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dans la forteresse, lui en fit absolument un devoir, Alors eut lieu une retraite lamentable et qui faillit se terminer par un désastre. Les soixante-dix-huit petits bâtiments grecs qui avaient si singulièrement tenu le blocus s’étaient portés sur la côte occidentale de l'ile. Les irréguliers, en complète révolte, allèrent les y rejoindre pour s'embarquer en toute hâte. avec les démogérontes, sur cette flottille, où beaucoup d'habitants de l'île, fuvant les vengeances turques. ne trouvèrent place qu'à prix d'argent. Des femmes, des enfants, privés de tout, furent abandonnés parce qu'ils ne pouvaient payer le nolis. Quant au colonel et aux sept ou huits cents réguliers qui lui restaient. on n'en eutcure, et on eût été bien aise qu'ils fussent perdus. Scaramonga, l'un des démogérontes, déclara € qu'il verrait la mer rouge de sang qu'il n'enverrait pas une barque pour les sauver (1) ».
Poursuivi et serré de près par l'ennemi, Fabvier dut se jeter avec ses hommes dans l'ilot stérile de Mesta, où il resta plusieurs jours sans pain. sans eau et sous le feu des Tures. 11 y aurait péri si l'amiral de Rigny n'avait mis à sa disposition un de ses vaisseaux, la Fleur-de-Lis, dont le commandant, Lalande (?), eut à faire preuve d'autant d'habileté que de sang-froid ct d'énergie pour opérer le sauvetage de ces malheureux,
Voici comment cet officier, dans son journal de, bord (3), raconte les faits douloureux par lesquels se termina la malencontreuse expédition ds Chio.
<.… Le 17 (mars), à 4 hevres du soir, mes trois canots étaient de retour à bord et avaient rapporté 64 femmes, enfants et vieillards, réunis par familles. Les maris étaient restés à terre avec une partie de leurs effets et je leur avais fait promettre de venir les prendre le lendemain matin. Ces malheureux me confirmaient ce que je savais déjà. Ils avaient été obligés de fuir sur Ce rocher les soldats grecs, qui battaient, violaient et tuaient
’ . i Ïel C'est du moins ce qu'affirme Fabvier dans un mémoire qu'il adressa quelque temps après au gouvernement grec contre les démogtrontes et dont le brouillon sé trouve dans ses papiers )] . . ; ; P P | (2) Plus tard vice-amiral.
(3) Archives de la marine, BB*, 900, fol. 101-108.
en fuyant les Tures. Un homme dont on avait tué la femme ce jour là avait apporté deux petits enfants et avait été suivi par deux autres petits enfants dont on avait tué le père et la mère. Aussitôt que j’eus embarqné ces fugitifs, je fis voile pour l’ile Mæœsta. Le colonel Fabvier a si peu d'influence sur les chefs irréguliers et sur la population qu'il n’a même pas pu leur persuader d’ailer à Mæsta, point favorable pour que l'embarquement y soit protégé, et qu'ils se jettent sur tous les flots et les rochers, d’où l’on peut facilement les fusiller de la côte.
« Le 18... je pris la résolution d'aller déposer nos fugitifs à Syra. Les canots que j'avais envoyés à terre apportèrent des familles grecques et m'annoncèreut qu’on allait m'en envoyer autant que j'en pourrais prendre.
« Le colonel Fabvier m'écrivit pour me prier d'envoyer prendre sur le rocher ceux auxquels j'avais promis assistance. Je louvoyai jusqu'à dix heures pour gagner le rocher. Mes canots eurent de la peine à le trouver. Enfin à minuit ils revinrent à bord chargés de 61 femmes et enfants. Deux autres bateaux devaient embarquer au jour une grande quantité de ces malheureux. Mes canots apportèrent ceux qui, étant trop misérables pour payer leur passage, seraient restés abandonnés. Enfin il ne resta sur le rocher que 8 femmes qui ne voulurent pas s’embarquer, parce que leurs maris étaient restés à terre.
. À la récapitulation nous nous sommes trouvés chargés de 80 hommes valides, 32 vieillards, 129 femmes et enfants, 97 petits enfants, en tout 412 personnes... Je ne pus arriver à Syra que le 20, à trois heures du matin. A midi tous les fugitifs étaient débarqués.
