CHAPITRE m
fflTRE LE SÉNÉGAL ET LA CAMPAGNE DU NORD
iriage de Faidherbe. — Comraandanl de Sidi-Bel-AbbÈs. - Inste revendication. — HeLoureo Algérie. — Commiindantd* ■ l^subilivision de Bôae. — PrésideoLde l'Académie d'Uippono. f »^ Ses idées morales. — Travaux d'éruiliUon: Touilles;
oscriptions numidiqu«s; étudeasur lee populal u Mord de l'Afrique; sur la tansue berbtre; plan de v JHlaire. — Services rendus à l'Acadéraie d'Ilippone, blbliolhÈ- ' Ée. — Essais d'acclimatatioo. — Membre laborieux J fi nombreuses sociétéâ savantes, il publie un grand nombre J e notices sur des sujets divers. — Kaidberbe Écrivain. — J Mlamalîon de Faidherbe s. ses troupes aprËs les désaslfeB s armées du RhtD : il aurait mieux fait de se taire.
é au Sénégal en 1852 avec le grade de capitaîcet len partit en 186 1 avec celui de colonel. Quand il y 1 Mvint en 18G4, il était général et commandeur de la i
^ion d'honneur.
^C'cst pendant une absence momentanée, en 1858, ' jt'il se maria à Lille. Obéissant à ce sentiment de la I mille qui est si puissant dans notre race du Nord, il J Wusa sa nièce, la fille de son frère aine, Mme Taid- \
e a traversé répreuve des grandeurs sans eui ^ublée. Mais si la haute fortune à laquelle elle futl
EIITRE: le SÉMiUAL liT LA CAMPAC.N'E HU KOUU HT l i redonnait le gouvernement du Sénégal, pouvait j p-e considérée comme un hommage lardif rendu Il| rites. Malgré hoq état de santc, Paidhei'he na| fnlut pas décliner l'honneu p qu'on lui faisait.
B ses forces le trahirent. Deux ans après il dut J nliciler son retour. Il alla prendre du repos à Alger, J h il resta en disponibilité jasqu'eu 18G7. A cette épo- 1 , le gouvernement impérial lui confia le comman--J it de la subdivision de Bûne qu'il a conservé jus- J a jfuerre franco-allemande.
.e période est remplie surtout par des travaux! flinographiquea et des études d'archéologie. Élu para fcciamation président de l'Académie d'Hippone, il prit i ■ sérieux ses nouvelles fonctions. Elles convenaient 4 s goûts. II les exerça avec l'exactitude et l'activité ] H'il mettait à remplir tous ses devoirs. « Homme pu-i, jiic comme homme privé, dit M. Brosselard, il appor- i ^t dans tous ses actes une régularité mathématique, i t n'eût pas toléré que ce qui devait être accompli le J r même fût remis au lendemain. Même dans ses der- £ Hères années, alors que la vie n'était plus pour iuij d'un douloureux martyre, il n'a jamais admis l'oubUfl B ce principe, auquel il attribuait le succès qu'il a
pendant sa longue carrière ' . » Il présida effec- ,
t les séances, se mêla aux diseussions, prit parL^
tous les travaux. Au point de vue des études pet-
mnelles, l'Académie d'Hippone n'eut pas de meilieui" J
ftillaborateur, et ce n'est pas sans raison que, dans]
ele nécrologique qu'elle lui a consacré, elle pro- '
s tique le général Faidberbe a contribué pour I
une grande part à sa renon^nice ».
selard, ButUti'i de la Sor.iéti île ijCtgra
de LUterm
LK f.KNfillM, FAIOUKRBF.
Le 23 aoùl 186T, en prenant possession de la prM dence, il prononça un discours dont il faut releniçj noblesse des idées et des sentiments.
