V. — Voyages d'explorations
Voyages d'explorations ordonnés par Faidherbe. ~ Nécessité de grands débouchés pour la colonie. — Le Sahara et le Soudan : opinion de Faidherbe. — La voie du bas ^'i^cr. — La conduite à suivre <lans li pénétration. -- Le major Vincent dans TAdrar. -- Voyages de Hou-el-Moghdad, de IJourrel, d*Alioun- Sal, <le Pascal. Le lieutenant Fanibert dans le Foula-hjalloii. — \mbassade de Mage et Quentin auprès du roi de Ségou instructions de Faidherbe; résultats.
« Dans l'œuvre de civilisation entreprise an Sénrgal depuis 1853, le drapeau français n'a jamais reculé \ » (Faidherbe.) Ce n'était pas assez : il fallait le porter de plus en plus loin jusqu'au cœur du Soudan.
Renfermée dans ses limites, la colonie était condamnée h la stagnation. On ne pouvait songer à en faire une Colonie de [)euplenient. Tout en exploitant le sol au moyi'u d(?s nèii,'res améliorés, jusqu'à la formation d'une rnco mixte plus apte au travail que les noirs, on n'avfiit |)a- à es[)érer de longtemps une production assez abondante pour approvisionner largement nos comptoirs. Pour le commerce, tant qu'on aurait pas étendu son champ d'exploitation, nos traitants, réduits aux
1. Tout ce qui se trouve entre guill^mels, sans nom d'auteur, est empruBté à Faidlierhe.
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LE CliNEIU.L FAIDllEBEE
ressources locales, ctaicat expû:iès à s'alrophîi de mesquines ealrepriaes. Oa avait auLaiit que possira î«sécuritfl, sans laquelle les trausacLiona sont impoËfl blés: il fallait cncoi'e l'espace, sans lequel elles a< tti^rile». Des débouchés nouveaux, voilà le but è Isiudi'e; des débouehés qui dériveraient sur nous eouranls de richesses et exeilcraient les indigëneffl mie production plus lutense; des dchouchés pasBeraient nos marchandises, les produits deuos^ ilustries, pour se répandre dans le continent noir.
Débarrassé des grandes guerres conlre les Maurt Kl-lIadjOmar, Faidherbe s'appliqua fi la réalisati! tie ses id(5ea. 11 envoya au loin, tout autour de I possessions, chez les Sahariens, les Feuls, les noJB des oiïiciers instruits et vaillants avec mîssioa de aân des relations politiques et coinmcrcialcs. Il traça! plan de pénétration progressive dans le Soudan.' cherchant la meilleure voie pour l'expansion du o merce du Sahara et de l'Afrique centrale, il avoit^ amené à penser qu'elle se trouve dans le haut Nigej le haut Sénégal, séparés l'nn de l'autre par un inj valle qii'oQ pouvait occuper, puis sillonner de rw ou de chemins de fer. Il supposait, ce que rèvénens aconllrmé plus tard que la navigation du haut Nta de Cammakou à Tomboue tou, noITrait pas do.ditfk insurniontHhlGs à ia navigation. Il excluait la vOi Sahara « Cette plirase sLéréolypce dans loualeg^ naux que le Sénegitl el i Algcvie doivent s main par-dessus le ^fl/io;-a, phrase à effet s'il 50 3 a-t-elle un sens î Pour nous, c'est en vaui qui vons cherché jusqu'aujourd'hui '. .- Le Sahara e
1. Koidliei-be, Avenir du Stiliara tliluSuudii'i (fieme eoloifl juin 1SB2).
AU SrâÉCAL lllj
affreux désert d'une étendue de fiOO à 700 lieues enlrt le Soudan et la Méditerranée. Le voyageur qui s'y ri»>9 que est obligé d'emporter son eau. Quelle comparai-J^ san établir entre des caravanes et des bateauE.I pour le transport desmarchandises? Ra|iidité, quantité, i prix, tout est à l'avantage de ces derniers. Les cara— ■] vanes transporteront longtemps encore certains pri^fl doits tels i4ue l'or, l'ivoire, les plumes d'autruches tes matières encombrantes ou de peu de valeur intrin-1 sèque : arachides, sésame, gomme, beurre végétal.^ cire, coton, etc. sorlirout par d'autres moyens de leufif pays d'origine. Faidherbe va jusqu'à prévoir le dépeu- J plement du Sahara. « On n'h abite pas le Sahara quand j on peut aller ailleurs, » disent les Arabes. Les popula-fl lions, pense-t-il, n'ont été poussées ou retenues dans 1» ■ désert que parles troubles du Tell ou par la prospérité T séculaire du commerce d'esclaves. Ces causes dispa- 1 rues, des tribus arabes et berbères du Sahara, les unes remonteront vers le nord de l'Algérie, la Tunisie, les autres ac rapprocheront du Sénégal et du Niger où le type blane finira par se perdre dans le mélange des noirs. Telle était en 18G3 l'opinion de Faidherbe sur l'avenir du Sahara. Vingt-six ans plus tard, parlant du chemin de fer Iranssaharien, il s'étonne qu'on aongc à un pareil projet. « Un chemin de for de 623 lieues de longueur, dont plus de 500 d.nns un désert !... il faudrait tout porter, même l'eau à boire, aa personnel de chaque station ! ■>
On a reproché à Faidherbe d'avoir dédaigné systématiquement une autre voie fort import an te, celle du bas Niger et de son affluent le Bénoué. Ce reproche n'est pas fonde. Dès JSC3, en mônne temps qu'il insistait sur la nécessité de relier le Sénégal au Niger, il recom-
l!2 I.E Gf:KÉB.iL FAIDHEHBE
maatlait u tJeprendre pied sur le bas Niger pour maiatenir nos droits à l'entrée cl à la sortie, de manière à ne pas nous trouver enfermés dans le bassin supérieur. » — Mais ce grand fleuve est comme coupé en deux par les obstacles de son cours moyen, barrages, rapides, cataractes, de sorte que ni le cours supérieur ni Iç cours moyen ne peuvent desservir tout le bassin. De là la différence des affinités et des destinées de ces deux tronçons. Le haut Niger, pour ainsi dire, du eùté de la mer s'ouvre sur le Sénégal. C'est vers le Sénégal que doivent affluer les produits agricoles ou industriels de la région qu'il arrose. Le Sénégal en est la voie d'écoulement.
