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INTERROGATOIRE DU GÉNÉRAL MARESCOT

Par Monsieur le Grand Procureur Général près la Haute-Cour, les 9 et 10 février 1809.

Le 9 février 1809, en la prison de l'Abbaye, le Grand Procureur Général de la Haute- Cour, assisté des magistrats ordinaires, procéda à l'interrogatoire du Général Marescot, ainsi qu'il suit :

Demande. — I os nom, prénoms, âge, qualité, pays de naissance et demeure ?

Réponse. — Armand Samuel Marescot, âgé de 5o ans, né à Tours, Grand-Officier de l'Empire, Grand-Aigle de la Légion d'honneur et Comte de l'Empire, demeurant ci-devant à Paris, rue Sl-Dominique.

Demande. — A quelle époque avez-vous joint le corps d'armée du Gal Dupont ?

Réponse. — Le /j juin 1808, à Andujar.

Demande. — Avez-vous suivi la marche du G"a Dupont jusqu'à Cordoue ?

Réponse. — Certainement.

Demande. — Avez vous été témoin de l'entrée des troupes dans la ville de Cordoue ?

Réponse. — Oui.

Demande. — Etiez-vous avec le général Dupont, au moment de son entrée ?

Réponse. — J'étais fréquemment auprès de lui, mais je n'y étais pas toujours.

Demande. — Après que les portes ont été brisées par le canon et que les troupes ont pénétré dans la ville, la résistance a-t-elle été longue ?

Réponse. — Elle a été de plusieurs heures.

Demande. — Le pillage de la ville a-t-il été général et combien a-t-il duré ?

Réponse. — Comme je n'avais aucun commandement dans l'armée, et qu'aussitôt l'entrée à Cordoue je me suis rendu à mon logement, et que personne ne me rendait compte, je ne puis savoir si l'exécution militaire de Cordoue a été générale, ni précisément combien de jours elle a duré : je puis dire seulement qu'elle a duré plusieurs jours.

Demande. — Ce n'est donc pas seulement dans les maisons ou édifices où les rebelles s'étaient retranchés, que le pillage a eu lieu, mais dans la ville entière ?

Réponse. — Je viens d'expliquer les raisons et les motifs qui m'empêchent de répondre catégoriquement à cette question.

Demande. — Avez-vous eu connaissance que des mesures efficaces aient été prises pour arrêter le pillage, et à quelle époque ?

Réponse. — Le général en chef m'a souvent dit avoir pris des mesures efficaces pour arrêter le pillage, mais j'ignore à quelle époque.

Demande. — Avez-vous connaissance que le pillage se soit étendu sur les couvents et sur les églises ?

Réponse. — Oui, sans doute.

Demande. — Savez-vous si quelques portions des objets pillés ont été rassemblés et mis en masse, ou si chaque chose a été laissée à celui qui l'avait prise ?

Réponse. — Je n'en ai aucune connaissance.

Demande. — Savez-vous s'il a été fait des revues et visites des sacs des soldats, pour leur enlever et rendre ce qu'ils avaient pris, aux propriétaires ; et cela à Cordoue ?

Réponse. — Je l'ignore.

Demande. — Savez-vous s'il y a eu des contributions en argent établies à Cordoue ?

Réponse. — Je l'ignore, mais je le présume, parce qu'il a été distribué des gratifications à l'armée.

Demande. — Savez-vous si les scellés ont été mis sur les caisses publiques ?

Réponse. — Je l'ignore.

Demande. — Connaissez-vous la quotité des gratifications, et savez-vous à qui elles ont été données ?

Réponse. — J'ai su qu'il avait été distribué des gratifications, mais j'ignore la répartition.

Demande. — Quel motif a déterminé le G:a Dupont à l'évacuation de Cordoue ?

Réponse. — La nouvelle de l'approche de l'ennemi, avec des forces supérieures.

Demande. — Les mauvaises dispositions des habitants pour les Français n'ont-elles pas contribué à cette résolution ?

Réponse. — Cela est très possible, mais je n'en sais rien.

Demande. — Les mauvaises dispositions des habitants ne tenaient-elles pas à ce qu'au lieu d'astreindre le soldat à vivre de ses distributions, on l'a laissé à discrétion chez l'habitant ?

Réponse. — Comme j'étais sans fonctions dans l'armée, je n'en ai eu aucune connaisssance.

Demande. — Savez-vous pourquoi, lors de l'évacuation, qui n'était pas faite devant l'ennemi, on y a mis une précipitation et une négligence telles, qu'on a oublié de rappeler des postes, abandonné les malades, et laissé environ /joo prisonniers ?

Réponse. — Je n'ai été moi-même prévenu du départ, qu'un instant avant : j'ai ignoré les mesures qui ont été prises pour le départ. Ce sont les ennemis qui, lors de la Capitulation, nous ont appris qu'à la retraite de Cordoue ils avaient fait 4oo prisonniers.