Convaincu que les besoins intelleetuels des peun sont au moins auflsi sacrés que leursbesoina matériel^ , s'honore d'avoir, pendant dix ans au Sénégal, multm les écoles et employé ses veilles à écrire des livres p répandre la langue française dans l'Afrique occidj taie. 11 condamne impitoyablement les pièces de Ihl tre, les livres qui afTaiblissent le respect dû à laJ mille, à la vieillesse, aux parents, a la femme, kVâ fance. Unde ses amis nous a raconté que sa pudeur liH raire s'effarouchait de toutes les publications qui 4 tragent les bonnes mœurs. Ni l'esprit ni la beauté la forme ne trouvaient grâce devant lui, était impur. Dominé par une austérité ombrageuse aurait enseveli dans leurs textes, inaccessibles au t| grand nombre, les œuvres mômes d'AristophaneJ Pétrone, d'Apulée, de Lucien et autres é ou latins trop naturalistes. Pour lui, la littérature j vait pas seulement pour mission d'instruire mer les bommes, elle devait encore et surtout les I raliser. Elépandre les bons livres, étoulTer les mau^ c'est le devoir des autorités, des magistrats, des mij très des cultes, de tous les bons citoyens
Quoi qu'on puisse penser de cette proscription a lue, elle témoigne d'un idéal peu vulgaire. Paidhei était nn honnête homme, il aimait l'honnêteté en toute choses. C'est ainsi qu'il répétait volontiers, songeant encore au Sénégal : h Ce qu'il faut dans une jeune colonie pour qu'elle prospère, c'est des mœurs pures et vaillantes: il faut que les pères de fantille soient sobres, travailleurs et braves, les mères tout à leur intérieur
; no souD llïj et aux soins de leurs eafanls, qtie. les jeunes fille lent sages, que les jeunes gens se coDduiaentdeniG à rester aains et robustes, <• Ne dirait-on pas un de ceïS sages de l'antiquité dintant tout d'une pièce des rêglcsj à leurs concitoyens pour les conduire au bonheur pari le chemin de la vertu? Aussi bien ne fut-il pas un pos- , teur de peuples h plus juste litre que les héros d'IIo-'J mère?
Faidherbe a publié dans le Bulletin de l'AcadémicïllI d'Hippone son Mémoire sur les éléphants de l'armée c
L'exploration qu'il fil de la grotte de Taya et de lav nécropole mégalithique de Hoknia donna lieu à unel remarquable étude d'anthropologie avec planches cl^ tableaux de craniométrie. Mais pour imprimer leaa planches, la Société manquait d'argent. Il est probable l que Faidherbe n'en avait pas davantage. Une subvention départementale de 700 francs tira tout le mondai d'embarras.
Remarquons à ce propos que Faidherbe, dans u position où il jouissait d'un pouvoir absolu, oii il d posait des biens des vaincus, où il était exposé à Ib<I tentation des cadeaux, ne prit jamais rien, n'accepta J rien qui pût charger sa conscience. Il montra le désintéressement le plus scrupuleux, le plus rare. Pauvre il 1 débarqua au Sénégal, pauvre il s'en éloigna. Une personne en situation d'être bien informée nous a déclaré j qu'à l'exception de quelques objets de curiosité, dépouilles d'animaux, armes et ustensiles d'indigènes, | il n'emporta qu'un petit lingot d'or, cadeau d'un chef 1 noir, dont il flt faire des bagues qu'il distribua â de» 1 amis.
Les fouilles de Taya et de Huknia eurent du reten-i
iôf)
i.r: rfi>Èint faihhfiiiif
Liââement. On ea parla en ternies clogieus h la réanj des Sociétés savantes du mois d'avril 1S68. u Ci Iravail des plus importants, dît le rapporteur, i montre que le général Fai Jherbe continuera digoeia en Afrique les glorieuses traditions Si;ienti6ques q ont laissées ses prédécesseurs qui, comme lui, i consacrer à l'étude les rares loisirs du métier d mes. Les explications du savant général sont f^ avec une méthode parfaite, et le récit de ses f est écrit de façon à en faire un modèle pour les ti du même genre. »
L'année suivante, son attention ayant été ap| sur lanécropole deMaznela, situéesurla route de G lantiae h Guelma, il y découvrit deux mille tonalx formés de pierres brutes, entourés la plupart d cercles de pierres que les Celtes appelaient cro Il en rendit compte encore dans un mémoire a l'Académie d'Hippone.
