‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 6 sur 97 · DE 1-84 A MARE3GO · texte numérisé non relu

DE 1-84 A MARE3GO

pondance du général en chef des autres. — Quant aux opérations militaires, elles sont nulles pour le moment. — L'armée est bien organisée, jamais elle n'a été sur un pied aussi respectable ; artillerie, troupes à cheval, infanterie, enfin instruction et discipline.

Nous avons vu avec peine les agitations de l'intérieur. L'armée a bien prononcé pour vouloir la Constitution de l'an 3e. J'espère que les patriotes de toutes les parties de la République seront fermes, sages et constitutionnels.

Croyés que l'armée est parfaitement unie à l'exemple de toute celle de la République.

Donnés moi, mon cher Dupont, des nouvelles de Paris : elles sont bien intéressantes pour les amis de la Patrie (i).

Je vous embrasse.

Signé : Alex. Berthier.

Goblentz, le 4 messidor, Ve année républicaine.

Au général Dupont, Le Gal Hoche

Malgré un rhume affreux et une fièvre continue, je vais, mon cher général, me traîner en Hollande à l'effet de concerter quelque chose pour ces pauvres Irlandais, qui sont vraiment dans une position bien critique. Ce qui se passe me fait faire des réflexions bien douloureuses. Je regrette bien vivement de voir le gouvernement français, qui a fait la loi et l'invoque ne pouvoir disposer de quelques millions pour anéantir son rival ou plutôt son ennemi mortel. Je sais aussi quels sont ses embarras ; il craint d'échouer et de voir de nouveau ses ennemis saisir une occasion qui leur serait favorable pour l'accuser aux yeux d'un peuple ingrat et corrompu.

M. Luynes et Schmitt voulaient se rendre à Paris, mais je ne crois pas qu'ils y soient plus nécessaires qu'à la Haye ; ils vous auraient embarrassé et vous avez assez d'importuns. Je les laisse à Bonn. Je vous avoue que je doute que les Hollandais se résolvent à rien. Peut-être même Luynes ne leur a-t-il pas écrit à mon sujet ; alors je ne parlerai pas d'expédition maritime, je verrai le pays et ce sera beaucoup pour mon instruction au cas que les Prussiens viennent. Je crois cependant ceux-ci hors d'état d'agir depuis le refus du landgrave de Hesse- Cassel de leur prêter son assistance.

Si le Directoire veut faire quelque chose de grand, il faut qu'il se dépêche ; je crains bien qu'on ne traîne jusqu'à l'hiver, et Dieu sait ce qu'est cette saison pour un embarquement. Adieu, mon cher général, donnez-moi de vos nouvelles à la Haye (a).

Signé : L. Hoche.

Paris, 20 thermidor an V.

Le Général de Brigade Humbert Au Général Dupont.

Général,

Rappelez-vous, je vous prie, que vous m'avez permis de me rappeler à votre souvenir.

Je pars pour rejoindre ma Légion. Croyez, Général, que la calomnie peut toujours atteindre un corps tel que le mien, mais qu'elle ne pourra jamais prouver qu'il est indigne de l'intérêt que je vous prie de lui accorder.

Permettez-moi de vous rappeler la promesse que vous m'avez faite de quelques cartes

(i) Archives Dupont.

(a) Archives Dupont.

64 f-E GrEHÉRAl DUPOHT

géographiques. S'il vous est possible de m'en procurer de l'Irlande ci de quelques provinces du continent de l'Angleterre, cro\cz que je nous en aurai une éternelle obligation (i).

Salut el Respect,

Signe : HuMBERÏ.

Chambéry, le 3 frimaire au malin.

J'ai reçu ce malin voire lettre du 28 frimaire, mon cher Dupont ; je vous en remercierais bien davantage si vous l'aviez accompagnée de quelques journaux, car j'ai beaucoup de peine à vous pardonner cet oubli et surtout à Chaalons qui en avait l'ait l'enveloppe. A ous sentez comme moi, combien il est intéressant que je sois instruit de tout ce cpii se passe et je compte entièrement sur vous. Je pense que vous pourriez m'adresser des journaux à Vienne, en vous servant de l'intermédiaire de Bâcher à Basic. J'ai cependant prié le minisire des Relations Extérieures, mais dois-je ou puis-je compter sur l'exactitude de ses bureaux ? C'est ce que j'ignore; je préfère m'en rapporter à votre exactitude et à celle de Chaalons cpiand vous l'aurez réveillée.

J'ai vu hier soir fort tard le général Kellermann qui m'a donné à souper. Il m'a paru n'avoir pas renoncé entièrement à l'espoir de commander l'une de nos grandes armées. Il n'est pas, comme vous savez, sans talens militaires, sait se faire obéir, est fort actif et me paraît fort attaché au Couvcrnement actuel dont il est content. J'eusse beaucoup mieux aimé qu'il eûl élé à la tête d'une de nos armées à laquelle on reproche en ce moment son inaction, et je pense que l'œuvre d'ajouter quelques lauriers à ceux cpi'il a déjà cueillis, lui aurait fait prendre plutôt le titre d'audax que celui de Cnnctntor. Au reste, mon cher Dupont, vous allez devenir son confident et son ami intime. Il s'est muni de votre adresse, et soyez persuadé que vous aurez souvent de ses nouvelles. Il est plein d'estime et de tendresse pour vous, ce qui vous fera peutêtre présumer que je lui ai transmis la moitié de mes sentiments pour vous

Je vous embrasse de tout mon cœur,

■S igné : Clarre.

P. -S. — Vous m'avez fait plaisir de me mander que je convenais beaucoup à l'opinion, car comme elle se promène de Paris à Vienne et cela assez lentement, je ne suis pas fâché qu'elle v arrive favorable sur mon compte. A ous devez bien juger que j'enrage de n'y pas être déjà, mais on perd des demi-journées aux postes qui n'ont point de chevaux. On briserait des voitures toutes en fer tant les routes sont infâmes, et je n'ai eu jusqu'ici pour me consoler que la lune qui veut bien éclairer notre marche nocturne et l'heureuse étoile du Directoire et du général Bonaparte dont les derniers et éclatants succès semblent assurer celui de mon entreprise.

A propos de Bonaparte, je dois vous dire que l'on m'assure ici, et je l'ai lu dans des lettres bonnes à consulter, que Milan est devenue une nouvelle Capoue, mais comme j'ignore quelle était la beauté qui captivait Annibal dont la femme se trouvait probablement à Carthage, je ne puis trouver de personne à vous citer, qui puisse vous donner une idée de celle dont je veux vous entretenir.

Je n'écris rien au Directoire sur l'armée des Alpes. Il connaît d'ailleurs la situation. Je crois qu'il n'y a pas un instant à perdre, non seulement pour lui envoyer des fonds, mais encore pour simplifier toutes ses administrations en les réduisant à ce qui est indispensable pour une division territoriale. Je vous eusse fait passer des renseignements bien exacts, si le temps me l'avait permis. Remerciez le citoyen Carnot en mon nom de la nouvelle preuve de confiance que le Directoire me donne. Faites dire chez moi que je me porte bien (2).

(1) Archives Dupont.

(3) Archives Dupont.

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