‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · CORPS DE LA GRANDE ARMÉE · texte numérisé non relu

CORPS DE LA GRANDE ARMÉE

Ordre de marche du 61" corps de la Grande Armée pour le passage du Rhin par le pont établi sur ce fleuve vis-à-vis Durlach, le 4 vendémiaire an XIV (2G septembre i8o5).

La troupe marchera la droite en tète et par intervalles de section, s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc ; les sections se reformeront aussitôt que le passage sera effectué.

ire brigade : \ 9e léger.

g =" 1 Le général RouyeW Ier de hussards.

2e brigade :

Le général Marchand.

ire brigade :

Le général Villatte.

2 e brigade :

Le général Roguet.

ire brigade :

Le général Marcognct.

2e brigade :

Le général Labassée.

Le Ier escadron du Ier régiment de hussards. 1 compagnie de voltigeurs du icr bataillon.

1 compagnie de carabiniers.

2 pièces d'artillerie : une de 4 et 1 obusier. 8 compagnies du Ier bataillon.

Le 2e bataillon du ge ayant ses voltigeurs à la queue du baton

Un détachement de 10 gendarmes.

32e de ligne : 2 bataillons.

6 pièces d'artillerie : une de 4, quatre de 8 et une de 12.

96e de ligne : 2 bataillons.

i bataillon du 6° léger.

2 pièces d'artillerie : une de 4 et un obusier.

2 bataillons du 6e léger.

3g'' de ligne : 2 bataillons.

69e de ligne : 2 bataillons.

G pièces d'artillerie : une de 4, quatre de 8 et une de 12.

76e de ligne : 2 bataillons.

Un détachement de 12 hussards.

Un détachement de 10 gendarmes.

1 bataillon du 25e léger.

2 pièces d'artillerie : une de 4 et un obusier. 251' léger : 2e et 3e bataillons.

27e de ligne : 2 bataillons.

5oe de ligne : 2 bataillons.

6 pièces d'artillerie : une de !\, quatre de 8 et une de 12.

59e de ligne : 2 bataillons.

Un détachement de 12 hussards.

Un détachement de 10 gendarmes.

(1) Lettres ci Mme Dupont.

— — l Brigade du général Dupré <

3e régiment de hussards.

12 pièces d'artillerie de la réserve, savoir: trois obusierg, six

|)i<Ves de 8 et trois de 12.

io'; régiment de chasseurs.

\ oilures de vivres et d'administration. Bagages de l'armée.

\ compagnies du à (y régiment.

Escadron de gendarmerie.

Le parc do réserve, les vivres et subsistances, le personnel de l'administration, les bagages de l'armée en commençant par l'état-major général : le surplus suivra d'après l'ordre des divisions et des régiments établis ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 5g'' régiment fermeront la marebe et serviront d'escorte. Les régiments ne laisseront que 12 hommes, commandés par un sergent, pour rester aux voitures. Chaque jour de marche, les bataillons fourniront, alternativement et à leur tour, d'après l'ordre établi, quatre compagnies.

L'escadron de gendarmerie fermera la marche absolue.

Le chef d'escadron Jammeron, chargé de la police du quartier général, remplira provisoirement les fonctions de vaguemestre général. Il maintiendra l'ordre le plus exact pendant la marche et désignera les lieux où les voitures devront parquer, toujours à portée du parc de réserve de l'artillerie.

Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 3' régiment de hussards suivra partout M. le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours par celui du 10' de chasseurs et alternativement par le Ier de hussards et le 22'' de chasseurs, lorsque ce dernier régiment aura rejoint le corps d'armée.

Nota. La troupe sera en tenue de parade, culotte blanche, guêtres noires, pour le passage du Rhin. Les grenadiers auront le bonnet en tête avec le plumet ainsi que l'infanterie légère.

Toute l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie porteront des branches de chêne sur leurs chapeaux en signe de victoire que l'armée obtiendra sur les ennemis.

Commencé à six heures du matin, le passage du 6° corps était termine à midi. La iru division alla coucher à Ettlingen, la 2 e division à Durlach, et la 3P division à Garlsruhe, résidence de l'Electeur de Bade. D'Ettlingen, le 6 vendémiaire, le général Dupont écrit :

J'ai été ce matin faire une reconnaissance à 5 ou 6 lieues en avant, avec le maréchal ;

nous sommes descendus chez moi pour déjeuner, et l'ordre du départ est arrivé un instant après. — L'Empereur est à Rastadt depuis hier. — Le maréchal Soult a dû passer le Rhin la nuit dernière. — Nos patrouilles ont rencontré les Autrichiens à quelques lieues en avant de nous. Les officiers des deux armées se sont parlé. MM. les impériaux d'Autriche ont dit aux nôtres qu'ils avaient ordre de ne pas tirer les premiers. Voilà une singulière politesse (i)--.

Le 6, la ire division arrive, à 7 heures du soir, à Neuenburg, petite ville située dans une vallée très encaissée, entourée de montagnes escarpées. Elle en part le 7, pour se diriger à travers l'Electorat de Wurtemberg, sur Pforzheim et Heimsheim, et, le 8, continuant sa route par Lemberg, elle atteint Stuttgart. Les troupes de l'Electeur refusant d'ouvrir les portes de la ville, l'aide de camp Morin court prévenir le maréchal Ney, à Ludwigs-

(1) Lettre à Mme Dupont.

