne; que la France et la Prusse ne se donneront pas le baiser de paix aussi longtemps que l'Alsace et la Lorraine seront là pour empêcher un sincère rapprochement, et que l'Autriche, depuis i8i5, occupait la Lombardie et la Vénétie, que le roi de Piémont Charles-Albert, père de Victor-Emmanuel, avait en vain tenté, en 1848, de débarrasser du joug des Allemands.

Au mois de juillet i858, un ministre de Victor- Emmanuel, le comte de Cavour, se rendait aux eaux de Plombières. Il y rencontrait Napoléon III. Ils eurent trois jours d'entretien, et ces conversations secrètes entre l'empereur des Français et le ministre du roi de Piémont eurent pour résultat la guerre qui ramenait M. de Sonis en Europe.

L'Italie était alors divisée en plusieurs petits royaumes, principautés ou duchés. Victor-Emmanuel, le fils de Charles-Albert, avait hérité du Piémont. Les

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Bourbons régnaient à Naples. Un grand-duc gouvernait à Modène, à Parme, à Milan; le Pape était indépendant dans les Etats de TEglise ; et ces morcellements^ qui maintenaient en équilibre tous ces petits Etats^ troublaient les ambitieuses visées du prince de la maison de Savoie. D'accord en cela avec son ministre, il rêvait de laire de Tltalie un seul royaume d'environ onze millions d*âmes^ dont la capitale serait Rome.

Pour opérer ce bouleversement, M. de Cavour avait besoin d'alliés. Sa finesse italienne n'eut pas de peine à discerner de quel côté il devait, pour en trouver, mettre sa voile au vent.

L'esprit révolutionnaire et anti-allemand des Italiens, et Napoléon III en France, pouvaient largement suffire à la besogne.

Le comte de Cavour ne perdit point son temps.

Dans la Péninsule, le sentiment patriotique, habilement exploité, criait bien haut qu'il fallait se débarrasser des étrangers et chasser les Autrichiens. A Plombières, le ministre expliqua à l'empereur que son intervention serait largement récompensée ; le comté de Nice et la Savoie seraient donnés à la France comme prix de son alliance.

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Un souverain praliquement catholique eût refusé sans doute de prendre part à une guerre injuste, destinée à dépouiller de paisibles voisins et à faire le jeu des révolutionnaires et des adversaires de la Papauté. Napoléon III ne connut pas ces religieux scrupules. A leur défaut, il eût été au moins prudent de sa part de prévoir la peine du talion; car, dix ans après son adhésion à Tunité italienne, la Prusse faisait à ses dépens Tunité allemande. Elle proclamait à Versailles, dans le palais de Louis XIV, le rétablissement du Saint-Empire, tandis que Napoléon III, Timprévoyant diplomate de Plombières, pouvait mettre à profit ses loisirs de prisonnier de guerre en Allemagne pour méditer sur les tristes, mais justes retours, des erreurs politiques et religieuses d'ici-bas.

Le secret des conférences mystérieuses de Plombières fut discrètement gardé. Six mois après, la guerre éclatait entre l'Autriche et Tltalie. Napoléon s'unissait aux Italiens, prenait en personne le commandement des troupes et laissait la régence à Timpératrice Eugénie.

Le i®"^ chasseurs d'Afrique, dont Gaston de Sonis faisait partie, était commandé par le colonel de SalignaC'Fénelon. Il appartenait à la division du général

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Desveaux et au 4® corps d'armée, sous les ordres du maréchal Niel.

Ce fut une campagne brillamment et rapidement menée que cette campagne d'Italie. Nous avons dit déjà que Sonis ne l'approuvait pas. Mais il était soldat; il n'avait pas à la discuter et il fit bravement son devoir.

A Gênes, au débarquement de nos troupes, un enthousiasme bruyamment exprimé accueillit les Français. On se portait en foule au-devant d'eux, en les acclamant de toutes parts.

Pendant que les officiers et les soldats remplissaient les cafés de la ville, Gaston de Sonis commençait sa campagne par un pèlerinage : il montait à Notre- Dame de Carignan pour mettre sous la protection de Marie sa vie, sa famille et la France. Cette protection ne devait pas lui manquer.