«.… Le 21 mars, au point du jour, j'étais à la pointe de Mæsta. J'envoyai M. Mathieu, enseigne de vaisseau, à bord du brick de Scaramonga. On envoya un exprès au colonel Fabvier pour lui porter la lettre dont je m'étais chargé pour lui et celle que je lui écrivais. M. Mathieu attendait une réponse lorsque le colonel arriva et il fut témoin d’une très vive discussion entre lui et l'épitropie. L'épitropie avait à bord de l'argent pour payer les troupes et, comme elle ne les payait pas, il y avait eu
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dans la forteresse, lui en fit absolument un devoir. Alors eut lieu une retraite lamentable et qui faillit se terminer par un désastre. Les soixante-dix-huit petits bâtiments grecs qui avaient si singulièrement tenu le blocus s'étaient portés sur lu côte occidentale de l'île. Les irréguliers, en complète révolte. allèrent les y rejoindre pour s'embarquer en toute hâte. avec les démogérontes, sur cette flottille, où beaucoup d'habitants de l'ile, fuyant les vengeances turques, ne trouvèrent place qu'à prix d'argent. Des femmes, des enfants, privés de tout, furent abandonnés parce qu'ils ne pouvaient payer le nolis. Quant au colonel et aux sept ou huits cents réguliers qui Jui restaient, on n'en eutcure, et on eût été bien aise qu'ils fussent perdus, Scaramonga, l'un des démogérontes, déclara « qu'il verrait la mer rouge de sang qu'il n'enverrait pas une barque pour les sauver {1)».
Poursuivi et serré de près par l'ennemi, Fabvier dut se jeter avec ses hommes dans l'ilot stérile de Mesta. où il resta plusieurs jours sans pain, sans eau et sous le feu des Turcs. 1] y aurail péri si l'amiral de Rigny n'avait mis à sa disposition un de ses vaisseaux, la Fleur-de-Lis. dont le commandant, Lalande (?), eut à faire preuve d'autant d'habileté que de sang-froid et d'énergie pour opérer le sauvetage de ces malheureux,
Voici comment cet officier, dans son journal de bord (3), raconte les faits douloureux par lesquels se termina la malencontreuse expédition ds Chio.
.… Le 17 (mars), à 4 heures du soir, mes {rois canots étaient de retour à bord et avaient rapporté G4 femmes, enfants et vieil:x4s, réunis par familles. Les maris étaient restés à terre avec une partie Ge leurs effets et je leur avais fait promettre de venir les prendre le lendemain matin. Ces malheureux me confirmaient ce que je savais déjà. Ils avaient été obligés de fuir sur Ccerocher les soldats grecs, qui battaient, violaient et tuaient
(1) C'est du moins ce qu'affirme Fabvier dans un mémoire qu'il adressa quelque temps après au gouvernement grec contre les démogérontes et dont le brouillon se trouve dans ses papiers. Ka
(2) Plus tard vice-amiral.
(3) Archives de ja marine, BB4, 900, fol. 101-108.
