Félix Uonnct, la Gaeri'e franco- uUeiiianile
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LA CAMPAGNE DE L'ARMÉE DU NORD l'3
Telle était la situation quand le général Faidherbe» promu divisionnaire, prit le commandement de Tarmée du Nord et de la troisième division militaire, comprenant le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et les ter-, ritoires voisins non envahis.
g II, — FAiDi.,:nBE €Oll^^,v^"DANT de l'admke du Nob^
l'ilEHlÈllIvS OrÉII.U'lOSS, — KÉOnGANISA'IlON DE l'aHUJ
Kaldherl» noihmè corainsnilanl lie l'armée du Nord, entrevue avec Gambetla. fi Tours. — ConliancB qu'il i dons le ^o^d. — Composition du 22' corps. — Les PrussMI forlitient la ligne importante Ue la Somme. — Faidti^ songe il la leur dispuicr. — Pointe des Prussiens ^ — Leurs excès à Albert. ~- Leur service d'Ëclairev lilé morale qu'il y a à rappeler les eicës des Prussiesa «|jB soufTranceB des populations envahies. — Système de î gressian des armées allemandes, — ProclaniittiOD de F bcrbe à ses ti'oupes. — Il commence les opérations. -^ £ pression que produit Faidherbe sur son entourage. orilciers d'ordonnance. -llcnlËreHam. -- A Saint Quen^ d'aprËs quelques indications il trace le plan de la Fèra.f 11 ne peut enlever celle place. — Escarmouche à Tei^niei Jlanleurel rappelle ses trouiies Je >'ormandie et se coscedl à Amiens que menace l'aidlierbc. — Rigueurs du comiS dant prussien d'Amiens. — Faidherbe réorganise ParmAÉI Nord. — Les cliera. — >alure et valeur des troupes: seurs, lÉgimenls de ligne, Tusiliers marins, mobiles ; rableâ conditions où se trouvent les mobilisés. — La c«<^ rie — L'arlilleric; historique de la batterie fiupuîch. ment de Faidherbe sur sou armée. — Sou opinion sufl'Kl^ et le soldat allemands; sur le soUlat français. — UanM d'Être de Faidlicrbs avec ses soldais. — Le palriotismcdM France en 1870 apprécié par Gambella.
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I,.\ CAMrACSE DE L'aHHI'E DU KOIID
« Lorsqu'on a déclaré la guerre, a dit Faidlicrbe, j'ai offert mes services au miaislre. Ou m'a dit que toutes les placesétaîent données. Celte offredeservice, jel'ai faite pourl'acquit de maconEcieace: carjen'aime pas la guerre, quoique je l'aie faite, ou plutôt parce que je l'ai faite toute ma vie. "
Aprèa Sedan, il se mit à la disposition du gouverne - ■ ment de la Défense nationale. Gambelta l'appela par dépéclie à Tours. Paidherbe s'embarqua au9?ilût. h Jo j le vois encore, raconte M. Hanc, entrant à la préfecture, l'air déjà souffrant, l'allure d'un savant plutôtque d'un soldat, mais, sous les lunettes de l'officier du génie, l'œil clair et résolu. Ilien du militaire Ce parade ; je me dis : « Celui- ci fera son devoir, n
« L'eniretien de Faidherbe avec Gambetta futcourt. « Vous èles nommé général, lui dit le ministre de la " guerre, commandant de l'armée du Nord ; vous B acceptez? »
a Sur sa réponse affirmative, Gambetta le mit rapidement au courant de."! incidents relatifs à Bourbaki, de la sil nation de Paris, de l'état de nos jeunes armées déjà en ligne ou en formation et ajouta: «Dans le « Nord, général, vous avez carie blanche ; faites pour H le mieux, pour la France, pour la République 1 » Il Faidherbe répondit simplement :« Je ferai de mon mieux. Ji Le ministre et le général se serrèrent la maio et le soir même Faidherbe partait pour Lille, a
Son voyage n'eut pas lieu sans d'émouvantes péripéties, car il fut obligé de traverser plusieurs fois les ligues prussiennes. A Mlle, il remarqua a qu'on ne désespérait pas du tout ». — « Les gens du Nord, a écrit un Lillois avec une admiration un peu irrévérenciensc, ont trouvé leur vrai chef avec cette glorieuao
ns
LE fifiSÈRAI. FAIDIIERDE
momie à longues moustaches ot au nez crochiiH semble avoir fondu au soleil du Sahara tout c est fusible dans le corps d'un homme' •> ; du moig restait l'âme.