Le I®' chasseurs d'Afrique avait quatre escadrons. Gaston de Sonis commandait le 3®. Pendant la première partie de la campagne, le rôle de cet escadron se borna à des reconnaissances, à la poursuite des vaincus. Un premier combat avait eu lieu à Montebello ; il tut favorable à nos troupes. Un second à Magenta, dont l'honneur revint au maréchal Mac-

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74 t-E GÉNÉRAL DE SONIS

Mahon. Trois jours après, l'armée entrait à Milan.

Les Autrichiens évacuèrent cette ville. La municipalité proclama la royauté de Victor-Emmanuel, la chute des gouvernements de Parme, de Plaisance et de Modène. Le rêve d'unité italienne de M. de Gavour commençait à se réaliser.

Mais la gloire militaire et les victoires se paient. Le sentiment de ce qu'elles coûtent pesait douloureusement sur le cœur du commandant de Sonis. Il était soldat par état et par vocation; mais il n'était p^s de ceux qui aiment la guerre comme on aime Tart pour l'art. 11 ne la considérait que comme un moyen d'arriver à la paix; et, lorsqu'au lendemain d'un combat, il parcourait le champ de bataille, l'horreur du spectacle l'impressionnait péniblement.

Après le premier engagement de Montebello, il admirait le courage de nos blessés; il les visitait, les consolait^ et passait dans les ambulances improvisées le temps qu'il pouvait dérober aux exigences de son service. Après Magenta, l'Empereur voulut aussi visiter le champ de bataille. C'était la première fois qu'un aussi horrible spectacle frappait ses regards. Il en fut vivement ému. Ce terrain ensanglanté, ces

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morts, ces mourants amenèrent des larmes dans les yeux.

L'âme délicate de Sonis conservait aussi de cette vue un souvenir navré.

« A Magenta, on marchait sur les cadavres, écrit-il à un religieux de Bouffarick. Aussi, quoique soldat, je désire la paix de toute mon âme. Non pas que je sois fatigué de nos privations et que la vie très rude que nous menons me soit à charge; mais la vue de tant de sang chrétien répandu me fait mal. »

La vie rude dont parle Sonis était bien adoucie pour la plupart de nos officiers qui avaient su s'entourer dans leurs tentes d'un confort dont Gaston se souciait peu. Jolies tentures, batteries de cuisine, linge et vêtements de rechange étaient si abondants, que la Veille de la bataille de Solférino, un ordre du quartier général de Tempereur vint prescrire aux officiers de simplifier leurs bagages et leur ameublement.

Sonis, lui, n'avait rien à simplifier.

«' Je vous écris comme un chat, dit-il dans la même lettre au religieux d'Afrique ; mais c'est que j'en alla position. J'ai pour tanière deux sacs appuyés sur deux fusils et décorés en Afrique du nom de tente-abri...

D'ailleurs, j'aime vraiment mon petit toit de toile où je me fais aussi petit que possible pour être plus près du divin Maître. Pour moi, qui suis pauvre, mon révérend père, sans avoir eu le mérite de le devenir volontairement pour l'amour de Dieu, c'est un grand bonheur que de goûter ici un peu de pauvreté évangélique.

La pensée de Dieu ne le quittait pas et la vie spirituelle de ce capitaine en campagne est aussi instructive, aussi extraordinaire qu'édifiante. Gaston de Sonis communiait aussi souvent qu'il pouvait et il faisait au besoin son action de grâces à cheval. Lorsque son escadron avait abordé le lieu de son campement, il se mettait à la recherche d'un clocher, courait au presbytère et demandait à se confesser.

De ces pèlerinages, il ne faisait ni parade, ni mystère, raconte un de ses compagnons, le capitaine Robert.

La confession n'était pas toujours facile. Les pauvres curés de village ignoraient le français. Gaston de Sonis ne savait pas l'italien. Mais il rappelait à sa mémoire tout ce qu'il avait appris de latin au collège et se tirait d'affaire. Il est bon d'ajouter que cette confession n'était pas très nécessaire, car ainsi qu'il

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le disait un peu ndïvement à madame Lamy à Limoges : « En campagne, madame, la mort vient sans se faire annoncer. Heureusement qu'on est toujours prêt! •

Chaque escadron avait son jour pour marcher en tête du régiment, faire les reconnaissances et les corvées du service. Le 24 juin 1859, jour de la bataille de Solférino qui décida de la campagne et du sort de la Péninsule, l'escadron du capitaine de Sonis fut prévenu qu'il était de jour et devait être à cheval dès trois heures du matin.