bu reste, le colonel était cxaspéré contre l'épitropie. Je me rendis immédiatement à bord du brick le Nelson, où je trouvai les épitropes aussi mécontents du colonel que le colonel l'était d'eux. Ces messieurs prétendirent qu'ils lui avaient Envoyé tout ce qu'il avait demandé..; que le colonel avait tort de se plaindre du départ des 78 bâtiments, puisque c'était d’après ses vues que ce départ avait eu lieu et que lui, Scaramonga, était porteur de sa lettre; enfin que, puisque le colonel avait des vivres, des munitions et pouvait faire de l’eau, ils allaient le laisser et se rendre auprès de l'amiral Miaulis. Je représentai qu'ils rendaient en ce moment trois mille soldats victimes d'une discussion de pouvoir qui n'eût jamais dû exister, puisque le colonel était revêtu d'un pouvoir supérieur; que je trouvais affreux d'abandonner trois mille malheureux dans un ilot sans seulement s'inquiéter si moi, étranger, je voudrais bien les empècher de mourir de faim et de soif. Ceci amena la communication de nouveaux griefs : « Nous serions restés si nous ne courions pas les plus grands dangers en communiquant avec les troupes. Nous ne serions plus maitres de nos bâtiments s'ils y venaient, nos vies mème seraient en danger. » Je représentai encore que ces raisons étaient loin d'être suflisantes pour les livrer aux yeux du monde entier, qui les accuserait d'avoir sacrifié leurs compatriotes à leur haine pour un individu, Enfin... j'obtins non sans peine qu'ils laisseraient ici un brick chargé de diriger tous les bâtiments éparpillés sur la côte et ceux qu'ils pourraient rencontrer à l'ilot de Mæsta.… Scaramonga n’osant même pas laisser communiquer ses canots avec la terre, je me chargeai d'y faire parvenir un peu de biscuit, qu’il désirait y envoyer, et d'y joindre de l'eau de mon bord. Je chargeai M. Guillet de remettre ces provisions au colonel Fabvier, de lui rendre compte de mon entretien avec l'épitropie, et de lui demander sa dernière détermination ; qu'il me paraissait clair qu'on l'abandonnait et qu'avec la meilleure volonté du monde je ne pourrais emporter seul trois mille hommes, — Les canots revinrent à sept heures, rapportant des barriques qui avaient été vidées en un clin d'œil, etquatre blessés que le colonel me priait de recueillir. M. Guillet me remit
la protestation ci-jointe du colonel Fabvier (1) et me rendit compte de sa position. Ilne manquait pas de vivres pour le moment. Il avait aussi assez de munitions, puisque les Tures n'avaient pas de bateaux pour l'atlaquer. Mais il ne pouvait rester longtemps ainsi et ne voyait de ressources qu'en moi. ]l espérait que je suffirais. Une moitié des irréguliers était déjà partie et le reste cherchait tous les moyens de déserter. Il pourrait évacuer demain; il irait où je pourrais bien le mettre.
« Le 24 mars, au point du jour, j'entrai dans le golfe de Mæsta en mème temps que deux bricks, lun grec, Pautre ionien, J'envoyai un canot avec un officier au colonel Fabvier, qui me fit prier d'envoyer mes canots à terre prendre ce que je pourrais de ses troupes et qu'il allait aussi en embarquer le plus
(4) « Monsieur le commandant, l'horrible attentat commis par la démogérontie de Kcio, lit-on dans cette pièce, mme détermine à vous demander de prendre la peine de constater Jes faits suivants, pour que justice sévére soil faite... :
« 4° Que par le refus non fondé de payer ce qui est dû aux troupes, ils ont engagé les irréguliers à commettre des désordres;
« 2° Que la fuite de la commission et de tous ses employés, le 43 mars, laissant les troupes sans vivres, sans munitions, a été la premivre cau-c de la désertion des soldats irréguliers :
« 3° Que n'ayant pas obéi à l'ordre de faire passer Ja cavalerie à Ipsara, puisqu'elle est inutile dans ces rochers et déferrée, elle a déterminé la perte de tous les chevaux;
4° Qu'ayant donné l'ordre infäme de retirer tous les bâtiments... elle à jeté dans le désespoir toutes les troupes, qui se sont précipitées sur le rivage, d'où il m'a été impossible de les remplacer surles positions où je les plaçais et où j'espérais tenir plusieurs jours. Les irréguliers, s'étant procuré quelques barques, s'échappérent en grand nombre;
«“ 59 Qu'avant tenu les bätiments pendant le combat du 23 hors de” portée et n'ayant pas envoyé de munitions ni d'eau sur un rocher aride. elle aurait fait passer tout au fil de l'épée sans la bravoure des troupes régulières ;
«6° Q'en refusant des barques pour la nuit suivante elle rendait notre perte certaine si on n'avait pas trouvé quelques bateaux, qui ont suffi Pour la iroupe, qui arrivée dans un ilot aride se trouve exposée à un sorl plus triste, puisque les bâliments empêchent toute communication avec elle et que sans eau ni vivres elle serait bientôt antantie.