HASLACTI, VLBECK 233

burg. Sur la menace de faire agir le canon, l'accès de la ville est ouvert aux troupes du 6e corps; la iro et la 2° division occupent Stuttgart, la 3d division est à Cannslalt. L'Empereur établit son quartier général à Ludwigsburg, résidence de l'Électeur de Wurtemberg, situéeà trois lieues de Stuttgart. « Bâtiments, jardins, il y a partout de la grandeur et du goût, écrit le général Dupont. La cuisine allemande est surtout plaisante : du potage aux anis, du bœuf avec des confitures; c'est ici qu'on ne peut pas manger sans rire... Nous n'avons pas encore vu l'ennemi ; on dit qu'il est encore fort loin, au delà du Danube. »

Le 6e corps demeura trois jours à Stuttgart ; il formait en quelque sorte le pivot du grand mouvement de conversion qu'exécutait toute l'armée vers le Danube. Le prince Murât vint y établir son quartier général, et prit le commandement du corps du maréchal Ney (i); il passa, avec le maréchal, la revue de la division Dupont, dans la matinée du 10 vendémiaire (2 octobre). Cette division se rendit le lendemain à Esslingen, et, le 12, elle se porta sur Klein et Gross-Eislingen ; au pont de Gôppingen le colonel Rouvillois enleva un poste de i5 hussards autrichiens avec un officier. — - Les deux autres divisions du 6° corps s'étaient également avancées dans la direction d'Ulm. — Le 11 vendémiaire (3 octobre), le maréchal Lannes était à Cannstatt avec le 5e corps.

A partir du 3 octobre, le 6° corps et les divisions de dragons de la réserve de cavalerie, formant un effectif d'environ 00 000 hommes, jouèrent le rôle de flanc-garde de l'armée, sous le commandement supérieur de Murât et au grand mécontentement du maréchal Ney, très irrité de se trouver subordonné au beau-frère de l'Empereur.

Napoléon se tenait de sa personne au corps du maréchal Lannes, et les différents corps d'armée étaient disposés de façon à pouvoir se soutenir mutuellement dans le cas où l'ennemi aurait pris l'offensive sur la rive gauche du Danube, en débouchant par Ulm, par Donauwôrthouparlngolstadt. Mais rien n'annonçait chez les Autrichiens l'intention d'attaquer, et l'Empereur pressa la marche de ses troupes pour leur faire passer le Danube audessous de Donauworth, et les porter le plus rapidement possible sur les communications de l'ennemi.

Le i3 vendémiaire (5 octobre), les deux corps d'armée du prince Murât se portèrent sur Heidenheim, qui est à 26 kilomètres au Nord-Est d'Ulm ; les ire et 3e divisions de dragons formaient Tavant-garde. Le prince établit son quartier général à Heidenheim, puis il se porta, avec la /je division de dragons (général Bourcier), à Geislingen, village situé à 20 kilomètres au Nord-Ouest d'Ulm, sur la route de Stuttgart. — Le général Walther, commandant la 20 division de dragons, poussa une reconnaissance qui s'avança jusqu'à 8 kilomètres d'Ulm, au delà de Dornstadl, en refoulant les avant-postes de l'ennemi.

Le 6e corps avait pris position en avant et en arrière de Heidenheim, mais pendant l'absence du Grand-Duc de Berg, parti pour Geislingen, le maréchal Ney porta son quartier général à Giengen, village qui est à 10 kilomètres au Sud-Est de Heidenheim ; la division Dupont s'établit à Herbrechtingen, et les deux autres divisions prirent position à Giengen.

(1) Journal de marche de la cavalerie <le réserve à la Grande Armée, campagne de i8oô.

La iro division, qui jusqu'alors avait été cantonnée dans des villages, bivouaqua sur les hauteurs en arrière de la Brenz, près d'IIerbrcchtingen, et conserva cette position le i3 et le i/i.

Dans la journée, Napoléon, préoccupé de faire passer toutes ses forces sur la rive droite du Danube afin de les mener sur l'Iller, et ne jugeant pas nécessaire de tenir solidement les débouchés d'Ulm sur la rive gauche, prescrivait à Murât de faire cerner Ulm par la seule division de dragons du général Bourcier. Il écrivait :

Le général Bourcier, avec sa division de dragons (à Geislingen) peut être difficilement forcé par la cavalerie et ne doit se retirer que quand il voit de l'infanterie en force.

L'ennemi ne peut être en mesure de prendre position du côté d'Ulm...

Donnez-lui donc l'ordre de cerner Uhn par des postes à trois lieues de distance et sur tous les débouches (i).

L'Empereur, qui savait les Autrichiens derrière l'Iller, était persuadé qu'ils l'attendraient là, et il n'imaginait pas qu'ils pussent grouper des forces importantes à Llm, ni tenter une action décisive sur la rive gauche du Danube ; de là l'insuffisance des troupes laissées de ce côté pour surveiller les débouchés d'Ulm. Et cette erreur, imputable à Napoléon seul, eût occasionné l'échec de sa belle combinaison stratégique, sans l'étonnante victoire due aux talents de Dupont et à l'intrépidité de ses soldats.

« Il ne lui venait pas à l'esprit, dit le général Bonnal, que l'armée de l'Iller s'efforcerait, à un moment donné, de gagner la Bohême par Nordlingen, Anspach et Nuremberg.