Paidherbe, c'était un compatriote ; il n'avait jû oublié sa ville natale : on l'y revoyait de tempi temps quand ses devoirs professionnels lui laiss des loisirs. Dans aucune contrée de la France, 1^ triotisme local n'est plus vif que dans lesFIaoi c'est un reste delà vieille autonomie communale. '. herbe était Lillois: c'ëtoil la moitié de son f L'autre moitié était formée de la gloire qu'il avsfti cueillie en Afrique. La confiance qu'il inspira i d'abord ne s'est jamais démentie dans la suite.
En même temps l'année française se remettai son épreuve de Villers-Bretonneux, A l'abri des plï fortes de Lille, Douai, Valenciennes, Arras, Bêthiâ Péronne, Saint-Omer, elle se complétait parl'arrin de v)0()0 fusiliers marina. Avec les troupes de la gai son d'Amiens, son effectif allait atteindre 3U 32 000 hommes. Offlciellement, c'était toujoi 22" corps.
Le 22' corps se composait de 3 divisions, chacuod 2 brigades. Le général Lecointe, commandant d première, avait sous ses ordres, coiiimechefa de b'FÎ^ gade, le colonel Derroja et le lieutenant-colonel Pittié. La deuxième était commandée par le général Paulze d'ivoy; ses brigades, par les colonels du Bessol et de Oislaiii Chaque division comptait 2 bataillons decharseurs, 6 d'infanterie de ligne, 6 de giirJe mobile ; leur artillerie consistait en une batterie de 4 et 2 de 1 2.
1. Etienne llurand (11. Verly), TablHIes d'un bourgeois de LUle : souvenirs Ue 1810.
LA CAJrrACNE DE L'ARMfiE BU yOTlU
■ La troisième division était commandée par des otfi- (Érs de marine : amiral Moultic, capitaine de vaisseau .1 nyen, capitaine de i'régate de Lagraûge. Sa première -4 TÎgade etai*. Formée d'un bataillon de chasseurs, d'un ] ^giment à 3 bataillons de fusiliers marins, d'un régi- j lent de mobiles. Quant à la deuxième brigade, elle ne | âimpreuait que des mobilisés; 2 batteries de 12 d jéaerve générale étaient provisoirement attachées à ■■ lette division.
I Nous avons dit qu'après leur victoire d'Amiens, les 1 Prussiens, laissant une garnison pleine de menaces \ 3. cidatelle de cette ville, avaient continué leur *, feouvement général vers le nord-ouest. Tout en étant . invaincus que l'année française était anéantie ou telment aiïaiblie qu'elle ne se montrerait plus de longis, ils se mirent à fortifier les rives de la Somme. ^'était, en elTet, le point capital de leur dél'ense. Maiours de cette riviëra, ils assuraient leurs comjbUDieations et protégeaient leur arméedeParis contre '
e attaque venant du Nord.
I Faidherbe, de son côté, avait fort bien compri^.-l ^importance de cette position. De là ses efforts pour la ' iércer, la couper, la tourner.
mpagne du Nord se résume en fait en une lutla | Wur la possession de la ligne de la Somme.
' Toutefois les Allemands, suivant leur usage, éten- ' Uient leurs opérations bien au delà: leurs cour (rivaient jusqu'aux portes d'Arraa, tandis que de gros •] iirpa de troupe occupaient, rançonnaient les localités l inportantes.