A quatre heures le combat commençait dans une grande plaine de six lieues d'étendue sur laquelle a été livrée une des plus grandes batailles de notre siècle.

A gauche, se trouvait une chaîne de hautes collines, positions formidables occupées par Tennemi. En face, un bois duquel émergeait un clocher. Le bois dissimulait la cavalerie autrichienne. A droite, des lignes de tirailleurs protégés par une plantation de vignes et de mûriers.

L'armée française prit ses positions dans la plaine. Toute la journée un feu nourri sur une étendue de quatre lieues ne fut pas interrompu jusqu'à la nuit.

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Tous les villages qui couronnaient les hauteurs avaient été attaqués à la fois. Ce champ de combat si étendu, raconte Sonis, aurait pu faire croire qu'il se livrait quatre batailles à la fois. Le bruit était effrayaijt. Les boulets passaient au-dessus de nos têtes, les balles ricochaient en sifflant. C'était un spectacle magnifique et notre régiment ne faisait pour ainsi dire qu'assister à ce grand drame, se bornant à quelques mouvements de manœuvre pour attirer la cavalerie ennemie ou suivre notre infanterie qui gagnait toujours du terrain.

Cependant vers le soir, les munitions diminuaient et le tir devint moins fréquent. Les troupes du maréchal Niel faiblissaient. Les Autrichiens, protégés par les mûriers et les vignes, menaçaient de foncer sur le corps de Niel. Le moment était critique et le général Desvaux comprit que l'heure de la cavalerie avait sonné.

C'est alors que le i^ chasseurs d'Afrique se déploya en ordre de bataille, attendantle signal de charger l'ennemi. Derrière eux, sur les hauteurs, l'infanterie attendait . Le commandant Guyot , chef du i^ escadron, fut désigné pour entraîner le mouvement; mais le bruit était tel que personne n'en-

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tendit la voix du général qui commandait la ma* nœuvre.

11 n'y avait pas de temps à perdre ; Desvaux désigna Tescadron du capitaine de Sonis. Celui-ci entend cet ordre. Il arrive au trot pour prendre les instructions du général qui lui communique rapidement un plan de charge générale contre rmfanterie autrichienne.

D'un coup d'œil le capitaine de Sonis a jugé la situation. Il adresse à son chef une remarque pleine de justesse : « Si nous ne chargeons pas immédiatement, dit-il, ces hommes seront tués un à un par Tennemi. protégé par les bois. Laissez-moi commencer la charge avec mon seul escadron. »

Desvaux se recueillit quelques secondes. « Il sentait, dit Sonis, qu'il m'envoyait au sacrifice. • Puis il répondit d'une voix émue : ■ Oui, vous avez raison. Chargez de suite, tout de suite. En fourrageurs, marche ! » Le capitaine ne se le fit pas dire deux fois. Il partit à fond de train ; à dix pas en avant de tout son monde, il présentait au feu ennemi une çibl^ superbe.

L'infanterie autrichierine recule d'abord. L'esca*^ dron de Sonis la serrait de près. Mais arrivés au mi-

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8o LE GÉNÉRAL DE SONIS

lieu des taillis, les cavaliers se trouvèrent vis avis de magnifiques carrés de Tyroliens qui les écrasèrent sous un teu roulant.

Les chasseurs d'Afrique tombaient comme des épis sous la faucille du moissonneur. Sonis se précipita sur ces carrés dans Tardeur d'une folie guerrière que comprendront seuls les vrais soldats. L'odeur de la poudre le grisait. C'était un combat corps à corps. Il voyait scintiller à ses yeux des baïonnettes comme des lames de rasoir. Des milliers de balles sifflaient dans Tair. L'une d'elles vint frapper à mort son superbe cheval gris. Le capitaine lui mit l'éperon au ventre. La pauvre bête fit un effort suprême. Elle se dégagea de ces terribles masses, fit une vingtaine de pas et tomba pour ne plus se relever.

Sonis se retourna. Il était seul. La plus grande partie de son escadron était couchée à terre. Il court à pied pour rejoindre ses lignes, pare heureusement avec son sabre un coup de baïonnette qui devait le tuer et arrive ainsi sur le 3® chasseurs qui avançait à la rencontre.