D'un autre côté, le bas Niger est bien plus près d'être a l'Angleterre qu'à nous. Nous y possédions deux ou trois compagnies de marchands, elles viennent de se fondre dans une compagnie anglaise. Ainsi aux bonnes raisons qui recommandent la voie du Sénégal pour le trafic du Soudan et du Sahara, s'en ajoute une autre tirée du patriotisme. Elle s son importance ; il est certain qu'elle n'a pas échappé à Faidherbe.
Après avoir indiqué te but, Faidherbe précise les moyens. Laissons-le parler lui-même, h 11 s'agit d'occuper par ces postes-comptoirs la ligne de Modine au Niger. Ce n'est pas par la l'orce que nous voulons nous établir dans le pays. Lcscirconstances sont favorables, nous resteronsneutresenlre les belligérants... Nous pénétrons dans ces pays pour y faire régner la paix et la justice, afin que les habitants puissent jouir deleurs richesses naturelles en faisant avec nous un commerce avantageux aux deux parlLes,..Persuadons aux populations indigènes que nous ne voulons pas nous mêler k
AU SÉNKCAI, 113 ,
leurs guerres, que nous ne désirons qu'une chose, commercer pacîrLf]uement ave^: loul le monde. » L'intérêt i servant de guide à la justice et à la civilisation !
Il ajonle plus loin : <• Notre établissement dans le j Soiidari, quand notre, influence et notre autorité y seront bien assises, aura cei-liilnement pour résultats.) lasubstitulion d*un commerce honnête aux inrâmespra- ' tiques qui régnent actuellement, le brigandage, la,] traite et l'esclavage, m
Faidherbe a eu la bonne Tortune Je vivre i longtemps pour voir aboutir ses projets. Il a pu assister à la résurrection de sa cbère colonie que onze ans ' d'iiierlie semblaient avoir frappée de mort : il a pu e tendre un ministre, en 1H82, donner l'ordre au gouverneur dii Sénégal d'atteindre le Niger, de construire un fort à Bamakou ; il a pu suivre de la pensée ses continuateurs et les comparer, dans son enihousiasme, aux conquérants fameus du xv]* siècle. Il aurait pu s comparer lui-même aux Corlcz, aux Pizarre : car il les' J aégalés par l'audace, en les surpassant par l'humanité, ^ le désintéressement, l'abnégalion.
C'est en iSGO que Paidherbe fit commencer 1 explorations dans les régians encore inconnues du Soudan occidental. Le capilaine d'état-major Vinceiit, envoyé dans l'Adrar, traversa le pays des Trarzas, longea la mer jusqu'à Portendik et .\rguin, visita dai le 'l'iuio la fameuse Sebka d'Ijil, où le sel gemme dis- 1 posé en quatre couches supe rpo^ées forme une mine & T ciel ouvert de ^00 à 400 kilomètres carrés. Par le pays ] des Ouled-Delim, réunion de tribus de pillards, riche en chameaux et chevaux, « vrais limiers du désert ii ilgagaa l'Adrar, btil de son expédition. Mais il ne put pénétrer dans les villes, et dut se contenter des rensei-
114 LE GfiNÉRiL FAIDHERBE
gnemenis que lui fournil un juif blanc nommé Mar-
dochC-e. Ce voyage jeta une grande lumière sur dea eonti-êcs où les Européens ont difficilement accès.
Bowel-Mogh'Iad, ossesseurdu cadi de Saint-Louis, noir musulman élevé chez les Maures, parl.'int l'arabe, avait accompagné le capitaine "Vincent dans l'Adrap. A son retour, il obtint la protection du gouverneur du Sénégal pour entreprendre un pèlerinage h la Mecque.. On lui demanda en échange dépasser par le Sahara et le Maron, afin de faire tourner son voyage religieux au profit des intérêts français.
L'enseigne du vaisseau Sourrel reconnut le pays des Brakaas. Mage, commandant de la canonnière la Couleucrine, explora le Taggant.
AUv'Un Sdl, aous-lieu tenant aux spahis îndigèneà,, compagnon de Bourrel chez les Brakoaa, avait été plu» spécialement chargé de réconcilier lea différents partis qui divisaient celte nation maure. Fils d'un commerçant indigène du haut Sénégal, il avait pris du servies dans l'armée coloniale, où ses mérites lui valurent le grade de iieuteriantet lacroîx delà Légion d'honneur. Celait on musulman convaincu, mais tolérant. D'une rare bravoure sur les champs de bataille, il apportait dans le conseil un jugement sûr. Il parlait et écrivait couramment l'arabe. Faidherbe, qui le tenait cnhaulo ■. estime, lui confia une de ses plus importantes missions. Il s'agissait de se rendre à Tombouctou par lé pays des Maures, de traverser ensuite le désert jusqu'^ " l'oasis de Touatavec une caravane marocaine. .4lliouik' | n'accomplit que la première partie de son voyagé» Délivré à pri.': d'or de la captivité des Maures, il se mît ' eni'uute le 'à miirs 1801. Voyageant à petites journéctfiî ' seul ou en caravane, exposé à tout instant à périr d^.
* AU SÉNÉGAL .. US
mort violente, protégé tantôt par un chef de voleurs, tantôt par une ambassade, jouissant de l'abondance dans les tribus hospitalières, épuisé par la faim et la soif dans les solitudes désolées, il atteignit péniblement Oualata, grand marché du Sahara sur lequel les Marocains et les Soudanais échangent leurs produits. El- Arawan, ville située au milieu des sables, au nord de Tombouetou, « comme la sentinelle avancée du désert », lut !o terme de son voyage. Reconnu par un parti des Iladjistes, Alioun fut retenu prisonnier pour servir dans l'armée d'Omar contre les l^rançais. En ce moment, le prophète, maître du haut Niger, songeant à venger ses échecs du Sénégal, préparait deux colonnes poar descendre le fleuve jusqu'à Saint- Louis. La révolte du Macina dérangea seule ce projet. Alioun, échappé à ses ennemis par la connivence d'un chef touareg, revint au Sénégal. Deux ans plus lard, i! mourait de maladie à la suite d'une expédition dans le Cavor. Faidherbe exnrima dans le journal de la colonieles regrets que lui causait sa perte : « le gouverneur lui rendait en afl'ection tout le dévouement dont il était l'objet do sa part ».
