PROCLAMATION
Livourne, Ier Brumaire.
Aux habitants de Livourne,
En prenant possession de la Toscane, j'ai porté mes premiers soins sur Livourne ; celle ville, célèbre par son commerce, et l'un des poils les plus florissants de la Méditerranée, a dû m'inspirer une sollicitude particulière. Vous avez reçu avec confiance les Français dans vos murs, et ils
et du capitaine Parent, de la ioe demi-brigade, secrétaire. « Cette Commission, dit l'Ordre du général Dupont, tiendra ses séances au lieu indiqué par le général Malher ; elle s'assemblera demain à 7 heures du matin cl jugera sans désemparer. »
l32 LE GÉNÉRAL Dl PONT
l'ont justifiée. L'ordre cl le respect des propriétés n'ont pas cssmé la pins légère atteinte ; je ne souffrirai jamais qu'ils soient altérés.
Rejetez toujours avec mépris les alarmes que l'on pourrait tenter de semer parmi vous. Tous vos intérêts sont sous l'égide de la loyauté française, et la sécurité du commerce doit être entière.
Le dernier asile des levées extraordinaires a été emporté de vive force ; Arczzo pris d'assaut a vu périr ces audacieux insurgés qui avaient déclaré la guerre à l'armée française et à la République Cisalpine.
La Toscane jouit d'un calme profond. Elle reconnaît la justice et la nécessité de l'expédition militaire qui la place sous la prolection de la République Française. Si quelque agitateur ose troubler cet ordre de eboses, il ne sera bientôt plus.
Signé : Dipo.nt.
Ce même jour, i01' brumaire (22 octobre), le général Dupont rendant compte des opérations au général Brune, écrivait : « L'ordre qui règne parmi la troupe est très satisfaisant el j'ai toujours présentes à l'esprit les recommandations que vous m'avez faites à cet égard. Je n'ai plus à désirer que de les observer en prévenant avec la même exactitude toutes les dilapidations et les abus d'autorité. »
La Toscane se trouvant soumise, le général Dupont disposa ses troupes de manière à pouvoir les réunir promplcment et les porter partout où il serait nécessaire. La réserve fut placée à Florence. Le général Malber occupa Livourne avec une demi-brigade, cl le général Monnier observa les Napolitains du côté de Sienne ; ces derniers avaient battu en retraite sur Rome.
Le musée de Florence fut, de la part du général Dupont, l'objet d'une protection toute particulière. Dans une lettre du 10 novembre 1800, les membres du gouvernement provisoire de la Toscane, écrivant au général Dupont pour le prier de s'intéresser aux finances de la province, reconnaissent qu'il a sauvegardé les œuvres d'art de leur pays, (l'inimunità cbe avete assicurato aile produzioni délie belle arti).
Le général Dupont resta à Livourne jusqu'au 7 brumaire (28 octobre), épocpie où il rentra à Florence afin de mettre les troupes en mouvement, le général Brune l'avant prévenu que l'armistice expirait le 1 3 et cpie toute l'armée avait ordre de rentrer en ligne ; en conséquence des instructions du général en chef, il prescrivit au général Malber, le 7 brumaire, de le rejoindre à Florence ou à Bologne, aussitôt qu'il aurait été remplacé à Livourne par le général Clément, et de façon à être rendu à Bologne le 12 au plus tard. 11 assigna même rendez-vous au général Monnier, lui recommandant de donner des ordres pour que sa comptabilité fut parfaitement en règle au sujet des sommes perçues pour la contribution ou distribuées aux troupes.
