ORDRE DE MARCHE DU 25 VENDÉMIAIRE
Le corps d'armée se mettra en mouvement à midi précis, pour se porter sur Heidenheim dans l'ordre de marche suivant :
Le Ier rég1 de hussards formera l'avant-garde. Il sera suivi par la i'e division de dragons qui marchera avec son artillerie.
Suivront ensuite les Chasseurs de la Garde Impériale.
La division Dupont suivra immédiatement ce mouvement dans son ordre de bataille. Les deux régiments de carabiniers fermeront la marche. L'artillerie des Chasseurs à cheval marchera avec celle de réserve de la division Dupont.
Les troupes seront formées, marcheront dans le plus grand ordre et réunies, pour être toujours prêtes à combattre.
Les généraux se feront éclairer sur leur droite et leur gauche. Le Ier régiment de hussards jettera en avant de lui une avant-garde qui préviendra le prince de suite qu'elle aura reconnu les ennemis.
Par ordre de Son Altesse Sérénissime
le Prince Murât, Lieutenant de S. M., Le Général de Divon Chef de l'État-Major Général. Signé : Belliard.
(i) Journal historique du 5e corps.
•J.-Ç) LE GÉNÉR IX 1)1 l'OVT
Le prince avait ordonné à la brigade de chasseurs du général Fauconnet de se porter de llausen sur Sôhnstetten, et de fouiller les bois pour y ramasser tous les fuyards. Il mareba sur Heidcnbeim avec le reste de ses troupes, en détachant sur sa droite un régiment de dragons, pour reconnaître la rive gauche de la Brenz jusqu'au Danube, vers Giengen, Gundellingcn et Dillingcn.
Arrivé à Heidcnbeim, Murât, d'après les renseignements qui lui parvinrent sur la marche de l'ennemi, changea ses dispositions. Il prescrivit au général Fauconnet de se diriger rapidement sur l'ennemi de Sôhnstetten sur Aalcn, par Barlholoma et Giengen, et de talonner les Autrichiens de façon à leur faire le plus grand nombre possible de prisonniers. Il détacha également de Heidenheim sur Aalcn l'aide de camp Lanussc. avec le Ier régiment de hussards. — En ordonnant ces mouvements, le prince avait en vue de forcer l'ennemi à prendre position et de ralentir ainsi sa marche, de façon à le devancer à Nôrdlingen, ville importante où nous avions beaucoup d'artillerie et des dépôts, et d'où l'on pourrait couper la retraite de l'archiduc. C'est dans cette vue qu'il écrivit au commandant de Donauworlh de se porter sur laWôrnitz avec toutes ses troupes disponibles, et de s'entendre avec le commandant de Nôrdlingen pour barrer le passage à l'ennemi.
Avec le reste de ses troupes, Murât se dirigea sur Neresbeim, à cinq heures, la iro division de dragons tenant la tête de la colonne. En arrivant à Neresbeim, il trouva les Autrichiens qui venaient d'y prendre position avec du canon, et ordonna immédiatement l'attaque. Sous le choc irrésistible de notre cavalerie tout fut enfoncé et culbuté en quelques instants ; des bataillons entiers mirent bas les armes ; l'ennemi s'enfuit dans le plus grand désordre, laissant entre nos mains i 5oo prisonniers, deux drapeaux et deux bouches à feu. Dans sa marche sur Aalen, le i6r régiment de hussards fit, à Obcrkochen, une charge qui délivra 35o prisonniers français ; il prit 4oo hommes, une pièce d'artillerie et 26 caissons.
Après ce brillant combat, le corps d'armée prit position à Neresbeim ; l'infanterie bivouaqua sur les hauteurs en arrière de la ville. A Heidenheim, le général Dupont avait été prévenu de cette disposition par la lettre suivante :
Heidenheim, le 25 vendémiaire.
Au général Dupont.
Mon cher Général,
D'après les ordres du Prince, vous vous établirez avec votre Division et toute l'artillerie à Nercslicim, où sera le quartier général du Prince. Donnez, je vous prie, des ordres pour que l'on se garde avec la plus grande surveillance.
