‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 7 sur 97 · ARMÉE DES ALPES · texte numérisé non relu

ARMÉE DES ALPES

Au Quartier Général de Chambéry, le 16 messidor an V.

Le Général en chef de l'Armée des Alpes, au général de division Dupont, Directeur du Cabinet historique et topographique.

Je vous adresse cy joint, cher général, copie d'une lettre d'un homme de loi de Sainte- Menehould avec son projet du monument à élever en mémoire de ma brave armée le 20 septembre 92. J'ai pensé que cette pièce vous fera plaisir ; elle développe assez bien cette journée et les suites ; si vous pensez que le détail, (pic je pourrais vous envoyer un peu plus circonstancié, pourrait être utile à l'histoire, dans le cas epic vous ne l'ayez pas sous la main, je vous le ferai passer, quoique j'ai donné des pièces au Gal Clarke dans le temps.

Ma main qui était très malade, va mieux. Je verrai encore l'ambassadeur ottoman, mais l'important sera de me concerter une bonne fois avec les autorités pour des mesures aussi sages que rigoureuses, pour arrêter tous ces assassinais. La justice ordinaire est trop lente ; point de plaintes contre ces scélérats, parce que ceux qui les porteraient craignent d'être exposés à leur tour. Il faut donc que le Gouvernement provoque un décret par lequel tout brigand armé soit jugé par un conseil de guerre, tant que la guerre durera et mémo à la paix, au moins dans la première année, jusqu'à ce que les réformes soient exécutées et que les brigands aient disparu. Mon cher général, sans celte mesure l'Etat se ruine avec cette quantité de prisonniers malfaiteurs qui s'échappent et ne deviennent que plus cruels (1).

Adieu, cher général, je vous embrasse de tout mon cœur.

Signé : Kelleumann.

Au Quartier Général de Chambéry, le 28 prairial an V.

Le Général en chef de l'armée des Alpes,

Au Général de Division Dupont, Directeur du Cabinet historique et topographique.

J'ai reçu, cher général, votre lettre du a 6 par laquelle vous m'apprenez l'importante nouvelle des démarches de l'Angleterre pour la paix et du choix quiaété fait de Lille pour les conférences. Je vous en fais bien des rcmercimens ; il faut espérer que pour celte fois les choses iront en avant. Au reste d'après toutes les nouvelles il paraît qu'il règne bien du mécontentement chez les Anglais et qu'il est tems qu'ils finissent.

Je me suis seulement aperçu, cher général, cette fois cy que vous aviez le grade de général de division ; recevez-en mon plus affectueux compliment. 11 ne vous arrivera jamais autant de bonheur et de satisfaction que je le désire et que vous méritez à tant de rapport. Rien de nouveau dans mon commandement ; l'on y est paisible et tout va bien (2).

Salut et amitié,

Signé : Kelleumann.

ARMÉE D'ITALIE

Au Quartier Général de Padouc, le i3 thermidor an V.

André Masséna, Général de Division Commandant la ire en ligne. Au Général Divisionnaire Dupont, Chef du Bureau topographique du Directoire Exécutif.

Je suis arrivé depuis quelques jours à mon poste, mon cher camarade, et je viens me rappeler à votre souvenir. Après un mois de route, me voilà enfin au milieu de mes camarades :

(2) Archives Dupont.

Le Générai. Dlto.nt.

(jO LE GÉNÉRAL DUPONT

ils sont toujours animés de la meilleure soumission aux lois, attachement à la Constitution de l'an 111, et au Gouvernement.

Recevez, mon Camarade, les assurances d'estime et de l'attachement que je vous ai voués ; conservez-moi toujours une part dans votre amitié, donnez-moi de vos nouvelles, et dites-moi, je vous prie, s'il y a quelque chose de décidé pour le commandement du Portugal pour Augcreau, et d'Italie pour moi ; je vous embrasse (i).

Signé : Massera.

ARMÉE D'ITALIE

Au Quartier Général de Padoue, le 7 fructidor an Y .

André Massena, Général de Division Commandant la ire Division active. Au Général de Division Dupont, Chef du Bureau topographique.

Vous ne trouvères pas, Citoyen Général, dans ce petit envoi que je vous fais de quelques denrées de mon pays, le prix des liaisons d'amitié que nous avons contractées à Paris. Aussi n'est-ce pas là mon intention. Je veux seulement vous dire que mon estime et mon attachement pour vous ne diminuera pas, et que mes désirs m'assurent que nous ne cesserons jamais de nous aimer (2).

Salut et amitié,

Signé : Massena.

Anlibes, le 28 nivôse an VIII de la République. Massena, Général en chef, Au Général Dupont.

J'arrive, mon cher Général, et je vois enfin par moi-même ce que c'est que l'armée d'Italie ; ni vous ni moi ne pouvions en avoir une idée vraie ; en mettant les choses au pis, nous aurions encore été loin de la réalité. Point de discipline, point d'ensemble, point de subsistances, point d'habillement, le pays épuisé, aucun secours d'aucun genre, aucun esprit public, du mécontentement partout, de l'isolement, de l'égoïsme, les individus désertant en foule, les corps abandonnant en masse leur poste : voilà le spectacle qu'offre l'armée d'Italie, ou plutôt voilà ce qui prouve qu'il n'y a plus d'armée d'Iflrtie ; au vrai, il n'en reste que le squelette. Par le premier ordinaire, mon cher général, je vous donnerai quelques détails. Je serai arrivé à Nice, mais plus j'avancerai, plus je verrai des choses hideuses.

Dans ma position plaignez-moi, mais surtout plaignez cette brave, cette superbe et intéressante armée d'Italie (3).

Je vous embrasse,

Signé : Massena.

ARMÉE D'ITALIE

Au Quartier Général à Gènes, le 3 ventôse an VIII.

Massena, Général en chcl.

Au Général de Division Dupont.

J'avais bien raison, mon cher Dupont, d'insister, avant mon départ de Paris pour avoir 2000 hommes de renfort pour la malheureuse armée d'Italie ; elle a plus de cent bataillons, mais ils ne s'élèvent pas à 36 000 combattants ; sa gauche est aux Alpes, et sa droite est à Nervi. Cette ligne demande une fois autant de troupes ; les neiges se fondent, les débouchés

(1) Archives Dupont.

(2) Archives Dupont.

(3) Archives Dupont.

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