f\ M GÉNÉRAL Dl POW I
A Elchingen, le 2/J vendémiaire, (j heures du soir. Sire,
... M. de Conchy, aide de camp du général Dupont, vient d'arriver pour annoncer, de la part du prince Mural, que l'ennemi a été attaqué dans la position de-Langenau et de Neensletten, et qu'on lui a fait environ 3ooo prisonniers dont 200 sont déjà ici. Voilà où en était le succès à la chute du jour, et S. A. S. était à la hauteur de Bissingen, au moment où M. de Conchy est parti. L'ennemi est en déroute et se rend facilement. Ces 3 000 prisonniers font partie d'une colonne d'environ 8000 hommes commandés par M. de Werneck cl qui est l'arrière-garde d'un corps d'environ i5 à 20 000 hommes qu'on dit commandé par M. d'Hohcnlohe.
La crue du Danube a rendu presque impossible le rétablissement du pont d'Elchingen. Le général Dumas, qui a été reconnaître celui de Leipheim, l'a trouvé en assez bon état, l'a fait perfectionner par le colonel Redy de l'artillerie...
Signé : Clame.
De l'abbaye d'Elchingen, le 2 !\ vendémiaire, le maréchal Berthier écrivit aux maréchaux Brune, Lefebvre, Kellermann, Augereau, au général Barbou et au ministre de la guerre Dejean, pour les inviter à porter à la connaissance de toutes les troupes, que la première armée autrichienne avait cessé d'exister. « Cette armée, écrit le major général, avait la droite appuyée à Memmingen et la gauche à iJlm. L'Empereur, par ses manœuvres, l'a tournée et l'a mise dans la même position que l'armée de M. de Mêlas à Marengo. »
Le respect de la vérité historique force à dire que l'armée autrichienne n'avait nullement sa droite à Memmingen, puisqu'elle se trouvait à Ulm, sur la rive gauche du Danube, et n'avait à Memmingen que le détachement du général Spangen, pour assurer la communication avec le Tyrol. Quant à la position de Mêlas à Marengo, elle était, en dépit de la belle combinaison stratégique du Premier Consul, préférable à celle de Bonaparte, qui, à deux heures de l'après-midi, était complètement battu et ne remporta la victoire finale que grâce à un concours de circonstances et à un coup de fortune sur lesquels il n'était pas en droit de compter.