•■ Nous empruntons à un livre fort intéressant de. J , Adolphe de Cardevacque : l'Invasion allnmandn i î Pas-de-Culah, le récit écrit par un témoinj
}.E c,f.^(:]\M. [■■AiniiEnnfi
oculaire de l'occupation d'Albert après d'Amiens.
■ «Le vendredi une colonneforte, d'environ 1000 mes d'infanterie, 250 cavaliers el 2 pièces de canon, quitte Alhert, remontant vers le nord, en côtoyant la voie ferrée à Beaucourt (près Mirauuiont) ; le gros de la colonne s'arrête, la cavalerie grimpe les coteaux avoisinants, des postes d'infanterie sont établissur tous les chemins conduisant au village, un cordon du sentinelles l'entoure, les pièces sont mises en batterie en face du château de M. Poyart, et enfin des pionniers rainent l'une desdeiix arches du pont du chemin de fer. Pendant ce travail qui demande plusieurs heures, le cabaret de M. Morel est mis h sec, H. Poyart fournit à diner à l'état-major, et un malheureux cabaretier nommé Livur est tué à. bout portant, pour avoir voulu regagner son domicile malgré la consigne prussienne qui défendait à tous d'entrer à Beaucourt ou d'eo, sortir.
Il A 3 heures la raine était prête, l'explosion eut li et l'arche attaquée fut mise hors de service.
« Après cette destruction, on rappelle les postes les êclaireurs qui, toute la journée, ont battu la pagne ; puis la colonne retourne coucher à Albi après avoir toutefois pris les armes de cliasaoura Beaucourt, laissant celles de M. Poyart dont on s' contenté d'enlever les batteries. ...Aliiert est fort ti' ses habitants sont encore sous l'impreasion de l'oi pation et Dieu sait co qu'ils en racontent. Cette oiX 'a duré que deux iours et les réquisitioasj 'élèvent à 12000 francs sans compter li du denrée, d'armes, de flanelles, de chevaux, de bijo^ Les débits de (ahnc ont été pillés. Là, conims
hon^^
U CAMI'ACSE DE L'AUMÉE Ull AUIID 1"0 I
laaucourt, toutes len armes de chasse ont ilii âtrô
, celles sans valeur ont été Ijrisées, celles da "l txe sont devenues la propriété des officiers prus- |
iQS. I
Ci 11 n'est pas d'expression pour qualifier la conduite i
ibjccte de ces barbares. Ils ont sali de leurs déjections J
las les appartemeats oîi ils sont entrés et les objets de j
touchage qui leur ont servi. La gare d'Albert, si pr0"J
3 ordinairement, semblait une succursale du dépo-T
KAÏr de Bondy. »
Leur service d'éclalreurs était admirablement orgaîé. On se souviendra- longtemps de l'audace des ^ ihlans, de la terreur qu'ils répandaient autour d'eux, Téméraires en apparence, ces cavaliers sont prudents ; J "" s'entourent de précautions; ils étudient le pays, les j 'Oules; s'inquiètent des obstacles qu'ils peuvent rea-; (Ontrer. On profond calcul préaide à leurs opérations, 1 yoyez-ies. lU s'avancent par groupes plus ou moins,! Sttombreun, d'où se détachent de temps en temps quelflues soldats isolés. Ceux-ci péncLrent dans les villages, Ha carabine au poing; ils déchargent leurs armes; ils J ressent de questions les habitants intimidés. Y a l-ilJ pes ennemis dans le voisinage? des soldats, des mobi- , des rrancs-tireursf Malheur à i'bomme que son ' ^triotisme porterait à donner de faux renseignements. Ê'intérèt excuse les répressions les plus cruelles. •; tComme dans les derniers jours les habitants du pays I ^sonl montrés hostiles envers les troupes allemandes, i t le colonel Kahklen, commandant de Laon, dans, j Rie de ses proclamations, j'annonce par cela que pour 1 ft moindre attaque ou résistance la plus rigoureus*»| BTengeance sera exécutée, et que pour chaque Allemand f :, il sera par contre fusillé quatre Français coupa- a
LE GÉNÉIIM. FAIDHERBE
bies ou innocenta et que les environs payeront UQfl lorle indemnité '. »
Cependant le uiitan a rempli sa mission, il revie&t en arrière, avertit ses officiera. Alors la colonne occupe la village, qu'elle traite à la manière allemande.