On verra plus loin que le défaut d'une forte couverture au Nord d'Ulm faillit compromettre tout le succès de la manœuvre enveloppante (2). »

Mais l'Empereur ne devait pas tarder à être renseigné sur les dispositions de l'ennemi. Le i3, à une heure de l'après-midi, le prince Murât lui rendait compte que, depuis deux jours, le général Mack retirait ses forces de Memmingen et de l'Iller et les concentrait à Ulm. Cette lettre, fort importante par les renseignements qu'elle donnait sur la position de l'armée autrichienne, montre avec quel soin et quelle intelligence Murât accomplissait ses fonctions de chef de cavalerie chargé d'éclairer l'armée; elle est ainsi conçue :

Sire,

La reconnaissance que le général Walther avait poussé sur Ulm rentre à l'instant. Elle a poussé jusque derrière Dornstadt les avant-postes des chevaux-légers de Bosemberg... M. Lanusse, mon aide-de-camp, qui conduisait cette patrouille, affirme, d'après les divers renseignements qu'il a pris, que l'ennemi est en grande force à Ulm. Tous les rapports confirment cette assertion. Il est constant que depuis deux jours l'ennemi réunit sur ce point les forces qu'il avait à Memmingen et sur l'Iller. Le maître de poste de Dokenthal, qui a servi les Français dans la dernière guerre, assure que l'armée presque entière se trouve dans ce moment à Ulm. L'ennemi se déciderait-il à prendre l'offensive et à marcher sur nous? Dans ce cas, la division de dragons

(1) Cité par le général Bonnal, dans son Cours de stratégie de l'École supérieure de guerre.

(2) Conjérences de stratégie et tactique générale, à l'Ecole supérieure de guerre.

HASLAGH, U.BECK 2.37)

à pied et la k'' de dragons à cheval se trouveraient un peu compromises par l'éloignement où elles sont du corps d'armée du maréchal Ney...

(Murât informe l'Empereur qu'il donne l'ordre au général Baraguay-d'Hilliers de se rallier le lendemain au maréchal Ney.)

J'engagerai ce soir le maréchal Ney à prendre une position en avant d'Heidenheim, à cheval sur la route d'Ulm, ayant bien soin d'éclairer tous les débouchés de Geislingen, d'Llm, d'Albeck et de Giengen, par où l'ennemi pourrait se décider à marcher sur lui, en apprenant son mouvement sur Heidenheim et le départ de ma division de dragons de Geislingen...

Je pars à l'instant pour Heidenheim, où j'attendrai les ordres de Votre Majesté.,.

Signé, Murât.

Sur la route en arrière de Geislingen à une heure, le i3 vendémiaire an XIV.

Ce même jour, i3 vendémiaire, Murât, rentré à Heidenheim, écrit à l'Empereur, à 1 1 heures et demie du soir, pour lui confirmer la nouvelle de la réunion des forces autrichiennes à Ulm. Il se plaint vivement de l'attitude du maréchal Ney, qui fait acte d'indiscipline et n'exécute pas ses ordres. «J'ai été fort étonné, dit-il, d'apprendre que M. le maréchal Ney s'était porté sur Giengen, ayant une divisionà Saxcnhausen, une autre à Herbrechtingen, et la 3'' à son quartier général. J'ignore où se trouve sa cavalerie... Sire, il m'en coûte infiniment de vous parler de ma position, mais je serais coupable si je ne vous priais pas de faire cesser l'état pénible où me jette mon incertitude sur ce que je puis faire à une si grande distance de Votre Majesté. Il pourrait en résulter de grands inconvénients ; deux corps confondus ne peuvent recevoir d'ordres que d'un seul chef; ordonnez, et je suis prêt à prendre ceux de M. le maréchal Ney... Je m'emparerai le i5 de Donauwert. »

Aussitôt après avoir envoyé cette lettre à l'Empereur, le prince Murât écrit également au major général : « J'ai l'honneur de vous prévenir que, suivant les rapports que je reçois, les Autrichiens ont réuni leurs forces sur Ulm. » Et le lendemain, 6 octobre, le prince confirme encore à l'Empereur crue l'ennemi réunit ses forces à Ulm.

Il résulte clairement de ces lettres qu'il n'est pas exact que, comme on l'a généralement écrit, l'Empereur ait été, dans ses opérations autour d'Ulm, induit en erreur par les rapports de Murât, lesquels ne cessent, au contraire, de répéter que l'armée autrichienne a quitté Memmingen et l'Iller, pour se concentrer à Ulm, sur la rive gauche du Danube. — Quant à l'attitude du maréchal Ney, elle ne saurait être excusée, car il ne vise à rien moins qu'à n'accepter d'autre chef que l'Empereur même, et, quelques années plus tard, le maréchal n'obéira pas plus à Masséna, l'illustre vainqueur de Zurich, qu'il n'obéissait en i8o5 à Murât. — Nous avons dit que le prince avait joint, le io vendémiaire, le commandement du 6" corps à celui de la réserve de cavalerie. Le maréchal Ney s'en était montré très froissé, et Murât lui ayant donné des instructions, qui émanaient évidemment de l'Empereur, le maréchal lui écrivit la lettre suivante, dont on s'explique mal les griefs :

Gôppingen, le 12 vendémiaire (4 octobre).