“ J'attends de votre loyauté que vous voudrez bien faire cette enquéte. Je ne vous demande pas de secourir ces malheureux, c'est une gloire à laquelle s'attache toujours le pavillon français.
«“ I y a sur cet écueil quarante familles de Scio qui... ont été relusées à bord du Scaramonga, parce qu'elles n'avaient pas de quoi payer le nolis.
Nos soldats leur donnent du peu qui leur reste. « J'ai l'honneur... »
qu'il pourrait sur les bâtiments qu'il avait à sa disposition, pour les déposer à Ipsara et revenir en chercher d'autres. Je fis mettre mes canots el ma chaloupe à la mer; les embarcations ne purent transporter à bord que 463 hommes, parmi lesquels se trouvaient les blessés. Dans loute autre circonstance ce chargement eût été plus que suffisant, Les deux bricks mouillés le matin firent route avec un chargement complet. Une goélette expédiée par l'amiral Miaulis arriva dans la soirée et remit au colonel Fabvier des dépèches du gouvernement. L'amiral ignorait la position critique du colonel et la goélette repartit pour l'en prévenir. Tous les malheureux qui n'avaient pu trouver un passage faute d'avoir de quoi le payer et ceux qui avaient d'abord refusé de s’embarquer se rendirent en foule sur la côte. La frégate {a Junon était occupée au nord de l'ile à en recucillir le plus qu'elle pouvait. Il était de toute urgence que l'amiral Miaulis avisät aux moyens de les sauver et la goélette lui fut expédice aussitôt.
« Le 25 mars, je fus obligé d'aller conduire mes canots jusqu'en dedans de l'ilot du large. J'avais l'intention de prendre 600 hommes; il s'en trouva à bord 655. |
« Le colonel Fabvier arriva à bord à midi. Il m'annonça que toutes les dispositions étaient prises pour l’embarquement de cinq à six cents soldats qui restaient à terre et qu'il avait laissé un Jieutenant-colonel pour en diriger lembarquement sur les bâtiments qui devaient arriver d'Ipsara ou sur ceux expédiés par l'amiral Miaulis. Ces troupes avaient quelques vivres et je leur envoyai pour obvier à un retard inattendu huit sacs de biscuit. J’attendis jusqu’à six heures du soir près de l'ilot du large afin d'être bien certain que tout était tranquille, et je fis route pour Syra.. Ce port étant très fréquenté, le colonel Fabvier devait y trouver plus facilement les moyens de faire transporter ses soldats et d'envoyer des secours et des bâtiments à ceux qui sont restés sur l'ile de Mæsta ou sont allés à Jpsara. — Le colonel me répéta ce qu'il avait dit à M. Guillet.…. : Sa troupe et lui avaient été victimes de la plus lâche trahison ; l'épitropie avait voulu cacher ses déprédations en leur ôtant tout moyen d'échapper au fer de l'ennemi
et à Ja faim. Sa position n'était point du tout désespérée ävant que l'épitropie ne fit partir les bâtiments, et jusque-là elles avaient assez bien gardé leurs positions. Mais l'apparcillage des bâtiments fut le signal d'une vraie déroute. Tous se mirent à fuir vers la marine, où ils eussent été facilement massacrés sans la bonne conduite des troupes régulières.
« Je casai les soldats par compagnie dans tous les endroits où ils génaient le moins. Je pris à ma table le colonel Fabvier et six ofliciers; l'état-major en prit le plus possible et j'installai les autres sur des tables de la cuisine ; tous mouraient de faim. Tout allait bien lorsque nous reçômes dans la nuit une bourrasque du sud assez violente.
« Le 26 mars, la brise fut molle et variable toute la journée.
« Pendant la nuit du 26 au 27 il fit une brise carabinée du nord-ouest. Je louvoyai toute Ja nuit et mouillai le 27 à sept heures du matin... près de Syra.