■j56 LE GÉNÉRAL DUPONT

Demande. — Où allàles-vous avec le G'a Dupont au moment de l'évacuation de Cordoue ?

Réponse. — J'étais dans ma voiture, et je n'ai pas suivi le Général en chef. On partit de Cordoue le 16, et on arriva le 18 au matin à Andujar.

Demande. — Savez-vous si on prit des précautions pour assurer la communication d' Andujar avec Madrid ?

Réponse. — J'ignore quelles précautions on a prises pour assurer la communication d' Andujar avec Madrid.

Demande. — A-t-on pris des précautions pour assurer le passage de la Sierra-Morena ?

Réponse. — Le général en chef ne me mettait point au courant des mesures qu'il prenait.

Demande. — Avez-vous eu quelque part aux opérations militaires qui ont eu lieu à Andujar et à Baylen ?

Réponse. — Aucune, et dans aucun temps.

Demande. — A quel moment le Gal Dupont vous a-t-il proposé de vous rendre près le Gal Castanos ?

Réponse. — Le 20, lendemain de la bataille.

Demande. — Y avait-il alors quelque convention de faite entre l'armée française et l'armée ennemie ?

Réponse. — Le 19, pendant les moments les plus critiques du combat, je me suis tenu auprès du Général en chef; quand le combat eut fini, je me retirai à l'écart pour me reposer, sans pouvoir me souvenir de l'heure ; et de là, je fus rejoindre ma voiture que j'avais laissée fort loin sur les derrières avec les bagages de l'armée, afin d'y chercher les rafraîchissements dont j'avais besoin. Quand je revins au camp, j'aperçus au quartier général plusieurs officiers espagnols, et un ou deux officiers de la division Vedel ; j'appris que le Général en chef avait envoyé demander au général espagnol Reding, qui commandait le corps ennemi qu'on venait de combattre, un armistice, auquel il avait consenti, et une Capitulation portant l'évacuation de l'armée française hors de l'Andalousie, môme hors de l'Espagne, Capitulation dans laquelle les divisions Vedel et Gobert étaient comprises; que le général Reding avait renvoyé pour celte Capitulation à son général en chef Castanos; et qu'en conséquence le Gal Dupont avait envoyé à celui-ci M. le capitaine Villoutreys.

J'appris encore que le général Vedel était accouru au bruit du combat, qu'il avait attaqué l'ennemi, que le GH| Reding s'était plaint de cette attaque comme d'une rupture de l'armistice, et que le général en chef avait envoyé ordre au Gal Vedel de cesser son feu et de se conformer à cet armistice.

Le lendemain 20, le capitaine Villoutreys revint annoncer au Général en chef que le Gal Castanos ne voulait lui accorder aucune capitulation, et qu'il voulait qu'il se rendît à discrétion. Peu après un officier espagnol vint au camp de la part du Gal Castanos, faire au Général en chef une sommation conforme au rapport de M. de Villoutreys. Tels sont les événements qui s'étaient passés, lorsque le 20, le général en chef vint me proposer d'aller trouver le Gal Castanos.

Demande. — Quel était l'objet de votre mission auprès du Gal Castanos ?

Réponse. — Je crois devoir rappeler que dans le commencement de juillet, étant à Andujar, lorsque j'appris que le G'a Castanos était le commandant en chef des insurgés, je fus trouver leGal Dupont ; je lui disque j'avais connu beaucoup autrefois le Gal Castanos. Employé en 1795 à l'armée des Pyrénées-Occidentales, j'y fus chargé par le général en chef (M. le maréchal Moncey) de l'exécution du traité de paix qui se fit alors avec l'Espagne. Cette mission me mit naturellement en relation avec plusieurs généraux espagnols, notamment avec le GaI Castanos, qui me rechercha plus particulièrement que les autres, par la raison que j'avais été envoyé pour assiéger la place de Pampelune, qu'il était chargé de défendre. Je me rappelais son caractère conciliant et ami des Français. J'ajoutai au général en chef Dupont, que S. A. I. le grand-duc de Rerg, actuellement Roi de Naples, m'avait fait l'honneur de m'assurer à mon passage à Madrid, qu'il était sûr de la fidélité du G'11 Castanos. Il me paraissait donc infiniment probable que le général n'était à la tète de l'armée espagnole cjue contre son gré, et effrayé par le massacre du Ga! Solano et

d'autres généraux espagnols. Enfin je proposai au général en chef d'aller de ma personne, et sous quelque prétexte, trouver le général espagnol et d'essayer de le ramener à son devoir. Si je réussissais, je rendais un grand service à S. M. l'Empereur ; et, dans le cas contraire, je ne nuisais en rien à ses affaires.