- « Conl'ormément aux ordres du colonel Failherhe, gouverneur du Sénégal, un voyage d'exploration d.ms le Bambouk fut entrepris vers la fin de l'annéiî I8o0 parle sous-lieutenant d'infanterie de marine PnscaL Il devait remonter la Palémé jusqu'à Kliolobo, traverser le Bambouk et le Naliaga, atteindre le SéiîT'gal eu aval de la chute de Gouina, remonter juspi'à Tlifoulabé. » Ce programme, Pascal le re'uplit avec fidélité et distinction. 11 a écrit quelque part: « Je suis reniré à Saint-Louis à moitié fou et mon corps ne tenant plus epsemble Ah î:si en ce moment le gouverneur ne
^^^ -périt
Hfi I.E GÉNÉRAL FAIDHERBE
m'avait pas dit : « Vous avez mérité la croix et vous l'aorez », ma loi, je ne saia ce qui serait advenu de moi;... mais ill'a dit et la croix est venue. »
La missiou de Lambert, lieutenant d'iiirnoterie de marine, consisfait à pénétrer dans le Fouta-Djailon, & nouer des relalions d'amitié avec les chefs de ce pays, à encourager le commerce avec les Français par le rio Nunèa et la Falémé. Il remonta le rio Nuuês jusqu'à ' Kakandy, oii il convoqua uu palabre, n afin de faire cesser les pillages qui écacLaieot des comptoirs européens tant de caravanes ». Les Landoumas, habitants de la région, promirent tout, afin " de détourner de leur tète le courroux du gouverneur de Saint-Louis ". La présence de Faidtierbe quelcjuca mois plus lard à Kakady donna une forte sanction aux paroles de son envoyé. Lambert trouva un accueil charmant auprès des deux almamys du Fouta-Djallon, Oumar et Sidi- Ibrahima. Ils écoutèrent avec une religieuse attention la lecture d'une lettre que Faidherbe leur adressait. Les cadeaux du gouverneur, fusils, poudre, poignards, colliers, jumelles n'obtinrent pas moins de succès. Enfin dans un palabre solennel, oii étaient réunis les anciens et les notables du Fouta-Djallon, Lambert exposa les motifs de son voyage. Il venait demander au nom du gouverneur de Saint-Louis des relations commerciales plus suivies que par le passé avec Kokandy et Sénouddbou. il développa les raisonsde sa demande. Quand il eut fini, « Parfaitement vrai ! s'écria un des vieux conseillera présents, chaque jour nous demaudons à Dieu de nous envoyer des blancs. » La lettre reçut une approbation générale. L'almamy Oumar, touché des vœux que Faidherbe formait pour sa pros- 'périté, prononça la prière suivante : « Des lieux o
mm^
AU s lis MAL
soleil se lève et de cetix où U se couche, du côté de la droilc et du eôlè de la gauche, je reçois journellement des envoyés. Mais aucun ne peut me faire le plaisir que me cause celui qui vient de la part du gouverneur de Saint-Louis. Car lut aussi est un grand chef.un puissant monarque. Comme moi il est connu à l'orienLetau couchant, au nord et au midi et partout on l'aime : cnr il ne veut que la justice. Je prie Allah de maintenir entre nous une étroite amitié et de bonnes relations commer' cialesiftinsique vient de ledire ce vieux marabout, notre conseiller.il faut espérer qu"Al]ah exaucera nos vœux.» Après un séjour assez prolongé â Timbo, capitale du Pouta-Djallon, où il fut l'objet des soins les plus délicats, Lambert prit congé de ses hôtes et regagna la colonie par la route du nord et Sénoudéi)Ou. Au point de vue géographique il avait déterminé les sources du Sénégal'.
Au mois d'avril I86i, Faiiiherbe informa le lieutenant de vaisseau Mage et le chirurgien de marine Quentin que, selon leur désir et avec rasscntiment du ministre de la marine, le comle de Gliasseloup-Laubat, il les <;hargeait d'une mission politique, commerciale et géographique de la pins haute importance. Dans les nombreuses instructions qu'il leur donna, il ea précisait nettement l'objet. Il s'agis«ait u d'explorer la ligue qui joint nos établissements du haut Sénégal avec le haut Niger et spécialement nvecBamakon, qui parait le point le plus rapproché en aval duquel le Niger no présente plus peut-être d'obstacles sérieux à la navigation jusqu'à Boussa », Le but, c'était de créer un jour une ligue de postes, distants de 3U lieues les uns
i.Uinberl, Voyage dans le Fout-i-Djallcm{Tow du Mondv.tW). — i.neeUt, les Expioialions au Sénégal.
LE GÉNÉRAL FAItlHEIlBE
des auLres. entre le Sénégal et le Niger; d'attirer j cespysles ])ar une [irolectioa réelle, par l'intérêt I enlenJii, les caravanes de l'intérieur; d'établir le Soudan et nos possessions un courant commej permanent ; de supplanter à notre proDt le trnfiS Maroc avec le Soudan, traflc lavorable s l'Angleterre et aux marchands d'esclavea. La îoi lion d'un grand empire par El-Hadj-Omar, l'unit^ litique qui en était la conséquence, favorisaienifl intentions. S'adressant à Mage : « C'est donc coig ambassadeur à El-Hadj que je vous envoie....
devez faire tout votre possible pour suivre la n
Bafoulîibé, Bangassy et Bamakou Pour eh)
point de cette ligne où vous croiriez qu'un poste f rait être établi, donnez-moi: un levé topograpM des lieux; des renseignements sur les matériau! conslruclion, bois, pierres, terre à briques, piM chaux ou à plâtre, qui se trouvent sur la place < des dislances que vous déterminerez, sur les tions naturelles susceptibles de fournir un alimelfl commerce, sur la densité de la population du !^ même et des provinces voisines, sur la nature et l'imporlanco des relations commerciales dont ce lieu pourrait devenir le centre Quelles que soient les circonstances où vous vous trouverez et le rôle que vous sej'ez ob!if;i5 de prendre pour vous tirer d'embarras, ne faites rien qui puisse contrecarrer nos projets d'approvisionner le Soudan occidental par la ligne do Sénégal et par l'intermédiaire des noirs, en supplantant les Sahariens et les Marocains, qui sont en possession de ce marché, u
Le général Foidherbe eul une dernière entrevue avec Mage à Bakel. Mage en pai'Ia ainsi: a Je reçusses
H; SÉSÉGAl,
SDÎ&res inslructions, ses derniurs avis qui se rcsiimèiteu ceci: Parlez le plus "vite possible, marchez le ' s rapidement que vous pouiTez, pendant que les ■ aleurs ne sont pas arrivées, et LAchez de gagnei' le . Puis, croyant peut-être que j'avais besriiii d'un i plus d'enthousiasme, il me dit quelquca-uae!i de jf paroles qui vont au cœur lorsqu'on lu Ijien placé, ■■lendemain il partait de Bakel, au bruit lifti suives Irlillerie de la terre et des bâtiments; et, quelques s après, le 36 octobre i8lJ4, je quittais aussi e pour me rendre à Médine '. »
Mage emportait une lettre que Faidherbe adressait ^mar:
kl Gloire à Dieu seul ! Que tous les bienfaits accomlaeat ceux qui ne veulent que le bien et la justice. t Le général gouverneur de Saint-Louis et de tous ni en dépendent, h lHl-Hadj-Ouiar, prince des ryants, sultan du Soudan central.
