EXPOSÉ
des événements qui ont déterminé les Divisions Vedcl et Gobert à adhérer à la capitulation faite par le général Dupont à Andujar (en Espagne), le 22 juillet 1808.
La capitulation du 22 juillet 1808, faite par le Gal Dupont, et dans laquelle il a enveloppe deux Divisions fortes de 9 à 10 mille hommes, cpii, loin d'être cernées avec lui, avaient la faculté de se retirer sur Madrid, est une chose qui doit paraître si extraordinaire ; l'acceptation qui en a été faite par lesdites Divisions a été préparée par une suite de circonstances si inattendues ; cet événement d'ailleurs peut avoir des suites d'une si haute importance que plusieurs chefs de corps et officiers supérieurs ont cru qu'il était de leur devoir d'en faire un narré véridique, impartial et propre à jeter de la clarté sur une matière que beaucoup d'intérêts particuliers et opposés doivent chercher à obscurcir.
Nous commencerons par prévenir que dans l'exposition que nous allons faire de ce qui s'est passé tant à Baylen qu'à Ste-Hélènc, nous n'avons intention de dénoncer personne ; nous croyons devoir respecter nos supérieurs jusque dans les fautes qu'ils peuvent avoir commises, et nous nous bornerons, par rapport à ce qui nous concerne, à dire et prouver que l'acceptation qui a été faite de ladite capitulation, l'a été contre notre vœu et que nous avons mis pour l'empêcher toute l'opposition que la subordination nous permettait d'y apporter.
Arrivé à Baylen, le 19 juillet au soir, le général Vedel attaqua l'ennemi qui semblait ne pas s'y attendre, et lui lit mille prisonniers. A peine eut-il commencé cette attaque, que des officiers espagnols vinrent lui annoncer une suspension d'armes entre les deux armées. Le général ne jugeant pas qu'une semblable communication dût arrêter ses mouvements, se disposait à continuer son attaque, lorsque le général Dupont lui fit dire par un de ses aides de camp de suspendre toute hostilité. Le général Yedel se retira alors avec les mille prisonniers qu'il avait faits.
Il ne nous appartient pas d'examiner si, dans cette occasion, le général Dupont étant enveloppé de toutes parts, conservait encore le droit de commander, et si le général Vedel a bien ou mal fait de lui obéir dans une circonstance aussi décisive ; nous nous contenterons d'observer que si cette attaque eût été continuée, l'armée ennemie aurait peut-être été dispersée et le général Dupont délivré. Le général de division, après avoir obéi aux ordres de celui qu'il regardait comme son chef, prit position devant l'ennemi.
Le lendemain au matin, ayant réuni les officiers généraux sous ses ordres pour les consulter, il fut décidé (1) qu'on enverrait près du GaI Dupont pour lui proposer une attaque pendant la nuit, ayant pour but de le délivrer; et dans le cas où il ne serait pas en situation de donner luimême le plan de mouvement qui devait être fait de concert, on lui en proposait un auquel il lui suffisait de donner son adhésion ; mais il fit répondre que ses troupes étaient exténuées de fatigues, et même ayant refusé de prendre des cartouches, il ne pouvait consentir dans la position où il se trouvait, à une attaque dont le succès pouvait être douteux. Il n'en fut plus question, et la journée du 20 se passa en pourparlers. Le général Dupont prescrivit l'après-midi et par écrit de rendre
(1) N'ayant pas été appelés au Conseil tenu chez le général Vedel à Baylen, nous ne rapporterons ce qui s'y est passé que d'après l'assertion des généraux qui s'y sont trouvés; ils se sont tous accordés sur les faits consignés ci-dessus {Note du colonel Vigier).
lesmilleprisonniers, en faisant dire en même temps verbalement au général Vedel de tâcher d'en éluder la remise ; mais les Espagnols, forts de l'ordre dont ils étaient porteurs, en pressèrent l'exécution et les prisonniers leur furent rendus vers le soir, au moment où le général Vedel et les corps sous ses ordres se disposaient à faire leur retraite, qui fut exécutée à la nuit tombante.
