‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 43 sur 97 · DISPOSITIONS SUPPLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS SUPPLÉMENTAIRES

La 3° division partira à huit heures du matin et se dirigera sur Ulm par Leipheim. où elle recevra de nouveaux ordres.

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La 2' division la suivra à dix heures du malin et recevra également (Je nouveaux ordres. Le quartier général sera indiqué plus particulièrement. Le parc s'établira en arrière de Gùnzburg, rive droite du Danube, près du pont, sous Rcisensburg.

Le Maréchal,

Signé : Ney.

Comme on le voit par cette lettre, la division Loison avait emporté le pont d'Elchingen dans la nuit du 17 au 18, venant de Langenau, la ir0 division conservant sa position à Albeck, et la 3° division partant le 18, à 9 heures du matin, de la Gùnz, pour aller s'établir à Leipheim, Bubcsheim, Reisensburg et Gùnzburg. Dans la nuit du 18 au 19, la 2U division arriva à Gùnzburg, laissant ainsi la division Dupont seule sur la rive gauche du Danube. Par suite de ces mouvements, le maréchal Ney, en transmettant au général Dupont les dispositions arrêtées pour la journée du 19, lui prescrivit de resserrer Ulm autant que possible sur la rive gauche, et de sommer le commandant de la place de se rendre. Les dragons à pied du général Baraguay-d'Hilliers devaient soutenir sa division et en former la réserve. La lettre du maréchal est ainsi conçue :

Au général Dupont, commandant la ire division, 18 vendémiaire an XIV (10 8bre i8o5).

Je vous transmets, mon cher général, l'ordre de la marche du 19 vendémiaire.

Cet ordre a subi des changements par l'arrivée de la division Loison à Gùnzburg.

Les 2*' et 3'' divisions marcheront demain 19 sur...

La i,e division et celle du général Baraguay-d'Hilliers resteront sur la rive gauche et se conformeront à l'ordre ci-joint.

Conformément à cet ordre, vous voudrez bien, mon cher général, resserrer la place d'Ulm autant que vous le pourrez et faire une sommation au commandant au nom de Sa Majesté l'Empereur des Français et roi d'Italie.

Il est très important que vous poussiez demain votre droite jusque sur la Blau, où elle sera appuvée. Vous occuperez les hauteurs boisées en arrière d'Hasslacherhôf et vous vous concerterez avec le général Baraguay-d'Hilliers, colonel général des dragons, sur le placement le plus avantageux de ses dragons à pied, qui doivent soutenir votre division et en former la réserve.

Vous devrez éviter, mon cher général, de compromettre votre division contre des forces supérieures, et de la trop morceler. Toutes les communications cjui conduisent d'Ulm à vos postes, devront être fortement gardées, vos postes bien retranchés et couverts d'abattis.

Il en sera de même de la réserve des dragons à pied. Vous vous établirez à Haslach et ferez occuper Thalfingen si vous le jugez nécessaire.

Vous établirez un rassemblement général des deux divisions, de concert avec le général Baraguay-d'Hilliers et me ferez connaître le lieu cpie vous aurez fixé. Après que vous vous serez concerté avec ce général, vous pourrez me proposer une position plus concentrée sous Ulm, afin qu'en cas d'événement vous puissiez vous soutenir mutuellement.

Le Maréchal,

Signé : Ney.

P. -S. — \ euillez, mon cher général, me faire envoyer sans délai copie du croquis des environs d'Ulm, qui a été levé à Stuttgard par M. Favery.

Enfin, ce même jour 18 vendémiaire, le maréchal Ney rend compte directement à l'Empereur des opérations du 6e' corps par la lettre suivante :

■l[\\ LE GÉNÉRAL DUPONT

Au Quartier Général à Gûnzburg, le 18 vendémiaire an XIV. A Sa Majesté Impériale et Royale.

La division du général Malher a l'ail merveille hier. Généraux, officiers et soldats se sont couverts de gloire à l'attaque de Gûnzburg. Le 5p/' a ouvert la marche, a de suite enlevé le pont. L'estimable colonel Lacuée, à sa tète, a été tué. L'affaire devint bientôt générale, parce que les Autrichiens avaient au moins trente mille hommes sur ce point, commandés en personne par l'archiduc Ferdinand. Le maréchal Mack était également ici avec quatorze généraux.

Ce matin nos troupes ont définitivement pris position au delà de Gûnzburg, n'ayant jamais abandonné le pont, et la rive droite du Danube. Le résultat de cette brillante affaire est la prise de cinq pièces de canon, de 1 aoo prisonniers et 3 à 4oo blessés restés ici. Il va eu au moins 1 000 hommes de tués à l'ennemi. Le général Baron d'Aspre, que j'envoie à \ otre Majesté, pourra, s'il le juge convenable, lui dire que l'armée autrichienne était disposée à faire un grand effort sur mon corps d'armée, mais l'attaque de Gûnzburg a tout déjoué. La retraite des Autrichiens s'effectue sur Biberach.