t Cette lettre est pour l'annoncer qu'aussilût après B saison des pluies, j'enverrai un de mes chels vers lOmme tu l'as déairé autrefois.
! Cet ofdeier, homme très distingué, est Investi de,, a entière confiance, I causera avec toi des nfTaires qui nous intéressent E fera des propositions importantes au sujet d'un inerce qui pourrait te rapporter des droits consiiles.
I te remettra une lettre de moi, afin que tu ne ses pas douter qu'il est naon envoyé. C'est à loi de s ordres pour que lui et ses hommes puissent r librement sur tes États, qu'ils traverseront par
fl-Mogc, Voyage dans le Si:uian uQcldental.
120 LE GÉNÉfLlL FAinilfiRUh;
la route dea Djawaras ot du Fouta-Dougou, etq
ne soient ni arrêtés ni iuquiétêa en aueune faço^
Sal-it.
n I,. FAIDHEimE.
Les voyageurs ne purent suivre exactement leur ÎU- '' néraire à cause de Tétat de guerre où se trouvait le Niger. Quand ils arrivèrent à SiSgou, au milieu d'un immense concours de peuple plutôt curieux qu'hostile, oe n'est pas El-Hadj qui les reçut, mais son fils Aiimadou. Omar avait disparu dana le tourbillon de ses guerres, mais on cachait soigneusement su mort; on disait qu'il remportait au loin de nouvelles victoires. Mag'e et Quentin, traités d'ailleurs avec égard, furent bientôt les captifs d'Ahraadou. Sans rien obtenir que des promesses vaines, ils séjournèrent à Ségou pendant plus de deux ans, découragés, malades, privés de nouvelles, assistant aux batailles, aux divisions, aux massacres de l'empire chancelant du prophète. Lorsqu'ilspurent reprendre le chemin de la patrie en ISliG, il», rapportaient un traité de pais et de commerce dépourvu de Eaoetion, et la conviction que l'islamisme est l'obS' tach' de tout progrés en Afrique, que le Niger dans son cours est la meilleure voie de pénétration do Soudan.
K Si la France veut intervenir d'une manière efOcace dansia politique du Soudan, il n'y a, suivant moi, qu'un moyen sérieux, c'est de remonter le Niger avec dea bâtimi.'n!s, soi. qu'on parvienne à leur l'aire franchir le rapidu de Boussa, soit qu'on les construise au nord de eo iiarrase'. "Cette opinion n'est pas absolument 1. ïlasp.
AU SÉNÉGAL 121
conforme aux idées de Faidherbe ni aux données de la géographie. La navigation du moyen Niger est entravée par des obstacles à peine surmontables pour des pirogues. Outre les cataractes de Boussa et la percée de Tahont N'eggich, « roches d'entrée, portes de fer du fleuve des noirs », qu'un bateau à vapeur ne réussirait pas à franchir, on a à craindre à tout instant les échouages sur les bas-fonds, au moins pendant les basses eaux. En 1868. Faidherbe écrivit à Mage, qui venait de publier sa relation:
« 11 faut que notre drapeau flotte à Bafoulabé d'ici à deux ans et à Bamokou dans dix ! »
Si ces voyages ne portèrent pas tout de suite les fruits qu'on en attendait, ils ne laissèrent pas d'avoir une grande utilité. La France, pénétrant avec ses missionnaires-soldats dans ces terres lointaines, se lit mieux connaître, marqua sa place, sema les germes de sa domination future. Pour Faidherbe, ils furent l'éclatante révélation de sa renommée et de sa force morale. Aux yeux des Africains, c'était plus qu'un homme: il montait au rang des dieux. S'il fut resté à la tète de la colonie, il eût réalisé dix ans plus tôt les projets qui se poursuivent encore aujourd'hui.
g VI. — GoUVEBNfMENT ET ADSIlMSTtlATlON
■ l'rincipes de gouïcrnenienl. — L'armée; composition ; sollioij pour le EoUlal; les transports. — Transrormalion de Ja-'S de Saint-Louis: ponts; qunis; eau potable. — Inlérêls i miquas: liantjue ; routes; léiÈgrapho. — Port de D8.IÂ Chemin de fer. — InquiéUidea du commerce. — Agricu Isa DËgrea indillêrenls buï innovation»,' culture maraJel| , — Aptltudedcs nègres à l'agriculture. —Culture — Tentative d'exlraolîôn -do l'or. — Interdis iatÊlleeft pnblicûliona.— Instruction puhlîqne. — Écoles. créer. — École de* otages. — Missions. — L'immignitioi (Jianation.dc Paidherbe qbi y vuit le renouvellemenï ■ traite des noirs. — Trait de justice de Faidlicpbe, Ilépart de Faldlierbe. — Résumé st jugemerit.
