‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 3 sur 97 · A\ \\T-I'ROI>OS · texte numérisé non relu

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parce qu'elle eut pour mobiles l'égoïsme et la volonté bien arrêtée de condamner et de déshonorer un innocent. L'histoire dira que, pour écraser le général Dupont, son glorieux lieutenant, l'Empereur mit sa toute-puissance au service de sa passion déchaînée, et injuste. Napoléon le reconnut, d'ailleurs, et quand Ney lui dit, dans la nuit du 5 avril i8i£, à Fontainebleau : « Comment avez-vous traité ce général Dupont qui vous avait servi avec autant de zèle? » il ne put que baisser la tête et répondre : « Je reconnais aujourd'hui qu'on peut être malheureux. »

Comme explication de toutes ces tristesses, de ces défaillances, de ces capitulations de conscience, qui constituent vraiment la seule bonté de Baylen, je dirai avec le P. Lacordaire : « C'était sous l'Empire, c'était du temps où la France ne consentait à rien, parce qu'on ne lui soumettait rien ; c'était du temps où les restes de la République, descendus de l'échafaud, adoraient à genoux la fortune impériale ; c'était du temps où il n'y avait en France que la gloire et le silence. »

Au nom de la Vérité, qui est la vie de l'esprit ; au nom de la Justice, loi éternelle et absolue, sans laquelle rien n'est durable et qui est la vie de la conscience ; au nom de l'Histoire, qui est la vie de l'humanité présente à elle-même et ne saurait connaître les làcbcs complaisances, je proclame solennellement (pie le général Dupont s'est conduit, à Baylen, en homme d'honneur, et que son nom doit être considéré par l'armée et par la France comme celui d'un des meilleurs et des plus illustres serviteurs de la patrie.

Paris, le 5 mai 1901.

Eugène TITEUX.

Le Généhal Dupont.

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