J'ai l'honneur...
Signé : Belliaud.
Le prince Murât compléta ces instructions à Neresheim, ainsi qu'il suit :
Neresheim, le a5 vendémiaire an xiv (17 octobre i8o5). Le Prince Mural au général Dupont.
Le général Dupont prendra position en arrière de Neresbeim, occupant les hauteurs, et étant maître des routes de Dossingcn, Stetten, Groskircben, et gardant le pont près de Neresbeim sur la route de Heidenheim.
HASLA.CH, AXBECK 277
II paraît (pie l'ennemi occupe Stctlon, Groskirchen etElcbingen: c'est le reste des troupes de la division Werneck. J'espère qu'il ne nous échappera pas ; notre cavalerie, en arrivant, a chassé l'ennemi de Neresheim ; clic le poursuit encore vivement sur la route de Nôrdlingen. Un bataillon de grenadiers a mis bas les armes ; un général major a été l'ait prisonnier.
Nomme/ de suite un commandant d'armes ; qu'il établisse l'ordre dans la ville ; qu'on n'y laisse que la garde que vous y mettrez, et que surtout on soit prêt à prendre les armes au premier coup de baguette. — Aussitôt l'établissement de vos troupes, passez chez moi à l'Abbaye, où vous enverrez trois compagnies de grenadiers ou carabiniers.
Le Prince Lieutenant de l'Empereur, Signé : Murât.
Le 26 vendémiaire, les troupes se mirent en mouvement à cinq heures du matin, pour continuer la poursuite sur la route de Nôrdlingen. Au moment où il sortait de l'abbaye de Neresheim, Murât reçut un parlementaire qui venait lui proposer la reddition de trois bataillons égarés pendant la nuit dans les bois, enveloppés de tous côtés et absolument sans vivres. Le prince envoya un officier pour leur faire mettre bas les armes ; on prit leurs canons, leurs fusils et on les conduisit à l'abbaye. Un poste de i5 soldats du 32e, en prenant la traverse pour rejoindre son régiment, fit prisonnier un détachement de 3oo hommes et prit un drapeau.
Vers huit heures, le prince, entendant le canon sur sa gauche, partit avec la cavalerie. En route, se présenta un officier envoyé par le général Werneck qui demandait à capituler. Murât chargea le général Belliard, son chef d'état-major, de se rendre auprès du général autrichien. Les arrangements furent bientôt conclus ; toutes les troupes du général \A erneck se rendaient prisonnières de guerre et devaient être conduites en France ; les généraux et autres officiers étaient autorisés à rentrer chez eux, sur leur parole de ne pas servir avant d'avoir été échangés. Cette capitulation fut conclue à Trochtelfingen.
Pendant que ceci se passait sur la route de Nôrdlingen, le corps de l'archiduc Ferdinand s'avançait par la route d'Elhvangen et se dirigeait sur Ôttingen, par Wallerslein, escortant le grand parc de l'armée, qui avait échappé presque en totalité à la capitulation de Werneck. Sur l'ordre de Murât, le général de division Rivaud, qui se trouvait à Nôrdlingen, marchai la rencontre de l'ennemi, vers Wallerstein ; il le culbuta et, poussant sur la route d'Elhvangen, tomba sur la tête du convoi, tandis que le général Fauconnet l'abordait en queue. Ces attaques nous livrèrent la majeure partie du grand parc de l'armée autrichienne.
On prit, dans cette journée de Nôrdlingen, [\ ou 5 000 prisonniers, dont les lieutenants généraux Y\ erneck et Baillel-Latour, et /j généraux majors, 200 officiers de tout grade, 5 drapeaux, 80 pièces de canon avec leurs caissons, 3 ou /joo voitures ou chariots, 2 à 3oo chevaux de troupe ou de trait. La marche rapide du corps d'armée de Mural sauva tous les dépôts de l'armée française, son grand parc et son trésor, qui seraient infailliblement tombés au pouvoir de l'ennemi.