HaisEonœuvre capitale est la recherche etlaréuuj des inscriptinns hbyques et le mémoire considérvd auquel elles ont donné lieu sous le titre de : CoUeet complète des imcripiions numidiçues [Ubi/ques) a cperçus etimographiquei sur les .\umides- Au moi où Faidherbe prit le commandement de la subdivi de Bône, on possédait une vingtaine seulement de'i textes de pierre. Grâce à ses explorations et à l'iiidçj collaborateurs intelligents, lélés, en particulier , docteur Heboud, il put eu rassembler près de d cents. .Avec ces éléments il pouvait, comme il I présenter l'élai de la question, essaver même de la' soudre. Les inscriptions libyques sont gravées s pierre brute ou sur des stèles polies, accompi quelqueluis de Ggures plus ou moiu^ unies avec d
I'STUF, le SÉSÉGAI. et U CAMPAOXF. oc WORD tSI 1 cripliotis lalÎBes Elles semblent se rapportera une I époquecomprise entre SOOans avant l'ère clirétienncet S 3i,l() ou 400 ans après.
On parlait trois langues en Numiiiie, celte partie de ] l'Afrique du Nord qui corresponJ à la province de I Conslanline et à la Tunisie: le punique apporté par 3 les Carthaginois, te latin par les Honiains, le lihyqus' qui semble avoir été l'idiome des vaincus, des habitants primilirs. Le libyque a laissé des traces profondes: '' on le reconnaît, malgré des modilications, dans la lan- ; giie des Touaregs, des tribus berbères de l'Allas.'L'é- A criture des Touaregs a iJe singulières ressemblai avec l'écriture libyque. Du reste, les caractères de cette3 écriture n'ont été employés que pour les monument** lapidaires. Faidherbe a donné le nom de numidiquosl aux iuseriptions libyques, pour plus de clarté, en venir aussi de la nation numide, type des Kabyles, des Amazirg, des Drabeurs, des Touaregs, des Zénagaa ' d'aujourd'hui. Du reste les tombeaux libyques ou raides renferment peu de chose: pas de corps, sans j doute parue qu'ils étaient incinérés selon la coutume. J romaine ; à peine quelques objets ayant servi pendant ' la vie.
Faidherbe a bien soin de distinguer des moauni funéraires numides les dolmens et autres monuments J niég.ilithiqaes dont il a compté 3000 k lloknia, 20001 à rOued-Berda. Ce sont des représentants d'époqu^É dilTérentes, séparées entre elles par des siècles.
Il est ainsi amené à jeter un coup d'oeil sur l'ethnographie do l'Afrique du Nord. Ses conjectures, pour • «"être pas absolument fondiîes, ne laissent pas d'offrir -i un BOrieox intérêt. Deux types composent les populations de la Berbéric. A la base, il y a une population -1
pW^pVVilNV^II^f U
LE GÉ>Én.\L FAIlIdEntliE
" lie taille moyeune, blanche de peau, mais au leÎHl lieux, aux yeux et aux cheveux noirs, la face Boa] longée, le nez court, les mâchoires assez fortes m couches s'est superposée mw autre race originaire Nord, les Tam-'hoii, Aryens ou pré-Aryena qui, avoir traversé le continent européen jusqu'à la Ufl terranée, poussés peul-é tre par une invasion aryertf 36 répandirent nur les îles, et de là en Afrique, jusqd Ëgyple, qu'ils auraient môme subjuguée au tempi Psaminénit, Tamèhou lui-même, 'i Les envafaissq étaient de farouches guerriers, de haute taille, ftin très blanche, au teint coloré, aux yeux bleus OSI moins clairs, aux cheveux et à la barbe bloods^ crâne dolichocéphale, au visage ovale, au nez e long, busqué, un peu élargi aux ailes et non p!j| comme le nez sémite : en un mot, le type kymrî. ; étaient tatoués, vêtus de peaux de bêtes. Us viares nombreux que le géographe Scyllax a pu dire Libyens sont tous beaux et blonds. »
Aujourd'hui, les blonds n'olTrent plus que deanol isolées, ou quelques groupes disséminés à l'écart, j~ mant peut-être un dixième de la population tiA Faidherbe explique cette diminution par le croisedi il entre à cet égard dans des détails auxquels son % périence de l'ethnographie africaine, donne du poids. À citer celte opinion au nnoins singulière que l'iniluence des milieux sur une race llxée est bien faible pour la modifier : il croit bien plus à leur inDueuce pour la détruire, s'il y a incompatibilité entre la race et le climat.