Le lendemain matin, 21 juillet, nous arrivâmes à Ste-Hélcne ; quelques heures après notre arrivée, le bruit se répandit dans le camp, que le général Dupont venait d'écrire au général Vedel, pour lui prescrire de retourner à Baylen, attendu que les deux divisions sous ses ordres avaient été comprises dans la capitulation pour être transportées en France par mer. A cette nouvelle inattendue, l'indignation de l'armée fut générale : toutes les troupes, d'un mouvement spontané, se précipitèrent sur la route, demandant à grands cris de continuer la retraite sur Madrid et d'affronter tous les périls plutôt que d'accéder à un article aussi honteux pour des militaires armés, réunis en grand nombre, et dont la position, loin de commander un pareil sacrifice, leur offrait une retraite assurée à travers les montagnes de la Sierra-Morena.
Le tumulte augmentait à chaque instant, et les chefs de corps, en partageant l'opinion et les désirs du corps d'armée, ne pouvaient cependant avoir l'air d'approuver une conduite qui, quoique louable par l'intention, portait un caractère insurrectionnel. Ils crurent donc alors de leur devoir de chercher à calmer l'effervescence du soldat en lui promettant de faire tous leurs efforts pour obtenir du G"1 Vedel l'accomplissement de leurs désirs.
Ce fut alors que nous nous transportâmes chez ce général pour le prier de refuser son adhésion à la capitulation, dans laquelle son corps d'armée ne pouvait être compris, puisqu'il avait constamment joui de toute la plénitude de sa liberté et qu'il n'avait jamais été en situation de capituler. On nous répondit que tels étaient les ordres du général en chef et qu'il fallait s'y soumettre ; que cette mesure était d'autant plus nécessaire qu'il y allait de sa vie et de celles des militaires composant son corps d'armée, qu'on menaçait de faire périr, sur notre refus de nous conformer à la capitulation ; que d'ailleurs il n'était plus temps de revenir sur ses pas, le général Vedel l'ayant acceptée en notre nom.
Nous crûmes alors pouvoir nous permettre de représenter que le général Dupont, étant enveloppé de toutes parts, avait perdu le droit de nous commander, à dater de l'instant où il avait cessé de communiquer avec nous, autrement que par l'intermédiaire de nos ennemis ; que la garnison de Madrid réclamait notre retour plus impérieusement encore et avec plus de droit que les troupes du Gal Dupont ne réclamaient notre captivité ; que d'ailleurs nous ne pouvions croire l'armée espagnole ni assez lâche, ni assez féroce, pour massacrer des Français pour un fait qu'il n'était en leur pouvoir d'exiger ni d'empêcher; et que relativement, enfin, à la parole donnée par le général Vedel, il pouvait faire savoir à l'ennemi, qu'entraîné par l'opinion du corps sous ses ordres, il se trouvait dans la nécessité de la retirer ; nous pensâmes même pouvoir ajouter que nous jugions que l'honneur ne permettait pas d'accepter une capitulation pareille dans la situation où nous nous trouvions, étant maîtres des gorges (1) et ayant douze heures de marche sur l'ennemi. On nous répondit que nous parlions comme des gens qui n'avaient aucune connaissance de la situation où nous nous trouvions : que la Manche entièrement soulevée était déjà occupée par des troupes qui nous coupaient la retraite, et qu'on ne pouvait sans danger repasser la Sierra-Morena.
Nous dîmes que les mêmes troupes qui la veille étaient à Baylen, ne pouvaient pas nous couper la retraite, puisque nous occupions la route directe et par conséquent la plus courte pour traverser les montagnes ; qu'au surplus, si la Manche était occupée, nous étions assez nom-
(1) Non seulement les gorges étaient occupées par nos troupes, mais nous en avions sur la route jusqu'à Manzanarès, et un régiment avait été envoyé le ai à El Viso. {Note du colonel Vigier, qui commet là une erreur manifeste, car les Espagnols occupaient les défilés dès le îo juillet, et le ai, le général l edel écrivait au général Belliard qu'il avait su, la veille, à (i heures du soir, que l'ennemi était déjci en petit nombre à El \ iso (Visillo). E. T.)