Le général en chef jugea à propos de me refuser, mais il accueillit l'idée et il chargea de l'exécution un payeur de l'armée nommé M. Leremhoure, qui se disait parent de Mme Castafïos : sa démarche n'a eu aucun succès. Lors donc que le 20, le général en chef vint me proposer d'aller trouver le Gal Castafïos, je le refusai d'abord, mais il m'objecta mes anciennes relations avec ce général, il me dit que j'étais le seul que ces anciennes relations missent en état d'adoucir le sort de l'armée, que si je refusais je m'exposais au reproche d'indifférence pour les intérêts de S. M. Le Général en chef ajouta que l'armée et lui ne trouvaient point qu'il y eût de condition plus humiliante que celle de se rendre à discrétion, qu'une capitulation était préférable: je partageai à cet égard son opinion, car je pensais qu'il était beaucoup plus honorable de faire avec l'ennemi une convention qui est un acte réciproquement obligatoire, dans lequel on ne reconnaît ni supérieur ni inférieur, que de se rendre à discrétion, sur une sommation de l'ennemi, c'està-dire d'obéir servilement à ses ordres.

Enfin je me décidai à aller trouver le Gal Castaiïos, parce qu'effectivement je craignais d'être accusé d'indifférence pour les intérêts de S. M. En définitive, que me demandait-on ? Je n'avais pris aucune part aux dispositions militaires qui avaient amené la perte de l'armée ; aucune part à la question de la nécessité de capituler ; aucune à la résolution de capituler prise la veille parle général en chef, lorsque j'étais loin de lui ; aucune enfin, et par la même raison, aux propositions de capituler faites la veille, d'abord au Gal Reding, puis au Gal Castafïos. Les soins que l'on réclamait de moi se bornaient donc à adoucir, s'il était possible, les conditions trop dures que l'ennemi voulait imposer. J'étais regardé comme le seul capable de rendre ce service à l'armée ; je n'ai pas cru pouvoir refuser. Au moment de partir, le général en chef me déclara que son intention était que les divisions Vedel et Gobert fussent comprises dans la capitulation.

Demande. — ■ Que vous a répondu le Gal Castafïos, quand vous êtes allé vers lui le 20 ?

Réponse. — Je ne pus aller jusqu'au Gal Castaiïos, parce que je rencontrai à une petite distance l'avant-garde espagnole, commandée par le Gal Lapena, que j'avais aussi connu en 1795, lors de la paix avec l'Espagne, et qui me dit avoir des pouvoirs pour traiter. Il commença par vouloir exiger que toutes les troupes françaises dans l'Andalousie, c'est-à-dire les divisions Vedel et Gobert comprises, se rendissent à discrétion, alléguant l'impossibilité où étaient ces deux dernières divisions de se retirer sur Madrid, devant des forces aussi supérieures, et à une aussi grande distance. Il déclara que la retraite de l'armée française, dans le cas même où elle serait accordée, ne s'effectuerait jamais par terre mais par mer.

Après une discussion qui a duré une heure et demie ou deux heures, le Gal Lapena donna comme ultimatum les conditions suivantes, savoir : que toutes les troupes françaises seraient reconduites en France par mer, que la division Dupont serait seule considérée comme prisonnière de guerre, que les divisions Vedel et Gobert ne poseraient pas leurs armes, que ces armes mises en dépôt leur seraient rendues lors de l'embarquement. Le Gal Lapena garantit la sûreté du passage par mer, en se faisant fort des Anglais qu'il qualifiait d'alliés. Je dis à ce général, que n'ayant pas de pouvoirs pour terminer, j'allais reporter ceci au général en chef. 11 me répondit : ceci n'est donc qu'une conversation ; il donna une heure pour recevoir une réponse définitive, et suspendit la marche de ses troupes.

Demande. — Que s'est-il passé entre vous et le G"1 Dupont, quand vous lui avez communiqué ce que vous venez de rapporter ?

Réponse. — Je rapportai au général en chef ces nouvelles conditions. Je ne lui dissimulai pas i\ \i il n'avait, pas de temps à perdre pour prendre un parti parce que l'ennemi était proche, et qu'il n'avait donné qu'une heure pour se décider ; j'ajoutai : il me semble que vous devriez assembler vos généraux de division, pour savoir si on ne peut pas se battre encore. Le général en chef adopta cet

Le Général DuroNT. III. — 17

avis : ce Conseil de guerre était composé du général en chef, du général Legendre son chef d'État- Major (i), et des généraux de division Barbou, Rouyer et Fresia. Tous déclarèrent que l'armée était hors d'état de combattre. Le Gal Barbou demanda qu'il en fût dressé un procès-verbal : j'ignore si cela a été exécuté. Je n'ai émis aucune opinion, dans ce Conseil de guerre, et il ne m'en a été demandé aucune.

