‹ Le général Dupont (volume 2)Chapitre 83 sur 97 · LE GENER M. 1)1 H)M · texte numérisé non relu

LE GENER M. 1)1 H)M

ir'' Division.

de Div"n Dupont..

Gal

G" de Br

— Legendre.

Quartier Gal à Berlin.

■rig'"' Rouyer.

Gal d

'' Division.

e Div°" Rivaud.

Gal de Brigde Pacthod.

Quartier Gal à Berlin.

3'' Division.

Gal de Div°" Drouet.

Gal de Brigde Werlé.

Frère.

Quartier Gal à Berlin.

9° d'infanterie légère} 32e de ligne j à Ber

96'' de ligne ]

Artillerie à Schoneberg.

8" de ligne 45e de ligne (1 Bat0") Ç 54° de ligne Artillerie à Rixdorf.

27e d'infanterie légère} 94° de ligne ( à Berlin.

gb'' de ligne )

Artillerie à Fricdrichsfelde.

Le 1" B°" du 45' qui était détaché pour l'escorte du G'1 Parc, rejoint sa Division le 27, à Berlin.

Le Grand Parc d'Artillerie, venu do Zehdenick, occupa Dalldorf et Tegel.

Le général Dupont donne, sur sa route, les détails suivants :

Lùbeck, le 20 novembre.

Je pars demain pour Berlin. Je crains que l'Empereur n'en soit parti pour Posen, lorsque j'y arriverai. Le maréchal Mortier vient derrière nous, mais je ne sais s'il ira jusqu'à Berlin. 11 occupe Hambourg et va occuper Lùbeck après nous. Voilà ces deux grandes villes de commerce dans notre tourbillon...

Ratzeburg, le 22 novembre.

Me voilà en route, ma chère amie, pour Berlin ; je marche avec la troupe. Nous traversons un pays qui était plein d'ennemis il y a quinze jours et où l'on voyage maintenant aussi tranquillement que de Paris à Saint-Cloud. 11 faut aller à deux cents lieues d'ici pour trouver des ennemis, car nous sommes sur la Vistule ou bien près de ce fleuve. On dit que la Pologne reçoit avec une vive joie la visite des Français et que ses habitants veulent redevenir Polonais.

Si tu suis ma marche sur la carte, tu me trouveras sur la route qui passe par Wittenbourg, Neu-Ruppin, Oranienbourg. — Ratzeburg, où je suis en ce moment, est à la tête d'un beau lac, qui doit donner pendant l'été un air assez gai à cette petite ville. Tout ce pays est couvert de lacs, la plupart fort grands et qui ressemblent à de petites mers. Il semble que la mer Baltique, en se retirant, les ait oubliés. J'occupe la maison qui a servi de quartier général au Roi de Suède dans la belle et ridicule campagne qu'il a faite. J'ai couché dans son lit qui n'a rien de royal, et le secrétaire sur lequel j'écris lui a servi sûrement pour écrire de nous bien des injures. Il n'y avait pas moins de 4o mille hommes ici, Anglais, Russes et Suédois, les bras croisés, pendant que nous étions à Vienne...

Pritzwalk, le 20 novembre.

Je m'arrête en ce moment, ma chère amie, dans cette petite ville, pour t'écrire un mot. Le temps est aussi affreux que les chemins sont détestables, la ville misérable et son nom barbare. Je voyage cependant sans accident, je vais en voiture et après avoir brisé mille fois, elle semble maintenant à toute épreuve. Voulant marcher avec la troupe, je n'arriverai à Berlin que le 28...

Je n'ai point de nouvelles de l'armée qui est en Pologne. On peut y faire de belles chasses, mais ce pays-là n'est pas beau. On n'y voit, dit-on, que déserts de tous côtés.

J'ai couché hier à Ludwigslust, château du duc de Mecklembourg ; c'est son fils, major prussien, et qui en cette qualité a été fait prisonnier de guerre, qui nous en a fait les honneurs avec toute l'étiquette de cour. Les dames du palais faisant salon, les grandes livrées, rien n'y a manqué. Ce qu'il y a de plus curieux, c'est qu'on a trouvé le secret de nous donner un dîner, un thé et un souper dans l'espace de trois heures. Ce pauvre duc n'est pas sans inquiétudes, au milieu de toutes ces attentions magnifiques, sur son sort de prince souverain...

Ruppin, le 26 novembre.

J'ai employé toute la journée pour faire huit lieues ; c'est te donner, ma chère amie, une belle idée du temps et des chemins affreux que nous avons eus. J'ai été dans ma voiture à l'abri de la pluie, mais je n'en ai pas moins souffert du malaise et des fatigues du soldat. C'est ici que se trouvaient le général Blucher et le duc de Weimar, lorsque nous avons commencé à les poursuivre. Si nous avions eu ce temps-là, cette poursuite eût été bien pénible, ou peut-être impossible. Heureusement nous n'avons rien à regretter à l'égard des Prussiens, et cette campagne est la plus complète qu'on ait jamais faite.

Je suis absolument sans nouvelles depuis mon départ de Lùbeck, non seulement de Paris et de la France, mais même de l'armée. Ce n'est qu'à Berlin que je saurai ce qui se passe sur la ^ istulc. Il semble que nous ne soyons plus de la Grande Armée, éloignés comme nous le sommes des corps avancés ; mais après-demain nous serons au grand quartier général, et je ne suis pas peu impatient de présenter ma division à l'Empereur et de recevoir ses compliments. J'espère obtenir des faveurs pour mes officiers et particulièrement pour mes colonels...