Si la langue des vainqueurs se perdit dans la langue des vaincus, comme celle des Francs dans la langue des Gaulois, quelques-unes de leurs coutumes se août
Liica ^o auui I
■pqa
EKTRE LE SÉKÉGAL ET I.A CAMPAGNE DU Nnni) 153 i perpéUiées, par exemple la condîUon privilégiée de la J femme dans la famille kabyle. Des racines de propres d'individus oa de tribus actuels remouteot b:M ce peuple. Enfin, l'ouverture des tombeaux de IlokniO; a mis au jour un grand nombre de squelettes tan: remarquables par la beauté des crânes et des profils et 1 par la haute taille.
Quant à la langue berbère parlée des bords de la Méditerranée aux rives du Sénégal, c'est bien la langue! des populations primitives. « L'unité et i'univeraaliW de la langue berbère est la plus grande preuve qu'ellaj^ est bien une langue indigène, n A ce propos, Faidherbel déplore qu'on connaisse si peu la langue kabyle : il a'é- ] lend avec complaisance sur les moyens pratiques de ] composer un vocabulaire franco-berbère. « Il faudrait ■] choisir cinq interprètes intelligents, sachant suffisamment l'arabe et autant que possible s'é tant déjàoccupéa 1 du berbère : le premier, à Alger, s'aboucherait avec j des thalebs kabyles ; le second, à Constantine, avec des . thalebs chaouïa et benimzab ; le quatrième, à Tanger, ,' avec un thalebdu Rir,et le cinquième, à Mogador, aveç'I un Ihaleb du Sous. Chacun d'eux muni d'un dictionnaire arahe-françaisde Kasimirski se ferait indiquer par i son thaleb les mots du dialecte berbère local correspondants aux mois de la langue arabe que tous ceaJ thalebs connaissent parfaitement en même temps quea leur langue nationale. I! suffirait de deux ans pour re^M cueillir ces divers éléments partiels, puis on penserait ft'l les eollûtionner, à les comparer et à les classer e vocabulaire unique. »
Revenant aux inscriptions numîdiques, il entre dans-l l'examen critique du texte dont il présente quelques i traductions.
Ijî le GÉNÉIIAL FAIDIIERBE
Ce mémoire fut adressé à la Société des acieneea, rie l'agriiMilLLire et des arts de Lille, Honl Paidherbe était membit'. Lu en séance, il a été inséré dans le Bulletin de lit Société. M. L. Danel, imprimeur à Lille, ami intime du général, a tenu à en publier, h ses frais, une édition iIl' luxe.
Dévoup' à cette Académie d'Hippone, dans laquelle il li-ouviiiL l'emploi de son activité intellectuelle, Faid- Imrhe i>':ippliqua Jien augmenter les ressources. UTenrÎL'Iiit, il l'ouvrit sur le monde de manière à la convertir en itisLitution publique, profitable à tous. L'Académie po^^éJait une petite bibliothèque à l'usage de ses membres ; il obtint pour elle du ministre de la guerre la remise des 1100 volumes qui composaient la bibljotlu'que ili;s officiers, de la municipalité de Bône un loiial accc?>ible à tous les lecteurs. Les crânes, les poteries oxhuiiits des tombes de Roknia, des pierres historiques, sarcopli;i!;e et tête de marbre de Souk-Ahras, furent déposé.s par ses soins dans le musée de la t>ociété. Toujours avide d'améliorations sociales, il entreprit l'acolinialatiau du ver à soie du jujubier. C'était peut-être introduire un élément de prospérité dans la région ; il y nvail de quoi le tenter. Il tira du Sénégal des plantes du Ziz'iil'iis ortliocanla et plus lard des cocons vivants. Le temps lui manqua pour suivre l'expérience.
