‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 81 sur 97 · SLR F, \ CAMPAGNE CONTRE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

SLR F, \ CAMPAGNE CONTRE LA PRUSSE

Où sont ces géants dont la Spréc ^ it armer les farouches bras ?

Où fuit celte cour altérée Du parjures et de combats ') La honte a vaincu son audace.

La terreur volant sur sa trace Lui montre la mort ou des fers :

Ces débris furent son armée Et sa superbe renommée Expire au sein de ses revers.

0 vous ! fiers enfants de la terre.

Trompés par le calme des cicux,

^ ous osez contre son tonnerre,

Dresser vos bras audacieux !

Où courez-vous ? Jupiter veille,

Sa foudre jamais ne sommeille ;

Le Dieu s'arme, il tonne en courroux ;

L'Etna nous ouvre ses abymes

Et ses monts, vengeurs de vos crimes,

Retombent, embrasés, sur vous.

Tels enhardis par l'espérance Que flatte son noble repos, Ces rivaux altiers de la France \ oient et bravent son héros :

Du sein désert de cent provinces, S'élancent leurs guerriers, leurs princes ; Lt Général Dupont. 28

Brûlant d'homicides transports, Ils aiguîsenl un fer barbare ; Leurs chants sauvages, du Ténare

Réjouissent les sombres bords.

Mais la parque a choisi sa proie,

Et la foule qu'agitent ses mains,

Enivre sa fatale joie

Du long carnage des Germains ;

léna, dans ses plaines tremblantes,

Garde les dépouilles sanglantes

De ces livides bataillons ;

Leur glaive oisif dort sur la poudre.

A côté d'une vaine foudre

Leurs mânes jonchent les sillons.

Halle, tes ponts inaccessibles Nous apportaient un triple écueil ; Nos bayonnettes invincibles Soudain renversent ton orgueil :

Le fleuve sent frémir ses ondes Au bruit des colonnes profondes Dont Bellone enflamme les pas ; A travers ses humides voûtes Il voit s'ouvrir de larges roules Vers les abymes du trépas.

C'en est fait ; troupes fugitives.

De vingt combats restes épais.

L'Oder et l'Elbe, de leurs rives.

Vous offrent en vain les remparts ; Ici, Prenzlau forge vos chaînes, Là, de vos courses incertaines La Trave est le terme sanglant :

Magdebourg s'ouvre à nos cohortes.

Et, de ses orgueilleuses portes, Spandau courbe le seuil tremblant.

De Frédéric l'ombre indignée

S'élance des champs du trépas,

De pleurs héroïques baignée,

Et redemande ses Etats :

« Mon fils, qu'as-tu fait de ma gloire ?

Quoi ! de quarante ans de victoire

Mon sceptre a perdu tout le fruit !

Un siècle éleva cet empire ;

Jouet d'un insensé délire,

Il n'est plus, un jour l'a détruit ! »

Apaise tes augustes mânes, 0 Prince ! Et, parmi nos guerriers, Ne crains pas que des mains profanes Jamais outragent tes lauriers :

NOSSENTIN, LIHECR 135

Ce grand arbitre de la terre, Napoléon, roi de la guerre, T'a nommé grand parmi les rois ; Son nom commande à la mémoire, Et les monnmens de ta gloire Sont protégés par tes exploits.

Par le génie et. la vaillance

Quels prodiges sont enfantés !

0 terre ! de leur alliance,

Tu vois les gages redoutés ;

D'armes et de drapeaux sans nombre,

Cet amas formidable et sombre

Se dissipe et fuit sans retour,

Semblable à la vapeur obscure

Que le flambeau de la nature

Chasse loin des portes du Jour.

De l'Occident l'aigle immortelle Brave l'empire des hivers, Et s'ouvre une route nouvelle Jusques au fond de l'univers; Le Sarmate opprimé l'implore.

Le Scythe altier frémit encore, Le Danube attend ses destins ; Son vol, d'une ligue impuissante Toujours vaincue et menaçante, Fait pâlir les chefs incertains.

Vous, Dieux du Pinde et de la Thrace,

Vous, les plus grands des immortels,

Souriez à ma double audace

Noble amante de vos autels ;

Nourrissez le feu qui m'inspire,

Et guidez le glaive et la lyre

Objets sacrés de mes transports ;

Puissé-je, avoué de la gloire,

Suivre le vol de la victoire

Et la charmer par mes accords (i)!

(i) Archives Dupont.

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