« J’envoyai porter au gouvernement une lettre du colonel Fabvier et le fis prier d'envoyer des canots pour débarquer mes passagers. Un envoyé de M. le gouverneur arriva peu après et fit diverses objections sur le débarquement des troupes : Je répondis que mes passagers ne m'avaient payé le nolis que jusqu’à Syra, que je les y débarquerais et qu'il prit ses mesures en conséquence. Pour lever toute difficulté le colonel Fabvier se rendit à terre. M, le gouverneur l'attendait à la Santé et, après bien des diflicultés, il fut résolu quil allait envoyer des bateaux prendre les troupes. — Pendant ce collogue, les Chiotes réfugiés à Syra depuis longtemps et auteurs de la dernière expédition s'ameutèrent et dirent des injures au colonel lorsqu'il sortit. 11 n'en continua pas moins sa route par terre au lazaret, en disant à M. te gouverneur qu'il songeil bien à maintenir son monde en paix, parce qu'il ne répondait dé la tranquillité de sa troupe qu’à cette condition. Le débarquement s’opéra tranquillement ; le peuple était attroupé, mais ne SOufMait pas le mot, Le canot qui avait porté le colonel Fabvier à terre amena à bord M. le gouverneur, qui venait me remercier de l'assistance que J'avais donnée à ses compatriotes, me
faire part de ses inquiétudes, me demander des renseignements
sur la position des hommes restés à Mæsta et réfugiés à Ipsara, enfin me prier d'engager le colonel Fabvier à se modérer (1). — Lorsque le débarquement fut terminé, le colonel revint à bord. Il ne savait encore quelles mesures on prendrait pour transporter les troupes et envoyer les secours à Mæsta: mais il était décidé à y envoyer un bâliment à ses frais si on hésitait plus longtemps. TT espéraitque la tranquillité nescrait point troublée, ne s'inquiétait nullement des clameurs du matin et ne les attribuait qu'à quelques émissaires de l'épitropie, dont il allait dévoiler les turpitudes en exigeant qu’on fit de suite une enquête.
« J'appris le soir qu'une seule rixe avait eu lieu, entre quelques habitants et un soldat grec; mais que, le gouverneur ayant fait publier un ordre de police très sévère et le colonel Fabvier faisant faire des patrouilles et se promenant lui-même en ville, tout était rentré dans la plus parfaite tranquillité. Le colonel a une grande influence sur ses troupes, j'en ai pu juger pendant leur séjour à bord. Je n'en ai jamais vu de plus tranquilles et d'aussi soumises... » |
(1) Le récit du capitaine Lalande est confirmé, dans ses traits principaux, par divers auteurs, et notamment par Byzaxtios, p. 453-155. On peut en rapprocher aussi l'extrait suivant des Souvenirs d'un vieux capilaine de frégate (Joseph KenvizLen), publiëés par son fils (H. Champion, édit., 1893), p. 195-197 : « 29 wars 1828... Nous découvrimes sur un rocher beaucoup de gens qui nous faisaier t des signes de détresse. Nous mimes aussitôt en panne pour ÿ envoyer un canot. A son retour, on nous dit que sur cet ilot s'etaient réfugiées près de 500 personnes; qu'à la pointe la plus rapprochée étaient des hommes armés qui, à mesure que les fugilifs arrivaient. les dépouillaient complètement, en avaient tué plusieurs qui n'avaient pas d'argent, avaient violé des femmes et exerçaicnt sur tous les plus révollantes atrocités. Un bateau, moyennant une gourde par tête, passait sur l'ilot ceux qui avaient pu soustraire quelque argent à la rapacité des palicares; mais les autres restaient en proie à toutes les horreurs de la famine, La position de ceux qui avaient pu alteindre le rocher n'était guère meilleure; depuis quatre jours ils manquaient d'eau et de vivres. Plusieurs femmes avaient accouché dans cetto affreuse retraite : quelques-unes étaient mortes quelques heures après. Les troupes de Fabvier seules, disaient-ils, nous protègent sans nous piller et partagent avec nous un morceau de pain. La Fleur de Lys mouille prés de nous; elle a conduit à T... les réfugiés de Chio, et dans Un second voyage elle a porté à Syra Fabvier et ses troupes, qu'on y à reçues à coups de fusil. On y a méme tenté d'assassiner le général, qui n'est parvenu à dissiper la populace que le sabre à la main et la baïonnelle au bout du fusil... »
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