‹ Le général Fabvier, sa vie militaire et politique (volume 2)Chapitre 10 sur 57 · NT LE GENERAL FAUVIER · texte numérisé non relu

NT LE GENERAL FAUVIER

la création d'un Conseil superieur de La querre destiné à coordonner les différents services de notre administration militairs et à leur donner méthodiquement la direction d'ensemble qui leur manquait. « L'armée, disait-il le 26 juin 146 (4), et divisée en spécialités trop marquées. Aujourd'hui encore et pendant quelques années le roi pourra porter au ministère de la guerre des généraux quiont pris partà des grandes guerre., qui ont eu l'occasion de connaître, d'étudier, de juger des opérations d'ensemble, Mais, dans quelques années d'ici, on ne pourra plus appeler a ministère de la £uerre qu'un homme sorti d'une de ces spécialités: et il serait impossihie à ce ministre de traiter des questions d'ensemble S'il n'était appuve par un conseil supérieur de ia guerre, dépositaire des anciennes traditions. des saines doctrines qui ont fait la puiscance et la gloire de la France

Un an plus tard (3 août AS47), il revenaitencore avec insislance sur cette proposition (1)

Mais on ne voulut pas le croire: on ne l'écouta pas davan- Lage quand, dans le même discours, il demanda que la loi de recrutement fût améliorée: que les régiments ne fussent plu: réparüuis en France d'aprés les exigences locales, habitude. euivant lui, « funeste à l'esprit et à la discipline militaire :,"1 quand il fit resscrtir la nécessité de renforcer la défense de nos côtes, ainsi que celles de nos frontières de Fest et du su lest, Gn n'avait pas non plus ile 27 avril 1815) prèté une attention suffisante à ses observations sur le remplacement, sur les marchands d'hommes, dont il réprouvait Ta peu intéressante industrie, et sur l'impériense nécessité de recruier de bons sous-officiers, ce qui, à son sens, devait avoir lieu surtout par enrûlements volontaires. « Chacun sait, disait-il, de quelle importance sont les sous-ofMiciers dans l'armée, rappro: chés du soldat, logeant, vivant avec lui. Le sous-officier acquiert la confiance du soldat par une fréquentation incessante, le pénètre de tous ses devoirs et surtout de l'amour du drapeau. Degré entre luiet l'officier placé trop haut pour tout

4 (4) Moniteur, 1846, p. 1928.

(2) Jbid., 1847, p. 2887.

faire, en même temps tuteur et confident du soïdat, vienne Ja guerre, le sous-officier est tout-puissant sur lui... Les bataillons se déploient, chacun forme trois rangs; à deux pas en arrière sont les serre-files également espacés. Ce sont les sousofficiers, les lieutenants et sous-lieutenants. Chacun se trouve chef d'un petit peloton de douze à quinze hommes. Puissant d'une autorité fondée à l'avance sur le respect et l'affection, le serre-file, calme, attentif, bravant la mort sans pouvoir la donner, dirige le feu qui doit abattre out ce qui est devant le front; par ses soins les armes sont bien chargées, bien abattues, les cartouci.es fournies. Il retire les morts et les blessés, fait serrer les files; il encourage ou réprimande à propos. A quaire pas en arrière des serre-files est le chef de peioton; en arrière encore le chef de bataillon. Puis de là la colonne d'attaque s'élance, baïonnettes basses, criblée de boulets et de mitraille, rien ne l'arrètle si les serre-files soutiennent et règlent con élan (1)... »

Fabvier ne voulait pas seulement que l'armée fdUbien or£anisée, bien commandée, IF souhaitait aussi que, depuis les généraux et les officiers, jusqu'aux simples soldats, elle donnat l'exemple du désintéressement, de l'abnégation, de Fhonneur (2); qu'elle ne se ravalt jamais elle-mème par de inisérables préoccupations de gain ou d'avancement. € On à dit, lisons-nous dans son discours du 29 mars 1847, qu'un contrat existait entre l'Etat et l'armée. Un contrat entre la France et son armée, Messieurs! Le contrat, c'est l'amour de la France pour son armée et le dévouement sans bornes de l'armée pour la patrie, . Un contrat! La première condition de ce contrat serait de donner du pain aux soldats; allez voir sur les champs de bataille si nos soldats refusent de combattre parce qu'ils

(1) Moniteur, 1847, p. 963. 2 :