Je viens de donner ordre au général Dupont, commandant la indivision, de s'approcher d'Ulm et d'en faire le blocus par la rive gauche du Danube. Je lui laisse deux escadrons du 1"' d'hussards et deux régiments de dragons de la division du général Bourcier. Au général Loison, de partir sur-le-champ de sa position de Langenau pour venir s'établir au-dessus de Gûnzburg dans la direction de Leipheim. Quatre régiments de dragons, commandés par le général Bourcier, ont ordre de le suivre ainsi que le 3' d'hussards et le 10'' régiment de chasseurs à cheval. Je laisse à Stozingen la division de dragons à pied aux ordres du général Baraguay-d'IIilliers, ainsi que la division Gazan à Gundelfingen, pour pouvoir se porter sur la rive droite du Danube, soit par Gûnzburg, soit par Lauingen ou Dillingen,

J'attends les ordres de Votre Majesté Impériale et je la supplie d'agréer le profond respect de son plus fidèle sujet.

Le Maréchal,

Signé : Net.

Il ressort clairement de cette lettre, que le général Dupont est charge, avec sa seule division, renforcée de 2 escadrons du Ier régiment de hussards et de 2 régiments de dragons de la division Bourcier, de s'approcher d'Ulm et d'en faire le blocus par la rive gauche du Danube, la 2'' et la 3° division du G1' corps se tenant sur la rive droite vers Gûnzburg et Leipheim. S'en rapportant aux renseignements qui lui sont communiqués par Berthier, interprète fidèle de l'Empereur, le maréchal Ney, qui n'a d'ailleurs qu'à obéir et à se conformer aux instructions du major général, doit croire que l'armée autrichienne n'a qu'un faible détachement à Ulm, et qu'elle attend les Français derrière l'IUer; et il prévient l'Empereur qu'il donne des ordres en conséquence et qu'il attend à Gûnzburg les instructions de Sa Majesté. Sa conviction est si bien faite cpie, prévoyant le cas où la place d'Ulm pourra être emportée d'assaut par la ir'' division, il ordonne au général Dupont de se munir d'échelles, en vue d'une escalade des ouvrages extérieurs de la forteresse, et de madriers cl poutrelles pour faciliter la traversée des fossés si l'Empereur se décide à une attaque de vive force. La lettre du maréchal est la suivante :

Giinzbourg, le 19 vendémiaire an \1\ (n 8lj,c i8o5). Au général Dupont, commandant la irc division.

Vous voudrez bien, mon cher général, faire rassembler un bon nombre d'échelles, des voitures du pays, afin que, si les circonstances le permettent, on puisse escalader les ouvrages extérieurs

HASLACH, At.BECK 245

de la place d'Ulm ; vous ne tenterez cette entreprise que sur un ordre formel de ma part, parce cpie cette opération aurait lieu en même temps sur la rive droite du Danube.

Veuillez, aussi, mon cher général, faire venir des poutrelles, madriers et autres pièces de bois propres à faciliter le passage des fossés d'Ulm, dans le cas où S. M. se déciderait à faire attaquer cette place de vive force.

Je vous invite, mon cher général, à vous concerter sur cette opération importante avec le général Baraguay-d'Hilliers.

L'ennemi est frappé d'une terreur dont il y a peu d'exemples ; il se retire sur Biberach, pour pouvoir se sauver par lchautïyrol, toutes retraites lui étant coupées sur Kcmptcn et Fuessel ; il est donc probable que l'archiduc Ferdinand n'aura laissé qu'une faible garnison à Ulm, avec ordre de tenir jusqu'à la dernière extrémité ; mais nos préparatifs et nos menaces décideront sans doute le commandant à se rendre sans courir les risques d'un assaut.

J'ai l'honneur de vous saluer,

Le Maréchal,

Signé : Ne y.

En même temps que le maréchal Ney écrivait cette lettre au général Dupont, dans la nuit du 18 au 19 vendémiaire, il adressait au général Baraguay-d'Hilliers des instructions lui prescrivant de se porter, avec sa division de dragons à pied, par Langenau, en arrière d'Albeck, afin d'y soutenir la division Dupont, qui devait marcher de ce point sur Haslach, pour former le blocus d'Ulm sur la rive gauche du Danube. Le chef d'escadron Rippert, porteur de ces deux ordres, devait d'abord remettre celui qui était destiné au général Baraguay-d'Hilliers, mais il s'égara dans la nuit et, se trouvant au point du jour près d'Albeck, il remit au général Dupont l'ordre qui le concernait. Le général Baraguayd'Hilliers ne reçut son ordre qu'à dix heures, et sa division arriva trop tard à Albeckpour prendre part à la bataille; elle ne fut d'aucun secours au général Dupont.

En résumé, le 11 octobre i8o5, le général Dupont, marchant sur Ulm avec sa division, par suite d'ordres très précis résultant d'une erreur évidente de Napoléon, va se trouver tout à coup avec 5 3oo hommes en présence de 60 mille Autrichiens, et, par un prodige d'audace et d'intrépidité, il vaincra.

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