En conséquence de cette délibération, le général en chef persista dans sa résolution de capituler. Il me proposa ses pouvoirs par écrit, je les refusai. Sur mon refus, il les donna au général de brigade Chabert, et il le fit accompagner par M. le capitaine Yilloutreys, qui, dans le cours de cette capitulation, avait été constamment investi de toute sa confiance.

Demande. — Pourquoi avez-vous été au quartier général ennemi et assisté aux conférences qui ont précédé la capitulation ?

Réponse. — Je me suis décidé à accompagner les commissaires du général en chef, afin d'essayer d'obtenir de l'ennemi, s'il était possible, que ma position isolée à l'armée ne me fît pas considérer comme prisonnier de guerre, ainsi qu'allaient l'être les généraux de la division Dupont, et afin de pouvoir, à mon retour en France, y continuer mon service. Au moment de partir, je ne dissimulai pas ce motif, sur quoi M. \illoutrcys me dit: du moins, général, si nous avons besoin de vos conseils, nous espérons que vous ne nous les refuserez pas.

Je lui répondis : sans doute, si vous croyez en avoir besoin; mais ce ne seront que des conseils. — J'avais encore un autre motif : je n'avais pas pu joindre encore le général Castanos et je n'étais pas sans espérance de pouvoir profiter de mes anciennes relations avec lui pour l'avantage de l'armée.

Rendu au lieu des conférences, je n'y ai pris part qu'à deux articles de la capitulation ; le premier était relatif au retour de l'armée en France par mer, je me joignis aux commissaires français pour l'obtenir par terre : le Gal Castanos donna pour motif de son refus constant, une lettre de M. le duc de Rovigo, qu'il avait interceptée et qu'il nous communiqua. Elle était adressée au général en chef; elle contenait un ordre de revenir à Madrid, attendu, y était-il dit, que M. le M1' Moncey était obligé de s'y replier lui-même, et que M. le Mal Bessières était dans une position fort gênée. Le G*1 Castanos prétendait qu'à l'arrivée de l'armée à Madrid, M. le duc de Rovigo lui ferait reprendre les armes. Les réclamations que je fis au nom de l'honneur français furent inutiles.

Le second article, auquel j'ai pris part, est relatif à la restitution de l'argenterie enlevée dans les églises.

Séance du 10 février.

Demande. — Qui est-ce qui a discuté les articles de la capitulation ?

Réponse. — Les deux commissaires envoyés par le général en chef, et particulièrement M. Villoutreys qui paraissait jouir de toute sa confiance.

Demande. — Comment M. de Villoutreys a-l-il été admis à celte discussion, puisqu'il n'avait pas de pouvoirs ?

Réponse. — On voit, par ce qui a été dit précédemment, que M. Villoutreys a été constamment, chargé par le général en chef de tout ce qui concernait la capitulation. Il est probable qu'il avait ses instructions particulières. Les Espagnols n'ont fait aucune difficulté de discuter avec lui.

Demande. — Qui est-ce qui vous a déterminé à donner votre avis pour admettre dans la capitulation l'article relatif à l'argenterie des églises ?

(i) C'est là une des nombreuses erreurs contenues clans les déclarations du général Marescot. Le général Legendre ne faisait pas partie du Conseil de guerre, aucmel assistèrent, par contre, des généraux de brigade et chefs de corps dont le général Marescot ne fait pas mention. E. T.

Réponse. — C'est à moi que les commissaires espagnols se sont adressés pour l'insertion d'un article relatif à la restitution de ces argenteries; ils alléguaient l'extrême superstition de leur nation, et son exaspération actuelle : ils dirent qu'ils ne répondaient pas des suites d'un refus. Les circonstances extraordinaires ne peuvent se juger par les règles ordinaires. Les Espagnols étaient dans l'accès le plus violent du délire révolutionnaire, et de rage désespérée contre les Français. Il s'agissait des objets les plus chers à des fanatiques furieux, qui étaient les plus forts et qui auraient repris de force ce qu'on aurait refusé de leur rendre volontairement. Les suites de cette violence étaient incalculables. Il était donc prudent, il était nécessaire d'ôtcr à ces furieux, qui, partout où ils avaient pu, dans les hôpitaux, sur les routes, venaient d'égorger les Français, et qui s'égorgeaient entre eux, l'occasion et le prétexte de massacrer encore les prisonniers français qu'ils allaient faire. Il (allait, tout au moins, leur ôter le prétexte de violer la capitulation, et d'éluder l'article qui portait le retour de l'armée en France, qu'ils paraissaient vivement se repentir d'avoir accordé. La ville de Cordoue s'était laissée prendre d'assaut et avait subi l'exécution militaire qui est la suite naturelle de ces sortes d'événements, et l'enlèvement de l'argenterie des églises qui en est une suite tout aussi naturelle, car les habitants tiraient de dedans les églises comme de dedans les maisons. J'ai failli moi-même être tué par une décharge de coups de fusil, partie des portes de la cathédrale au moment où j'y passais. Je crus que le désagrément de cette restitution serait sauvé, en spécifiant que ces argenteries, au lieu d'être cherchées par les Espagnols, comme ils le prétendaient d'abord, le seraient par les généraux français eux-mêmes, et que la remise en serait faite par eux, de confiance, sans autre examen, Enfin je pensai que ce désagrément disparaîtrait tout à fait, en rédigeant l'article dans des termes conditionnels, et en consentant à rendre ces argenteries, dans le cas seulement où il en aurait été enlevé : ainsi l'article ne convient même pas de la réalité de l'enlèvement.