Le corps autrichien qui avait capitulé, tardant à se rendre sur le point où il devait mettre bas les armes, le prince Murât envoya successivement, auprès du général Werneck, les aides de camp de Conchy, Morin et Debaine, pour hâter l'exécution des conventions. Ce ne fut que le 27 au malin, que le général Werneck se rendit de sa personne, avec une
partie de sa troupe. Les généraux Hohenzollern et Meskiery, servant sous ses ordres, continuèrent leur marche dans la nuit, afin de se rendre au corps du prince de Schwartzenberg, chargé, sous le commandement de l'archiduc Ferdinand, de protéger la portion du convoi qui avait échappé.
Ayant su, vers onze heures du soir, par ses reconnaissances et les rapports des espions, la route prise par l'ennemi, le prince Mural ordonna aux divisions Dupont cl Klein de partir à 1 h. 1/2 du matin et de se porter sur Ottingen où se trouvait l'archiduc. Le général Belliard prévint le général Dupont par la lettre suivante :
Au Quartier Général de Nordlingen, le 27 vendémiaire (19 octobre) à 1 li. 1/2 du matin. Mon cher Général,
L'intention du Prince est que vous partiez sur-lc-cliamp avec votre Division pour vous porter sur Octtingen, où il paraît que se trouve l'ennemi. Vous suivrez le mouvement de la division Klein, à laquelle sont réunis les deux régiments de carabiniers.
J'ai l'honneur...
Signé : Belliard.
L'intention de Murât étant de battre toutes les routes par où l'archiduc Ferdinand pouvait tenter de s'échapper, il ordonna au général Milhaud d'aller à Ellwangen prendre le commandement des 16e et 22e régiments de chasseurs à cheval, de se diriger sur Dinkesbùhl et Ansbach, et, dans le cas où il ne trouverait pas l'ennemi, de revenir par sa droite à Nuremberg où le prince Murât devait se rendre. Le général Fauconnet dut battre le pays entre le général Milhaud et le corps d'armée de Murât, qui suivait la route de YVeisingen, Marktoffingen, Belzheim et Orlesbach. — Le i01' régiment de hussards se réunit à la division Klein. — Le général Bourcier, qui se rendait à Nordlingen, eut ordre de changer sa marche et de se diriger par Heidenheim et Giengen sur Gundelfingen, où il attendrait les ordres de l'Empereur. Il fut de même prescrit au général Beaumont, également en marche, de s'arrêter et de demander des instructions au major général. — Enfin, le général Du Monceau, commandant la division Batave, et le général Bivaud durent se porter sur Pappenheim et occuper le pont de Dietfurt, en s'étendant jusqu'à la frontière des États prussiens (1).
Le 27 vendémiaire (18 octobre), conformément aux ordres du prince Murât, la division Klein et les deux régiments de carabiniers, suivis immédiatement par la division Dupont, partirent de Nordlingen à une heure du matin, à la poursuite de l'ennemi. « La division d'infanterie marchait avec une telle ardeur, dit le chef d'escadron Morin, qu'elle ne s'est pas aperçue qu'elle manquait de vivres. »
A Ottingen, on apprit que l'archiduc avait passé la nuit sur ce point et en était parti, avec 3 ou 4 000 hommes, dans la direction de Gunzenhausen, ville prussienne. Le général Klein mit ses troupes en marche sur cette ville, où il joignit la queue de la colonne autrichienne. L'archiduc avait voulu couper le pont, mais les Prussiens s'y étaient opposés. — Gunzenhausen était occupée par un régiment de hussards, qui y tenait garnison ; le com-
(1) Journal de marche de la cavalerie de réserve à la Grande Armée.