En chemin, le vétérinaire en chef M. Decroix aperçoit le capitaine et veut lui céder son cheval.

« Non, répond celui-ci. Votre vie vaut la mienne,

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Soais se précipita sur ces carrés dans l'ardeur d'une folie guerrière... (Page 80.)

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partez ! » Pendant ce court débat, M. Décrois peut mettre la main sur un cheval errant. Sonis le monte et rallie ce qui reste de son escadron. Cette brillante charge avait sauvé le corps de Niei et décidé peutêtre du sort de la journée.

Après la bataille, le bruit du tonnerre fit taire le bruit du canon. Une pluie torrentielle, un ciel de plomb vinrent encore assombrir le tableau déjà si lugubre de ce champ de mort. Qu'on se figure si on le peut une vaste plaine dans laquelle trois cent mille hommes se sont battus durant quinze heures. Le sol couvert de sang et de cadavres et chacun errant à l'aventure pour découvrir au milieu de ce labyrinthe le corps d'un parent ou d'un ami.

L'Autriche était vaincue en Italie, Napoléon III jugea que le sang français avait suffisamment coulé pour la cause de la justice problématique de la révolution piémontaise. Pendant que TEurope s'apprêtait à discuter des conditions de la paix, l'empereur des Français, à l'insu de Victor-Emmanuel et de Gavour, se rencontrait à Villafranca avec l'empereur d'Au* triche. Il signa seul de son propre mouvement le traité qui terminait la guerre d'Italie. La France abandonnait au Piémont la Lombardie, Nice et la Savoie

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en dédommagement de cette brusque pacification. L'Autriche conservait la Vénétie et Ton créait une confédération italienne sous la présidence honoraire du Pape (i).

Cette paix soulageait un peu les consciences catholiques. Le cœur du capitaine de Sonis tressaillait à la pensée de revoir sa femme et ses enfants ; mais cette joie fut encore retardée. Le i®' chasseurs était désigné pour faire partie de l'armée d'occupation. La belle conduite de Gaston de Sonis lui avait valu une citation à l'ordre du jour et la croix de la Légion d'honneur.

Cette distinction accordée au devoir accompli au péril de sa vie lui fit un sensible plaisir. Elle n'entama pas sa modestie chrétienne.

« Ce bout de ruban iie me trouble heureusement pas le cerveau, écrit-il confidentiellement à sa sœur aînée au Carmel de Poitiers, et je ne puis m'empêcher de penser tristement à ceux qui ne voyaient que cela au bout d'une journée qui fut leur dernier jour. •

Dans une autre lettre au Carmel, Sonis appelle

(i) Hélas! L'année suivante, en 1860, Victor- Emmanuel consommait ses sacrilèges spoliations des Etats pontificaux et la France recevait Nice et la Savoie comme prix de sa non- intervention.

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cette journée « la plus terrible de sa vie ». 11 ne prévoyait pas alors celle de Loigny. Mais il avoue en même temps qu'il ne croyait pas avoir perdu de vue un seul instant la présence de Dieu, et, dans une lettre à sa femme dans laquelle il raconte en détail la bataille de Solférino, il veut élever le courage et la foi de cette chère compagne de sa vie à la hauteur de ses héroïques sentiments.

« Quelques personnes, lui dit-il, trouveront que j'ai tort de vous parler ainsi des dangers que j'ai courus, parce que c'est présenter un aliment à vos inquiétudes. Mais je vois les choses de plus haut, et je désire que vous les voyiez comme moi. Remerciez Dieu de m'avoir préservé de la mort par un miracle de sa toute-puissance. Votre foi s'animera par la pensée que toutes les chances de la mort se sont en quelque sorte rassemblées autour de moi afin que la protection divine soit plus éclatante. Je m'étais recommandé de toute mon âme à Dieu et à Marie auxquels je vous avais confiée, vous, ma bien-aimée et nos enfants. »

A M. Henry Lamy, il vante le courage et la bravoure de nos soldats. Mais ces vertus toutes humaines ne satisfont qu'à demi ses aspirations chrétiennes. « O mon ami ! s'écrie-t-il. Si une faible partie

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de cet héroïsme était mise au service de Dieu, quelle moisson pour le ciel ! Mais il est triste de penser que Dieu est inconnu. •

Dieu ! Ce fut toujours en tout et partout le dernier mot de la vie de l'intrépide soldat.

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