Les Taita semblables à ceux dont Albert fut le thé&tre abondent dans cette guerre sauvage. Nous aurons l'occasion d'en raconter d'autres.
Outre l'intérÉt qu'ils peuvent oITrir, ils portent en eux-mêmes un utile enseignement. A Dieu ne plaise que noua cherchions à attiser la haine en réveillant ces souvenirs de déprédation! Non. Nous voulons seulement, en soulevant le voile de ces temps néfastes, rappeler à ceux qui savent, apprendre à ceux qui ignorent par quels épouvantables malheurs nous avons ospié notre décadence volontaire.
Certes la guerre est une abominable chose. Outre les générations qu'elle moissonne sur les. champs de bataille, elle consomme la ruine des populations paisibles. Sur les pas d'une armée conquérante le feu sèche tes traces du aang; l'œu-vre si lente de la civilisation a'effondrc comme par un coup de foudre, dans le chaos. Est-elle à perpétuité le lot de ce monde? La lutte de Gaïu et d'Abel eat-elle le symbole éternel de rhumauitéî ou bien les lumières éclaireront-ellea un jour les peuples sur leurs véritables intérêts? En attendant, les merveilles de lu science éclatent plus dans les Lioyens de destruction que dans les moyens de conservation; l'avenir semble voué moins à la discussion qu'à la violence. C'est une fatalité qu'il faut envinnger de sang-froid.
LA aMPAGNE DE L'ARMÉE DU NORD 181
Rouvrir ces blessures n'est-ce pas en inspirer Thorreur, en prévenir le retour? N'est-ce pas proclamer l'héroïsme obligatoire? N'est-ce pas convier nos jeunes gens à la conquête de la virilité du corps et de l'âme? Quand la France opposera à l'étranger une muraille d'hommes forts et vaillants, alors il sera possible de regarder avec tranquillité du côté de la frontière, avec espoir au delà.
Les Allemands s'avançaient à travers la France avec autant d'habileté que de rapidité. Des instructions remises aux officiers de l'armée du Nord montrent d'une manière saisissante leur système de progression.
Sans doute ce document tient à notre sujet par des liens assez lâches. Mais comme il révèle les difficultés avec lesquelles Faidherbe allait se trouver aux prises, comme il explique le secret de ces batailles, où l'on avait affaire le matin à quelques régiments, le soir à toute une armée sans cesse grandissante, nous avons pensé qu'à ce double titre sa place dans ce récit pouvait se justifier.
« Les armées prussiennes ont une marche extrêmement régulière qui n'a jamais varié depuis leur entrée sur le sol français.
<( Les armées se composent de trois, quatre ou cinq corps de 20000 hommes chacun, échelonnés à une distance d'une journée de marche à peu près.
« Chaque corps d'armée détache de petites troupes de 1200 à 2000 hommes, marchant parallèlement au corps d'armée principal et à une distance de 15 kilomètres environ.
« A 10 kilomètres en dehors sont des détachements de cavalerie de 200 à 300 hommes, et enfin à 5 ou
LE GÉSÉRAL FAlDUEItlIE
6 kilomètres sar les flaDCS sont placés des édaireurs, par groupes de 3 on -ï hommes.
B Si l'oQ envoie contre l'ecDemi une reeonnaiaaaace d« cavalerie, elle ae voit que les détache uieitts de cavalerie.
a Si ta reconnaissaDce est plus coQsidérable comme dans l'affaire de Tonry, on trouve un ou deux petits corps avec des délachemeatd de cavalerie.
• Si l'on envoie 10000 hommes, un corps d'armée de 30000 se démarque comme à Arthenay.
« Si des Torces plus considérables s'avancent, an second corps d'armée vient seconder le premier, comme à Orléans.
