Uemorial ariétien, 23 juillet
3. Ëlienne Uurand (H. Verlj), Us laUetles dun bour'jeok de Lilli : Soucenii'i dt iS7D.
[lies appartenant à la race gallique sont fous de guerre, irritables et prompts à en venir aux mains... A la moindre excitation, ils se rassemblent en foule et courent au combat *... »
Nos ancêtres criaient : « A Rome ! » Nous avons crié : a A Berlin ! » Et si la victoire fût restée fidèle à ses aigles, TEmpire eût encore trouvé des poètes pour le chanter, des foules pour l'applaudir : tant nos frêles jugements dépendent des caprices de la fortune l
Voilà la vérité sur cette grande crise nationale qui a soulevé tant de controverses, tant de récriminations. Ne vaut-il pas mieux que chacun accepte sa part de responsabilité? On a vu que c'est juste : on démontrera que c'est utile, en disant que la conscience des fautes passées peut préserver des fautes futures.
L'ivresse fut de courte durée. On apprit bientôt les désastres qui aboutirent à la catastrophe de Sedan. L'Empire sombrait, presque la France. Comment pein dre la stupéfaction du pays? plus tard, sa colère? L'auteur de ce livre traversa, le 5 septembre, une partie de la France. L'impression que lui a laissée ce voyage ne s'effacera jamais de sa mémoire. Le mouvement et la vie semblaient suspendus. La consternation régnait sur tous les visages. Les rares voyageurs qui s'aventuraient dans les gares étaient muets ; les employés des chemins de fer vaquaient à leurs occupations tristement, sans bruit. Cette lumière du Midi qui en temps ordinaire répand la gaieté, le bonheur sur le monde, semblait n'éclairer qu'une vaste nécropole, où les ombres glissaient remplies de silence et d'effroi. On aurait dit la morne torpeur, l'effarement des êtres pendant une éclipse de soleil. .