HASLAGH, ILBECK
mandant prussien fit quelques difficultés pour laisser passer les Français, mais le prince Murât observa qu'il ne faisait que suivre les Autrichiens. Pour gagner du temps, le prince de Schwartzenberg et M. de Rohan voulurent entrer en pourparlers, mais Murât se refusa à toute négociation et ordonna de pousser en avant, sur quoi l'arrière-gardc ennemie prit le galop et nous céda la place. Il faisait nuit ; les dragons traversèrent la ville et poursuivirent les Autrichiens jusqu'à une lieue et demie au delà, sans pouvoir les atteindre. L'infanterie prit position en avant de Gunzenhauscn ; les carabiniers et les chasseurs de la Garde s'établirent dans le village en arrière. — Un bataillon de grenadiers de 3oo hommes, du corps de M. de Rohan, mit bas les armes à Gunzenhausen.
Dans cette journée, le Ier régiment de hussards fit plusieurs charges très brillantes au pont de Ôttingen ; le colonel Rouvillois eut son cheval blessé d'un coup de sabre. Un détachement de ce régiment, commandé par le lieutenant Hatty, que le général Dupont avait envoyé sur la gauche de Gunzenhausen, prit l\ pièces de canon avec leurs caissons, des voitures d'équipages et 3oo hommes.
Avant de quitter Nôrdlingen, le général Dupont écrivait à Mm" Dupont : « Nos succès sont décidés. J'y ai eu une petite part, ou, s'il faut parler sans trop de modestie, je te dirai que ma division s'est couverte de gloire. Les ennemis conviennent eux-mêmes qu'ils n'ont jamais vu l'infanterie française déployer autant d'audace. Le 19, j'ai eu, avec 5 000 hommes, à combattre une armée de 26 à 3o 000 hommes, et je me suis tiré d'une lutte aussi inégale en faisant h 000 prisonniers, et en prenant des drapeaux, du canon. Il y a quelque ressemblance, dans cette affaire, avec celle du Mincio ; l'armée n'a pas agi pendant que je me battais. C'est à Haslach, près Ulm, que cela s'est passé. J'ai rendu la plus haute justice à mes braves régiments. Le colonel Meunier, ainsi que les autres colonels et autres officiers en général, se sont conduits à merveille. J'ai demandé pour Meunier le
grade de commandant de la Légion d'honneur Je suis maintenant éloigné du maréchal
Ney, qui est à Ulm ; je n'ai qu'à me louer de ses procédés ; il a comblé d'éloges ma bataille d'Haslach. Mes équipages ont été pris par l'ennemi. Voitures, fourgons, j'ai tout perdu, et, depuis huit jours, je suis plus léger de bagages que le plus mince soldat. Cette aventure est une perte de 12 à i5ooo francs, mais la plus petite feuille de laurier est sans prix. Au reste, je ne m'en fais pas accroire et je rapporte tout à la fortune et à la bravoure de nos troupes. »
Le 28 vendémiaire (19 octobre), on continue la poursuite jusqu'au delà de Nuremberg. A quatre heures du matin, le corps d'armée se met en mouvement dans l'ordre suivant : le Ier régiment de hussards, les chasseurs de la Garde, un bataillon du 9e léger; les carabiniers, les dragons et l'infanterie suivent la route de Nuremberg, passant par Schwabach. A Nuremberg, notre avant-garde rejoint la queue des équipages du parc ennemi, protégée par un bataillon; elle charge immédiatement, malgré son infériorité numérique, et force ce bataillon à poser les armes ; puis elle poursuit, pendant près de deux lieues, à travers les équipages et l'artillerie ennemie, un corps de 3oo dragons, qu'elle culbute chaque fois qu'il tente de se reformer. Les Autrichiens abandonnent leur parc et leurs bagages. Les chasseurs de la Garde et les carabiniers brisent toutes les résistances, sabrent les canonniers ennemis et enfoncent toute cavalerie qui essaye de résister. Le colonel Rouvillois et le Ier régiment de carabiniers poussent les Autrichiens jusqu'au
village d'Eschenau ; arrêtés un instant par des forces supérieures, ils attendent l'arrivée du 2e de carabiniers, puis chargent avec une intrépidité sans égale. Tout plie sous leur choc, cl l'archiduc Ferdinand n'a que le temps de sauter sur le cheval d'un de ses officiers pour se sauver à toute bride, entraînant à sa suite, dans la nuit, 3 ou !\ ooo chevaux, derniers débris de son corps d'armée.
