‹ Le général FaidherbeChapitre 13 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA CAMPAGNE DE L'ARMIlE DU NOIID § [. — Préliminaires

ire de la guerre de 1870. — 1,'opinion publique. — DanjJ taie Hord, — JCIaldu pays après les pi-cmiers déBaslrea. rtations el mouTemenls i Lille, — Salulaîre innuence df;fl li. Teslelin. — Il esl oommé successivement préfet et ci nîssaire do la Défense naijonale. — Son rôle el ses servii p— Découragemcntde l'aulorilé militaire.— EfTorts pour ci nllliier la défense. — I.'oiiinion de Faidherbe Kur le commi^^

a de la Défense iiaiioRale, — Bourbaki commandant d I Parinde du Nord. — Formalion. de l'armée. — Le général Farr^

(lie colonel de Vîllenoisy. — ElTectif disponible. — 1 ^ Kllcmande se porte sur Amiens. — Dalaille d'Amieo» \ Tillers-Bretonneu», — Triae d'Amiens.

Il Grflce & voB soins, la France est prèle, » avait d . Rouher, président du Sénat, à l'empereur, le iM JoilIeE 1870. On se rappelle les déclarations optimistei Sa maréchal Lebosuf au Corps législatif. Le 19, lu Héclariitioo de guerre de la France était remise

3 des affaires étrangèrûs de Prus?e : elle s' adressai i Prusse et à ses alliés qiii comballrcient avec elttû

IGO LE aÉ^■ÉnAL FAinnEHBE

Celait une guerre dynastique. Était-ee moins une guerre ualionale? Une tradition de haine instinctive autant que raisonnée séparait les deux peuples. léna, Waterloo, les invasions, Sadowa, qui était une victoire sur la France aussi bien que sur l'Autriche, avaient créé un antagonisme passionné, toujours prêt à éclater. C'était de pari et d'autre l'ennenii héréditaire qu'on avait devant soi, qu'il fallait combattre à outrance, vaincre, exterminer. Aussi la guerre fut-elle populaire en France. Ce jugement ne sera pas du goût de tout le moude, soit à cause de l'esprit de secte, soit il cause du besoin naturel d'échapper aux responsabilités. Ni l'Empire ni la nation n'ont voulu assumer tout le fardeau moral, La nation a reproché à l'Empire son égoïste et criminelle légèreté : l'Empire a reproché à la nation son assentiment, sinon sa pression. Il est de fait que l'Empire, qui précipita aveuglément la France dans l'aventure la plus périlleuse, fut, sinon entraîné, du moins soutenu par l'opinion publique. Ce n'est pas seulement les blouses blanches qui criaient: A Berlin ! ■>

A celte époque, nous y allions tous à Berlin, ouvriers, boui'geois, soldats, officiers. Il n'y a qu'ft lire, pour s'en convaincre, les journaux du temps. Nous avons vu ces scènes dans une ville qui certes n'était pas favorable au régime impérial, puisque, au plébiscite du 8 mai, la majorité s'était prononcée contre la Conslitution. Un jour qu'il était question du rétablissement des bennes relations entre la Prusse et la France parsuite du désiste ment du prince Hohenzollern, nous filmes témoin du désappointement général, non point chez des amis de l'empire, mais chez ses adversaires les plus résolus, qui raillaient avec un cerlaîu

LA CAMPiGUE DE L'ARMÉK DU NORD

Bpris [a lâcheté du gouverneioenl I EL ces geQB-là paient point les premiers venus ; ils appartenaient à iristocratie intellecluelle et commerciale du pays, Çauteur de ce livre ne se rappelle pas sans émotion, lalgré I eloiguement des temps, cetle soirée qui préida le départ d'un régiment de ligne pour larmée du Jiin. Soua un ciel étincelant d'étoiles, dans une at- )hère embrasée, au milieu des lourbillons de pousïôre, toute la population d'une grande ville, hommes, nomes, enfants, riches, pauvres, grands, petits, était" icendue, remplissait les rues, les places, s'egitant, Vrchant, criant, mue comme par une fièvre chaude, ujie musique militaire joua la 3îai'Seillaise, taudis qu'un Mcier, monté sur un balcon, agitant un drapeau, ^ussait le cri, lui aussi : « A fierlin ! » Oh I alors Id rule fit explosion : une immense clameur répondît au , JËil air depuis si longtemps endormi, qu'on réveillait r les besoins de la cause. L'entraînement était uni- ETSel. Et quand la musique, à travers les flots du peuple, regagna la caserne, soufflant encore dans ses cui- Éres l'appel aux armes, l'entiiousiasme devint du délire, 1 marchait en masse sur Berlin avec des visions D victoires 1

f. Les mêmes scènes se passaient dans le Nord. « La munication faite aux Chambres fut publiée à Arras, » 17 juillet au soir, par le commissaire central, à la leur dt'S torches et au milieu d'une foule émue, et qui icueillait par des cris patriotiques la déclaration dft [nèrre faite par le gouvernement. — Dans la soirée, ^le continua de parcourir la ville en chuntant la Mareil/aUe, le chaut des Girondins et le Chant du départ. Du sentait dans toute cette jeunesse une sorte d'élecricité guerrière et communicative. Le 21 juillet. le dé-*

Page 1