Oranienbourg, le 27 novembre.

Nous voilà revenus à cette petite ville d'Oranienbourg où nous sommes passés il y a environ un mois. Nous avons fait, depuis, cent soixante lieues et dissipé les restes de l'armée prussienne; ce temps-là ne pouvait guère être mieux employé. Je verrai donc demain la capitale de l'armée, cette ville de Berlin qui va être plus fameuse par ses revers qu'elle ne l'a été par sa gloire pendant les beaux jours de Sans-Souci. On m'assure que l'Empereur y est encore. Je serais bien fâché qu'il ne vît pas ma division ; j'ai, pour elle, des espérances de faveurs et de récompenses que je voudrais voir réalisées avant d'aller en Pologne. Mais sera-ce bien à Varsovie que nous irons ? On parle de Bohème, d'Autriche : le Danube n'est pas tranquille. Il serait plaisant de se trouver à Vienne dans un mois. Au reste, je n'ai sur tout cela rien que de vague ; toutes les nouvelles m'attendent à Berlin... (1).

Les troupes du Ier Corps d'armée ne demeurèrent à Berlin que la journée du 28 novembre. De Meseritz, sur la route de Posen, le Major général écrit au maréchal Bernadotte :

Meseritz, 27 novembre 1806.

L'Empereur, M. le Maréchal, ordonne que vous fassiez partir, demain -28, votre cavalerie pour qu'elle soit arrivée le 29 à Custrin.

Y ous ferez reposer votre infanterie la journée du a8 à Berlin, mais vous ferez toujours filer votre artillerie sur le chemin de Francfort-sur-l'Odcr.

Donnez l'ordre au général de brigade \Yalier de partir sur-le-champ pour se rendre auprès de l'Empereur à Posen ; le général ïilly suffit seul pour commander votre cavalerie légère.

Le quartier général sera ce soir à Posen.

(1) Lettres à Mme Dupont.

f\ \o LE GÉNÉRAL l>I PONT

Et dès son arrivée à Posai, le maréchal Berthier renouvelle L'ordre de départ pour le ior Corps :

Posen, 28 novembre 180G.

L'intention de l'Empereur, M. le Maréchal, est qu'à la réception du présent Ordre, toute votre infanterie parle de Berlin pour se rendre en deux jours à Francfort-sur-l'Oder. Je vous prie de me l'aire connaître le jour de votre arrivée.

Le général Dupont écrit :

Horlin, le 29 novembre.

Je suis arrivé hier et d'heure en heure on m'apporte des lettres... L'Empereur était parti pour Posen, à mon arrivée. Je vais l'y trouver; je pars demain...

Berlin, le 3o novembre.

Je pars demain pour Francfort-sur-1'Oder, où je recevrai prohahlement l'ordre d'aller à Posen. L'affaire de Lùbeck n'a pas, comme on le croyait à Paris, terminé la guerre ; mais il est probable qu'on finira bientôt par s'entendre...

Je ne t'ai encore rien dit de Berlin ; c'est que je n'ai pas eu le temps de m'apercevoir que j'y suis. Les rues sont très régulières, les maisons peu élevées et ont un air de propreté extérieure. On voit que c'est une ville neuve, mais peu habitée. Je n'ai pas vu le spectacle. Il est médiocre. L'intéressant est de voir Potsdam et Sans-Souci, résidences d'une grande ombre. Partout ailleurs, on ne trouve que l'ombre mesquine d'un royaume en lambeaux...

Je viens d'apprendre que nous sommes entrés à Varsovie et à Thorn. Cela prouve que les Russes n'avaient que de légers postes sur la Vistule, puisqu'il n'y a pas eu d'action... (1).

A son départ de Berlin, le ier Corps d'armée vit s'éloigner deux de ses ofiieiers, dont la perte fut vivement ressentie : son distingué chef d'état-major, le général Léopold Berthier, gravement malade et obligé de quitter le service actif, fut remplacé dans ses fonctions par le général Maison ; et le général Eblé, nommé gouverneur de Magdebourg, céda le commandement de l'artillerie du Corps d'armée au général Faultrier, qui rejoignit son poste le i/i décembre.

La division Dupont quitta Berlin le 3o novembre ; elle cantonna le soir à Lichtenow et aux environs. La cavalerie légère du Ier Corps en fut momentanément détachée. La veille, cette cavalerie avait cantonné à Miincheberg et aux environs, la 3e division s'était établie à Lichtenow, la 20 division à Herzfelde, et le Grand Parc à Dahlwitz. — Le 3o, le quartier général du Corps d'armée se transporta de Berlin à Herzfelde ; la cavalerie légère fut à Kustrin, la 3e division à Heinersdorf et environs, la 20 division à Miincheberg, et le grand parc à Hoppegarten.

La ior division cantonna le ior décembre à Heinersdorf; elle arriva le lendemain à Francfort-sur-1'Oder, où elle séjourna le 3. Elle en partit, pour Posen, sur l'ordre suivant, du Major Général :

(l) Lettres <\ 1/'"'' Dupont

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