(2) « … Le bonheur de l'homme, lisons-nous dans le discours qu il avait prononcé sur Ja tombe du général Roguet Is 9 novembre 1816, ne consisté pas à tralner une longue et obscure vieillesse, à acquérir d'immenses richesses qui restent amonceltes sur le bord de la tombe : le bonheur do l'homme de bien, c'est de s'endormir dans une conscience pure, dans souvenir d'une vie consacrée tout entière à la défense et à la gloire de la patrie, l'espoir que tant de bonnes leçons ne seront pas perdues pour elle... » (Moniteur, 1846, p. 2732.)

eve ol

er pour,

us LE GÉNÉRAL FABVIER

n'ont pas de pain... On a parlé d'un principe démocratique, De la démocratie. il n'v en a pas dans l'arme: depuis le roi, qui est son chef, jusqu'au dernier soldat, tout est noble, parce que chacun a la mission et le devoir de tout sacrifier, sa via même s'il le faut, pour le salut et la gloire de la patrie (1)..,

« Le gouvernement, déclaraitil quelques mois plus tard (3 août FSE7. trouvera toute facdité quand il parlera cette belle langue d'honneur et de patrie: il fera taire cette fièvre d'avancement qui désoie l'armée, en rompt l'harmonie: en frappant à propos ilen rétablira l'honnêteté ébranlée, La pro. fession des armes est de même que celle de la magistrature et du clergé. quand elle s'exerce avec un désintéressement absolu: autrement c'est le plus vil des métiers (21...

Ces dernières paroles étaient une allusion aux désordres qu'ilavait parfois pu constater, particulièrement dans larme d'Afrique. Cette armée qu'il avait vue de pres, en plein travail de conquête, il l'eût voulue non seulement glorieuse, mais dé<intéressée, humaine, irréprochable sous Le rapport de l'argent. Nul n'avait, à certains moments. parlé d'elle en termes plus émus. plus admiratifs. 11 louait comme il le fallait ceux de nos sollats qui savaient mourir au champ d'honneur. Mais il ne s'apitoyait pas outre mesure sur ceux qui se laissaient prendre. A propos du massacre de Sidi-Brahim Gb et des prisonniers qu'il s'agissait de racheter, il faisait connaître en ces termes toute <a pensée (séance du 2 juin 1846) : €... Trois cents soldats ont été massacrés par des hordes féroces. Je les re£relle amerement, mais Je les regrette comme ils sont morts, sains faiblesse : leur récompense est leur sacrifice môme. Hs sont allés rejoindre ces glorieuses et nombreuses cohortes qui les ont précédés, qu'ils ne dépareront point; leur sort est plus beau que celui des captifs rachetés... » La bravoure, l'endurance de nos soldats d'Afrique élaient, disait-il, au-dessus de

(1) Moniteur, 4847, p. 647-648, CE) 1bül, 4847, p. 2337.

se op désastre subi le 22 et le 23 septembre 4845 par les troupes euténant-e :] de vuac ‘avai ises LA ee Re pe colonel de Montagoac, qu'avait surprises et enveloppees

tout élose, <... Que nous demandaient-ils? Des grades? De l'argent? Non, des Cravaux, des combats pour la défense et la gloire de la FranceJe déclare ici que jamais, ni nulle part, jenai rien vu de plus touchant, de plus masnanime que Île dévouement et la constance de nos soldats de l'armée d'Afrique. Je les ai vus accablés de lourds fardeaux, sous un ciel de feu, dévorés par un sol brôlant.en proie à toutes les privations, aux maladies eruelies, penchés sur de longs bâtons, tirant de leurs poitrines haletantes des soupirs douloureux. À la voix de leurs chefs ils franchissaient des distances immenses pour aller chercher quelque danger. En voyant passer ces vénérables colonnes... j'at féchi le genou devanttant de vertu.» Mais s'il S'attendrissait au souvenir de ces braves, il frémissait à la pensée que quelques faits contraires à l'honneur pussent porter atteinte à la réputation de sa chère armée. Le peuple français, s'écriaitil, < aime el respecte son gouvernement, paye de Tourds impôts, donne ses enfants au service de la patrie. Eh bien! le prix de tous ces sacrifices, c'est que l'honneur de la France ne reçoive aucune atteinte, que sa chère armée triomphe et que sa pureté si célèbre ne soit point altérée, Vous porterez un regard sévère sur toat ce qui pourrait entacher les lauriers si souvent rrosés de votre sang (il s'adresse aux généraur), Vous ne ravalerez pas cette question au niveau des misérables millions qu'on se dispute; vous laisserez aux spéculateurs For ct l'argent et leur pré'érerez le bronze qui se dresse sur les places publiqacs pour commander le respect à la postérité (1)...