Telles sont les considérations avec lesquelles je transmis aux commissaires français la demande des commissaires espagnols.

Demande. — Le général Chabert et M. de Villoulreys discutèrent-ils cette demande ?

Réponse. — Je ne me le rappelle pas, mais je crois qu'ils ont adopté mon opinion de confiance.

Demande. — Comment avez-vous laissé insérer dans la capitulation tant de clauses détaillées sur les bagages, les chevaux des officiers généraux, qui portaient un caractère d'intérêt particulier, peu digne de figurer avec le grand intérêt de l'armée et de l'Etat ?

Réponse. — J'ai déjà dit n'avoir pris part qu'à deux articles de la capitulation ; je n'en ai pris aucune à ceux-ci, sur lesquels je n'ai pas été consulté.

Demande. — Puisque vous aviez accepté la fonction de Conseil des négociateurs, c'était un devoir pour vous de l'exercer, surtout sur un point de délicatesse semblable à celui-là.

Réponse. — Je n'avais consenti à donner des conseils que lorsqu'on m'en demanderait.

Demande. — Ne craig niez-vous pas qu'on ne supposât que l'intérêt de la conservation des bagages avait influé sur la détermination des généraux français dans l'acceptation de la capitulation?

Réponse. — Je m'étais prescrit de n'agir que lorsque je serais provoqué. D'ailleurs, je n'ai jamais cru que de pareils motifs aient pu influencer les généraux français.

Demande. — La capitulation, telle qu'elle avait été convenue avec les généraux ennemis, a-l-elle été communùjuée au général Dupont, avant la signature ?

Réponse. — - Le 20. le général en chef envoya au lieu des conférences son aide de camp M. Warcnghien. Ton les les conventions étaient faites lors de son arrivée ; il était encore de bonne heure, et le lieu des conférences se tenait alors au dernier relais de poste, avant d'arriver à Andujar. M. Warcngbien est reparti tout de suite; ainsi le général en chef a eu connaissance de la teneur de la capitulation, avant la signature qui n'a eu lieu que le 22.

Demande. — Avez-vous vu le commandant Baste, qui est venu avec un aide de camp du G'1 Dupont, pour stipuler en faveur de la division Vedel ?

Réponse. — J'ai vu M. le commandant Baste qui accompagnait M. l'aide de camp Warenghien. Par ce que je lui ai entendu dire, il ne m'a pas paru qu'il vint uniquement pour stipuler

pour la division Vedel ; mais après avoir pris connaissance de la capitulation je lui ai entendu dire qu'il croyait qu'en faveur de la position de la division Vedel, l'armée pouvait espérer de meilleures conditions.

Demande. — DT avait-on pas commencé par stipuler seulement l'évacuation de la division Vedel de l'Andalousie sur la Manche, et ne fut-ce pas l'interception de la lettre qui fit changer cette condition ?

Réponse. — On a commencé par demander aux ennemis l'évacuation de toute l'armée par terre : il fut impossible de l'obtenir, ni pour l'armée, ni pour une partie quelconque de l'armée. Le général Castanos donna, comme je l'ai dit, pour motif de son refus, la lettre de M. le duc de Rovigo, qu'il avait interceptée : j'ignore à quelle époque il l'avait interceptée. Je ne me rappelle plus, non plus, la date de cette lettre. J'ai déjà dit que précédemment, lorsque j'ai été parlementer avec le général Lapefïa, le général ennemi avait déjà signifié que l'évacuation de l'armée ne se ferait que par mer.

Demande. — Vous rappelez-vous quelques-unes des expressions auxquelles on pouvait reconnaître quelle lettre du duc deRovigo a été interceptée ?

Réponse. — Je crois bien me souvenir de celles-ci : Le maréchal Moncey revient à Madrid avec les débris de son armée.

Demande. — Aucune lettre du duc de Rovigo contenant ces expressions, n'a été adressée au général Dupont. Eiiez-vous certain que la lettre fût du duc de Rovigo ?

Réponse. — Je n'ai jamais reçu de lettre de M. le duc de Rovigo. Je crois que si l'on me montrait la signature, je me ressouviendrais si elle ressemble à celle que j'ai vue : au reste, cette lettre n'a eu qu'une influence très secondaire, puisque déjà le général Lapena s'était refusé absolument à l'évacuation par terre.