Le gÔDie deFaidlicrbe s'appliqua avec le mèmeBî aux travaux de la paix qu"à ceux de la guerre. adminislraLioD le place nu premier rang parmi leâj ganUatcurs de colonies. On ne lit pas sans adtnin les règles de gouvernement qu'il a tractes lui-mâ « La première conditioa est de biea adminialrer-l populations soumises. Les commandants de cercles e(^ de postes devront mettre tous leurs soins, toute lonr vigilance k malatenir la tranquillité dans leur commandement, aflo que les indigènes puissent travailler et produire en toute sécurité pour alimenter nos comp-
AU SÉNÉGAL
if 8 de leurs produits etqu'îlsreconnaifscnt que notre feminalion leur est avantag-euse. »
a raisou de la dilTércncc de races et de religion, | [(faut les laisser autant que possible rogicr eux-mêmes j itars alTaires. Il faut eepeadant surveiller leurs chers 1 s'opposer aux exactions qu'ils voudraient cora ■e, tout en leur montrant la considùralion sans 1 ille ils n'auraient plus aucune autorité sur le ministres et ne pourraient plus être rendus respon- i Elles du bon ordre. >■
L'application de ces principes a contribué à rétablie-
ment de la puissance française au Sénégal, autant ]
s l'action militaire. Toutefois, le premier soin de
ûlherbe en arrivant dans la colonie fut de créer une
■- Nous savons en quoi consistaient les forces eu-
léennes: nn millier d'hommes au plus tirés de l'io-
;rie ou de l'artillerie et les équipages des statioo-
îs. Faidherbe y joignit un bataillon de tirailleurs
n escadron de spahis indigènes qu'il forma en 1857.
LDS un cadre d'officiers (pansais, ces troupes prirent
t de suite nos qualités militaires: elles se compor-
ec honneur dans toutes les rencontres. En. "
yre, les noirs et les Peuls de Saint-I.ouîs et de Goréo,
■traînés par leur instinctguerrier et pillard, excités
l'espoir du butin qu'on leur abandonnait, fourni-
■3 corps de volontaires. Malgré leur indliicipline ] mr inconstance, ces ausiliaires rendirent de grands-j rices dans les expéditions, Faidherbe finit par ^|;erk prendre l'engagement de servir pendant toute
d'une campagne: autrement, ils rentraient , Z eux sans autre soin que celui de mettre en sûreté ' it de leurs rapines. Ces demi-sauvages conve- . taux nécessités de destruction qu'imposaient le
LU GI-SKRAL FUDIIERDE
brigandage, les assassinats, les massacres commis || les peuplades ennemies, encore plus sauvages qu'e^
On a pu voir Jaos ee qui préeëde avec quelle a cituiie Faidherbe veillait au bien-être cl à la saatàj soldat, quelles précautions il prenait pour attéDuef effets du climat. Il recommanda lui-même " ployer dons les expèililtous quâ le plus petit nom d'Européens possiJjle et en les mettant dans des c lions de bien-Ctrc qui puissent leur faire supportei fatigues », La question des transporta par terrC pi'éoccLipa sérieusement. Il essaya des chevt ânes, puia des voitures, puis des chameaux, ne se d Irant entièrement satisfait d'aucune épreuve. 11 ne £ pas oublier que, le plus sonvenl, on marchait dam brousse par des sentiers de bétes fauvE vase plus ou moins desséchée des lacs et des utsrigf On devait, en outre, porter avec soi des vivres, di iiilioDs, quelquefois de l'eau. C'est au millieu t difiicullés ou insuccès que l'idée lui vint de domeslîqi l'éléphant d'Afriiiiie, comme on domestiiiue rélépS| d'Asie. Il ne l'essaya pas, malgré l'exemple des Cart' ginois qu'il aimait à citer. C'était une ressourc deusc dont les noirs se privaient bénévolement.
Sous son impulsion méthodique et vigoureui ville de Saint-Louis se transforma de fond e Au bout de quelques années d'une féconde adminîfl| tion on ne reconnaissait plus << l'ilot de sable i>
La ville ne communii^uait avec les rives o que par canots et pirogues. Elle était isolée ai du fleuve, gênée dons son développement, mal a visionnée, Faidherbe, alors directeur du génie-, p la construction d'un pont sur le petit bras du Sén^ large tout au plus de 120 mètres. La ville s'o
AU SÉSÉCAL
ainsi sur la pointe de Barbarie, Guet N'dar, c'est-à-dire ,1 sur la mer. Le projet, envoyé au département de I marine à Paris, subit ie contrôle d'une commission qui J objecta que ce pont aboutissait à une plage désolée, serait emporte par lea crues dT fleuve, occasionnerait des dépenses bien supérieu.'es au profit. Bref, elle 1 donna un avis tout h fait défavorable. Six mois après, une dépêtbe minislériclle annonçait que le projet était ' repoussé. Mais en altendanl FaiJhorbe s'était mis à 1 l'œuvre de telle sorte que le pont était terminé quand ' ladépécbe arriva. Faidherbe fut désolé de la liéciaion j dn ministre. Il racontait lui-même plus tard qu'il S' rendit aussitôt sur le bord du fleuve pour dessiner son pont, dont il voulait au moins conserver l'image 11 e Toya son croquis à un de ses amis à Paris en le priant de le faire reproduire par la lithographie et de déposer le premier esemplaire sur le bureau du ministre. Du reste, il n'entendit plus parler de son pont. Quelque i temps après, il écrivait à la marine que la crue du Se- ' oégal dans sa partie maritime ne dépasse pas 1 mètre, que le pont n'avait coûté que 27 000 francs, qu'il y pas- I sait autant de monde que sur le pont de la Concorde. Le village de Guet N'dar s'agrandit, prit de l'importance ; la plage se couvrit de plantations ; une larg voie prolongée ioaqu'à la mer et ombragée de palmier permit aux habitants de Saint-Louis d'aller se rafraîchir aux brises de l'Atlanlique.
Quelques années après, Faidherbe commença les ôtudes d'un autre pont sur le grand bras du fleuve, large de 600 mètres. Ce grand travail ne put être achevé qu'en 1865; l'Inaugural ion n'eut lieu qu'en 1866. Les habitants de Saint-Louis, dans leur reconnaissance, mnt donné à ce pont le nom de Faidherbe. Saint-Louis
LE GÉNÉRAL FAILlllilUiE
devennit ainsi le point de départ et d'arrivée grande route du (louliûenl. Mais, sans en attendre fin, le gouverueur avait jelé un ponceau sur le mt qui sépare BouiUvilIe, sur la rive gauche, de 1' Sor où une colonie de Bambaras se livre b. lauull maraîehfere. Saiul-Loiiis était sûre ainsi d'être approvisionnée de légumes et de fruits, avantage! cieux sous co climat brùlaot.