Vous ne pouvez pas douter de la peine extrême que m'a fait éprouver la lettre que V. A. S. m'a écrite ce matin.

(i) Arch. guerre.

236 LE GÉNÉRAX IH'l'OM'

Ce n'est qu'après avoir commandé deux ans le corps que l'Empereur a bien voulu réunir sous mes ordres, et au moment de justifier la confiance dont S. M. m'a honoré, que je me vois tout à couj) privé de la portion de gloire que pouvaient me faire espérer mon zèle, la confiance du soldat, et enfin quelque expérience de la guerre. Vous êtes militaire, Monseigneur, l'amertume de mes regrets ne saurait vous étonner.

Je ne vous rappellerai point que j'ai fait toutes les campagnes ;wcc honneur, que je suis tout militaire. Je n'ai jamais aspiré à d'autre gloire que celle des armes ; mais je puis dire au moins que comblé des bontés de l'Empereur, il est affreux pour moi de perdre l'occasion de prouver par quelque service important jusqu'où je porte la reconnaissance.

Quoi qu'il en soit, nous sommes à la veille de combattre; mon poste est sacré pour moi, et je ne songerai jamais à le quitter, tant qu'il me restera l'espoir de verser mon sang pour le service de S. M.

Je viens, Monseigneur, de vous ouvrir mon âme avec la franchise d'un soldat ; et, avec la même franchise, je vous prie de croire aux sentiments, etc., etc. (i)---

En somme, le maréchal Ney considère presque comme une offense d'être placé sous les ordres de Murât, lequel n'a nullement sollicité le commandement du 63 corps, et ne fait, d'ailleurs, que se conformer strictement, suivant son habitude, aux ordres de Napoléon. 11 lui eût suffi, pour apprécier plus exactement la situation, de jeter les yeux sur son divisionnaire Dupont, commandant de corps d'armée avant lui, et victorieux dans une des plus grandes batailles de l'époque. Le prince Murât, naturellement plein de bonté, et tenant aussi en haute estime le maréchal Ney, eut la générosité de s'excuser presque d'être obligé de lui donner des ordres. « J'approuve, lui répondit-il, je partage vos sentiments; à votre place, je penserais comme vous. Je n'ai pas sollicité de S. M. le commandement qu'elle m'a confié, et lorsque je vous ai fait connaître ce malin mes dispositions, c'était plutôt pour faire cesser la confusion qui règne dans la marche des deux corps que pour vous faire apercevoir cpie j'avais été autorisé à vous donner des ordres. » L'intention de l'Empereur était, sur ce point, tellement formelle, que, quelques jours plus tard, il plaçait également le corps de Lannes sous les ordres de Murât, mesure qui marquait sa satisfaction de la façon dont le prince exerçait le commandement du 6e corps et de la réserve de cavalerie.

Le i5 vendémiaire (7 octobre), le prince Murât, hâtant sa marche sur Donauwôrth pour s'emparer de son pont, apprit cpie cette ville était au pouvoir du maréchal Soult, et que l'ennemi, après avoir coupé le pont, avait pris position sur la rive droite pour s'opposer à ce qu'on le rétablit. Il donna l'ordre à la 2e division de dragons et au bataillon de dragons à pied, de changer de direction et d'aller rapidement à Munster, dont le pont était intact et inoccupé. Il s'y porta de sa personne, fit passer la division Walther et la lança sur les derrières des Autrichiens, qui battirent précipitamment en retraite vers le pont de Rain, sur le Lech, dont on s'empara. Le prince plaça provisoirement la 4e division de dragons et les dragons à pied du général Baraguay-d'IIillicrs sous les ordres du maréchal Ney; il donna l'ordre aux deux autres divisions de dragons de le rejoindre sur la rive droite du Danube.

La division Dupont reçut, le i5, l'ordre de se rendre à Hôchstàdt, sur le Danube; elle

(1) Mémoires du maréchal Ney.

BASLACH, AXBECK 2 3t

bivouaqua en arrière de cette ville; le quartier général fut à Dessenhoven. Elle quitta cette position le 16, à deux heures après .midi, et, laissant Dillingcn sur sa gauche, elle passa à Lauingen (sur le Danube), remonta la vallée de la Brenz et loucha à Gundelfingen, Brenz, Stotzingen, pour gagner Bissingen. — En même temps, la 21' division du (ic corps occu pait Burgberg, en arrière de Bissingen, et la 3e' s'installait sur les hauteurs à gauche de Brenz, le g" régiment a Gundelfingen, fournissant 3 compagnies au pont de Lottingen, et 3 autres au pont de Dillingen, avec un bataillon d'infanterie légère à Stotzingen et Sontheim, pour éclairer la route d'Llm. La cavalerie ouvrait la marche du corps d'armée sur la direction d'Ulm par Gundelfingen.

En apprenant l'arrivée des Français en arrière de son flanc droit, sur la rive gauche du Danube, le général Mack avait été fort surpris: il s'était alors hâté de quitter l'Iller et de se rapprocher d'Ulm, et c'est ce mouvement dont le prince Murât rendait compte à l'Empereur dans sa dépêche du 5 octobre, écrite à une heure de l'après-midi, sur la roule de Geislingen à Heidenheim. Le général autrichien eut d'abord l'idée de rejeter au delà du Danube les troupes qui avaient passé le fleuve à Donauwôrth et au pont de Munster, et il envoya en avant-garde, à Wertingen, la division d'Auffenberg, à laquelle Murât fit subir une défaite complète, le 8 octobre.