Peu de jours après (30 juin 1816), Fabvier faisait connaitre à cet égard toute sa pensée, Dans un discours très étendu, il retraça d'abord à grands traits l'histoire de ls guerre d'Afrique, expliqua pourquoi le système de conquête générale et à outrance qui avait prévalu dans les conseils du gouvernement n'avait pas son apprubation, s'éleva contre les dépenses écrasantes qu'une telle guerre imposait à la France et insista surtout sur les violences, les horreurs auxquelles elle avait tant

(1) Moniteur, 1856, p. 1617.

de fois donné lieu, ainsi que sur Ja nécescité d'y mettre un terme. D faut en finir, déclaraital, avec € toutes ces rizueurs

inutiles, toutes ces dévastations aussi nuisibles à nous-mèmes

qu'aux Arabes, car, quelque soi le prix que la France attache à la possession de P'Algérie, elle ne la veut pas Cependant aux

dépens d'intérêts plus chers, Son armée à toute sa confiance,

parce qu'elle est fidele et dévouée, son dévouement désinte. ressé, parce qu'elle ne reçoit de ses chefs que de bonnes lecons et de bons exemples. ne faut pas que tant de vertus sal. rent; on doit y voilier eU savoir écarter d'une jeunesse <ans expérience toute tendance au désordre et à la cruauté... Précisant davantage, le £énéral S'attaquait à l'esprit de spé culation, criiquait les projets de colonisation relatifs à FAI gérie:; puis, revenant aux procédés nulitaires de la Conquète, Nétrissait les € projets barbares de refoulement et d'extermination. [est un peu tard, ajoutait-il, pour le reconnaître, apres s'être laissé entrainer à d'horribles dévastations: de lonslemps le pays ne possèdera de nombreux bestiaux. des arbres fruitiers; ce sera un grand retard.….: de longtemps enfin cette populalion ne sera rentrée dans un état de soumission pal sible qui, quoi qu'on en dise, est assez dans sa pature.. Il fallait, affirmait Fabvier, respecter les murs des Arabes et surtout leur religion.

Dansle même discours. le général s'étendait aussi avec clair

Vorance sur celle idée que l'Als

érie, Contrairement à une opi- Dion trop accréditée, était, en

Rire ot SONIHIC, ONG mauvaise eco

pour notre armée et surtout pour nos généraux. On n'a que

trop vu, hélast en 1870. combien il avait eu raison. €... On rcsardail celle guerre comme une distract

ion. remarquat-il en

1846. Le cautere est devenu une plaie profonde (4).

(4) « .… Les événements d'Afrique, éerivait-il à P 1845 (à propos de l'affaire de tnts à bien d'autres. | exactions de Mostay Sans bornes avec ]

oirel le fer novembre Sidi-Bralium , He t'ont pas surpris. Je m'ate nul est dans le fond..." Exemple : Les horritles ane, elc. Vous voyez le resultat de l'extension : ä& population arte, ete, Au lieu d'aller pied à pied, à une iuière d “iuitive el dounant aux Arabes une région de protection Véritable, avec la FOUIHISSION, ele. — Fhut cola: note LAS LONULE une grande confusion... Une plaie qui s'envenime chaque jour finira par

L'Afrique, disait-on, aguerril notre armée, Hélas! nos soldats. la plupart des officiers qui ont fait ces Caimpasnes sont peu propres à en faire d'autres, Les plus élevés se sont fait de la guerre une idée fausse en grandissant au milieu d'escarmouches contre des peuplades sans organisation, sans artillerie, sans sabres, sans baïonnelles, et, arrivés dans les hauts rangs de l'armée, lui donneraient une direction funeste dans une guerre réelle. Les corps, dans un sé,our de huit ans, se peuplent de sous-ofliciers dont l'instruction est à peu près nulle, Les réglements établis pour Farmée en tempsordinaire deviennent en Algérie à peu près inexéeutables (D, On y supplée. il fautbien le dire, par des faux, que l'autorité accepte ou tolère. Cette habitude déplorable £asnera, si Fon nv prend sarde, toute l'armée (2)... Ces troupes... faudrait les habituer à lacher leurs mans .le sang et de pillage? Leurs meurs, celles de la France n'en seront-elles pas altérées?... C'est avec peine que j'ai entendu excuser les rigueurs exercées sur la population arabe. Croit-on éviter le scandale? Les faits sont vrais. Permetlez-moi de n'en point citer; le scandale serait d'y paraître insensible (47.

