‹ Le général FaidherbeChapitre 16 sur 40 · Slrabon, 1. IV, chap. iv. Traduction de Tardieu · texte numérisé non relu

Slrabon, 1. IV, chap. iv. Traduction de Tardieu

IGi LE CÉiNfiRAI, FAIDIIF.RBE

Mais les villes oiTraienl un autre sp'JCtacle. Lh, c'^ l'agilalion désordonnée, brityaiile. Tandis que j hommes de résolution s'emparaient du pouvoir i patriotisme ou par ambition, et essayaient d'eucba] l'anarcltie, la révolution versant sur la voie puhlïl son cortège d'inconscients, de déclassés, de vagaboM hurlait avec des chants de guerre ses fureurs, 1 haines, ses calomnies, frappant aux portes des maî^ réclamant des armes impuissantes, se ruant à l'aa de la société, des institutions et des lois.

Ah! quand un peuple ne périt pas dans une pardj aventure, c'est qu'il est doué d'une vilalitê providi tielle. Toutefois, il ne faudrait pas rei

A Lille, on vit accourir un jour des débris de l'a de Sedan. Quels débris! des soldats de toutes arl affublés d'uniformes disparates, haillons plutôt qu'^ formes, couverts de boue, en proie à la misère, i faim, pleins de soupçons, de provocations, de : Us passèrent, sortes de bêtes sauvages, au milieu du population stupéfaite ou complice et se précipitèrent sur le quarlier général que le poste eut quelque peine à défendre. C'éloit navrant.

Le soir même du \ septembre, à la nouvelle de la proclamation de la Képahlique, apportée par le train de Paris, une colonne composée de 3000 à iOOO personnes tenta d'enlever la préfecture. M. Achille Testelin y accourut. Le docteur Teslelin était un républicain de 1818. Sous l'Empire il avait payé d'un long exil ses convictions irréconciliables. Aussi son pasad politique lui avait-il créé une haute situation, qu'il justifiait d'ailleurs par les services rendus, parle talent professionnel, par les qualités d'un beau caractère, la droiture, la fermeté, le courage. Son autorité fut pré-

LA CAMPAGNE DE L'ARMÉE VV NORD mse dans ces temps difficiles. Sa présence suffit pourj Hirer laBéeurité du préfeL impérial et deaa famille, I Pnr calmer l'effervescence d'une foule que l'irritatioD l à la violence. Ainsi fut préservée la Républi- ! naissante d'excès qui auraient compromis son j «ineur.

s une autre circonstance, le 19 octobre, une ^ î vint expirer dans les cours de la préTecture, [telle avait brisé les grilles, M, Testelin se jeta dans J I bagarre, arrêta lui-même quelques turbulents, en- ■ tlna Ji sa Buite la police hésitante, fit battre le rappeU 1 r la seconde fois il conjurait le désordre.

. Testelin préludait ainsi au rôle si honorable qu'il ^ mpli avec tant d'abnégation. L'ancienne adminisiioa, abandonnant le pouvoir, le sollicitait de lo tndre. L'opinion publique le désignait au cboix du feuvernement. Le6 aeptembreil fut nommé préfet du i . Son hésitation à accepter des fonctions que les ' [Constances rendaient redoutables, céda au vieu puia, & la sympathie générale. Assuré du concours de j B les citoyens, il proclame qu'il n est décidé à main- ', k tout prix, l'ordre dans la cité et dans le dépar- ' it ». n Mes opinions rcpublicaines, dit-il, sont s longtemps connues, mais ne voyez pas en moi K jeprésenfaut d'un parti. Je ne suis et ne veux être e le centre autour duquel se rallieront dans le Nord i B les bons Français pour combattre et pour v [ranger, n

C'est U. TeGletin qui est préfet et M. Pierre Legrand | :aiTB général, en altendant que le premier devienne corn llBira général et le second préfet à son lour. Ils ne vou aceepler ni l'un ni l'autre ; c'est la ville de Lille ton re ([ui les a suppliés, et ils ont lîni par se laisser taire, i :rand (II. Verly), ouvrage cité.]

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l,K GÉNÉRAL PAIDHEBIIK

Le 30 septembre il devient, en vertu d'un décret do goiiverneineut de Tours, commissaire général de la Défense nationale pour les déparlements du Nord eld« , l'Aisne, de la Somme et du Pas-de-Calais. Ses pouvoirs Boat mal définis : il peut tout ou rien. Il se garde bien de profiler de l'équivoque, 11 laisse chacun à sa place, n'usurpe sur aucune TonctioD. Il se borne à enÛammer le sentiment patriotique, à exciter le zélé des militaires, des administrateurs, à n assumer la responsabilité des mauvaises commissions qu'il pouvait y avoir à prendre ".Son iudaence morale, voilà son unique force : il n'en veut pas d'autre. La concorde, la confiance, la bonne volonté universelles en furent les heureux efTets. Il est sorti de l'épreuve avec un renom ioeonteslé d'inlégrité, de dévouement, de patriotisme, avec rbonoeur d'avoir, dans une large mesure, contribué à sauver son pays. Ajoutons, détail qui n'est pas sans importance, que ses roncllans furent absolument gratuites. n Je n'ai touché, a-l-il dit lui-niêine, ni appointements, ni frais de bureau, ni indemnité de déplacement, o

Ses concitoyens lui ont rendu justice. Le 16 avril iSiJO, le conseil général du Nord eut à délibérer sur une proposition tendant à accorder une subvenlion de ôOOU francs pour l'érection de la statue du général Faidherbe sur l'une dea places de la ville de Lille. M. Dervaux, conseiller généra! du canton de Coodé^ parla en ces termes :

" Le troisième bureau est convaincu que l'assemblée sera heureuse et fière de donner au soldat victorieux, & celui qui n'a pas désespéré de la patrie et que l'hts. loire appelle le héros de Bapaumc, un gage de l'élernelle reconnaissance du pays tout entier. »

La proposition ayant été adoptée, M. Dervaux coa-

LA CAMl'AGSE Dl^ l,AllMi:t; DU «OllU

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L ainsi : " Je rleman^Ie la pci-misaiuu d'ajuutoi' UD :, noQ ea qualili île rapporteur, mais simplement pttoe conseiller général.