3a6 LE GÉNÉRAL DUPONT
breux pour nous faire jour à travers l'ennemi, dussions-nous y perdre une partie de notre petite armée; que le temps était précieux, qu'il n'y avait pas un moment à perdre, et que dans une semblable circonstance, des années entières ne pouvaient réparer le tort qu'apportait chaque instant de retard. A tout cela il nous fut répondu qu'il fallait obéir, qu'on ne pouvait ni ne voulait revenir sur les engagements déjà pris ; que nous n'avions rien de mieux à faire que de rappeller la troupe à ses devoirs, et qu'il fallait qu'elle se soumette à la Capitulation.
Nos regards se trouvèrent alors vers les Généraux de Brigade des deux Divisions, qui étaient réunis chez le Gal Vedel, et dont nous pensions que plusieurs partageaient notre opinion ; mais soit qu'ils ne voulussent point heurter celle du Général de Division, soit qu'ils eussent la même manière devoir, ils nous reproduisirent sous d'autres formes les mômes raisonnements qui nous avaient été apportés par le général Vedel.
Les chefs de corps, perdant alors tout espoir de réussir à décider leurs supérieurs à se diriger sur Madrid ; sentant cjue la première vertu d'un militaire est l'obéissance, que la subordination et la discipline sont les bases sur lesquelles repose le salut des armées, crurent devoir faire en ce moment le sacrifice de leurs opinions et de leurs intérêts, au maintien du bon ordre et se retirèrent.
Quelques officiers généraux, ainsi qu'un officier supérieur de la marine impériale, se transportèrent à la tête des troupes, et, par tous les moyens possibles, cherchèrent à persuader aux officiers réunis, qu'ils ne pouvaient avoir de salut que dans la Capitulation et parvinrent enfin à les décider à se soumettre à la volonté du Général en chef.
Le lendemain nous fûmes appelés chez le général Vedel, qui mit alors en question ce qu'il n'avait pas permis de discuter la veille, et les généraux et chefs de corps réunis furent enfin consultés, pour savoir s'il fallait repasser les gorges ou retourner àBaylen; mais l'espace d'un jour avait apporté une grande différence dans notre position et dans la manière de voir de plusieurs d'entre nous : en effet, n'était-il pas présumable que cette perte de temps irréparable avait été mise à profit par l'ennemi, et qu'il en avait fait usage pour rendre notre retraite impossible ? Le silence du corps d'armée pendant un si long espace, après l'acceptation du général Vedel, en son nom, ne devait-il pas être regardé par l'armée espagnole comme une adhésion formelle à tous les articles de la Capitulation ? Le refus de s'y conformer, qui, la veille, était une chose naturelle et de droit, ne devenait-il pas une violation au bout de 24 heures ? De plus, un général (dont nous tairons le nom jusqu'à ce qu'on nous fasse une loi de le nommer) s'écriait au milieu des officiers : Voyez-vous cette poussière qui s'élève sur notre droite (et on ne voyait rien), eh bien ! c'est une colonne qui est en marche pour vous envelopper. Vous en avez autant sur votre gauche et toute retraite est désormais devenue impossible...» En outre, on faisait courir le bruit que Madrid était évacué par nos troupes, et la Manche, ainsi que la province de Tolède, occupées par celles de l'ennemi.
Telle était notre position au moment où le Général de Division recueillit les voix pour savoir le parti que l'on prendrait. Le général de Brigade Poinsot, qui, la veille, avait cru devoir garder le silence en notre présence, s'éleva cette fois avec la plus grande violence contre l'acceptation de la Capitulation, disant qu'il voulait repasser les gorges à quel prix que ce fût. Mais, comme nous l'avons déjà dit, la différence dans notre position et les bruits alarmants qui avaient été semés dans le camp, avaient apporté une différence considérable dans les opinions, et la majorité des suffrages fut pour se conformer à la Capitulation.