Fabvier, heureusement inspiré, quand, fort de son patriolime et de son expérience de soldat, il s'attachait à traiter

elfraver la France. Voilà de la belle prudense! d'abord un exutoire: puis une pépiuiere, une grande distraction un feu éuervante; puis peut-être une matadie mortelle … » (Lettre communiquée par M. Zeiller )

(Me. est arrivé dans plusieurs circonstances, disuit Fabvier dans un autre discours (du 9 avril 1847), qu'on a fait des écritures de mantere à les metire ce qu'on appelle bout à bout I nait de là des habiturites qui croissent et qu'il n6 faut pas laisser s'établir dans l'arme. . » (Moniteur, 1817, p. 131)

(2, Cette habitude fut encore dénoncée l'année suivante à la Chambre des pairs par Le marquis de Boissy, qui à ce propos s'exprimail en ces termes (séance du 29 mai IN4T) : «… J'ai entendu quahüer de faux ce qui s'est passé en Afrique et ee qui à été appelé par un noble général mettre les ceritures bout à bout... Je demande à M le Ministre de la guerre s'il compte faire quelque chose pour rétablir la régularité dans les écritures et pour empècher les deplorables gaspillages que toul le monde évalue au moins à 30 p. 109 de tout l'arzent dépensé en Afrique. : Vous saurez qu'il y a tel instrument qui peut valoir 3 ou 4 francs et qu'on à fait payer à des soldats jusqu'à BUÙ francs... (Moniteur, 1847, p. 1351.)

(3) Moniteur, 1846, p. 1964-1965.

des questions militaires, parlait avec moins de mesure et de sagacité politique quand, mn seulement par la générosité do son cœur où par l'ardeur de ses convictions, 11 s'attaquait à d'autres sujets. C'estainstque, ne voyant pas le danger qu'il y avait pour la monarchie de Juillet à laisser rentrer en France des Bonaparte, il S'associait inprudemiment à Victor Hogs pour soutenir la pétition de lexrot Jérôme demandant ètre rappelé de l'exiliséance du #4 juin IST) I représentait presque comme un héros ce personnage parce qu'il n'avait pas trahi la France comme ernadotte où conme Murat et parce qu'il avait commandé — noninalement- une division sur le champ de bataille de Waterléo. Oubli de passé, peu recomimandable, du roi carnavalesque nnpose jadis à la Westphalie par la fantaisie de Napéléon, il demandait en termes émus qu'il ME traité comme € de vieux Villaseots qui a défendu son payer et qu'il pôt mourir en pruix dans sa France si chère. Sans doute, il n'isnorait pas que le nom de Bonaparte pouvait réveiller certaines inquiétudes, L'évadé de Ham (1), avec son double et récent attentat, était présent à toutes les mémoires, Mais ce souvenir ne troublut nollement la confiance de Fabvier. e On veus à parlé, disaitil, de dan. mers, d'inquiétudes: OÙ XOUS à Dotntmé Un prince, mais cest là que se trouve toute sécurité. Lors de £a première tentative de Strasbourg. je Fai blämé amérement: mais je me suis rangé sous Findulzence dont la loi a fait preuve. Pour li seconde tentative de Boulogne, mon bläme a été absolu. mon indignation sans bornes. D'un tel prétendant il n'est rien à craindre. J'espère que la réflexion a amené chez lui un repentir sévère et profond et mème de cruels remords. Jespére aussi que. si la France était menacée, rompant son exil. il viendrait se jeter dans un bataillon français et laverat ses torts dans des flots de sang ennemi (21...

ri 4 L e * ‘li 1 Fabvier n'avait à ce moment aucun doute sur Ja stabilité

(4) Louis Bonaparte, qui, après ses tentatives de Strasbourg et de Bouogne, avait él: condampé à la désention perpetuelle (1840) et ch venu à S'enfuir de sa prison en 1846. |

(2) Moniteur, 1847, p. 1568.

de la monarchie de Juillet. Vers la fin de 1847, il était fort loin de croire à Fimminence d'une révolution. Tout au plus admettaitil la possibilité de quelques criailleries parlementaires. < Xous sommes ici dans le calme, écrivaitil à un ami, attendant la session, qui sera peu bruyante S'il faut s'en tenir aux apparences, niais qui peut she (17...