À la nouvelle de cel échec, et se sentant tourne, Mack résolut de s'échapper vers la Bohème, pour rejoindre les Russes. Il pensait pouvoir passer par le pont de Gûnzburg, mais l'avant-garde, chargée de sa défense et de celle de la ville, fut obligée de le couper pour empêcher le général Malher de s'en emparer; et, d'autre part, le pont voisin, de Reisensburg, fut emporte par le général Lahassée, de la division Malher, après une action très chaude, ce qui rendait la position de Gûnzburg intenable. Le généralissime autrichien reporta alors son armée sur Ulm, avec l'intention de gagner la Rohême par Nordlingen et Nuremberg.

Napoléon était arrivé, le 8 octobre, à Danauwôrth, dont le maréchal Soull faisait réparer le pont. Il avait prescrit au 4° corps de marcher immédiatement sur Augsbourg. Ce jour-là, le maréchal Lannes rendit compte de son passage du Danube à Munster, et le maréchal Bernadoltc annonça qu'il occupait Ingolsladt et passerait le Danube le lendemain. Le maréchal Davout fit savoir qu'il franchirait le pont de Neuburg le 9, ayant derrière lui le 2e corps (Marmont), et continuerait sa marche sur Vichach.

L'Empereur était très impatient. Il avait appris à Donauwôrth que la division Kienmayer, chargée de la défense de celle position, avait battu en retraite sur Munich, et il voyait dans ce fait une indication que l'armée autrichienne allait se mettre en mouvement pour se soustraire au danger qui la menaçait. Dans son esprit, il n'y avait, pour le général Mack, que deux partis possibles, ou un effort dans la direction d' Augsbourg pour s'ouvrir la route de Vienne, ou une retraite sur le Tyrol; il repoussait comme une folie l'hypothèse d'un mouvement de l'armée autrichienne par la rive gauche du Danube, vers la Bohème, et, le iG vendémiaire (8 octobre), le major général écrivait au maréchal Ney :

Au Quartier Général, à Donauwerth, iC vendémiaire, à midi.

Le Lech avant été passé, monsieur le maréchal, l'armée de M. le maréchal Soull se porte à Augsbourg, où elle arrivera ce soir.

■jo8 il. GÉNÉBAL DUPOHT

Le prince Murât avec dix mille hommes de cavalerie, sera ce soir à Zuemarahaïuen, et aura des postes à Burgau.

\l. le maréchal Larmes sera ce soir à mi-chemin de Zusmarshauscn à Wcrtingen. M. le maréchal Davout avec son corps d'année sera à Aichach. Il est impossible que l'ennemi, instruit du passage du Danube et du Lcch, ainsi cpie de l'épouvante qui a dû s'emparer du corps de troupes qu'il avait au-delà du Lech, ne songe sérieusement à prendre le parti de la retraite. Il est à croire qu'il essaiera d'abord de la faire sur Augsbourg ; mais bientôt il apprendra qu'il n'est plus temps, et il tentera de la Caire par Landsberg (i). Si nos troupes y arment à temps, il se décidera à donner bataille, ou enfin à se retirer dans le Tyrol ; mais il est probable qu'il prendra le parti de combattre. Dans cette hypothèse, l'Empereur désire que voire corps d'armée se trouve à la bataille. Sa Majesté ne pense pas que l'ennemi soit assez insensé pour passer sur la rive gauche du Danube, puisque tous ses magasins sont à Memmingcn, et qu'il a le plus grand intérêt à ne pas se séparer du Tyrol, que dans cette manœuvre il découvrirait entièrement. L'intention de l'Empereur est donc que vous vous portiez aujourd'hui à Giïnzburg, que vous occuperez avec votre avantgarde ; vous emploierez tous les moyens pour tâcher de réunir à vous la division du général Gazan, et celle des dragons du général Bourcier.

Vous préviendrez le général Baraguay-d'IIilliers, qu'il serait chargé, si l'ennemi faisait la sottise de vouloir pénétrer par Hcidcnheim, Aalen et Nordlingen, de se battre en retraite devant lui, en suivant la route d'Heidenheim, Aalen et Ellwangen pour disputer le terrain et la grande et seule communication de tout ce qui vient de France, et qui est tellement couverte de détachements des différentes armes, qu'en peu de marches le général Baraguay-d'IIilliers aurait réuni vingt mille hommes. Quanta vous, monsieur le maréchal, avec la division Gazan et celle des dragons du général Bourcier, vous vous trouveriez avoir plus de trente mille hommes. Faites rétablir tous les ponts qui sont sur vos derrières, et ménagez le plus de passages possible, de manière que du moment qu'il sera constaté que l'ennemi évacue Ulm pour se porter soit sur Augsbourg, soit sur Landsberg, vous puissiez, par une marche de flanc, vous trouver toujours à sa hauteur, et sur ses flancs du moment où le maréchal Soult, le maréchal Davout et le maréchal Lannes auraient commencé à le joindre et à l'attaquer. Vous aurez soin cependant, monsieur le maréchal, de tenir une division à Gundelfingen, afin qu'elle vous serve d'avant-garde, si jamais une aulre circonstance décidait l'Empereur de vous faire marcher sur Ulm, par Lauingen et Albeck. L'Empereur imagine que vous avez fait rétablir le pont de Dillingcn.