Saint-Louis elle même fut l'objet de coustantes
liorntioiis. A l'amas coufus de constructions europi
nés ou indigènes succéda un système de rues
gnées, bordées de maisons propres, bien bâties. Oj
s'élever des casernes, des entrepôts, ILdtel du
nement i l'endroit qu'occupaient naguère les cases
nègrci?, reléguées aujourd'hui aux deux pointesde
Une ville de pierres remplaçait la ville de roseaUK
Tout le pourtour de l'île, ie long de ia rivière,
iropriétés privées. On y déposait tous les
.-ilDBginablea. Faidherhe tûcha de faiie disparaîl
, foyer d'infection. Un lf-55, l'administraliou r£,
m au nom de l'Etat tle tout le littoral. Dos J-lnenls de police obligèrent les habitants à jtiter les: f ijnondiees dans le (leuvc. Mais il ne fut pas lacîlc à% feraison des résistances de la rouliue. Ces nouveaux ^^ins servirent à établir une rue de cciulure L'qiiais, tlout Saint-Louis avait le plus grand besoin. [ bâtit les quais avec du bois de renier mâle et des L res. Les navires y vinreut charger et dci;hargi;r L tement leurs marchandises. Eu outtNi, ils prâser' LviUe des inondations auxc|uelles l'exposent les ^ crues eomiae les lortes marées.
Saint-Louiâ n'a de l'eau duuce que pendant l'hi ^ nage, quand le Sénégal, coulant à pleins bords,
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les eaux marines. Le reste du temps, la mer reprend U 'j dessus Jans loute la bouche du Ileuve, Il fuut alors qua les habitants se procurent de l'oau potable dans les dunusdu rivage où, peu abondante, elle devient rapide-» ment impure,
Fiiidlierbe cliercha à remédier à cet état de choses si-J préjudiciable à la santé des habitanla. Fin 183U, il conra çuU'idée du barrage du marigot de Lampaar. Les cau^Bi retenues et accumulées peudnnt la saison des pluies I daas UQ imuiense réservoir seraient ensuite amenée»* par des canaux à SainL-Louîs, lorsque le fleuve dci (irait sale. « Il fit, 6 cet effut, une reconnaissance da " inarigot Je Lampsar. Le barrage infiJrieur devait c établi prés du poste du nicme nom, et le barrage supé- -i rieur à une douzaine de kilomètres en amont. Len got présenle des bords régui îers, une cinquante de mètres de largeur et un peu plus de 2 mètres de proron- \ ileur moyenne. On voit qu'on aurait obtenu de la sorte 3 une masse d'eau bien plus considérable que la quan- | lilé nécessaire aux besoins rlune ville de 20 COQ habi^J tantspendaotaopt mois;... d'autres soins et le manqu^jj de crédits empêchèrent de rùaliserco projet '. » ReprisT plus lard, il a éLc mené h bonne fin.
Nous avons vu comment Faidberbe aiïranchit dijT loute entrave le commerce du Sénégal. Il s'appliqua 1 aussi à U développer par d'utiles institutions. En ISSSj, f il fonda la banque coloniale du Sénégal, dont le chiffre^ d'affaires atteignit bientôt un million de francs et qn^ put distribuer à ses actionnaires un dividende de ft] pour lOU.
Il songeait à relier les divers territoires de lacolonîeT
t. yaWierlic.U SéK<>sal (ncchcUc).
LE t;iiM'LlL\L FAIDUERBE
aux ravaj
par un vaste réseau de rou tes. 11 eu traça quelques-u les plus importantes, laissant à ses successeurs le s d'ouvrir l".» lailres. On sait que, pendant longtem la colonie non seulement ne construisit p nouvelles, mais abandonna li des eaux et de la végétation.
Faidherbe a regretté « que la question des IrM ports par voies rapides et économiques ne nous ^ donné jusqu'à présent que des déeeptions dans le b ■ Sénégal ». Nous verrons plus tard quel appui il ( ftla construction du chemin de fer de Médins à Baf^ labé et â Bammokou.
Il eut la satisfaction, sinon d'introduire, du moj de développer la télégrapliie électrique dans I nie. La première ligne réunit en 1862 Sainl-Louial Corée. Elle rayonna bientôt en d'autres Bensjusqtg Dagana, Podor, RufisqUe, Joal. Faidherbe rêvait a ligne directe entre le Sénégal et la France, Celle ligj idéale est devenue une réalité vingt ans plus tu Faidherbe a pu s'en servir.
Quoique Faidherbe ait di t pour réhabiliter le j de Sninl-Louis, ce port est inaccessible aux grai b&liments, navires de guerre, transatlantiques. / passage de la barre offre toujours de grandes dil'Ut les au:c simples vaisseaux marchands. Le gouverB^ jeta ses vues sur l'anse de Dakar pour y créer uqt établissement maritime, débouché du Soudan g l'Europe et de l'Europe sur le Soudan. Les e sont profondes à marée busse; les m ai^se s rocheuse! cap Vert, barrière des vents et des vagues du ïaegt entretiennentlatronquillité. L'endroiiétuit bienchm Les ingénieuis se miri:ut à i'uïuvrc en Ifjfia ; Us p suivirent l'enlreprisc avec tant d'activité que le j
put filre inauguré en 1866. Deux jeléea ou brUe-IameB4 protègent l'eiiLrée ; des phares l'éclairent; des forts I dont les feux se croisent avec ceux lic Gorôe la dûfeadenl. On conslruisit des quais de débarquement, des J flocks, lies appontemenls. des casernes, des écoles hôtel ilu gouvernement. Mais le peuplement do la noa-j velle ville se fait aux dépens de Gorée : la voisinage des«J casernes, du bureau militaire, des bâtiments armés.^ effraye les échanges pacifiques ' : il faudra dépenser deaj million!! pour que Dakar, supplantant Saint Louis, soit'S digne de devenir la capitale du Soudan français.
Aujourd'hui on chemin de fer relie coite ville 4?J Saiot-Louis. Faidherbe ne l'a pas vu. Mais il semble^ qu'il lui ait donné de l'humeur. Voici comment il s exprime: « Les promoteurs espéraient que ce cbemii^J fjJB for tuerait Saint-Louis comme port de mer, parce T J^tt'on ferait passer par Dakar et par le chemin de fer | ïes marchandises envoyées de Franee, par le Sénégal 1 Bt'par le chemin de fer et Dakar les produits venant.jl B ce fleuve. » ErreurI Sans doute les populations nçC pourraient s'en passer aujourd'hui; sans doute il a soal "nlililé pour les transports dcsproduclionsderintèrieiip;! à Saint-Louis ou à Dakar, mois Saint-Loui^ bravera si concurrence, ne serait-ce qu'à cause de l'augmentation À des frais par plusieurs transbordements, u Ce n'est pasa sur le commerce extérieur du Sénégal proprement ( qae le chemin defer deDakardoitcompterpourcouTrM ses frais, mais bien sur le transport des produits dd Gayorà Saint-Louts ouâ Dakar'. « Singulière faibles» ou force des attachements naturcisl L'avenir dira ottj est la vérité.