B Si la France oppose des forces plus grandes, tonte l'armée de 150000 hommes se montre comme à Saarbruck et Wœrlh.
« Si enfin l'on fait avancer une armée considérable, deux armées de I50UUO hommes chacune se réunissent ponr la lutte, comme & Gravelotte et k Sedan.
u 11 n'eat évidemment pas possible à des agents quelconques de péuétrer assez profondément au milieu des ennemis pour apprécier la force deu armées; mais la marche des armées prussùmies est tellement régulière, qu"eu voyant les 4 uhlans, on peut eonclure infailliblement qu'à 3 ou 6 kilomètres ae trouvent des délaehemenU de cavalerie, qu'à 13 kilomètres se trouvent des corps de lïOO à 2000 hommes, qu'à 20 kilomètres existe un corps d'armée de 30 000 hommes, et sûr, ce corps d'armée est soutenu par un, deux et trois autres corps d'égale force, échelonnés à un jour de marche les uns des autres.
Il Pour que nos généraux ne soient pas surpris, il faut donc qu'ils soient convaincus, en voyant i uhlaas,
r.A CAMPAGNE DE L'AOJIÉE DU SOUU 183
S'iia auront à faire le lendemain à 30000 hommes, le
faplendemainà 60000, le troisième jour à ilOOOO.
« S'ils veulent avoir le temps de se préparet-, il faut
n'ils adoptent le même systfeme que les PruasienB,
Bst-à-direqu'ila couvrent leurs corpsd'aTmèe,âgrande
Lance, par des corps détachés, des détachements da,a
fcvalerie et des éclaireurs.
K « Il faut enfin que nos armées se composent, comme ^ leUes des Prussiens, de corps échelonnés h petite disince et pouvant rapidement se rejoindre.
H Les Prussiens opèrent d'ailleurs toiijoursavec deux mées : celle de tète, cherchant à tourner l'armée ■ançaise et à couper le chemin qui lui amène ses aprovisionnements ; l'autre assurant les derrières. C'est i ^marche que les généraux franQaia doivent adopter, ^1b veulent éviter l'échec de Sedan, u
f Paidherbe prit possession de son commandement par ette proclamation à ses troupes :
Cl Officiers, sous-officiers et soldats.
<t Appelé à commander le 22° corps d'armée, moD j
peœier devoir est de remercier les administrateurs et J
;ênéraux qui ont en quelques semaines improvisé |
s armée qui s'est afflrmée honorablement les 24, 36 ■
Jt.97 novembre sous Amiens.
E« J'exprime surtout ma reconnaissance au général î qui vous commandait et qui, par une habile rcfpiitedevant des forces doubles des siennes, vousaeon-*] irvés pour le service du pays
a Vous allez reprendre de suite les opérations avec
Soreoforts considérables qui s'organisent chaque jour,
U dépendra de vous de forcer l'ennemi à vous céder
a tour le terrain.
LE tiëSËLlI. FAluaEKBE
■ a. proclamé que poar sauver e 3 Tovs ili ■ iBili troH choses : la discipline, à des Bœars et k mépris de la mort.
^ je l'ex^erai impitoyable m eol.
lepecnatatteîndreâl'aosténtêdea mœurs, ■ r"T-" la fignité et spécialement la tem- :. Ceax qu sont sBioard'hni armèâ pour la décdapajs Matinicalia d'nae miâstoii trop saîale » permettre les moindres liceaces en public, k QmiBl aa aiëpns de la mort, je tous le demande ■ même de TOire salât. Si tous ne Toutes pas [poser k moarir glorienâenteot snr le cbamp de le, Taa>BKMUT«z de misère, vous et tos familles, g impitoyable de rètrauger. Je n'ai pas bed'ajoatcf que tes coors martiales feraieat justice s IMies, car il ne s'en trouvera pas parmi vous. ■ Faiduebde. »
Le 5 décembre ts:0.
