MONSIEUR JACKSON
Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous contenter, madame. »
L'accent un peu anglais du gouverneur n'était pas désagréable; Mme Papofski lui fit un demisalut presque gracieux, et regarda sa sœur d'un air de triomphe. Le général se grattait la tête ; il avait l'air embarrassé et mécontent.
« C'est impossible, dit-il enfin; impossible! Jackson ne peut pas avoir une bande de drôles indisciplinés à régenter. Je ne le veux pas; je le défends; entendez-vous, Jackson; et vous, Maria Pétrovna, m'avez-vous entendu? »
M. Jackson s'inclina; Mme Papofski dit d'un air piqué qu'elle était habituée à se voir, ainsi que ses enfants, traitée en étrangère, et qu'elle se soumettait aux ordres de son oncle.
Le dîner fut calme; le soir les enfants jouèrent dans la galerie comme à l'ordinaire ; Jacques et Paul y furent appelés. Natasha et M. Jackson durent plus d'une fois s'interposer entre les bons et les mauvais ; ces derniers étaient en nombre. M. Jackson examinait et jugeait ; il ne se mêlait pas aux jeux.
« Jouez donc avec nous, monsieur, dit Natasha; yous vous ennuierez tout seul sur cette chaise.