Le maréchal Lannes pourra par là communiquer avec vous. Envoyez des patrouilles de cavalerie à sa rencontre.

M. le maréchal Murât a aussi l'ordre de communiquer avec vous. Envoyez aussi des patrouilles de cavalerie à sa rencontre. Les moments actuels, M. le maréchal, sont delà plus grande importance. L'Empereur compte sur votre zèle, sur vos talents et sur votre activité. Elle est tout entière nécessaire à ce moment.

Le Ministre de la guerre,

Signé : Maréchal Berthier.

L'Empereur ne tient pas compte des rapports de Murât l'avertissant que l'ennemi a quitté lTller et s'est concentré à Ulm. En vue de la bataille qu'il a projeté de livrer en avant du Lech, il donne, non pas la faculté, mais Yordre au 6e corps de passer sur la rive droite du Danube, à l'exception d'une division qui restera à Gundelfingen, près du confluent de la Brenz, et il ne laisse, pour tenir les débouchés d'Ulm sur la rive gauche, que la seule division des dragons à pied. Il fait hâter la marche des corps de l'aile gauche et leur pas-

(i) Landsberg est sur le Lech, à a8 kilomètres au Sud d'Augsbourg, sur la route de .Memniingen à Munich.

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HASLACH, A.LBECK

sage sur la rive droite du fleuve. Et pourtant, le 17 vendémiaire (9 octobre), le maréchal Soult, lui rendant compte de son arrivée en avant d'Augsbourg, confirme que le prince Ferdinand et le général Mack sont toujours à Ulm.

Murât quitta Wcrlingen le 17 et gagna Zusmarshausen que l'ennemi venait d'évacuer. L'Empereur vint y établir son quartier général, à deux heures du soir. — Ce jour-là, le 6e corps fut ainsi réparti :

La iro division marcha de Bissingen dans la direction d'Ulm. D'après les ordres du maréchal Ney, le général Dupont envoya, à la pointe du jour, sur Albeck, un bataillon du 9e léger, 3o hussards du Ier régiment et une pièce de /i, sous le commandement du chef d'escadron Crabbé, aide de camp du maréchal. Cet officier rencontra l'ennemi près d'Anhausen, le culbuta et le poursuivit au delà d'Albeck jusqu'auprès de Haslach. Là, il se heurta à des forces supérieures et dut se retirer sur les hauteurs couronnées de bois, qui sont en arrière d'Albeck. Vers six heures du soir, le général Dupont arriva avec la division ; il fit immédiatement former le 9e léger en colonne sur la route et plaça sur ses flancs 2 compagnies de voltigeurs et 2 escadrons de hussards, puis il s'avança sur Albeck avec toute sa troupe. Les Autrichiens, qui occupaient par de petits postes la plaine comprise entre Albeck et la reconnaissance du chef d'escadron Crabbé, battirent rapidement en retraite. La ire division occupa Albeck et s'établit au bivouac en avant du village. Le général Dupont s'installa au château du prince; « le maréchal Ney était avec moi, écrit-il à Mme Dupont ; nous avons passé la nuit dans le village, où j'occupe le château du prince. Le jour précédent, j'étais un peu moins bien, mais je dors très bien sur une botte de paille ; je m'accommode sans peine de tout ce que présente la plus mince table et je me porte à merveille. » — A3 heures du soir, pendant la marche de Bissingen sur Albeck, on avait entendu sur la gauche une forte canonnade et une fusillade très vive : c'était l'attaque de la division Malher sur le pont de Gùnzburg.

La 2e division du 6° corps prit position sur les hauteurs en arrière de Langenau, au Nord-Est d'Albeck, se reliant par sa droite avec la iro division.

La 3'' division, partant de Brenz, avait marché au Sud vers Riedhausen, et s'était dirigée en trois colonnes vers le Danube, pour s'emparer des ponts de Leipheim et de Gùnzburg. La colonne de droite, aux ordres de l'adjudant commandant Lefol, s'engagea, vers Leipheim, dans des marais impraticables et dut obliquer à gauche sur Riedhausen, où elle arriva à minuit. La colonne du centre, où se trouvaient les généraux Malher et Marcognet, marcha sur Gùnzburg et échoua clans l'attaque du pont, rompu sur une étendue considérable. La colonne de gauche, commandée par le général Labassée, partit de Gundelfingen et se dirigea sur Reisensburg, dont elle emporta le pont. Le colonel Lacuée, du 69e régiment, fut tué dans cette action; il était aimé et estimé de toute l'armée, sa perte fut vivement sentie. Dans la nuit, le général Malher groupa toute sa division sur la colonne de gauche, et le 18, à la pointe du jour, elle franchit le Danube et prit position en arrière de la Gùnz.

La division de dragons s'arrêta à Neenstetten, et les dragons à pied s'établirent à Her brechtingen (1).

(1) Joumul de marche du 6e corps.