Demande. — Pourquoi ne pouvant obtenir que l'évacuation par mer, n'a-t-on pas demandé la garantie des Anglais, sans le concours desquels l'évacuation ne pouvait avoir lieu ?

Réponse. — Les commissaires espagnols garantissaient le consentement des Anglais qu'ils qualifiaient d'alliés. La principale garantie était dans la bonne foi des Espagnols, sans laquelle la garantie des Anglais n'était rien, comme l'événement l'a malheureusement prouvé. Mon unique pensée était dirigée vers le prompt retour de l'armée en France. Je regardais cet article comme intéressant essentiellement le service de Sa Majesté. Si j'avais connu un moyen d'assurer invariablement ce retour, je l'aurais saisi avidement et je l'aurais conseillé aux commissaires du général en chef ; ou plutôt, il est à croire que ces commissaires y auraient pensé eux-mêmes. Qu'on se rappelle que j'ai refusé les pouvoirs du général en chef, et qu'en conséquence, si telle ou telle mesure a été prise ou négligée, la louange ou le blâme ne m'en appartient pas, mais uniquement à ceux qui avaient des pouvoirs on une mission ad hoc.

Demande. — Avez-vous connaissance que pendant la discussion de la capitulation, les divisions ennemies aient changé de position et rendu plus mauvaise celle des divisions françaises ?

Réponse. — Sans doute, car j'en ai traversé plusieurs qui étaient en marche.

Demande. — Dans toutes les trêves ou suspensions d'armes, chaque armée garde ses positions ; n'avait-on pas fait cette stipulation ?

Réponse. — Je l'ignore.

Demande. — Comment les ennemis regardaient-ils la marche de la division Vedel en arrière, comme une violation de la trêve, quand ils croyaient pouvoir marcher en avant, sans la violer ? La réclamation des ennemis touchant la division Vedel a eu lieu devant vous ; comment n'y a-t-on pas répondu ainsi ?

Réponse. — La réclamation des ennemis n'a pas eu lieu d'abord devant moi ; j'en ai été informé le dernier, et lorsque j'en fus parler aux commissaires espagnols, M. le général Chabert et M. Yilloutreys n'étaient déjà plus avec eux.

Demande. — Pourquoi avez-vous signé la capitulation, puisque vous n'étiez pas chargé de pouvoirs ?

Réponse. — Je ne l'ai pas signée effectivement comme commissaire, mais uniquement et.

LE PROCÈS 26l

expressément comme simple témoin. Au moment de signer la capitulation, les commissaires espagnols parurent attacher une grande importance à mon témoignage. Je ne vis dans cette prétention, comme dans celle de la restitution des argenteries ecclésiastiques, qu'un prétexte pour rompre les conventions faites et se dispenser de renvoyer l'armée en France ; mon refus leur eût donné ce prétexte tant désiré et eût replacé le général en chef et l'armée dans une position plus difficile encore que celle où ils étaient le 19 au soir. Je crus que je devais ôter aux ennemis ce prétexte, en donnant cette signature qui, n'étant qu'un simple témoignage de ce qui se passait, était complètement insignifiante. Si je l'eusse refusée, on m'eût attribué la violation de la capitulation. La signature de M. le général Chabert avait seule la force de légaliser et de valider la capitulation.

Demande. — Ce n'était pas une chose indifférente de voir figurer dans un acte semblable, le nom d'un grand officier de l'Empire. C'était ajouter au triomphe déjà si affligeant de nos ennemis. Puisque vous n'aviez pas pris part à la capitulation, ils ne pouvaient exiger votre signature; ont-ils menacé de rompre la négociation, si vous la refusiez ?

Réponse. — Sans menacer formellement de rompre, ils l'ont fait entendre assez clairement. Il s'agissait d'assurer le retour de l'armée en France, ce qui était le plus grand service que dans cette circonstance on pût rendre à S. M. l'Empereur. Quelque élevé en dignité que soit un fonctionnaire, sa première dignité est toujours de servir son pays et son souverain.

Demande. — Savez-vous si la clause relative à la visite pour découvrir et rendre l'argenterie des églises a été exécutée ?

Réponse. — Je ne puis le savoir, puisque je ne suis pas retourné à l'armée.

Demande. — Qu'est-ce qui a été convenu pour vous, avec les généraux ennemis ?

Réponse. — Les généraux ennemis, en vertu de ma position isolée à l'armée, me considérèrent comme voyageur, et non comme prisonnier de guerre. Je ne leur ai parlé de moi en particulier, qu'après les conventions faites delà capitulation ; puis, ayant appris d'eux que M. l'amiral Rosily et M. Le Roy, consul général, étaient sur le point de s'embarquer à Cadix pour France, je demandai et j'obtins de m'embarquer avec eux. Quelque prompt que dût être le départ du général en chef et des autres généraux de son armée, il ne pouvait l'être autant que l'occasion qui m'était offerte, occasion qui me donnait l'avantage de porter plus promptement à Sa Majesté l'Empereur les renseignements nombreux que je venais d'acquérir sur la situation de l'Espagne, et celui de reprendre plus promptement mon service auprès de sa personne. Je n'étais pas plus attaché à 1 armée du général Dupont qu'à l'escadre de l'amiral Rosily ; je passais d'un corps français prisonnier à un autre corps français également prisonnier.