D'après les ordres du général Brune, provoqués par le général Dupont, il fut perçu en Toscane environ 3 millions 1/2 de contributions extraordinaires (1), par les soins
(1) Lorsque le gênerai Dupont entra en Toscane, ce pays avait été complètement ruine par les Autrichiens. Une lettre des membres du Gouvernement Provisoire, datée de Florence le 3o octobre 1800, contient la plirase suivante : « Nous le répéterons, Citoyen Général commandant, les caisses étaient vuides lorsque vous êtes entré en Toscane. Nos dettes étaient immenses, nos récoltes insuffisantes, notre commerce nul... Nous comptons beaucoup sur votre bonté, votre justice .. » — Dans une autre lettre de même origine et de même date, il est dit : « Quant à celui (l'arrêté) relatif à l'instruction publique, nous trouvons qu'il n'y a rien de plus digne el de plus noble que le motif qui a déterminé V. E. à le former. »
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d'une agence des contributions dont les opérations comportèrent une comptabilité spéciale, sous la surveillance de l'autorité militaire ; les fonds furent versés dans la caisse du payeur de l'aile droite. A la date du 7 brumaire, le général Dupont écrivait au général .Mallier : « Je vous rappelle, mon cher général, que l'intention du général en chef est de prévenir tous les griefs cpii pourraient rendre l'expédition de la Toscane nuisible à la bonne opinion que l'Italie doit avoir de l'armée. En attendant sa décision sur la difficulté qui s'est élevée entre la Commission des prises et l'agence des contributions, vous maintiendrez l'ordre de choses provisoirement établi pour assurer les intérêts de la République. Comme il m'a chargé de régulariser les opérations de cette Commission et de modifier ses instructions, vous m'instruirez de tout ce qui y a rapport. — La sortie des neutres doit être permise après la vérification de leurs litres ; ce serait blesser les relations politiques de la République que de les retenir dans le port, et ce serait paralyser entièrement le commerce. — Je vous prie de faire mettre à l'ordre que les capitaines et chefs de corps rendront compte tous les jours de la qualité des comestibles, et que si elle est mauvaise, les agents des vivres seront sur-le-champ renvoyés et punis. Cet ordre devra être lu à la troupe. »
Le général Dupont laissa en Toscane la division cisalpine aux ordres du général Pino, la brigade Clément, la 29e et la 97e de ligne, avec le 20 régiment de chasseurs à cheval, le tout s'élevant à environ 7 000 hommes, qui continuèrent à faire partie de l'aile droite et dont le général de division Miollis vint prendre le commandement.
De Florence, le 8 brumaire, le général Dupont écrivait au général Brune :
« J'ai reçu hier, mon cher général, votre lettre du 5 et celle du général Oudinot de même date. Il me prescrit de votre part de laisser 4 000 hommes de troupes d'infanterie en Toscane, avec un régiment de chasseurs et toute la division Pino. Mes ordres ont été aussitôt donnés en conséquence de celle disposition. Le mouvement des troupes qui devront se reporter sur Bologne sera achevé le 12 et il commence en ce moment. Il y a beaucoup de neiges sur l'Apennin ; ma marche ne peut pas être aussi rapide qu'elle a été entrant en Toscane. Je serai toutefois à Bologne avant la fin de l'armistice et tout prêt à agir d'après vos instructions ultérieures. L'aile droite de votre armée se trouvera affaiblie d'environ 7 000 hommes, et je présume que si la guerre se rallume, il entrera dans vos vues de la renforcer. Quoiqu'il en soit, son dévouement répondra à votre confiance et justifiera les éloges que vous avez bien voulu in'adresser pour elle...
« Vous m'observez, mon cher général, que je ne dois correspondre qu'avec vous. Je suis trop convaincu de ce principe pour m'en écarter. Je me suis abstenu d'écrire, pendant toute mon expédition, au Ministre de la guerre, auquel j'écris quelquefois comme particulier. La hiérarchie et la discrétion mililaires ne seront jamais blessées par moi ; votre confiance me suffit et soutient mon zèle ardent pour vos succès personnels et la gloire de l'armée. »
Le même jour, 8 brumaire (29 octobre), le général Dupont écrit au général Oudinot, qu'il laisse 7 000 hommes en Toscane, y compris les Cisalpins, et que l'aile droite, à Bologne, ne sera plus composée que de 6 demi-brigades. Il partira pour Bologne dès que le général Miollis sera rendu à Florence, et il sera prêt à agir avant que l'armistice soit expiré. Les généraux Clément et Calvin restent en Toscane.
l34 LE CÉWÉRAL DUPONT
Le général Dupont quitta Florence le 12 brumaire (2 novembre 1800), à deux beures du matin, pour se rendre à Bologne, après avoir laissé au général Miollis les instructions et renseignements nécessaires, et lui avoir remis le commandement de la Toscane, dépendant toujours de l'aile droite.
Le ministre de la guerre, voulant rendre hommage aux talents et à la sagesse dont le général Dupont avait fait preuve pendant l'expédition de Toscane, lui écrivit la lettre suivante :