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13Û LE GÉNÉRAL FAIDUEUCE
Il ni- [larait pna cjue les négociants du Sônégal aient toujoiu's approuvé la polilique de Faidherbe pourtant si i:r,nÇornii; h li;iirs intérêts. Ce qui uous le donne à piyi -!-■:■. c'est lUi |)assagc de son ouvrage, le Sénégal où, à iiro;io-n 'l'cvoiiemants postérieurs, il déplore régoïsine du c^iiiuieri;? : .1 11 eu est ainsi chaque fois qu'une rae- SUT'! [iri-f! 'lails le but d'obtenir des résultats avantageux [iiiiir l'iLvenir trouble loomentanémeiiL sur uu pnint les r(?L;ilion3 commerciales. Les commerçants voii-nl ruirliiul, Iriiir intérêt du moment: qu'ils fassent forliiiic i'!i i|iif.'lque3 années au Sénégal pour rentrer alor-= "11 FratiL-i', il n'eofautgénéralemenl pas davantage pour les contenter', » o Les négocianLa tremblent (l'S DIS lïioitulres difficultés avec le Gayor. En 1838, M. lu ^'onvern'îiirFaidherbe allant encongéen France pn'ivrJt II!' ichui- le commerce des colonies de ne pas cijiiriiiij'.j I:l r.iilliia. [1 surfit de simplescooflits dans la polilii|ii.' i:itén-;ure du Cayor pour dissiper ce prestige prir l'a-rrét ijuils causferent sur l'arrivée des aracliides ilo S:uul-l.oui^'. « Les inlérêta s'alarment vite ; ils ne c.iiui .i-i-i'jil. |ini l'abnégation.
S.iii- I l'abor dans les erreurs de la Reslauraliou, saiii (i|i;ii'l.'r di.'i colons européens, Faidherbe ne décoiiriig-ii [raa eeux qui volontairement voulurent tenter IV?:|il!iitaLiiin du sol. II leur accorda même desconcessini),: iiii;nii'[anles dans les environs de Ilufisquc. Du vr-'ip ':t.i l'iiLreprises réussirent peu. On créa sur pliii'(?iii(iiU du jardin de Richard (Rîchard-Toll) un janJiii d'îiCL'liuiatation. Ce jardin manqua d'une fermo pour l'eiiiplci do ses plantes arborescentes, pour l'ex-
■rience de ses méthodes. Ce fut un essai stérile. Un
lierlic, U Siné:ial, p. 30 (Hachelle, éiiileur). 'Uz^ii.ij le Sénégal, éludes intiiuci.
AC SÉXÉGAI,
agriculteur d'occasion reprit la culture de l'îujigor il en fut pour ses frais.
D'autres cherchèrent à introduire la race îles moutons de Proveoue : les lions les mangèrent. Lea bœufs i des Maures mis h la cfiarrue mourureat d'(ttii!'mie
L'e.temple même des moyens perfeclioniiés des cul- J Uvaleura euro|iéen9 restait sans effet sur lesiadigÈni lia continuaientà dédaigner la charrue, préfêraul ieurs.l iastrum.ents simples et légers avec lesquels ils se tentent de gratter la terre. Eu voyant des bœufs tracer "j un sillon, un chef disait à leur conducteur : n Tu ei heureux d'employer des captifs qui ne |iarlent pas. i Ce chef avait sans doute à se plaindre des siens il admira les bœufs, maia il n'adopta pas la charrue. Un jour, nu industriel s'avise de vouloir détrôner mortier primitif où les négresses pilent le milde temps J immémorial. Il établit un moulin â Saint-Louis, tio^ succès paraît assuré. I.cs négociants se disputent le^ actions d'une affaire qui semble répondre à un besoin J général; le gouverneur, pour la favoriser, suppriraçj les pileuses des navires de l'État, remplace par de ItfJ larine de mil la ration de grain des laptots, renouvellfliï et fait observer rigoureusement la défense de piler T le mil penilant la nuit, Hh bien, le moulin cessa de tourner et le pilOa des négresses continua battre I
La culture niaraîch&re seule obtint faveur auprë^J des noirs. Voyant quelques Européens en tirer profit'! autour de Saint-Louis, ils les imilêrcut, Ou les encou-' ragea en leur fournissant des outils, des semences, inème des terrains. Il se forma ainsi une elasse d'bortieulleurs indigènes dont les produits trouvèrent ua J écoulement facilesurle marché des villes. Ici dumoin»- J
I3â LE GÉNÉRAL FAIDHERBE
notre influence introduisit un élément fécond dans la culture locale.