Dès le 8 décembre, Faîdherbe recommença les opét ralioDs. laissant au grand quartier général à Lille le L lieutenaot-colonel de Villenoiay avec le lieuteuant-corlonel Rittieretle commandant d'artillerie Queillé pour !■ poursuivre le travail d'orgaaisation et lui expédier an I Tur et â mesure de leur formation les bataillons, escadrons et batteries, il se porta avec la l"* division du 32" corps sur les derrières de l'ennemi, pour tenLer de I lui enlever les deux places de la Fère et de Ham, c'est- I à-dire la Uguo de ses communicalions avec l'Est.
A cette époque, le géuéral Faidlierbe avait cinquante-
*)eux ans. 11 portait les traces des fatigues de sa rude
carrière, mais ne paraissait pas affaibli, tant sa volonté
^oxersail d'empire sur sa nature physique. Les ofGcier^
LA CAMPAGHE DE L'AUMÉE DL'' NORD
mi raccompagnaient sur le théâtre qu'il avait choisi Epourses premières opérations militaires contre des ' Binées européennes » furent touetiés du sa politesse,- B sa confiance, Trappes de ss logique, de sa décision. J'Je vais m'oecuper exclusivement des opérations mimaires, leur dit-il, je compte sur vous pour les détails administratifs. Je ratiflerai ce que voua ferez, n Parmi ses eoropagnons de voyage, on distinguait lo commandant du génie Ricliard, son atdedecamp, homme ausai ÎDslruit que vaillant, un des héros de celte guerre, plus tard général, ingénieur chargé de la défense du. Sud-Est.
Les autres étaient des officiers d'ordonnance, soldats de métier ou d'occasion. Car Faidherbe avait tenu b. s'entourer de jeunes gens de Lille, soit qu'il obéit à une secrète sympathie, aoit qu'il pensât que ce serait d'un bon exemple pour une armée composée en grandepartie de mobiles et démobilises de la région. Ces jeu-' DCs gens, bien qu'étrangers jusqu'alors aux cliosea de la guerre, honorèrent l'uniforme par une conduite courageuse ' .
La première opération de Faidherbe fut, de l'avis dff tout le monde, un chef-d'œuvre d'habileté inililaire. Trompant absolument l'ennemi, tandis qu'une colonne volante couvrait son flanc gauche et s'assurait de Saînt- Quentin, il parut à l'improviate devant Ham, position très importante sur la Somme.
1. > Le général Faidlierbe avait pris pour ortïciers d'ordanaance des jeunes gens du pays, qui s'Étaient oiïerts spontunÊ-* méat ;UM. Uecroix, Baurilonnay <iu ClÉsio, d'ilespel, Ucarouseeaux, Crespcl, Masquelez, Monluudoti, llaubuurdiii; ils II dirent les services leâ plus signalés pendant toute la campagne, et ta plupart firent preuvede ijualllés militaires remarquables. {Faidherbe.)
LE GÉSÉRiL FAIDHERBE
Les FrauQsia pénètrent dans la ville, surprennent les Prussiens, les enlèvent ou les massacrent dans les rues, dans les cafés, dans la gare. Malheureusement quelques coups de feu, tirés dans reïcitalion,'donnent l'éveil à l'ennemi, lui permettent de se reconnaître. Un oFlii^ier prussien entraine quelques hommes, se précipite dans le fort, A l'abri, derrière des murs dont l'épaisseur défie les boulets, il repousse toutes les sommalions. L'afTaire, si bien menée d'abord, se gâtait. Aboutirait-elle à la nécessité d'unsiège en règle ï Par bonheur le lieutenant-colonel Aynès, usant de subterfuge, parvint k convaincre le commandant du château de l'arrivée imminente de toute l'armée du Nord. Apre» de longs pourparlers, les Prussiens ébranlés se rendirent & deux heures du matin aux conditions de Sedan et de Metz.
« En arrivant le 10 décembre à Ham, avec le reste iu corps d'armée; le général en chef trouva en s'avaQçant vers le sud le pays libre d'ennemis. Le 12 et le 13, il alla reconnaître la ville de la Fère. i)(Faidherbe.)