Dans cet empressement à revenir en France, je suivais bien plutôt l'inspiration de mon zèle que le sentiment de ma sûreté personnelle ; car il était visible que dans un pays aussi agité, il était plus sûr de suivre les troupes que de voyager isolément. J'avais encore, en me rendant à Cadix, l'espérance d'y recueillir soit par moi-même, soit à l'aide de M. l'amiral Rosily, les renseignements, sinon en totalité, du moins en partie, que S. M. m'avait chargé d'y prendre.

Demande. — Dans votre route, avez-vous quitté l'uniforme français ?

Réponse. — Dans ma route, j'ai revêtu l'uniforme français toutes les fois qu'il a été nécessaire, c'est-à-dire en arrivant à Séville, chef-lieu et foyer de l'insurrection, lorsqu'on m'y a conduit à la Junta, chez le président de cette Junta et chez plusieurs généraux espagnols, et à mon logement. Dans tout le reste de la roule, j'étais vêtu d'un frac bleu ou d'une redingote à moi appartenant, avec la décoration de la Légion, avec le chapeau à plumet noir de général français, et la cocarde française. C'est ainsi que M. l'amiral Rosily m'a vu arriver à son bord. Les deux officiers du génie qui m'accompagnaient et qui me servaient d'aides de camp, M. le chef de bataillon Rouvier et M. le capitaine Roischevalicr, peuvent certifier ce qu'ils ont vu.

Demande. — Avez-vous pris à quelque époque de votre voyage un uniforme espagnol ?

Réponse. — Jamais.

Demande. — Vos bagages n'onl-ils pas suivi ceux de l'armée ?

Réponse. — J'avais deux voitures, l'une pour mes officiers et pour moi, l'autre pour uns

domestiques. La partie de nos bagages qui était dans ma voiture m'a suivi ; l'autre, qui était dans la voiture de mes domestiques, a suivi les bagages de l'armée.

Demande. — Quels étaient vos domestiques?

Réponse. — L'un se nomme Clément; il m'a suivi et il est encore avec moi. L'autre, nommé Mazières, est resté en Espagne avec ma seconde voiture.

Demande. — Votre voiture a-t-elle été pillée à Sainte-Marie, avec les autres bagages de l'armée?

Réponse. — Je le présume, par ce que l'on me l'a dit, mais je n'en suis pas absolument certain.

Demande. — Avez-vous eu à Cadix connaissance de quelques détails du pillage qui a eu lieu à Sainte-Marie ?

Réponse. — J'ai appris le pillage en masse, et j'ai eu fort peu de détails, puisque je n'ai pas même la certitude du sort de mes effets.

Demande. — N'avez-vous rien entendu dire sur les caisses qui ont provoqué le pillage ?

Réponse. — Je crois que la cause du pillage a été l'envie de piller.

Demande. — Avez-vous entendu dire que le pillage ait été provoqué par la vue de vases d'église tombant de caisses qu'on embarquait ?

Réponse. — Je crois effectivement avoir entendu dire quelque ebosede semblable, mais je n'en suis pas bien certain.

Demande. — Par qui l'avez-vous entendu dire ?

Réponse. — Par plusieurs personnes à bord de l'amiral, sans pouvoir précisément me rappeler par qui. J'ai vu, à bord de l'amiral, M. le Gal Dupont, qui est venu m'y voir, en passant pour aller au vaisseau qui lui était destiné. Il n'a été qu'un instant avec moi, pendant lequel il m'a dit que les équipages de l'armée venaient d'être pillés, sans me donner aucuns détails. J'y ai vu également M. le général du génie Dabadie, qui m'a dit la même ebose, et qui m'a ajouté avoir été fort maltraité, ce dont il était facile de s'apercevoir à la déchirure de son habit.

Demande. — Avez-vous entendu dire à Cadix, qu'on eût versé à la trésorerie espagnole de ce port, des fonds et autres valeurs provenant des bagages ou des caissons de l'armée du général Dupont?

Réponse. — Non.

Demande. — Lors de la sommation faite au général Dupont de se rendre à discrétion, n'avez-vous pas connaissance que l'ennemi a déclaré n'y pas comprendre la division Vedel, et qu'il allait la combattre ?

Réponse. — Je crois n'avoir eu connaissance de cette circonstance que par l'un de mes aides de camp ; je ne me rappelle pas lui avoir demandé de qui il la tenait ; en conséquence, je ne puis affirmer positivement.