Nous étant imposé la loi de ne faire que le narré, pur et simple, des faits qui se sont passés sous nos veux, nous ne nous sommes permis aucune réflexion sur les événements qui nous ont entraînés dans la position malheureuse où nous nous trouvons: nous laissons à la sagesse de ceux qui en prendront connaissance le soin de juger, dans cette cause, quelles sont les personnes sur lesquelles doit retomber le blâme, et jusqu'à quel point l'opinion publique doit improuver leur conduite. Nous avons seulement la présomption de croire que la marche que nous avons tenue était celle qui convenait à la position difficile où nous nous sommes trouvés, étant placés dans la fâcheuse alternative, ou de manquer au mouvement de notre conscience en sui-
vant les ordres qui nous ont été donnés, ou à la subordination en faisant ce que nous jugions ;t utile au bien générs
Malaga, le 6 8b™ 1808.
louable et utile au bien général.
Le Colonel Cbef d'État-Major de la Divon Gobert,
Signé : Vigier.
Le Major du 9e Rég' d'Infie légère, commandant le 70 Rég1 provisoire, était détaché avec deux Bataillons à El Viso pendant le temps où ces choses se passaient. Il certifie que les faits énoncés ici sont en tout conformes aux dires des officiers généraux, supérieurs et particuliers avec lesquels il s'en est entretenu.
Le Major du o5e Rég' de ligne, commandant le 6P Provisoire.
Signé: Degromety.
Le Chef de Bat0" soussigné, command' les Ier et Ie Bat""5 du 7e Rég* provisoire, était détaché avec un corps de troupes d'environ 3oo hommes à Manzanarès, lors de ces événements. Il certifie que les faits énoncés dans ce narré sont en tout conformes aux rapports que lui ont faits des militaires de différents grades.
Signé : Berthet.
Le Chef de Bat0" soussigné, command1 les 3° et 4e Bat0"3 du 8e Rég1 provisoire, était détaché avec sa troupe à treize lieues de Baylcn, dans les gorges de la Sierra-Morena, jusqu'à S"-Cruz, dans la Manche, lorsque les événements dont s'agit eurent lieu : mais il atteste avoir ouï rapporter ces faits de la même manière dont ils sont narrés, par une infinité d'officiers de l'armée qui étaient présents à leurs divisions lors de la Capitulation.
Signé: Gj.eize.
Certifié comme témoin par le Chef de Bat"" command1 l'artillerie.
Signé : Beaufranchet.
Le Chef de Baton comra' les 3e et 4e du 6e Rég' provisoire.
Signé: Mes.
Le l'-colonel Fournier, aide de camp du G1' Gobert, qui s'était rendu à S,a-Cruz le 20 avec les équipages de son général, atteste avoir entendu raconter les faits de la même façon par la généralité des officiers présents à toutes les affaires et à la Capitulation.
Signé: Fournier.
Rapport historique sur la marche de la Division commandée en Espagne par feu M. le Général Gobert, depuis la Capitulation de Baylcn, présenté à Son Excellence le Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, par M. le Colonel Vigier, Chef d'Etal-Major de la Division.
Monseigneur le Duc,
Le a3 juillet 1808, la Division de feu M. le Général Gobert, commandée par M. le Général de Brigade Lcfranc, part de Ste-Hélène, composée comme il suit:
i° du 6e provisoire d'infanterie de ligne. .
2° du 7e — d'infanterie légère.
30 du 8e — — ....
4° du 2e — de Cuirassiers
5° d'un détachement du 3e Rég' d'Art''' à cheval.
6° d'un détachement du Train d'Art'" de la Garde
Total. .
1 080 hommes.
543 chevaux
4 679 hes. 736 chev*.