Affilié à de nombreuses sociétés d'anthropologie, de sciences, d'histoire, d'archéologie, de géographie, on peut dire que Faidherbe paya à toutes sa dette de travail. L'Iionneur pour lui ne faisait qu'augmenter le devoir; h? liire n'avait de valeur que par l'emploi. Il était, d;ihs CCS sociétés, de ceu.*:, eu petit nombre, qui Iravnilloiitpour tout le monde, qui travaillentd'autant ■ilus que iag;raiide masse se repose. C'est un système tic
ENTiiK lf; st;sËi;At. t/r la cami'agnl uu kouu li>; compensai ioQ dont les chargea pèsent génémlemenl sur une (lelile mais vaillante èlUe. On n'en linirait pa^, si ronvoulaiténumérei' tous les mémoires, études, lettres de Faidherbe reproduits dans les Bulletins des Sociétés i savantes auxquelles il appartenait, A l'une, 11 envoie., une élude sur le Voyage des cinq Nusamons où il éclaire le récit d'Hérodote des lumières de la géographie moderne ; à l'autre ses observations sur les populations berbères du Sénégal, qu'il rattache aux populations de l'Atlas. C'est une notice, tantôt sur les inscripUons .1 lîbyques de la Ohctfia, tantôt sur les inscription» 1 phéniciennes. Il suit l'invasion arabe dans le désert jusqu'au centre de l'ATriquc, ou l'expansion d'une langue, dune écriture africaines, selon les lois historiques '.
C'est ainsi qu'aux travaux de la guerre ou de l'aduitniatration il a toujours mêlé les travaux de la plume. Sûrement, il aimait à écrire : c'était encore l'action; c'était aussi être utile. La prose de Faidherbe, bien qu'un peu lourde, se soutient par le souffle qui la Ira- ; verse, la réchauffe, l'anime. Elle a un fond d'humanité où l'on se plait, parce qu'on s'y retrouve soi-même. Sans apprêt, sinon sans lenteur, elle exprime ce qu'elfe i veut dire, la pensée, le sentiment exacts. Elle passe à côté de l'art, n'ayant en vue que son objet. Faul-il s'ea | plaindre? Elle a sufnaammeiitde méthode et de clarté. - I.'intérét, que rien ne détourne, est dans le fait, dans l'idée. C'est le lai.gage simple, naturel, d'un soldat écri- | vanl comme il va à la bataille, avec un plan, un but, \ sans se préoccuper do la correction des manœuvres. Il
1. Voir Papier: Le générai Pair/hei-U, président île i' Académie A teilippoiis. Compte rendu ùo l'Acailémiadu 30 septembre 1889^ — Nous avons pris dans cet arliele nécrolngique, rempli dsj faita. lu plupart do nos leneuignemenls.
LL iJÉNf-BAI, F.UUUKnilE
eil certain '{ue si l'on ne s'arrâte pas aux broussaîfl qui encombrent un genri; d'êcrila analogues aux X^ tuoires ou aux Chroniques , si l'on s'en Lient aux granjl scènes, on éprouve un charjne atliraut, parce qn'oa'jj couvre, sous la lettre un peu froide, une concept^ (les homnieset des choses, qu'on y sent une èmotS sincère dont la source est dans un cœur avide de bM de vérité, de justice. Ce charme n'est pas celui qu'exa^ l'artiste, mais bien l'honnéle homme, vir bi n'éprouve pas de l'admiration, mais de la sympattij Mais où Paidherbe s'élève au-dessus de sa nature, < quand la contradiction systématique ou malveillfû Froisse son bon sens ou sa sincérité. Alors les bouïlq oemeuls intérieurs remontent à la surface. La parH coule rapide, âpre, indignée. Peut-être aussi l'amâl propre enllamme-t-il un peu l'éloquence. Quoiqu'il soit, le lion a ses moments de colère. L'écrivain y gne de l'éclat.