Demande. — Savez-vous pourquoi l'ennemi ayant déclaré dans sa sommation qu'elle ne s'adressait pas au G'1' Vedel et à sa division, leGa] Dupont vous a, de prime-abord et avant d'entrer en pourparlers, chargé de l'y comprendre ?

Réponse. — J'ai dû croire que le général en chef avait ses raisons ; qu'on se rappelle que j'étais général du génie et qu'il s'agissait d'opérations de campagne. Quand j'ai vu un général en chef en possession de mon estime, jouissant d'une excellente réputation militaire, cjue ses fonctions m'indiquaient comme revêtu de la confiance de S. M. ; quand j'ai vu, dis-je, un tel général juger la retraite du général Vedel impossible, j'ai dû l'en croire et je l'en ai cru. J'ai eu dans lui, pour une opération de campagne, la même confiance qu'il eût eue sûrement en moi, s'il s'était agi de la défense ou de l'attaque d'une place forte.

Demande. — Vous ne lui avez donc fait aucune objection ?

Réponse. — C'est sur ma demande formelle, que le général en chef m'a déclaré son intention de comprendre la division Vedel dans la capitulation. Il connaissait sa position, celle du Gal Vedel et celle de l'ennemi. Par les raisons ci-dessus dites, je devais me borner à une simple question.

Demande. — N'avez-vous pas eu connaissance que depuis ce que vous a dit le général Dupont, il a autorisé la retraite du Gal Vedel sur la Sierra-Morena ?

Réponse. — Je n'en ai aucune connaissance.

Demande. — Vous rappelez-vous le jour et l'heure de la levée du camp d'Andujar?

Réponse. — L'ordre du départ d'Andujar avait d'abord été donné pour le 17 au soir, au commencement de la nuit. Quelques heures avant, un contre-ordre remit ce départ au lendemain 18, comme effectivement il a eu lieu.

Demande. — Connaissez-vous les motifs du contre-ordre ?

Réponse. — Le général en chef m'a dit qu'il avait pour objet de prendre le temps d'emmener les malades.

Demande. — Saviez-vous que le général Dupont avait autorisé le Gal Vedel à quitter Baylen, pour aller joindre le G*u Dufonr, et que le retard de V évacuation d'Andujar mettait plusieurs marches de distance entre les divisions de l'armée ?

Réponse. — Je me rappelle que le Gal Vedel, arrivé à Andujar dans la matinée du 16, en est reparti dans la nuit du 16 au 17. J'ignore complètement quels ordres il a reçus et quels mouvements il a faits,

Signé : Marescot, leCte R. de S'-Jean-d'Àngely, Legoux, Bourguignon, Fouquet, Garnier.

Devant faire, à l'occasion du Conseil d'enquête de 181 2, une critique minutieuse du Rapport du procureur général de la Haute-Cour, nous nous bornerons, pour les interrogatoires de 1809, à quelques observations d'ensemble. Relativement au prétendu pillage de Cordoue, nous avons démontré que les excès des troupes ne durèrent guère que pendant la prise de la ville, et que le général Dupont fit tous ses efforts pour les réprimer, et nous rappellerons aussi que Napoléon approuva le pillage de Cuenca par Caulaincourt, qui l'ordonna le lendemain de l'occupation de cette ville, dont la résistance avait été insignifiante, et dans lequel les soldats s'emparèrent de vases sacrés dont le brocantage se fit publiquement à Madrid, sans que l'Empereur ait eu, pour ces excès, un seul mot de blâme. — En présumant que des contributions en argent ont été établies à Cordoue, le général Marescot commet une erreur manifeste et regrettable à plusieurs titres. — Le procureur général considère comme établi un fait qui est démenti par de nombreux témoins et n'est pas même vraisemblable : il est faux qu'en quittant Cordoue le général Dupont ait abandonné des malades et oublié des postes ; il avait à un trop haut degré le sentiment du devoir pour commettre de tels oublis, et le général Marescot s'est diminué en avançant que l'ennemi aurait fait l\oo prisonniers à la retraite de Cordoue, puisqu'elle commença le 17 juin et que la ire division de l'armée d'Andalousie ne partit d'Utrera que le 20 de ce mois, à minuit, pour se rendre à Cordoue. — La supposition du général Marescot, que le général Castanos serait resté à la tête de l'armée d'Andalousie contre son gré, est inexacte ; espagnol, Castanos s'honorait en servant l'Espagne contre l'étranger. — Si le procureur général de la Haute-Cour admet comme vérités les plus grossières erreurs, en revanche il met en doute les faits les mieux établis, comme la lettre du duc de Rovigo prise à M. de Fénelon et remise au général Castanos le 20 juillet.

L'Interrogatoire du général Vedel, par le grand procureur général, eut lieu le 17 février 1809, ainsi qu'il suit:

Haute-Cour Impériale

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