Le quartier général du prince Murât s'établit à Nuremberg ; la troupe bivouaqua en dehors de la ville. Celle journée acheva la destruction du corps échappé d'Ulm ; on fit 2 ooo prisonniers et l'on prit 2 drapeaux, 35 pièces de canon, les seules qui restassent à l'ennemi, ioo voitures ou caissons et ôo chariots de bagages. Le général Miskiery, grièvement blessé, fut fait prisonnier. Les chasseurs de la Garde et les carabiniers se couvrirent de gloire.
Le 29 vendémiaire (20 octobre), on renonça à poursuivre davantage l'ennemi qui, ayant perdu toute son artillerie et ses bagages, fuyait avec une vitesse sans exemple. Le corps d'année du prince Murât resta à Nuremberg.
En cinq jours, un corps de 7 000 Français avait, dans une marche de !\o lieues, détruit un corps de 20000 hommes, fait i5ooo prisonniers dont 9 officiers généraux, pris 128 pièces de canon, 11 drapeaux, 5 à 600 chariots, le trésor de l'armée autrichienne et une grande quantité de bagages. Tout ce qui n'avait pas été pris, à l'exception de 3 à h 000 hommes de cavalerie fuyant vers la Bohème avec l'archiduc Ferdinand, errait, éparpillé dans les bois, sans armes et sans vivres.
Si la cavalerie se couvrit de gloire dans la courte et merveilleuse campagne de cinq jours, qui consomma la ruine de l'armée autrichienne, que dire de cette admirable infanterie du général Dupont, qui, après avoir gagné l'extraordinaire bataille de Haslach et livré les deux combats victorieux d'Àlbeck, fit une poursuite de 43 lieues sans se laisser distancer par la cavalerie et sans laisser un homme en arrière ? « Notre infanterie, dit l'aide de campMorin, s'est distinguée dans cette poursuite parla rapidité de sa marche, qui a été telle que le prince Murât, dans le compte qu'il a rendu à l'Empereur, dit qu'elle a tué les chevaux de sa cavalerie par sa vitesse et sa constance à supporter les privations. Le dernier jour, après une marche ou plutôt une course de 12 lieues, le soldat tombait, à Schwabach, de lassitude et de besoin ; le général lui fait distribuer à la hâte un morceau de pain et un verre de vin, il se ranime et poursuit sa course, en chantant, jusqu'au delà de Nuremberg (1). »
Nul général et nulle troupe, clans la Grande Armée, n'avaient combattu plus glorieusement, ni concouru avec autant d'éclat au succès foudroyant de la campagne dirigée contre l'armée du général Mack. Il est même hors de doute que, sans l'audace du général Dupont, secondée par l'intrépidité de ses soldats, qui réparèrent une grosse erreur de Napoléon, toute l'armée autrichienne s'échappait par la Bohème. Aussi ne peut-on se défendre d'une surprise infiniment pénible, en voyant l'Empereur renouveler, à l'égard du général Dupont, les procédés qui avaient fait le silence sur la belle victoire de Poz/olo, dans le but de reporter au général Brune, et contrairement aux faits, le mérite du passage
(1) Journal (1rs opérations militaires de la division Dupont.
HASLACH, ALBECK 28 r
du Mincio. C'est ainsi que dans les ordres du jour de Napoléon et dans les Bulletins de la Grande Armée, diclés par lui, le nom.de Haslach n'est pas même prononcé. L'Empereur, si prodigue d'éloges pour des officiers de tout grade, ne cite pas une seule fois le général Dupont, et il ne mentionne, en deux lignes, que le combat d'Albeck. L'histoire impartiale doit retenir de pareils faits, parce qu'ils sont la vérité et aussi parce qu'ils expliquent les résolutions extrêmes que Napoléon prit, par la suite, à l'égard du général Dupont.
Le jour même où cessa la poursuite de l'archiduc Ferdinand, l'Empereur porta les succès de la campagne à la connaissance de la Grande Armée, par l'ordre du jour suivant :