X.A CAill'ACSE HK L AHMKE DU NORD
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1 cachés par les bois, les u
■Me, une autre ligae qui tirait par-dessus 1
$re;-aur la hauteur, les bataillons; derrièr
Iniques réserves.
Vers 1 heui'e de l'après-midi l'aiîtion était eugagéo hir toute la ligne, c'est-à-dire sur une longueur 12 kilomètres. Elle se prolongea jusqu'à 3 heures s 3UCCÈ3 marqué de part ni d'autre. Si les Prussiens & droite parvinrent à déloger les Français des villages de Frécheiicourt, Béhencourt et Bavelincourt, le colonel Pitlié les refoula sur la rive droite, les suivit el s'y maintint â la hauteur de Gontay. Le centre el la gauche, qui avaient depuis le matin reçu des renforts d'artillerie, entre autres une batterie de 4 i Ârmstrong, soutinrent sans défaillance l'assaut i l'ennemi.
Le général eu chef se tenait au milieu des troupes, qu'il ne quitta pas de la journée. Le matin, de Corbie, où il avait passé la nuit avec son état-major, il s'était porté au premier coup de caaon sur le plateau de Pont- Noyelles, 11 était suivi du général Farre, de deux officiers d'ordonnance, MM. Deeroix et Crespel, et de trois ' dragons. " Restez, avait-il dit auï autres, je vais avec Farre voir la situation, a On arriva au galop derrière une batterie de )2, commaadée par le lieutenant de J vaisseau Guéniot d'Etiolés. En ce moment, une d( pièces venait d'être démontée. Elle fut aussitôt rétablie le général félicita l'officier. De ce point culminant o découvrait sur les collines opposées l'artillerie prus- ' sienne modifiant ses positions, rectifiant son tir. Faidherbe resta dix minutes au milieu du feu, sous une pluie de boulets ; un de ses officiers, M. Crespel, fut 1 lé à la poitrine, à coté de lui, d'un éclat d'obus.
Puis on descendit dans la vallée à travers les lignes de tirailleurs ; Faidherbe montait un cheval arabe blai^^^'; il était recouvert d'un burnouà de couleur sombre. C'est ainsi qu'il figura au milieu des troupes, sur tous les champs de bataille de la campagne du Nord. On a dit qu'il « avait voulu voir l'effet que produiraient sur ses nerfs le sifflement et les éclats des projectiles ». Ses idées sur les devoirs du général en chef expliquent mieux sa conduite.
On atteignait les bords de THallue, quand un officier s^écria : « Les Prussiens sont à Pont-Noy elles! — Bah! répondit le général Farre, c'est le 20® bataillon de chasseurs »... Au même temps un officier prussien lève son sabre ; les balles sifflent autour des audacieux éclaireurs. <c Dispersez- vous et piquez des deux, » commanda le général Farre. Chacun s'abandonne au galop de son cheval : on remonte le talus sous les coups de feu de l'ennemi, à qui le général Farre, découvert par son uniforme, servait de point de mire ; on regagne ainsi sans blessure les positions françaises. A ce moment on ne voyait plus un Prussien, lorsque tout à coup un officier qui parlait à Faidherbe est tué d'une balle au cœur ; un cheval de dragon a les deux jambes traversées ; une balle enfin troue le burnous du général en chef, qui reste impassible. « Si vous continuez ainsi, dit, un officier à Faidherbe, vous ne vivrez jpas. longtemps, — Qu'est-ce que vous croyez que je doive faire ? — Vous placer sur un point central à l'abri des accidents. — Pour que les troupes se battent, il faut que le général soit à leur tète. » Aussi bien Faidherbe était convaincu, il le répétait volontiers, qu'avec de» soldats français, passionnés, impressionnables, prompte au découragement comme à l'enthousiasnie^ le général
en chef doit être toujours en vue, se montrer partout, afin d'entretenir dans les âmes la confiance et Tespoir, afin de les porter aux efforts dont la victoire est le prix. '
Le soldat, roliicier même, au milieu de la bataille, dans les échecs ou dans les intermittences de la lutte, se prennent à désirer le général en chef : où est-il? que dit-il? que fait-il? Ces questions viennent instinctivement à tout lo monde, traduisant l'universel besoin
, d'un appui suprême, immédiat, visible.
Cette théorie, que la grande guerre scientifique d'aujourd'hui semble exclure, convenait sans doute aux troupes inexpérimentées et flottantes de l'armée du Nord, comme elle avait convenu aux.premières bandes
, de la Révolution. Car dans beaucoup d'écrits du temps, souvenirs intimes de cette guerre, on découvre l'impression favorable que produisait ce contact volontaire, perpétuel, du général en chef avec ses soldats. « Aucun général ne fut aussi populaire dans la dernière campagne. » Cet hommage éclçite après une visite qu'il fît inopinément à Bray, le 22 octobre, où se trouvait une partie de la division des mobilisé^ du 23° corps. « Accompagné seulement de quelques officiers d'ordonnance, il se rend aux avant-postes afin de s'assurer qu'ils sont installés avec soin. Il s'enquiert ensuite auprès du colonel des besoins du régiment, du nombre de ses malades, et termine sa visite par des instructions tr^.s minutieuses pour le lendemain *. » « Il sait se faire^aimer du soldat. Il passe souvent au milieu de la colonne,... questionne les hommes avec une bienveillance touchante et s'intéresse aux moindres dé-