‹ Le General Dourakine;Chapitre 39 sur 41 · LE GÉNÉRAL RECONNAISSANT · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL RECONNAISSANT

Effectivement, trois iours après cette lettre laeo-

nique, une berline et une calèche arrivèrent au. grand galop de leurs huit chevaux et s'arrêtèrent devant l'auberge de Y Ange- Gardien. Natasha sauta au bas de la berline et se jeta au cou d'Efy en l'appelant par son nom.

« Vous voyez, ma chère Elfy, que je vous connais, que je suis votre amie, et que vous me devez un peu de l'amitié que vous avez pour grandpère. »

Natasha tendit ensuite les deux mains à Moutier, qui s'inclina profondément en les serrant, et qui s'élança au secours du général, que Romane ne parvenait pas à dégager des coussins de la voiture. Le poignet vigoureux de Moutier l'eut bientôt enlevé ; il sauta presque à terre et tomba, moitié par la secousse, moitié par affection, dans les bras de Moutier, qui eut de la peine à ne pas toucher terre avec sa charge. Mais il s'y attendait, il ne broncha pas, et il serra le bon général contre son cœur avec des larmes dans les yeux. Le général aussi sentit les siens se mouiller; il s'empara d'Elfy pour l'embrasser plus d'une fois. Elfy lui baisait les mains, riait, pleurait tout à la fois. Mme Dabrovine et le prince Romane furent présentés par le général.

«• Ma petite Elfy, voici la fille de mon cœur et le fils de mes vieux jours. Aimez-les comme vous m'aimez »

La profonde révérence d'Elfy fut interrompue par Mme Dabrovine, qui embrassa tendrement cette jeune amie de son vieil oncle. Le prince Romane lui serra la main avec effusion.

Moutier reçut aussi des poignées de main affectueuses de Mme Dabrovine, du prince Romane et d'Alexandre et Michel.

« Mon cher monsieur Moutier, dit Alexandre, vous nous raconterez bien en détail comment vous avez trouvé dans les Dois le pauvre Jacques et son frère.

MOUTIER

Très-volontiers, messieurs; vous les aimerez davantage après ce récit ; mon bon petit Jacques est le modèle des frères et des fils ; ils sontrestés ce qu'ils étaient.

N'avez-vous pas quelque chose à nous donner pour notre dîner, ma petite ménagère? Nous avons une faim terrible.

elfy, souriant.

Je croyais que vous n'aimiez plus ma pauvre cuisine et mes maigres poulets, général? le général.

Comment, petite rancuneuse, vous vous souvenez de ce détail de votre dîner de noces? Nous allons donc mourir de faim, si vous n'avez rien préparé.

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