2 Jo LE GÉNÉRAL Dl l'OM

Le 17 vendémiaire (9 octobre), le maréchal Ne) rend compte au major général des mouvements de son corps d'armée et de la prise <ln ponl de Reisensburg par la division Vlalher. L'ennemi esl encore maître des ponts d'Elchingen et de Leipbeim. « La 1" division, dit le maréchal, a dû constamment repousser l'ennemi jusqu'à Ubeck, excellente position défensive. Elle n'a pu s'y établir qu'à 9 heures du soir. L'ennemi s'est replié jusqu'à une demi lieue d'Ulm. La division de dragons du général Bourcier est arrivée hier à 11 heures du soir à Neenstcttcn. lia ordre d'j rester pour couvrir les ir' cl 2'' divisions. Je rapproche la division de dragons à pied qui est à Ilerhrechlingen pour la placer à Brenz, afin d'être plus à portée de passer le Danube. »

De son côté, le major général écrit au maréchal Ney, à midi, pour l'informer que le quartier général de l'armée sera le soir même à Augshourg, et, par une méconnaissance singulière de la véritable position de l'armée autrichienne, si nettement définie pourtant par Murât, le maréchal Beiihier écrit :

...Quant à Llm, il esl impossible que l'ennemi l'occupe en force ; s'il l'occupe avec 3 ou !\ mille hommes, envoyez une division pour l'en chasser ; s'il l'occupe avec des forces beaucoup plus considérables, portez-vous-y avec toute votre armée, enlevez le poste et laites un bon nombre de prisonniers.

Immédiatement après, dirigez-vous, suivant les mouvements de l'ennemi, soit sur Augshourg, soit sur Landsberg, soit sur Memmingen.

La division de dragons du général Bourcier continue à être sous vos ordres.

Conformément à ces instructions, le maréchal Ney, informé que le général .Mallier s'est emparé de Gûnzburg le 18 au matin, ordonne au général Dupont de s'approcher delà ville d'Llm le plus possible et de la cerner par la rive gauche, pendant que le général Loison se rendra de Langenau à Gûnzburg avec la 2'' division. Sa lettre est ainsi conçue :

Au général Dupont.

Les circonstances sont absolument changées puisque le général Malher s'est rendu maître ce matin de Gûnzburg. Ainsi, mon cher général, il faut vous approcher d'Ulm le plus possible et cerner avec précaution cette place par la rive gauche du Danube. Etablissez des postes sur la grande communication de Stuttgard et prolongez votre gauche par des postes jusque vers Elchingen. Vous conserverez les deux escadrons du rr d'hussards et a régiments de dragons de la division Bourcier.

Le général Loison a ordre de partir sur-le-champ de sa position de Langenau pour se rendre à Gûnzburg et y prendre position, ses canons et bagages passeront par Gundellingen. Les 4 régiments de dragons commandés par le général Bourcier suivront son mouvement, ù l'exception de ses canons et bagages qui passeront également par Gundelfingen.

Le général Tilly partira sur-le-champ pour se diriger sur Gûnzburg, avec les 51" d'hussards et 10e de chasseurs; il laissera à la i'e division commandée par le général Dupont, l'artillerie attachée à sa cavalerie.

Gûnzburg, le 18 vendémiaire an \I\ .

Le maréchal d'Empire,

Siijné : Ney.

En marne :

Le général Dupont est invité à donner connaissance de ces dispositions au général Tilly ; le général Loison les fera connaître au général Bourcier.

1 ^LlffL ay^^T** ■

Lettre du maréchal Ney au général Dupont

Il \SI IlCIIj M.UKr.K -2 \ I

Les circonstances étant pressantes, je prie les généraux Je plus de diligence possible à remplir les dispositions ci-dessus, après en avoir pris connaissance, et me Caire le Rapport sur l'exécution du mouvement à Gûnzburg où j'établis mon quartier général. N. (i).

Donc, quand (ouïe l'armée autrichienne a quitté l'Iller pour se rapprocher du Danube et occuper Ulm, l'Empereur fait donner l'ordre au maréchal Ney d'emporter celte place de vive force, puis de passer sur la rive droite pour se porter immédiatement sur Augsbourg ou sur Landsberg, suivant les mouvements de l'ennemi. D'autre part, mal renseigné sur la marche des Russes qu'on lui présente comme débouchant vers Munich, Napoléon se dirige de sa personne sur cette ville, et laisse à Murât le commandement de son aile droite, composée des corps de Lannes et de Ney, et de la réserve de cavalerie. Ce ne fut donc pas parce que Murât comprit mal les instructions de l'Empereur, comme l'a écrit M. ïhiers, mais en exécution même des ordres très précis de Napoléon, que le 6' corps passa le Danube à Gûnzburg pour aller prendre part à la bataille sur l'Iller, et que la division Dupont resta isolée sur la rive gauche du Danube, en face de l'armée autrichienne tout entière. Les lettres suivantes en sont la preuve indiscutable.

Le maréchal Berthier au maréchal Ney.

Zusmershauscn, 18 vendémiaire an \IV (10 8l,re 1800), G heures du soir.

L'Empereur vient, monsieur le maréchal, d'apprendre par le général Savary les détails de votre glorieux combat. Il reste actuellement à prendre possession d'Ulm, ce qui est important sous tous les points de vue. Sa Majesté vous laisse le maître de marcher comme vous l'entendrez pour arriver à ce but ; Cerne:, dans la journée de demain, l Im.

Les dragons à pied continueront à rester sous vos ordres ; vous les placerez à Gûnzburg, sur l'une et l'autre rive, et où ils seront en position de se porter où ils pourraient être nécessaires.