Il est h. souhaiter qu'une main pieuse recueille J œuvres trop dispersées, quelquefois même introtq blés. Il y aurait quelque avantage à les publier * leur ensemble. Au point de vue historique, elles I le commentaire vivant de grands événements ; au p. de vue politique, elles contiennent desindicationsd on pourrait tirer parti pour notre expansion oolooi Ce serait enfin un dernier hommage reudu & un h(â me qui n'a travaillé que pour son pays.
Cependant la maladie qui dévorait Paidherbe J imposa un repos dont il proGta pour se rendra^! Franue. 11 était dans sa ville natale quand éclatl guerre avec l'Allemagne. 11 demanda un emploi d l'armée du Rluu. Ou le renvoya en Afrique. S^ond de santé ne lui ayant pas porniisUe contiuuer son 1
E^TOE LE SÉNÉCVL ET LA CAM1'AG.>E DU NOIID 137 BàBône, il reçut l'ordre d'aller prendre la comindement de la subdivisioade Gatua.
ffi'est là qu'il apprit les désastres de rariiiée fran- I, Dans son indignation et sa douleur ii adressa à «troupes l'ordre du jour suivant :
« Officiers, sous-ofSciera et soldiits, 1 Lesdésastres et les humiliations s'accumulent sur ' totre malheureux pays.
B L'honneur de l'armée française est violé.
K Nous qui n'étions pas à ces journées néfastes ds1 idau et de Metz, nous qu'on a retenus malgré nous en \ pgérie, élevons nos eœurs à la hauteur des évéïiementa,
I Au milieu de tous les citoyens qui se lèvent pour i |t' délivrance du so) natal, formons le noyau d'une ar-
régénérêe, d'une armée nationale qui fera oublier i s défaillances ou les trahisons des armées impériales. H Jurons de nous dévouer au salut de la patrie, de la- Ebf les taches de notre drapeau et de refouler par tous 1 moyens la restauration du régime qui, en vingt 18, est parvenu â démoraliser la France età la meneï-J Ibu raine. Vive la France I Vive le gouvernement ré- | MblicaiQ de la Défense nationale I
e géJ
néral de brigade.
FaIDUEHBE "
1" novembre 1870.
EOn voudrait elTacer cette page de la vie de Faid- i iehs. Il n'y a pas de chagrin, de dépit, de rancune Ëkl excuse de telles paroles.
9 défaillances ou les trahisons des armées împé- :b1 est-ce à Faidherbe d'en parler? N'appartenait'!
138 LK GÉNÉRAI- lAIIJlIF.KIdi
il pas lui-même à celte armée ? Toute sa carriëra militaire n'élait-elle pas, alors, enfermée daus l'époque impi-rïale? Où sont d'ailleurs ces défaillances, ces Irahisons des armées impériales? Est-ce k Wia^embourg, où lOOÛO hommes lutlèrent tout un jour contre lâOuOO Allemands? est-ce à ReischoITen, où moururent les cuirassiers pour sauver l'armée? est-ce à Saiiit-Privat, où l'on ne succomba que sous le nombre, aprcs des prodiges de bravoure? est-ce k Sedan, où l'iiéroïsme de DOlre cavalerie arrachait au roi Guillaume la fameuse exclamation : « Ab I les braves gens ! » ? ... El si, visant seulement certains chefs, en dcpil du sens étendu de ses expressions, il n'a voulu que (létrir les misérables qui ont foulé aux pieds leur devoir, il aurait pu laisser ce soin k d'autres : car malgré leur iaJÎgnité, ces chefs étaient ses collègues. Dans ce cas, on comprend la délicatesse du silence. Enfin quand une armée se bat à la frontière, aous quelque régime que ce soit, sous Louis XIV, la Convention ou Napoléon, c'est avant tout l'armée de la France. Heureuse ou niaUieureuse, elle a droit k tout notre respect. Il n'est permis à personne d'y manquer, k un général moins qu'à tout autre.
l' Jurons de nous dévouer au salut de la patrie.» A ces molsdevail se borner laproclamation de Faidherbe. lïUe eût élé digne de son grand cœur Se dévouer, c'est ce qu'il savait le mleiixTaire. Dans ce rôle il était vraiment supérieur. Nous allons voir comment il tint son serment. I