Un jour, on le vit paraître à Saint-Quentin à pied, dans une tenue des plus simples. Descendu à l'hùlel du Cygne, il manda près de lui la commission municipale. Il avait besoin de renseignements sur cette place qu'il espérait enlever aussi par un coup de main.
« Figurez- vous, dit-il à M. Halézieux, président de la commission, que i'armée française est tellement pauvre en documents que je n'ai pas même un plan de la ville de la Fère, oii je ne suis jamais allé. Pourriezvous me procurer ce plan, ou, à défaut, me fourair des indications qui me permettraient de me rendre un compte' exact de la situation topographique de cette petite place que je voudrais reprendre aux Allemands?
LA CAJIPAGNE DE L'ARMÉE DU SORD
- Je ne pense pns, répondit M. Malézieux, que nous | tons le plan de la Fère ; mais un des nôtres esl par- ' Stement en état de vous le figurer. " M. Edouard ' jafoura'étant présenté, Faidtierbelui lendit un crayon. EEssayez, dit le général, de me donner une idée de la ipograpbie de la Fère et de m'en faire une esquisse }si exacte que possible. » Edouard Dufour se mit à l besogne, décrivit les braa de l'Oise, commença la i des fortifications. Mais il avait à peine donné Melques coups de crayon que Faidherbe, reprenant icité l'iostrument compléta en moins de deux 'ininutesle croquis : et cela avec une telle exactitude que Dufour rempli d'élonnement s'écria : « Vous connaissez le plan mieux que moi qui croyais cependant le bien connaître, car j'y ai passé les meilleure moments de mo jeunesse en conversations techniques avec les officiers de la garnison. — Non, repartit Faidherbe ; je n'ai nullement l'intention de plaisanter dans les circonstances actuelles : il y a trois minutes, je n'avais pas la moindre idée de la Fère et de sa topographie, i ■Seulement, vous m'avez présenté un plan exact des i ^Séfenaes naturelles: vous avez commencé l'esquisse des «iéfenses artificielles ; je sais à quelle époque et par qui les fortifications de la FÈre ont été construites : j'ai tout bonnement résolu un problème de mathématiques appliquées à l'art des fortifications, à l'aide des don- Xiées que vous m'avez posées avec tant de netteté '. »
Du reste Faidherbe reconnut bienti^t que la place ne j pouvait être surprise. Or un siège étant impossible, il iTenonçaà l'attaquer. Dans la nuit du 12, deux bataiU Ions de ligne, envoyés à Tergnier pour couper le cbe- j
1. Nous tenoDs ce fait do H. Hatézieux lui-m£me, ai|jourd'bal . sénateur de l'Alsna.
pru8- I
J88 LE GÉNÉRAL FAIUilERDIi:
min de fer, se heurtèrent à un train de guerre pj aien, dispersèrent l'escorte à coups de fusil ; mais le convoi reculant sur la Père leur échappa.
« La présence sous les mors de la Fère de l'armée' du Nord, que les généraux ennemis croyaient avoir détruite le 27 novembre, avait jeté un grand trouble parmi eux. Des mouvements divers de concentration étaient signaliia, et le 8" corps était promptement rappelé de la Normandie dont l'envahissemeal était qualifié d'imprudence par quelques journaus prussiens. Le but que s'était proposé ie général Faidherbe allait donc être atteint. It s'agissait alors de se préparer à la lutte contre les forces qu'on attirait à soi. » [Faidherbe.)
<■ Je venais menacer Amiens, dît-il ailleurs, pour attirer vers moi les forces ennemies, leur livrer bataille dans une position avantageuse, les battre et entrer à leur suite dans Amiens, u
De leur côté, les Prussiens, laissant un millier d'hommes dans la citadelle, évacuaient la ville et se repliaient sur Deauvais. Pour contenir la populhtion, qui s'agitait h l'approche de l'armée du Nord, le commandant l'informa qu'il la bombarderait à la première attaque des Français. Et pour donner la mesure de sa rigueur, une patrouille ayant été atlaquéeau faubourg de Noyon. il braqua ses canons sur la ville, U réclamait les coupables ou, à défaut, une forte indemnité qu'on fut obligé de lui payer.