Immédiatement après qa' Ulm sera pris, vous n'attendrez pas de nouveaux ordres pour agir : vous y laisserez un officier du génie pour achever les travaux que les Autrichiens ont commencés.

Vous vous dirigerez sur Memmingen ou sur tout autre point où se serait porté l'ennemi, et le serrerez le plus possible.

Comme l'Empereur va se porter à Munich, où nos troupes arriveront ce soir, l'intention de S. M. est d'y attendre les Russes qui viennent de déboucher. Il laisse, pendant ce temps, le commandement de toute sa droite, consistant dans le corps du maréchal Lannes, du vôtre et de la réserve de cavalerie, au Prince Murât.

La division Gazan rentre sous les ordres du maréchal Lannes.

Adressez vos rapports de service au maréchal Murât, ce qui n'empêche pas que vous correspondiez directement avec l'Empereur et avec moi.

Le maréchal Berthier au maréchal Soult.

ig vendémiaire (n octobre).

... L'ennemi est sur l'Iller, la gauche appuyée à i Im, et la droite à Memmingen... Si l'ennemi veut absolument tenir dans sa position derrière l'Iller, l'intention de l'Empereur est de lui livrer bataille le 22... Dans la journée du 22, l'Empereur sera à Weissenhorn... S. M. restera toute la journée à Augsbourg et n'en partira vraisemblablement que demain matin...

(1) Archives Dupont.

Ll Général Dupont. 16

2/|2 LE GÉNÉB \l. 1)1 PONT

Le maréchal Ney avait établi son quartier général à Gïmzburg, le 18 vendémiaire (10 octobre). En conséqnence des ordres transmis par Berthierle 17 et le 18 vendémiaire, le chargeant de s'emparer d'Ulm où il ne devait y avoir que peu de monde, il presni\it au général Dupont de marcher sur Ulm, le 19, par la rive gain lie du Danube, pendant que la 3e division, suivie de la 2°, se dirigerait de Gûnzburg sur cette place en remontant la rive droite du fleuve. Les détails de ces mouvements lurent réglés par l'Ordre suivant :

Au Quartier Général à Gûnzbourg, le 18 vendémiaire an XIV (10 8bre 180Ô).

DISPOSITIONS POUR LE 6e CORPS d' ARMÉE, LE 10, VENDÉMIAIRE AN XIV

La ire division aux ordres du général Dupont bloquera Ulm sur la rive gauche du Danube. On lui transmettra une instruction particulière. Le i,r régiment de hussards sera réuni et attaché à celte division avec 3 pièces d'artillerie de la cavalerie légère, et les deux régiments de dragons de la division Bourcier.

Les dragons à pied aux ordres du général Baraguay-d'Hilliers partiront sur-le-champ de Stotzingen et se dirigeront par Langenau, en arrière d'Albeck, où ils soutiendront la division Dupont ; les détachements de dragons à pied rejoindront leurs corps à Albeck.

La 2e division aux ordres du général Loison marchera sur la rive droite du Danube par le pont de Gûnzbourg, ou, si cela est possible, par celui d'Elchingen, avec l'infanterie cl la cavalerie seulement. L'artillerie et les bagages de cette division se rendront à Gûnzbourg par Gundelfingen, où ils prendront la grande chaussée. La division cantonnera en totalité à Leipheim, si elle passe par Gûnzbourg, à moins que l'ennemi ne soit en force sur la rive gauche de la Biber ; dans ce cas elle bivouaquerait sur les hauteurs à gauche de cette ville ; si elle passe à Elchingen, elle bivouaquera sur les hauteurs de Falhcim, et suivra les instructions particulières, qui lui seront transmises.

Le général Bourcier, avec ses 4 régiments de dragons, suivra le mouvement de la 2e division et passera sur la rive droite du Danube ; si le passage a lieu à Gûnzbourg, il s'établira à Bubesheim, avec des postes à Schneggenhofen, communiquant avec la cavalerie légère sur le développement de la Biber. Si le passage a lieu à Elchingen, il s 'établira avec 2 régiments à Bùhl ; 2 régiments à Kùsscndorf, avec des postes sur la route de Wcissenhorn.

Le général Tilly avec les 3e de hussards et ioe de chasseurs, suivra également le mouvement de la 2e division, et laissera ses canons au général Dupont. Ces deux régiments bivouaqueront derrière Leipheim, si le passage a lieu à Gûnzburg. Le 3'' de hussards fournira 5o hommes en arrière du pont de la Biber, route d'Ulm, et occupera, s'il est possible, par de petits postes, le village d'Echtshausen, poussant des reconnaissances sur Falhcim et Strass.

Le io'' de chasseurs fournira 5o hommes en arrière de Bûhl ; ce poste en établira un autre de 12 hommes en observation en arrière de Klein-Kûssendorf, poussant ses patrouilles en reconnaissance sur Strass et Y\ eissenhorn. Si le passage a lieu à Elchingen, le général Tilly placera ses deux régiments à Strass et Falheim, avec des postes sur la route d'Ulm au petit pont de la Liebe, et à Steinheim.

L'armée est prévenue que la 2e division a emporté, le 17, le pont d'Elchingen sur le Danube, a fait des prisonniers et pris une pièce de canon ; la 3e division, dans l'affaire du 17, a pris 5 pièces d'artillerie.

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