En tout cas son dévouement à la royauté de Juillet, ainsi qu'aux principes conservateurs, élut plus ferme et plus ardent que Jamais. Sans oublier la Hberté, il se préoceupait surtout du maintien de Fordre. L'ordre, à son sens, devait avoir pour base Ta religion. De plus en plus Fabvier voyait dans le catholicisme, strictement praliqué, la condition «ine qui non du bonheur, du salut pour la monarchie qu'il servait, pour la patrie qu'il aimait de toute son âme. Presque à la veille du 24 fevrier, son exaltation mystique s'exhalait à Ja tribune dans une harangue étrange où, lussant entièrement de côté la politique pratique, 1 présentait à la France la foi romaine comme unique moyer de vivre libre et forte et de reprendre son rang dans le monde, Les débats de l'adresse en réponse au discours du trône venaient de commencer. Le projet mis en discussion renfermail ce paragraphe : € Nous accueillerons avec empressement les nouvelles propositions qui auront pour objet d'améliorer Ja situation et les habitudes morales des populations. » C'est à propos de ces derniers mots que Fabvier se fit un devoir d'exprimer publiquement, avec ampleur el sans ambages, ses sentiments religieux (séance du ff janvier 1848) (2).

… L'unique base de la morale, déclara-t-il nettement. c'est la religion ; le Roi le sait bien, lui, successeur de tant de rois trés chrétiens, Soyons donc catholiques et l'ordre renailra bartout où il x été troublé, c'est-à-dire partout où les croyances quel moyen d'ordre est arriver äu structions

religieuses ont été affaiblies. En effet, aussi puissant? Partant d'un même point pour mème but en traversant a vie, nous avons des 1rn (1) Lettre à Edouard Grasset, du 3 novembre 1867. (Papiers de Fabvier.) (2) Moniteur, 1848, p. 64.

451 LE GENÉÈRAL FARVIER infatisihles : notre Toi nous commande l'union, |

‘amour des devoirs. le mépris de Ces ri: heseces dont le culte conduit à

tous les malheurs et à toutes les hontes Par elle nous sup

portons les revers, Fin'ortune, comme des épreuves dont la

récompense nous attend: par elle le repentir vaut l'ininocence.

«.…. NSovons religieux et par conséquent justes ct désinté. ressés ; vous verrez en France renaître le bonheur pour tous, et pour notre patrie Punion, la puissance et la gloire.

« Ministres du Roi, honorez la religion: c'est Jà qu'est Je salut de fous. À ce. propos, j'ai un grave reproche à vous adrescer, Voici à quel sujel

eva quelque temps, réünis dans l'église des Invalides, nous attendions avec recueillement Le prètre qui allait dermauder à l'Éternel de recevoir dans <a miséricorde cet Oudinat,

l'un des vaillants champions de la France. Tout à Coup, un Arabe {raverse l'église, va Jusqu'à l'autel, sans douner Le moindre signe de respect, prendre Ta place d'honneur qui lui

était acsisnée. La douleur d'une aile souituire pénètre nos

vieux soldats: elle Sexprime par un murmure que tempere à peine la sainteté du licu. Pour HO, j ai eu peine à contenir mon cœur irrilé... »

Considérer comme une souillure l'assistance d'un musulman à une cérémonie catholique dénotait de Ja part de Fabvier un état d'âme très singulier. L'exposé de principes qu'il venait de faire entendre à la Chambre des pairs ne provoqua ni railleries ni murmures. Mais J'imagine riens irréductibles qui €

Assemblée durent

que Îles vieux vollaiaient encore nombreux dans la haute discrètement sourire en Fécoutant, Pour lui, il crut certainement avoir rempli un devoir sacré, et, au

Scuvenir de ce discourss il n'eut plus tard jamais aucun regret (1).

(4) L'année suivante, Fabvier {tait candidat (dans le département de

la Meurthe). Un de ses anis lui avant exprimns la crainte que le souvenir , “ saute profession de foi catholique ne lui fit du tort, il lui écrivait (la ue rs ia c'est sérieusement que vous mme présentez fe bete oi ar Faut-il être Juif pour plaire aux Lorrains? Et prive-l-elle un homine du droit de suivre Ja religion de son père

Après avoir lu cette dernière citation, lon n'aura pas de peine à comprendre létonnement douloureux, mèlé d'irritalion. avec lequel il allait accuetilir là révolution de Février, et lâpre sévérité avec laquelle il jugea plus tard les hommes de la seconde Pépublique.

et de sa mère sans l'imposer à personne, et quand il trouve dans ses principes la plus douce e{ la plus puissante morale il faudra que je regarde cela comme un obstas let » (Lettre communiquée par M. Zaller.)

Page 1