'è J'étais à l'armée du Nord eu 1870; j'ai pu jugCF ) efîorta qui ont été fails à cette époque, et il me Bnble qu'il eat juste d'associer ici à la mémoire de lldheriie le nom d'un homme qui a puissamment l^tribué à la défense du pays, qui a su relever tous i courages, qui n'a pas désespéré de la patrie ; je [ parler de Testelin, commissaire de la Défense [Ëonale. u

'ies paroles, expression de la conscience publique, ; accueillies par d'unanimes applaudissemenls. a situation était affreuse. Les Allemands avançaient

a pas ; on n'avait rien à leur opposer.

e commandement militaire découragé niait la pos- ;e la résistance. Où trouver les aoldnts, les mes, les ressources de tout genre qui mauquaienl! tdépâts expéiUaieut leurs hommes à l'armée de la ■e; les places fortes, ayanl envoyé leurgrosse arlil-.", B & Paris, n'avaient rien pour repousser l'attaque ^chaîne ; les armes avaient disparu au loin dans les ^éea du lliiin, de la Moselle, dans les plaines de ^an: canons, mitrailleuses, chassepols. Vraiment, LDd on considère l'état di3 la région et le désarroi al, l'organisation de la défense du Nord apparaît ,eun effort merveilleux,

es l'agitation désordonnée des premiers jours, Suéquence fatale " d'événements que jamais homme aplus ' », le sentiment public ras^iis se tourna' itit entier vers la défense. Les citoyens, en grande

[. l'ier

) Legr.^nd.

LE GÉNÉRAL FAlilUEttflE

majorité, mirent & remplir leurn nouveaux devoirs j| réel empressement. Les passions, un instant souleri cédèrent à la force des circonstances ou aux tiafaitôf de loyauté.

Les conseilsËénéraux des trois départements du N<fl du Pas-de-Calais et de la Somme votaient des subai' qui s'élevèrent au cliiffre de 23 millions. Les grai villes disposées aux plus grands sacrifices ioiitaief^ devançaient cet exemple. L'administration civile asi formait, se Qxait. Vers le milieu d'octobre, Gamt» descendu de sou ballon dans la forél d'Épineuse, ap^ auprès de lui k Amiens M. Teslelin et les préfets f poser les bases de l'organisation de la défense aationfl Ce qui résulta de cette entrevue, Faidherbe a pris tt de le dire lui-même dans utie lettre adressée à M, ' " (elin : n J'ai toujours cru et je crois encore, d'aprâï que j'ai vu et entendu dire en arrivant k Lille ] prendre le commandement de l'armée du Nord^j c'est à votre initiative qu'on a dû cette armée. Vom avez déterminé la création en faisant donner au colcij Farre le grade et l'autorité nécessaires avant l'arrf du général Bourbaki, en vous servant de vos pld pouvoirs vis-à-vis des fonctionnaires et en commiB quant à tout le monde votre ardeur patriotique '.

En effet le colonel Farre, promu général de brigada,adjoint au commissaire de la défense, fut ciiargé des soins miSilaires, A l'inertie des premiers jours succéda une activité féconde. Une commission d'ingénieurs visita les forteresses, les arsenaux, rendi t compte de l'élat de l'armement, des besoins de la défense. On com* mencja des travaux sérieux autour des places ft

. Faidhcrbe, Lellre à M. Xeatelin, SU a

?nse. uq com* i places fortes^^H

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lA CAMPACNlî BE L'AHMÉE DD fiUUl)

1 direction d'artillerie de Douai, aous l'impulsion t général Treuille de Beaulicu et du colonel directeur îaa, fabriqua désarmes, des munitions. On aiiheta des is, des fusils, des vêlements. La région se tranat en un vaste camp oii le patriotisme accomplit B prodiges.

rSnr ces entrefaites (â2 octobre), Bourbaki fut appelé Stommandement de l'armée du Nord. Comment il fut eil)i,onIe sait. Entouré de préventions imméritées, ^ÎB qu'excusait l'ignorance' où l'on était de sa véritable mduite à Metz, il se heurta à une malveillance qui le ptouragea bien vite. Ce cœur loyal et brave nepnut supporter le soupgon. Il subit quelques outrages il conçut une grande irritation. Quelque temps près, il demanda son rappel , bien que toute la popunhonnéteii lui fût favorable ' <>, bien que le gou- ■nement local lui prêtât on concours absolu.» Tous < 8 efforts, avait-il dit en arrivant, tendent à créer un s d'armée mobile qui, pourvu d'un matériel de re, puisse tenir lacampagneetseporlerausecoura places fortes que je me hàle de mettre en bon état -\ "Se défense, Pour moi, qui ai loyalement oITert mon épée J au gouvernement de la Défense nationale, mes efforts i fit ma vie appartiennent à l'œuvre commune qu'il poursuit avec vous, et vous me verrez, au moment du danger, à la lèle des troupes qui seront incessamment organisées VoQspouvezcomptersur le plus énergique

concours et le dévouement le plus absolu de ma part.

Il est bon de rappeler de telles paroles ; car si elles vengent de toutes les attaques l'homme qui les a prononcées, elles fournissent à l'iju partiale histoire l'oeca-

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