Ce n'est pas que les noirs répugnent au travail des champs. Ils y ont même de l'aptitude; ils pratiquent l'assolement, la jachère; ils soignent avec esprit de suite leurs plantations : ils défrichent la brousse ou les forêts de gommiers: « Tout Sénégalais est agriculteur par goût. » (Ricard.) Un dicton a cours dans le haut pays : « N'est pas agriculteur qui trouve le temps trop long et son lowjan trop petit. » Le Oualo, le Cayor, le Fouta sont des pays agricoles. Mais l'activité du noir est subordonnée à ses besoins ; il se contente volontiers des produits qui assurent la subsistance de sa famille. Puis il ne rompt pas facilement avec ses habitudes séculaires. Bien que « ne demandant pas mieux que de se laisser entraîner dans la voie du progrès matériel », il oppose aux innovations une inertie souvent invincible. Une lente expérience peut seule le corrif^er. Ce fut le cas pour l'arachide. La.culture de cette plante indigène patronnée par le gouverneur de la colonie prit un remarquable développement eu peu d'années. L'arachide, aliment précieux dans ces contrées, devenait par la demande de Tinduslrie un objet d'échange. Les noirs se mirent à la cultiver non seulement pour leur nourriture, maiè encore pour là vente. Le commerce, en s'emparant cîe cette denrée, créa de nouvelles mœurs agricoles. Les nègres ^'bidonnèrent à celle industrie rurale avec d'autant plus d'empressement et d'ardeur qu'elle n'exige aucun cllurt. 11 sullîl de confier la plante à la terre; la nature se ^^0 du reste. Puis le nègre remarqua bien vite 3 n'épuise pas le sol, qu'on peut semer arachide achide. 11 eu fut de même pour le melon-
AU SENKCAL
béraff dent la graine donne une huile industrielle. Faidherbe, reprenant les projets de Bruë et de Compapnon, tenta l'exploitation des terrains aurifères ilii- ' Baraboiik. Nous «avona déjà que, dans ce but, il allù lui-même fonder le fort de Kéuôliia. Mais l'e prise, conduite avec un peu de précipitation, échoii^, ■" Après quelques essais de lavages de terres, les sur» Tant* de l'expédiLion durent se relireremportant uno I eenliiine de mille francs, humble produit d'un labeut^l accablant- Aussi bien, deux ou trois ingénieurs avaieD^rT succombé, la plupart des employés et des ouvrier»-^ étaient envahis par TalTreux vert de (Juitie fl'afi'aibliîisaient dans l'anûiiiie. Hien d'épouranta&lfi'l comme ce travail en plein soleil, au fond des vallècs' J profondes où l'air immobile etiourd, chargé de tlammft.3 ' etd'eliluves paludéens, n'est plus qu'un cigentdedes-J
truction de l'homme. Pourrait-on du moins compter ai [ lea noirs? Mais les noirs considèrent comme avilissant J E^ la travail do l'or et ne s'y livrent que momentanément,*! K ei par liL-soin'. Sans médire de la production de l'or» J W^ disons en passant que la véritable ricboase miuéraledflj L I Sénégal, c'est le fer, dont le sol est comme imprégnô.'' ■ Les intèrêls inteileelnels de !a colonie furent de la • r pari ili- r.iidlietbel'objet de soiiisalleEitlfs, deme
ii..iiil.r n^r's. Il clablit (i Saint-Louis une imprimerie, 1-1., . r..-> le ;l/tij(i;cf(j- <lit Sihmjil, journal offlcicL .' Il, ir lira la publication d'un Ainiuaii-e qu'il a coiili- 1
tnuc pt:udai;t toute la durée de son gouvernement. Cu 1 Teoueil qui oITre le tableau du monde olliciel civil et,,' militaire, des commerçants, intcrpi'êles, pilotes de la. - 'colonie, renferme des renseignements intéressants s t. [liwrJ, ouvrage Lito.
LE CÉNÉftAL FAIDUERBE
L des*
les autres possessions françaises. On y trouve des S (les (le linguistique el d'histoire dont l'suleui' se reôd naît aisément. Quelques-unes de ces pages sont d cuments précieux pour l'iiiatoire du Sciji;gal.
Nous avons en ce moment devant les yeux l'vlmiirt de 1800. 5o\iB \& rxibr'iqwe Jnslyuclhnpiiùlirjue nous tl vous la mention : d'une commission d'examens p boursesimpérialeercservtïesdansles lycées eleoilÈgM France aux fils des liabilants qui ont rendu ilcs serrï à l'État ; d'une commission permanente d'inspeC) des écoles de Saint-Louis, composée de l'ordonnâlâ du chef du service judiciaire, do mairedeSaint-l du préfet apostolique, d'un hcbilaut notubic. < possède également une commis écoles. Quant aux écoles ellea-m pas encore bien longue. Outre Saint-Louis et Goi onne cite que Dakar, Joal, Podor, Dagana ( étant pourvues. Les unes sont tenues par des Ploërmel et des sœurs de Saiut-Joseph de Clunyî autre par des institutrices laïques, a En I80G, le'^ verneur, voyant que les jeunes chrétiens, qui ne-^ qu'une faible minorité, suivaient seuls les écolei frères de Ploërmel, parce que les parents, musutm craignaient que les frères, comme ils y élaicnt l par leurs statuts, ne clierchasaent à convertir élèves à la religion chrétienne, fonda noc école b par un laïque en promettant aus musulmans ( n'y enseignerait absolument quela langue françaj I'arithmcli{[ue. Il se produisit alors un fait aussi • lier qu'inattendu: les frères demandÈi-e rieurs et en obtinrent l'autorisation de créer des a du soir où il ne serait enseigné que le français et l'a métique. Coiumeils étaient connus des noirs, et q
AU SÉNÉGAL
Uctioa faîte delà question religieuse, iU jouissaient I e leur eslimc, il arriva c|ue, tandis que l'école laïque J il que 20 à 30 élèves, des cenlaînes de jeunes muiDSSuivaiunt lesiilassesdu soir des frères au {:rani)-l lOnnemeut du gouverneur '."
1 dit que les petits noirs en deux années de niédio- 1 assiduité apprennent à parler, ù lire et à écrirel Ipffîsomment en français; les jeunes fillessontcapableaM p progrès plus rapides encore. Il n'eu est pas moiny .i qu'à Saint-Louis comme à Gorée la grande B enfants ne fréquentaient pasl'éi.'ole. Faidherbes' tait ému. Dans un élan gùnércux. il prit un arrêta ^ablissatU l'instruction obligatoire. Malhoureusemenl'.l lettc mesure, d'une exécution dirOcile, resta sans effet.. 1 s son départ, la sollicitude pour l'instruction TuM e par ses successeurs et personne ne songea 41 Tf^lUr la fréquentation des écoles, qui resta i ^blSaote'. » •
Pour mieux rapprocher les indigènes des Européens.^ Fûidherlje souliaitait la formation d'une tangue analo-'J gue au crcole des Antilles ou au sabir de l'Orient. L'cs-'l Bcntiel, disait-îl, est que no% petits noirs puissent écbanti ger avec nos petits Français des idées élémcntaircEr.J Encore une question dont la solution est réservée A I l'avenir.
Parmi ses plus heureuses créations, il faut noloftl l'École di!S otages. L'histoire en remonte assez loio^ Nous laissons ici la parole a Faidberbc. L'anecdote a: piquante et fort bien racontée. i< Efant en 1863 h bord de VL'I'iorado, commandant Baudin, nous descendîmes au Grand-Gassam. Nous fûmes reçus en grande pomp^