Le 19, devant une reconnaissance que Faidherbe conduisit lui-même avec le général Farre sur les han-. leurs de ce même faubourg, il n'hésita pas à exécuter sa menace et tira sur la place oii des voilures publiques furent démolies, des habitants tués ou blessés I QueîlQ: .
LA CAUPACSli; DE L'ARMÉE DU NOHD 189''
guerre 1 quelles mœursl L'histoire a-t-elle jamais ofTcrL rien de pareil?
C'est vers ce temps qu'eut lieu la nouvelle et Jernière organisation de l'armée du Nord. Par l'ordre du général en chef, daté du 21 décembre, pria en exiicution des ordres du ministre de la guerre, on la divisa en deux eorps : le 22°, général Lecointe, chefs de division Derroja et du Bessol ; le 23% commandé par le général Paulze d'ivoy ayant sous ses ordres l'amiral Moulac, remplacé plus tard par le capitaine de vaisseau Payeo, et le général Robin. Elle offrait un effectif d'environ 40 000 hommes d'origine comme de valeur dilférentes. » 279 ofSciera évadés de captivité ont élé incirporésdans l'armée du Nord,dont ils ont formé le« meilleurs éléments. » (Faidherbe.)
Les chasseurs à pied, les régiments de ligne et les marins coustituÈrent la première force de l'armée. Nim seulement ils se comportèrent houorablement dans les combats, mais leur tenue et leur discipline ne souffrirent ni de la fatigue, ni des marches, ni du dèsonire des défaites. Quand ils rentrèrent à Arras, après la bataille de Pont-Noyelles, propres, alignés, au son du clairon, comme s'ils allaientà la parade, ils excitèrent une admiration générale. Les marins étaient surtout l'objet de la faveur publique, & cause de la réputalion de bravoure de la marine, & cause aussi du pre^^tige dont rimagination entoure si volontiers les hommes de mer. -
- Au début de la campagne, les gardes mobiles étaieot à peine des soldats. Les uns étaient de loin : séparés de leurs foyers, l'isolement fut pour eux une cause de lamentables misères. Les autres avaient été recrutés dans la région ou dans les coutréea voisines; leur fort
LE CÉSÉRAL FAinHERUE
lui moins dur. Tous ces gens manquaient d'éducation militaire. Teous loin des armes par l'Empire, ils apprirent seulement à s'en servir au milieu de la guerre. Hais il y avait en eux des qualités de race et de milien social qui, d'abord, suppléaient à leurs imperfections, et ensuite les rendaient aptes à acquérir prooiplement les vertus du soldat. C'étaient de beaux hommes, bien constitués, vigoureux. Les idées, les sentiments dans " lesquels ils vivaient, les avaient marqués d'une empreinte de distinction morale. Portés à la discipline et aux bonnes mœurs, leur tenue était correcte, soignée, supérieure même à celle des troupes de ligne. Leurs chefs, anciens officiers de l'armée, propriétaires fonciers ou jeunes gens de profession libérale, montraient des principes, du patriotisme, du dévouement : la plupart ont bien mérité du pays. Dans ces conditions, les mobiles, surtout ceux du Nord, flrent de rapides progrès : on les employa concurremment avec la ligne dans les afTaires difficiles, à l'attaque, à la défense des villages. Sauf quelques exceptions, ils ont rempli dignement leur devoir. Les 46° et 41" régiments, une portion du 48°, le regimant de Somme-et-Marne ', ont figuré avec booneur, même avec éclat sur les champs de bataille.
Un décret du gouvernement de Tours avait appelé aux armes tousjes Français jusqu'à l'âge de quarante ans. La division de la garde nationale mobilisée de l'armée du Nord comprit 4 régiments. Pour obtenir le dévouement de ces hommes que la plupart d'entre eux étaient tout prêts à donner sans réserve, on devait surtout les fortifier contre eux-mêmes. Mais, arrachés