3 28 T.E GÉNÉRAL DTJPONT
de Ste-Hélèneà Guarroman, et le 24 devant Baylen, où la troupe bivouaque dans les oliviers, après avoir placé ses armes en faisceau sur la route. Un commissaire espagnol est chargé du recensement, qui se fait sous mes yeux, et le pain seulement est distribué à la troupe.
Le 25, elle est escortée jusqu'à Mengibar par 3oo hommes d'infanterie et 5o de cavalerie espagnoles. D'après les ordres du général Castanos, deux officiers espagnols marchent avec la troupe pour lui assurer les subsistances et une indemnité de route aux officiers. Quelques voitures sont fournies pour les transports, avec les vivres, en arrivant au gîte.
Le 26, séjour, afin de donner un jour d'avance à la division Vedel qui nous précédait dans la même direction.
Le 27, à Torreximeno.
Le 28, à Alcandete.
Le 29, séjour.
Le 3o, à Baëna.
Le 3i, à Cabra.
Le Ier août à Puente-de-Don-Gonzalo.
Le 2, à Osuna.
Les vivres furent également distribués.
Jusqu'ici le peuple, la foule sur notre passage, n'avait manifesté d'autre sentiment que celui de la curiosité : dans ce gîte, les insultes grossières et les gestes les plus menaçants ne furent point épargnés ; les généraux et officiers supérieurs, refusés dans leurs logements, n'y sont reçus qu'après les ordres réitérés de la Junte. La troupe, bivouaquée sous les oliviers, était continuellement assaillie par la populace, malgré quelques patrouilles de la troupe espagnole.
Le jour suivant, la division croyait continuer sa route vers S,e-Marie et Sn-Lucar, points d'embarquement qu'on lui avait désignés, lorsqu'un officier espagnol vint annoncer à M. le Gal Lefranc que la division était arrêtée dans sa marche, jusqu'à nouvel ordre. Peu de temps après, un Commissaire payeur, arrivé de Séville, donna quelques acomptes sur les indemnités depuis le 23 juillet ; ces payements se sont répétés de cinq en cinq jours. Les distributions de vivres ont continué, mais en petite quantité et de mauvaise qualité. La bonne conduite et la patience des troupes semblent avoir disposé les habitants à des sentiments moins féroces.
Après huit ou dix jours, notre division s'accrut encore d'un détachement du 7e régiment d'infanterie légère, commandé par un chef de bataillon.
Quelques hommes et quelques chevaux ont péri pendant les vingt jours de séjour à Osuna.
Le 21 août, le Commissaire payeur espagnol prévient M. le Gal Lefranc que, d'après une décision de la Junta de Séville, la division doit être dirigée vers Malaga, et se mettre en marche le lendemain, pour s'y rendre. Partie d'Osuna le 22, elle se rend à Pedrera.
Le 23, à Almeda.
Le 24, à Archidona : par une nouvelle décision de la Junta de Séville, le 8e régiment d'infanterie et le 2 e de cavalerie sont détachés pour se rendre à Loja.
Le 25, le reste de la Division se rend à Antequera. Là, le peuple en fureur, se précipitant sur notre passage, nous ferme l'entrée de la ville, malgré les soins, au moins démonstratifs, de l'autorité, et nous sommes obligés de reprendre position sur un mamelon situé au Nord de la ville ; plusieurs soldats éloignés de la colonne sont assassinés, les bagages pillés en grande partie, et la distribution des vivres n'est faite que le lendemain à midi, par une ration de pain par homme. De suite, nous nous remettons en marche vers Malaga, ayant en tète un fort détachement de troupe espagnole et le gouverneur de la ville qui nous accompagne une demi-lieue. Continuant notre route jusques à dix heures du soir, la troupe fait halte près d'une petite rivière et d'une posada (ou hôtellerie), où elle passe le reste de la nuit, pour reprendre sa route vers Malaga, au point du jour, 27.
A deux lieues de Malaga, trois Commissaires espagnols envoyés par la Junte annoncent à M. le Général que la division doit être distribuée ainsi :